Playlist dominicale

La playlist de ce jour commence tout en élégance et en finesse. Ce ne sont pas nécessairement les qualificatifs qui viennent le plus spontanément pour définir la musique de Bach, en général, mais, pour le coup, cette magnifique version en est largement doté. Un des plus beaux disque consacré aux compositeur ces dernières années, assurément. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand et sur l’extrait musical pour en profiter un peu-.

playlist23102016

Vous en trouverez une très belle chronique sur ce blog, l’un des plus beaux graphiquement –la cohérence typographique est totale avec le contenu du propos-, et remarquablement documenté et illustré de surcroît.

Son propriétaire me dirait par ailleurs que les sonates de Scarlatti au piano –il en a composé au moins 555 !-, c’est mal, mais je trouve pour ma part que l’instrument leur sied à ravir, et je les écoute essentiellement de cette manière plutôt qu’au clavecin, dont le son fut justement comparé à celui de « squelettes copulant sur un toit en tôle ondulée » par le chef anglais Thomas Beecham, qui ne manquait pas d’humour –anglais– et n’y connaissait pas grand-chose en la matière –on a fait beaucoup de progrès depuis la »renaissance baroque » mais les clavecins de son époque étaient en effet assez cinquants-.

C’est ensuite du « très grand piano » virtuose et brillant qui m’attendra avec Liszt, dans des interprétations qui défrayèrent la chronique au début des années 80, avant de passer à un tout autre genre, même si, par la suite, Joe Jackson s’est tournée vers la musique classique. Mais son deuxième album est d’une vraie énergie presque punk, tout en proposant de fort jolies mélodies !

9 réponses sur “Playlist dominicale”

  1. Bonjour Diablotin, et merci pour cette référence à un disque Bach qui est effectivement magnifique et vers lequel je reviens souvent.

    Je ne dirais certes pas que Scarlatti au piano, c’est « mal » (jugement moral qui n’a rien à faire dans le domaine musical), mais que ce n’est pas pour moi car, à mon sens, très loin de l’univers mental d’un compositeur qui s’est visiblement beaucoup amusé à pousser les claviers dont il disposait dans leurs derniers retranchements. L e piano moderne, aussi brillamment joué soit-il (et c’est le cas de Pogorelich dont j’ai écouté quelques disques quand j’étais à la fac), n’a, à mon goût, ni les couleurs, ni l’articulation qui conviennent à ce type de musique et quand je l’y entends, j’ai toujours l’impression de me trouver face à un de ces délicieux pastiches néoclassiques de la fin du XIXe siècle, ce qui, je le confesse, me rend assez rapidement hilare et un brin moqueur — on ne se refait pas.

    Je comprends tout à fait l’ironie de Beecham (que j’aime beaucoup par ailleurs) envers le clavecin : si je n’avais connu que les monstrueuses machines du genre Pleyel qu’il avait dans l’oreille, j’aurais détesté ça moi aussi. Tout ceci appartient heureusement au passé et on peut se régaler aujourd’hui de superbes instruments touchés par des musiciens de haut vol comme Pierre Hantaï, le nom qui me vient le plus immédiatement sous les doigts quand il s’agit de Scarlatti (je n’oublie pas Scott Ross et tous les autres). Et si vous tenez vraiment aux cordes frappées, pourquoi ne pas essayer le merveilleux disque d’Aline Zylberajch sur une copie de Cristofori (chez Ambronay) ? Le jeu en vaut vraiment la chandelle.

    Bonne journée à vous et à bientôt.

    PS : Bach rarement en élégance et en finesse ? Tentez le disque d’Ouvertures par Zefiro que j’ai chroniqué dimanche dernier, vous m’en direz des nouvelles.

  2. Bonjour jean-Christophe et bienvenue sur ce blog !

    En effet, Bach ne manque ni d’élégance ni de finesse, mais ce ne sont pas, sans doute, les vertus premières de sa musique, en tout cas à mes oreilles, qui entendent d’abord motoriste efficace et construction implacable.
    Pour le reste, tout est, là encore, question d’approche et d’oreilles. J’ai en effet très peu de clavecin dans une discothèque raisonnablement fournie : d’une part parce que le coeur du répertoire que j’apprécie le plus est concentré sur une période qui va de Beethoven à nos jours; d’autre part parce que, pour la période qui précède, j’ai un gros faible pour Handel et ses oeuvres chorales ou orchestrales, où le clavecin est moins présent, ainsi que pour les variations Goldberg, que j’apprécie dans toutes les configurations (clavecin, piano, arrangements divers) sans en privilégier aucune.
    Je vais cependant tester le disque recommandé pour parfaire l’éducation de mes oreilles 😉 entre deux albums de S. Richter 🙂 !

    1. Effectivement, Beethoven au clavecin, ça le fait nettement moins, même si l’expérience a été tentée, sans grand succès à mon goût; je dois même avoir sur un coin de disque une version de certaine Bagatelle bien connue interprétée au clavicorde.
      Regardant plus volontiers que vous vers la période précédant Beethoven (j’aime aussi beaucoup ce qui vient après et me vois mal vivre sans Fauré ou Vaughan Williams, par exemple), je vous laisse imaginer la concentration de disques de clavecin sur mes étagères, vu que le piano ne commence vraiment à avoir droit de cité qu’à partir de Brahms (avec quelques entorses dès qu’il s’agit du Lied) 😉

  3. Pour les sonates de Beethoven, ça limite sérieusement l’offre !!! Je dois en avoir près de 20 versions au piano, et aucune au pianoforte ! Je serai simplement dépouillé de toutes ces beautés en restreignant si largement mon choix !

    1. J’ai plein de disques de sonates de Beethoven au pianoforte – Badura Skoda, Brautigam, Lubimov… – et plus aucun au piano, ce qui ne veut naturellement pas dire que je n’en ai pas écouté un certain nombre autrefois (j’ai commencé avec Kempff et ai poursuivi avec Brendel) 😉

  4. Brendel, ce n’est pas celui qui vient spontanément pour ces sonates : j’ai sa deuxième intégrale –année 70 chez Philips– et elle ne quitte guère mes étagères, à dire vrai ! Pour ce qui concerne Kempff, je préfère de très loin son intégrale des années 50, en mono de qualité, à celle plus largement répandue du milieu des années 60 en stéréo. Mais, quoi qu’il en soit, ni l’un, ni l’autre ne font partie de mes préférés dans ce répertoire : mes références en la matière sont Gilels, Schnabel et Gulda.
    J’ai essayé il y a quelques temps le beau CD de Lubimov (Waldstein + Tempête) : c’est très différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre, mais très réussi dans cette optique –mieux que le souvenir que je garde de Badura-Skoda, que j’avais en 33T il y a très longtemps-.
    Je vous recommande par ailleurs d’écouter cela : https://www.deezer.com/track/88554207 Une vraie étude sur l’utilisation de la pédale et des résonances de l’instrument. C’est mon Bach préféré, même s’il n’est pas idiomatique 😉 !

    1. Bon, je l’avoue, je n’ai pas tenu plus de deux minutes avec votre Bach préféré qui correspond grosso modo à tout ce que je fuis dans l’interprétation de cette musique. Désolé 🙁 Il faut dire que je me suis infusé les Suites françaises par Ignacio Prego ce matin et que le contraste est pour le moins violent 😉

  5. @Jean-Christophe [Bon, je l’avoue, je n’ai pas tenu plus de deux minutes avec votre Bach préféré qui correspond grosso modo à tout ce que je fuis dans l’interprétation de cette musique.] Pourquoi ne suis-je même pas surpris 😀 ???

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