Effet de mode, suite…

Je vous entretenais déjà, ici ou encore , de mes interrogations face à la « mode » du retour au vinyle, dont certains aspects, assurément, continuent à m’échapper… Et ce n’est pas ce qui suit qui va renforcer mes certitudes, bien au contraire !

Un sondage effectué par la BBC en Angleterre –la taille de l’échantillon n’est pas précisée, mais si l’article évoque un sondage et non une enquête d’opinion, cet échantillon doit être standardisé et assez large pour être significatif…– vient abonder ces interrogations face à ce phénomène qu’on pourrait qualifier  de fétichismele fétiche est un report de l’affectivité sur un objet unique ou composé, symbolique, en lui attribuant une efficacité supérieure à la sienne sur la réalité-pour presque la moitié des amateurs de 45 et 33 tours, puisqu’en effet près de la moitié des acheteurs dépensent des sommes parfois non négligeables pour une chose dont ils ne semblent pas avoir la moindre utilité –à part peut-être encadrer les pochettes : j’ai vu hier, au centre commercial du coin, un rayon « cadres pour 33T, 34×34 », près de 10€« – ! Etonnant, non ? Cliquer sur l’image pour lire confortablement les résultats du sondage-.

En complément, un petit documentaire27 minutes– encore disponible sur la chaîne Arte ce jour s’intéresse à la qualité comparée du son entre mp3, CD et vinyle. Et, à la fin, ce n’est pas le vinyle qui gagne. Mais ça, on le savait déjà…  😛

6 réponses sur “Effet de mode, suite…”

  1. Pff !

    Déjà l’article en lien à la fin de ton billet, l’auteur est d’une parfaite mauvaise foi ! Même s’il a raison sur pas mal de point
    (le « gag » des câbles à 2000€, ou alors, comme je l’ai lu sur un forum le type tout fier de détailler comment il a fabriqué une multiprise plaquée or qui a améliorée la qualité du son de sa chaîne HIFI de 70%, ça c’est un vrai crétin),
    rien que le mot obsolète quand il parle du disque vinyle est suffisant pour le discréditer à mes yeux ! Ou alors il ne connait pas le sens du mot ! Obsolète, c’est le jour ou Deezer ou Spotify ou Qobuz risquent de disparaitre (ça c’est déjà vu) et ceux qui auront acquis des albums par ce biais vont se retrouver comme des cons avec des fichiers inécoutables. Alors que le vinyle obsolète va continuer à passer sur une platine obsolète !

    Sinon, en effet, il existe une catégorie d’acheteurs qui sont dans le fétichisme de l’objet ! Personnellement je n’en connais pas autour de moi, les amis que je rencontre en vide-greniers ou en conventions sont de vrais amateurs de musique, qui écoutent leurs disques ! Et ne sont pas du genre à acheter la dernière réédition de Led Zeppelin à 60€ alors qu’on peut parfaitement dénicher à 5€ un pressage plus ancien ! Bien sur il existe une forme de « fétichisme » pour le pressage original. Mais dans certains cas, c’est justifié. La qualité du pressage est parfois liée au pays de pressage ! Sans compter, pour certains artistes, les différences de « track list » selon le pays (les Rolling Stones en sont l’exemple le plus criant).

    Ces « fétichistes » j’en vois certains sur des forums ou des groupes Facebook (surtout sur Facebook), qui achètent à tour de bras des rééditions couteuses et pas forcément meilleures en qualité que le CD ! Ou alors le Monsieur Vinyle (la chaine youtube dont j’ai parlé sur mon blog) qui est capable de s’acheter un pressage brésilien de je ne sais plus quel groupe de rock, avec un beau pet au milieu du disque (et donc inécoutable) et de le payer une blinde et d’en être ravi (de la crèche) ! Ça, en effet, c’est totalement débile ! Mais bon, c’est son droit le plus absolu ! ;-p

    Dans le sondage, je suis dans les 52% qui ont une platine vinyle et qui s’en sert ! Non mais ! Et j’achète aussi des CD !

    1. J’ai pris la précaution de n’attribuer ce caractère fétichiste qu’à 52% des acheteurs de vinyles 😀 !
      L’auteur de l’article initial –en Anglais, donc– sait parfaitement de quoi il parle, il est ingénieur du son… La traduction peut comporter quelques erreurs, en effet, mais, dans le contexte, le mot « obsolète » (= tombé en désuétude) n’est pas complètement inapproprié, surtout à la date de la rédaction initiale de l’article –cc. 2000 je crois, càd à une époque où le vinyle avait quasiment disparu du marché-.
      Concernant les albums des Rolling Stones, sujet que je connais un peu, tu n’as en fait que deux éditions –comme pour les albums des Beatles de l’époque, d’ailleurs– :
      • une édition UK, distribuée en Europe;
      • une édition US, grosso modo identique à l’édition UK, sauf que l’éditeur London=Decca US remplaçait les titres qui leur semblaient les moins intéressants pour un passage en radio par les titres du dernier single, dans le but d’accroître les ventes.
      Plus tard, en France, une collection « L’äge d’or des Rolling Stones » a proposé 19 ou 20 LP reprenant l’ensemble de la production Decca selon une ligne éditoriale propre -livret 8 pages, très bons textes, beaucoup de photos rares à l’époque…-, mais avec des pressages vraiment médiocres. J’en avais acheté quelques-uns, parce qu’ils étaient beaucoup moins chers –39,90 F– que les albums originaux, que je n’ai achetés que par la suite pour certains.
      Decca Allemagne a également produit un certain nombre de compilations originales, disponibles seulement Outre-Rhin -et, donc, facilement, à Strasbourg 😉 – et j’ai même eu une cassette en provenance d’Arabie Saoudite -compilation Decca- avec une moche photo…

  2. Un seul site : http://dr.loudness-war.info/

    Chaque format a ses avantages et ses inconvénients, il faut bien se mettre ça dans la tête, si on a le système audio qui va bien, quoi de mieux techniquement que le bluray avec fichiers audio haute définition pour les albums modernes ?

    Mais le vinyle a un énorme avantage, celui qui change la donne : la dynamique ! Les personnes qui vont nier la qualité audio du vinyle sont souvent les mêmes qui ne vont jurer que par les versions remasterisées de leurs albums fétiches. Et quand on parle de marketing au niveau du vinyle, que dire du marketing au niveau du CD et tous ces remasters qui sortent et qui sont vendus comme étant meilleurs niveau son alors que ce ne sont que des versions ultra compressées, sans dynamique et du fait, fatigante à l’écoute (il y a bien sûr des exceptions, heureusement).

    Comparer ce genre de remaster de n’importe quel groupe avec la version vinyle d’origine n’est pas bien sorcier et il ne faut pas être ingénieur du son pour entendre la différence, c’est incomparable. Personnellement, c’est vraiment la raison pour laquelle j’ai basculé presque définitivement vers le vinyle, par respect pour le son original de l’oeuvre, et je dois dire que les crépitements, quand il y en a, ne sont vraiment rien par rapport au plaisir d’écouter un son naturel, dynamique et ouvert.

    J’avais tendance à continuer à acheter les albums qui sortent aujourd’hui en CD mais quand je vois les résultats de certains albums sur le site cité plus haut et bien ça fait encore pencher la balance du côté du vinyle, voir par exemple les résultats du dernier Deep Purple…

    1. Hello Sound Chaser, et bienvenue sur ce blog !

      J’ai conduit il y a quelques temps, avec un ami qui ne jure que par le LP et le vinyle, une expérience intéressante LP d’origine écouté dans les meilleures conditions possible vs. CD audio remastérisé en HD 96 kHz/24 bits sur un lecteur très convenable sans être « haut de gamme ». Evidemment, ce constat est valable pour la musique classique –où la dynamique est bien plus grande qu’en pop-rock-, mais certaines rééditions en pop-rock sont également très soignées parfois, sans céder à la loudness war.
      La platine 33T était sa Revolver Replayhttp://www.revolveraudio.co.uk/replay_turntable.htm -, équipée de son excellent bras d’origine et d’une cellule bobine mobile Koetsu Black; le lecteur de CD-SACD était un modeste Pioneer PD50, réputé très convenable bien que sans prétentions « audiophilo-ésotériques », coûtant environ 8 à 10 fois moins cher que l’ensemble de lecture 33T.
      • Les enceintes étaient des Quad ESL63 -électrostatiques-, réputées pour la finesse de leur médium et la « classe » de leurs timbres, et des Ecouton LQL200, très difficiles à alimenter -rendement de 82 dB, impédance de 2,2 Ohms-, mais absolument remarquables, d’une grande neutralité et très bien équilibrées. Ces deux paires d’enceintes ont été conçues au temps où le vinyle était encore largement répandu, on ne peut pas les soupçonner de privilégier tel ou tel type de support.
      • Le préampli était un QED C300, équipé d’une entrée CD de grande qualité et d’un très bon pré-préampli pour bobine mobile, l’ampli un QED P300 d’une puissance a priori relativement modeste, mais capable de fournir beaucoup de courant, pour alimenter sans être déséquilibré à peu près n’importe quelle enceinte. Nous avons également essayé son ampli à tube –un Kebschull, très très très joli à regarder, et livré avec une paire de gants blancs pour le transporter sans laisser de marques de doigts…-, mais les résultats étaient moins probants, en particulier sur les Ecouton : il n’a pas aimé l’impédance très basse de ces enceintes !

      Les oeuvres considérées étaient :
      • les 9 symphonie de Beethoven, version Karajan 1962, Deutsche Grammophon, qui avaient bénéficié à l’époque de beaucoup de soin éditorial et en matière sonique; -disques d’origine, pressage allemand- ;
      • le « Ring » de Wagner par Solti, paru chez Decca entre 1958 et 1965, réputé depuis sa sortie pour sa prise de son -disques d’origine en excellent état, mais pas neufs, pressage anglais-.

      Constat partagé avec ce mordu de l’écoute en 33T : à son grand dépit, à l’arrivée, il n’y a pas trop photo : la version CD dans son remaster de 2012 -Wagner- ou 2014 -Beethoven- s’impose sans grande difficulté, malgré la différence des moyens mis en oeuvre en faveur du 33T :
      – à volume sonore poussé au maximum du raisonnable dans le cadre d’une écoute domestique respectueuse du voisinage -et égalisé entre les deux formats- la bande passante est bien plus large, la dynamique plus importante -en vinyle, les pianissimos sont souvent noyés dans le souffle-
      – le souffle de bande nettement moindre à défaut d’être absent -c’est très nettement le cas dès le début de Rheingold, sur la pédale de mi bémol-. En fin de face, la qualité est légèrement altérée en 33T -l’un des gris défauts de ce support et inhérents aux contraintes purement physiques/géométriques-, ce qui, bien évidemment, n’est pas le cas en CD;
      – la scène sonore est plus large en CD, la spatialisation meilleure et mieux étagée en profondeur -mais c’est sans doute dû au remastering, parce que la première version CD était nettement moins bonne à ce niveau-là !-.
      – les cuivres sont remis à une plus juste place, et ne débordent plus aussi souvent sur le reste de l’orchestre, les personnages sont nettement différenciés dans l’espace…
      – en matière de timbres, les cordes sont très soyeuses dans les deux formats, et les vents très beaux.

      1. Faut dire que s’il y a bien un style pour lequel le support CD est intéressant, avec l’ambient, c’est bien le classique !

        Mais pour les styles qui me passionnent le plus, il n’y a pas photo non plus et j’ai arrêté de comparer depuis quelques années maintenant mais à chaque fois, c’est le côté… « organique » (je ne vois pas de meilleur adjectif) du son du vinyle qui me plaît, ça ne va pas chercher beaucoup plus loin 😉

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