Fille de Frantz Liszt et la comtesse Marie d’Agoult, femme de lettres française sous le nom de Daniel Stern et qui fut sa maîtresse au cours d’une romance passionnée de six ans, Cosima Wagner fut l’amante puis la seconde épouse de Richard Wagner à partir de 1870. A la mort du compositeur –1883-, elle fit du festival de Bayreuth, qui n’avait alors connu que deux saisons en 1876 et 1882, une véritable institution et le dirigea jusqu’en 1906, date à laquelle leur fils Siegfried cadet, lui succéda.
Cosima Wagner et leur fils Siegfried sont au 1er plan à gauche, Frantz Liszt est au piano et Richard Wagner tient une partition.
Sous son égide, le temple wagnérien fut marqué par un conservatisme certain et un dogmatisme extrêmement rigide quant à ses conceptions scéniques ou lyriques.
C’est à Cosima, beaucoup plus qu’aux volontés du compositeur, que l’on doit le fameux « style wagnérien » que l’on pouvait alors entendre sur « la colline verte de Bayreuth » : primauté du texte sur la musique, importance de la déclamation au détriment de la ligne mélodique et appui sonore sur les consonnes, fortement projetées, en sont les principaux éléments.
Ces caractéristiques furent largement moquées dans toutes les maisons d’opéra du monde, décrites comme « les aboiements wagnériens », et ne furent en réalité adoptées que par une très infime minorité de chanteurs, y compris à Bayreuth.
Le coffret de ce jour propose d’entendre des artistes qui exercèrent à Bayreuth durant les trente années passées sous la direction de Cosima Wagner –mais ils n’ont pas été enregistrés à Bayreuth durant cette période, cela va de soi…– et constitue un témoignage précieux sur cette période, même si TheCookingCat ne comprend pas que je puisse consacrer du temps à ces antiquités… –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Les nombreux fragments de chacun des dix opéras de Wagner sont parfois techniquement rudimentaires et sont assez souvent accompagnés d’un piano plutôt que d’un orchestre. S’ils peuvent donner une idée du « style wagnérien » en vigueur sous Cosima, ils montrent surtout que très peu de chanteurs s’y pliaient ! Par ailleurs, les conditions techniques précaires de l’époque ne permettent pas d’offrir de très longs extraits et, surtout, ceux-ci sont très souvent joués à grande vitesse ! On a donc du mal à mesurer l’ampleur de ces voix, qui semblent assez éloignées cependant de l’image que l’on peut avoir de « grande voix wagnérienne » –mais certains artistes étaient déjà assez avancés en âge lorsq’ils enregistrèrent ces extraits-. En revanche, la diction est le plus souvent exemplaire, et ce n’est pas un détail !
Cette génération de chanteurs lyriques précède la génération dite de « l’âge d’or du chant wagnérien », que vous pouvez retrouver ici ou encore là.
Un témoignage historique du plus haut intérêt !

