La playlist des vacances…

• Hubert-Félix Thiéfaine – Autorisation de délirer – 1979 ****
• George-Frideric Handel – Water Music – The English Concert, Trevor Pinnock – 1983 *****
• Serge Rachmaninov – Symphonie n°2 – Orch. Symp. ****Pittsburgh, William Steinberg – 1955 ****
• Ici Paris – Allo le monde – 1982 *****
• Jean Sibelius – Symphonie n°5 – Orch. Symph. San Francisco – Herbert Blomstedt – 1995 ****
• Edward Elgar – Variations « Enigma » – Royal Philharmonic Orchestra – Norman Del Mar – 1976 *****
• Kurt Weill – Kleine Dreigroschenmusik – Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer – 1962 ****
• The Doors – Waiting For The Sun – 1968 ***
• Ludwig van Beethoven – Concerto pour piano n°4 – Yevgeni Sudbin, piano ; Minesotta Orchestra, Ösmö Vänskä – 2011 *****
• Ludwig van Beethoven – Symphonie n°4 – Orch. D-de chambre d’Europe, Yannick Nézet-Seguin – 2022 ****
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Playlist « Chansons en noir et blanc »

Cette playlist nocturne –mes nuits sans dormir et tout ça…– est constituée de trois albums dont les deux principales particularités sont : 1. Une illustration de pochette globalement sombre et presque en noir et blanc ; 2. Le titre de chacun de ces albums comprend le mot « Song »et, cependant, ils ne se succèdent pas complètement dans la base de données alphabétique, cette particularité étant partagées par d’autres albums !-. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Tears For Fears – Songs fromThe Big Chair – 1985 ****

Ce disque est régulièrement cité comme l’un des tout meilleurs et des plus symbolique des 80’s. Personnellement,  je n’y ai pas accroché avant longtemps, mais il est finalement bien plus intéressant que l’opinion préconçue que j’en avais à l’écoute du hit mondial que fut « Shout » lors de sa sortie, que l’on entendait sur toutes les radios et dans tous les bars…

• John Cale & Lou Reed – Songs For Drella – 1990 *****

Drella –combinaison de Cindirella et de Dracula-, c’est Andy Warhol : ce disque est un hommage des deux anciens leaders du Velvet Underground à celui qui lança véritablement –et finança, à ses débuts– le groupe. Un album très intimiste qui propose des moments-clés de la vie de cet artiste multitâches extrêmement populaire aux États-Unis. Alternant au chant à cette occasion, John Cale –piano & alto– et Lou Reed –guitare– ont su surmonter leur brouille ancestrale, très vite réapparue lorsque le Velvet Underground se reforma de manière très éphémère au début des années 90 pour quelques concerts. Il en reste ce très beau témoignage. La version en concert de la la vidéo est une copie presque conforme de l’album studio.

• The Cure – Songs From A Lost World – 2024 *****

Je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais de cet excellent album, ici ou : c’est, pour le groupe leur meilleur disque de la décennie, du centenaire et du millénaire ! La chanson de la vidéo « And Nothing Is Forever » est par ailleurs très jolie à jouer à la basse, dans un rôle bien plus mélodique que rythmique –en studio, il y a un effet de distorsion très prononcé qu’on ne retrouve pas durant ce concert-.

And I know I know / For my world has grown old / And nothing is for ever
And I know, I know / My world has grown old / But it really doesn’t matter / If you say we’ll be together

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Playlist Vrombissante et fracassante

J’entame cette semaine de manière vrombissante et fracassante avec cette playlist qui semble avoir été concoctée par un adolescent très chevelu et bondissant en rythme, secouant la tête au son de rythmes martelés, de guitares saturées et de stridulations vocales. Une expérience à ne pas renouveler trop fréquemment… D’ailleurs je vais filer chez le coiffeur 😉 …
A écouter « un peu fort », évidemment ! Les voisins n’ont qu’à bien se tenir ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Van Halen – Van Halen I – 1978 ****

Le premier album de Van Halen fut mon tout premier disque de « hard-rock » –à l’époque, ce genre n’était pas encore divisé en multiples courants– et reste, aujourd’hui encore, un très bon album que j’aime me remettre en mémoire de temps à autre : il m’accompagne depuis longtemps, puisque je pense avoir acheté ce disque très tôt, à la toute fin des années 70 ou au début des années 80, en entrant dans l’adolescence. Ce premier album d’un groupe alors inconnu hors des États-Unis connut un succès fulgurant dans le monde entier, notamment grâce au jeu de guitare virtuose et novateur d’Eddie Van Halen et au chant gouailleur et puissant de David Lee Roth.
Des trois albums de cette playlist, c’est celui que j’écoute le moins rarement…


• Judas Priest
– British Steel – 1980 ****

Je ne sais plus du tout comment cet album atterrit un jour dans ma discothèque, je ne me souviens pas de l’avoir acheté : sans doute un cadeau que l’on me fit un jour pour l »une ou l’autre occasion. Au demeurant, à l’époque, je l’aimais bien et il reste d’une écoute facile, assez loin de l’image de « metal hurlant » attachée au groupe, qui correspond plutôt à leur histoire musicale postérieure. Ici, de nombreux titres présentent un caractère « hymnique » et ont dû faire la joie des supporters de football au Royaume-Uni, qui adorent chanter en choeur dans les stades et ont certainement dû s’approprier certains refrains !
En définitive, mieux que dans mon lointain souvenir !


• Scorpions
– Blackout – 1982 **(*)

Il paraît que pour de nombreux fans du groupe, « Blackout » est leur meilleur album : avis que je ne partage pas du tout ! En fait, je l’avais acheté rapidement à sa sortie et étais allé voir le groupe en concert –dont je ne garde quasiment aucun souvenir, ni bon, ni mauvais…– lors de la tournée de promotion qui suivit la sortie du disque, mais je n’ai jamais vraiment complètement accroché à cet album, ni d’ailleurs à tous ceux qui ont suivi. Je préfère largement les productions antérieures du groupe, lorsqu’il comptait dans ses rangs le remarquable guitariste Uli Jon Roth, beaucoup plus créatif que son successeur Matthias Jabs, qui n’est qu’un excellent technicien de la six cordes à mes oreilles. Finalement, le seul album de Scorpions que j’arrive encore à apprécier pleinement est le live « Tokyo Tapes ».

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Open G – « L’accordage Keith Richards »

J’aurais aussi pu nommer cette notule « La guitare pour les fainéants » ! En fait, je m’entraîne actuellement à jouer de la guitare en l’accordant en « Open G » –Ré/Sol/Ré/Sol/Si/Ré-, soit un accord parfait de sol majeur au lieu de l’accordage standard –Mi/La/Ré/Sol/Si/Mi-. Cela me permet de jouer facilement des chansons des Rolling Stones comme « Honky Tonk Women » –extrait-, « Brown Sugar » ou encore « Start Me Up » : que des tubes, donc, dont les doigtés seraient compliqués à effectuer en accordage standard. En revanche, contrairement à Keith Richards, je ne retire pas la corde de mi grave, je l’accorde simplement en ré, même si elle ne sert à rien pour ces chansons.

En Open G, cela va tout seul, toutes ces chansons se jouent alors en power chords avec deux doigts seulement ! Méthode de fainéant, donc, et pourtant terriblement efficace ! Evidemment, cela m’oblige à réaccorder la guitare après avoir joué ainsi : contrairement à Keith Richards, dont les techniciens d’arrière-scène accordent chaque guitare de façon adaptée à la chanson qu’il va jouer –standard avec ou sans capodastre, open G ou open D-, je n’ai pour ma part qu’une seule guitare !

Playlist « La France vue par un Roumain »

J’ai ressorti de mes étagères ce beau et relativement copieux coffret « Constantin Silvestri, the legendary conductor« , que je vous avais déjà un peu présenté ici ou , notamment à travers ses interprétations du répertoire russe. Comme pour tous les coffrets de cette excellente collection –le prix très favorable auquel ils étaient régulièrement disponibles a malheureusement tendance à s’envoler outrageusement et proportionnellement à leur disponibilité désormais très aléatoire…-, le livret trilingue est de très bonne qualité. Dans la playlist de ce jour, ce sont les compositeurs français –ou francophone concernant César Franck, belge formé notamment au conservatoire de Paris et finalement naturalisé français en 1870– qui sont à l’honneur.

Constantin Silvestri, chef roumain, était réputé, comme son compatriote le pansu Sergiu Celibidache, pour son extrême exigence et le nombre incalculable de répétitions qu’il exigeait, assez peu compatible avec le temps que pouvaientt lui accorder les meilleurs orchestres européens. C’est pourquoi, sa carrière après sa fuite de Roumanie en 1957, fut essentiellement provinciale, puisqu’il se fixa à en Angleterre à Bournemouth : il y forgea un excellent orchestre, comme on peut l’entendre dans de nombreuses oeuvres de ce coffret. Auparavant, Walter Legge produisit quelques enregistrements réalisés à Londres ou à Paris, mais ne lui permit jamais de se frotter au grand répertoire symphonique allemand –Beethoven, Brahms, Bruckner ou Mahler– qui faisait alors la réputation des plus grands chefs.

Constantin Silvestri, à ses débuts chez EMI, resta confiné à de « petites pièces de bravoure » essentiellement issue du répertoire russe ou d’Europe Centrale ainsi qu’au répertoire français, comme c’est le cas dans cette playlist. Il y mit toujours une intransigeance pointilleuse, qui fait de ses interprétations des lectures à la fois très personnelles et très précises et brillantes, tirant le meilleur parti des orchestres qui lu sont confiés.

• Maurice Ravel – Boléro
• Camille Saint-Saëns – La danse macabre
• Paul Dukas – L’apprentis sorcier
Orchestre de la société des concerts du conservatoire de Paris, Constantin Silvestri – 1958 ****

• Claude Debussy – La mer ; 3 Nocturnes ; Prélude à l’après-midi d’un faune
Orchestre de la société des concerts du conservatoire de Paris, Constantin Silvestri – 1958/59 ***(*)

• César Franck – Symphonie en ré mineur
Philharmonia Orchestra, Constantin Silvestri – 1961 ****

Extraits du coffret anthologique de 15 CD « Constantin Silvestri, the legendary conductor » – 15 CD, coll. Icon, EMI/Warner Classics, 2013

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Playlist « Un monde autour du reggae »

La playlist de ce dimanche permet de découvrir tout un monde autour du reggae sans le côté mystique et religieux généralement attaché à cette musique : le rastafarisme.

En effet, on ne le sait pas toujours, « rasta » est dérivé de Ras Tafari Makonnen, devenu empereur d’Éthiopie (Négus) sous le nom de Haïlé Selassié, réputé être un descendant de la Reine de Saba, figure biblique rattachée au Roi Salomon, et considéré comme le Messie pour les Jamaïcains et certains Africains. Bob Marley, lui-même membre des Douze Tribus d’Israël, fut le grand prêtre le plus célèbre du rastafarisme, l’espace d’une décennie.

Point de tout cela dans cette playlist, d’une spiritualité beaucoup plus éclectique et proposant à la fois les ancêtres –ska et rocksteady– et les descendants –dub– du reggae ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Madness – One Step Beyond – 1979
• Lee « Scratch » Perry – Voodooism – 1996
• The Specials – BBC Sessions – 1998 –les chansons ont été enregistrées entre 1979 et 1983

D’une part, la playlist évolue entre ska, rocksteady et dub ; d’autre part, deux des groupes qui la composent sont composés de musiciens blancs uniquement –Madness– ou très majoritairement –The Specials-, issus du prolétariat anglais et assez proche de la mouvance skinhead à l’origine. Ces deux groupes, au tournant des années 80, furent exceptionnellement bien reçus par le public occidental !

Madnessextrait 1– est un groupe toujours actif de nos jours et continue à sortir de bons -voire très bons- albums de temps à autre, même si leur renommée a décru depuis les succès de leurs débuts.
The Specialsextrait 2-, en revanche, se sont séparés dès le début des années 80, avant de partiellement, sporadiquement et vainement tenter de se reformer.

Quant à Lee « Scratch » Perry, le « Salvador Dali jamaïcain », il est au reggae ce qu’était George Martin aux Beatles ou Phil Spector à la production sonore : artiste multi-taches et bricoleur de génie, précurseur du « dub » –courant expérimental du reggae– avec King Tubby, il fut, durant une cinquantaine d’années au moins, l’éminence grise fantasque –et totalement caractérielle et imprévisible– ainsi que le producteur de la quasi-totalité des musiciens jamaïcains –y compris Bob Marley & The Wailers-.

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Playlist « Noir & Blanc au féminin »

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• Johann Sebastian Bach – Variations Goldberg
Simone Dinnerstein, piano – 2007 *****

L’enregistrement des « Variations Goldberg » par la pianiste américaine Simone Dinnerstein –prononcer DinnerSTINE au risque de vous faire engueuler par le petit timonier May-Lang-Chong– fit grand bruit à sa sortie, Telarc ayant récupéré les bandes de cet enregistrement auto-financé par une pianiste alors totalement inconnue. Son disque se vendit formidablement bien ! Passé ce tapage médiatique, la pianiste est retombée dans un oubli relatif : elle a peu enregistré, et le label Telarc a été racheté ; elle enregistre désormais sporadiquement pour Sony. Mais ce qui reste, à savoir cet album, mérite de demeurer dans les mémoires : c’est d’une beauté méditative extrêmement réfléchie, nuancée et subtile. Une superbe version de ces variations au piano, douce et reposante ! –Extrait 1

• Frédéric Chopin – Valses
Alice Sara Ott, piano – 2010 ****

Je n’écoute que rarement des pièces pour piano de Frédéric Chopin, ayant toujours entretenu un rapport lointain avec ce compositeur. Pourtant, ses valses sont des compositions brillantes et faciles d’accès –pour l’auditeur : c’est une autre paire de manches pour le pianiste…-.
Elles bénéficient en 2010 d’une interprétation glorieuse sous les doigts d’Alice Sara Ott, tout juste sortie de l’adolescence. Il s’agit du deuxième disque de la jeune pianiste, remarquablement talentueuse. Le premier était consacré aux « Douze études d’exécution transcendante » de Franz Liszt : ça vous pose le niveau… La carrière discographique de cette brillante artiste s’est poursuivie avec le même succès avant d’être malheureusement mise en sommeil du fait de la grave maladie -SEP- de la pianiste. –Extrait 2-.

• Erik Satie – Pièces pour piano
France Clidat, piano – 1982 *****
Extraits du coffret de 3 CD « ‘Erik Satie. Oeuvres pour piano » – France Clidat – 1982, Forlane-

France Clidat est une grande pianiste, un peu oubliée de nos jours –elle est décédée en 2013-, qui connut son heure de gloire internationale, au tournant des années 70, en réalisant la première « intégrale » enregistrée des oeuvres de Franz Liszt, en plusieurs coffrets thématiques représentant une trentaine de 33 tours –il s’agit plutôt d’une très large anthologie que d’une intégrale : les transcriptions et les paraphrases n’y figuraient pas-.
Autant dire que les petites pièces d’Erik Satie, d’une envergure technique nettement moindre, ne pouvaient pas lui faire peur… De bien belles versions qui m’étaient sorties de l’oreille depuis longtemps, et dont je ne me souvenais qu’elles étaient aussi réussies, dans une optique très « grand piano » que l’on n’entend pas souvent dans ces oeuvres. Le livret de ce petit coffret est lui aussi de très bonne tenue et l’ensemble fut récompensé, en 1984, du grand prix du disque de l’académie Charles Gros.

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Playlist « Couci-couça »

La playlist de cette déjà très chaude matinée de « Journée de la solidarité » –qui se souvient encore de cette « Raffarinesquerie » qui, à l’époque,  confisqua une journée de congé suite à un épisode de canicule ?-est constituée de trois albums qui ne présentent aucun défaut majeur, ni aucune qualité particulièrement remarquable : elle est couci-couça !Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. A posteriori, je m’aperçois que j’aurais également pu la nommer « Playlist avec un M »…

• Wolfgang A. Mozart – Symphonies n°32 ; 35 « Haffner » & 38 « Prague »
Orchestre philharmonique de Berlin, Karl Böhm – 1960 ***
Extrait du coffret de l’intégrale des symphonies de Mozart par l’OP Berlin & Karl Böhm ; 1960/68, DGG

Des versions qui firent longtemps figure de « référence », parues dans le cadre de l’intégrale des symphonies du « divin M. » réalisée par Herr Professor Doktor Karl Böhm, dit aussi « Karli-Sac-de-patates » –non content d’être chef d’orchestre, il était aussi docteur en droit, ce qui explique sans doute que certaines de ses interprétations sont parfois aussi raides que la justice…-. C’est vraiment très bien fait, mais personnellement, je n’ai jamais beaucoup aimé cela ; a contrario, mon frère, qui vénère Mozart depuis plus de cinquante ans, ne jure que par lui, il doit bien y avoir voir une raison…

Vous pouvez vous amuser à compter le nombre de femmes dans les rangs de l’orchestre philharmonique de Vienne à cette époque –NB : il n’y a pas de harpe dans cette symphonie 😉 !

Pour ce qui me concerne, quitte à entendre ces symphonies dans une version « traditionnelle », je préfère infiniment les lectures plus verticales de Klemperer, faites pour ceux qui n’aiment pas particulièrement Mozart : c’est justement mon cas ! La meilleure solution pour découvrir ces symphonies reste cependant, à mon avis, la très belle intégrale –dans une optique HIP très réussie– de Trevor Pinnock avec son English Concert.

• Felix Mendelssohn-Bartholdy – Symphonie n°3 « Ecossaise »
Orchestre symphonique de Vienne, Otto Klemperer / Herbert Haefner – 1951 **

Sacrilège ! Otto Klemperer, qui ne détestait pas Mendelssohn, loin de là, était en revanche si profondément rebuté par le finale de la troisième symphonie qu’il avait décidé de lui substituer une recomposition de son cru, qu’il jouait habituellement en concert : il aurait dû utiliser cette recomposition dans cet enregistrement, mais il fut remplacé par un autre chef, Herbert Haefner, –lui aussi couci couça, et vraiment très lent dans la dernière partie du finale…– pour le dernier mouvement de la symphonie, ce qui entraîna la rupture du vieux chef lunatique avec Vox. Les disques Vox, assez abordables financièrement pour un jeune discophile désargenté, étaient parfois difficiles à trouver en France et jouissaient généralement d’une piètre réputation : si les interprétations et les enregistrements étaient généralement très décents, les pressages des vinyles étaient en revanche très médiocres.
Rentré de son exil américain et de retour en Europe cette même année, Otto Klemperer y fut « repêché » par Walter Legge, qui lui offrit son « été indien » chez EMI, firme pour laquelle il enregistra une nouvelle version de cette symphonie avec le Philharmonia Orchestra, dans une version comportant son finale non retouché !

 

• Gustav Mahler – Symphonie n°4
Orchestre philharmonique de New York – Leonard Bernstein – 1960 ***
Extrait du coffret de l’intégrale des symphonies de Mahler par l’OP New York & Leonard Bernstein ; 1960/67, CBS/Sony

Cette quatrième symphonie de Mahler –la plus facile à aborder avec la première– constitue le tout premier enregistrement mahlérien de Leonard Bernstein, qui inaugurait ainsi en février 1960 l’enregistrement d’une intégrale qui sera achevée en 1967 avec la sixième symphonie. Plus tard, CBS ajoutera l’adagio de la 10ème symphonie –en 1975-. Quasiment au même moment, le chef américain était concurrencé sur ce marché des symphonies mahlérienes, en plein essor au milieu des années 60, par les couple Concertgebouw d’Amsterdam / Bernard Haitink chez Philips et ORS Bavière / Rafael Kubelik chez DGG. Chacune de ces intégrale a ses mérites –et ses petits défauts…-, et celle-ci est, à mes oreilles, très supérieure à la seconde que Bernstein devait enregistrer pour DGG tout au long des années 80. Dans cette quatrième symphonie, certains des tics interprétatifs du chef se font déjà sentir : les tempos du premier mouvement sont fluctuants et le chef privilégie l’expressivité de l’instant –mais c’est assez réussi dans le 3ème mouvement-.
Le remastering lors de la parution en CD du coffret –édition française de 2000– a été très réussi par les équipes de Sony, qui a racheté CBS, et magnifie cette belle intégrale –à laquelle je préfère toutefois bien d’autres-.

Postambule – Avec le retour d’une situation quasi-caniculaire, je m’octroie des balades quotidiennes très matinales ou presque crépusculaires, qui permettent de profiter de températures supportables d’une vingtaine de degrés. En revanche, à cause de cette situation, j’ai été agressé hier matin par un pic de pollution qui a occasionné une coulée de larmes qu’un entier paquet de mouchoirs n’a maîtrisée qu’à grande peine ! Ce matin, rien de tout cela, la ville était déserte et fort peu de commerces étaient ouverts, et encore moins de services : quel qu’en soit le bien-fondé –l’initiative rapporte tout de même chaque année 3 milliards d’euros aux collectivités territoriales-, le lundi de Pentecôte, journée de solidarité, reste encore très largement chômé !

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Originale, presqu’originale & copie

« Don’t You Lie To Me » est une chanson écrite par le bluesman Tampa RedHudson Woodbridge de son nom de naissance– en 1940, dans un style de Chicago Blues tout-à-fait classique et comprenant un original solo de kazoo dans sa partie centrale. Surnommé « The Guitar Wizard », Tampa Red était un excellent virtuose de la slide guitar, qui arrêta sa carrière assez tôt suite au décès de sa femme en 1956, qui le plongea dans une profonde dépression dont il ne se remit jamais totalement.

Elle fut reprise et popularisée par Fats Domino, musicien de New Orleans Blues et pianiste virtuose, en 1951, qui remplaça la partie de guitare par le piano et s’attribua les crédits de la chanson. C’est cette version presqu’originale que vous pouvez entendre dans le premier extrait. Par la suite, « Don’t You Lie To Me » fut reprise par de très nombreux artistes, dont Chuck Berry –qui s’en attribua lui aussi les crédits…– ou Albert King accompagné de Stevie Ray Vaughan pour une version étendue à plus de huit minutes proposant un très joli duel de guitares.

Le second extrait est une relative rareté, puisqu’il s’agit de la version des –alors– juvéniles Rolling Stones dans leur formation originelle à six, avec l’excellent pianiste Ian Stewart, exclu du groupe par leur manager parce qu’il n’était pas photogénique, enregistrée en juin 1964, et qui ne sortit que tardivement sous le titre « Don’t Lie To Me » sur l’album Metamorphosis –essentiellement constitué de « chutes » de studio archivées par Bill Wyman– en 1975, initialement sous la signature Jagger/Richards, erreur corrigée ensuite.

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