Playlist « Bach non orthodoxe »

La playlist de cette belle matinée d’automne qui s’annonce au lever du jour est hautement contrapuntique, avec plusieurs pièces pour du « père Bach » –les lecteurs de ce blog devraient désormais savoir comment on prononce son nom, au risque de sombrer dans le ridicule…-, celui qui « contrepointe à tire-larigot » selon l’avis de son contemporain et ami Georg Philipp Telemann, beaucoup plus « succesfull » en son temps ! Toutes ces oeuvres sont interprétées au piano, quand bien même elles n’ont pas été écrites spécifiquement pour cet instrument, dont la construction en était encore à ses premiers balbutiements du temps de Bach. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• J.S Bach – Suites anglaises n°2 & 3, BWV 807 & 808
Ivo Pogorelich, piano – 1986 *****

Un très beau disque d’un artiste singulier, qui fit une entrée dans le métier fracassante au début des années 80, avant de se faire un peu oublier suite au décès de sa professeures, qu’il épousa tout jeune, et de réapparaître depuis une quinzaine d’année. Au début de sa carrière les interprétations d’Ivo Pogorelich étaient d’une approche parfois iconoclaste mais fraiche et nouvelle, toujours d’une grande perfection technique et d’une sonorité riche et belle. C’est également le cas avec cet excellent album, de surcroît très bien enregistré.
Depuis son retour à la scène et au disque, Ivo Pogorelich est encore plus extrême dans ses choix, tordant délibérément les tempi au gré d’un comportement parfois erratique et d’un caractère que l’on qualifiera euphémistiquement de lunatique.

• J.S. Bach – Variations Goldberg, BWV 988
Rosalyn Tureck, piano – 1988 *****

Rosalyn Tureck, pianiste américaine, était considérée, de son vivant, comme « la grande prêtresse de Bach », qu’elle aborda au clavecin, au thérémine, au synthétiseur –bien avant Wendy Carlos– et, surtout, au piano. Cet enregistrement constitue en quelque sort son chant du cygne et, pour peu que l’on accepte de s’installer 90 minutes –la pianiste effectue avec une belle inventivité de très nombreuses reprises– pour l’écouter très attentivement, il est tout-à-fait remarquable. La pianiste conjugue comme personne l’inventivité horizontale –mélodie, nuances dynamique– et la lisibilité verticale –la main gauche est magnifique, cf. extrait-, sur des des tempi généralement lents. Cette très grande lisibilité est encore accrue par une prise de son un peu sèche mais parfaitement adaptée à la vision de la pianiste. Glenn Gould lui-même, célèbre pour son interprétation de ces variations, avait reconnu qu’il n’avait subi qu’une seule influence : celle de Rosalyn Tureck.

• J.S. Bach – L’art de la fugue, BWV 1080
Pierre-Laurent Aimard, 2008 ****

On ne sait pas vraiment pour quel instruments « L’art de la fugue » fut écrit, Bach n’ayant précisé aucune instrumentation, qui est restée inachevée. J’ai dans ma discothèque des versions pour orgue –c’est assez austère sur la durée-, pour clavecin –c’est assez clinquant sur la durée-, pour piano ou pour orchestre de chambre, ces deux dernières propositions étant celles qui conviennent le mieux à mes oreilles.
La version du jour, par un pianiste qui s’est essentiellement distingué dans les oeuvres pour piano du vingtième siècle, est d’une très belle lisibilité formelle et d’une grande acuité rythmique, mais d’un rapproche intellectuelle un peu austère, distanciée et froide. L’oeuvre se prête plutôt bien à ce traitement cependant, et le disque reste agréable à écouter.

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Playlist « Grande année pour les Diablotins »

1966 fut surtout une année exceptionnelle en ce qui concerne la Pop-Rock Music, avec la sortie d’albums légendaires dont j’ai retenu ce triptyque, parce que choisir, c’est aussi un peu éliminer… –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Rolling Stones – Aftermath – 15 avril 1966 *****
• The Beach Boys – Pet Sounds – 16 mai 1966 *****
• The Who – A Quick One (While He’s Away) – 3 décembre 1966 *****

De ce cru exceptionnel, j’ai cependant dû me résoudre, faute d’un temps suffisant, à éliminer l’excellent « Revolver » des Beatles –le seul album du groupe que j’aime beaucoup avec Abbey Road– et le non moins remarquable « Blonde On Blonde » de Bob Dylan, considéré par de nombreux spécialistes comme le meilleur album de cet artiste –personnellement, je préfère « Highway 61, paru l’année précédente et, à mes oreilles, plus pêchu-.

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Playlist « 60’s – Seconde division anglaise »

La pop-rock music anglaise, c’est comme le football ! Si l’on considère que Rolling Stones, Beatles, Who, Procol Harum et autres Kinks ou Cream constituent la « première division anglaise » des groupes pop-rock qui virent le jour dans les années 60 en Angleterre, la « seconde division », objet de cette playlist et composée de quelques groupes à peine moins célèbres mais finalement moins largement « successful » -et, surtout qui ne durèrent pas au-delà de quelques années– fit également, dans une bonne mesure, partie de la vague de la « British Pop Invasion » qui traversa les frontières Outre-Manche puis, tout aussi largement, Outre-Atlantique. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Animals – The Animals – Novembre 1964 ***
• Them – The Angry Young Them – Juin 1965 ****
• Small Faces – Small Faces – Mai 1966 ***

On constatera avec ironie l’absences totale d’imagination des firmes discographiques quant à la production artistique des pochettes de ces albums : la firme Emi-Columbia reproduisait à l’envie l’esthétique des jaquettes des albums des Beatles, qu’elle produisait, quand Decca singeait à l’envie le design utilisé pour les Rolling Stones dans leurs premiers albums… C’est sûrement parce que ces groupes étaient moins photogéniques qu’ils restèrent en seconde division !

Pendant ce temps, en France, on trouvait nos « Yéyés » que je n’ai jamais appréciés et que je continue à dédaigner, et, aux États-Unis, avant que n’apparaissent des courants tout-à-fait neufs et originaux à partir de 1966, on pouvait entendre les Beach Boys sur la côte ouest, et, sur la cote est d’obscurs groupes fortement influencés par leurs cousins anglais, qui sont tombés dans l’oubli le plus absolu. Parmi ces grands oubliés, j’ai réussi à me re-procurer en CD un album que j’avais déjà eu en LP durant mon adolescence des Standells, qui furent célèbres, l’espace d’une année, à Boston, grâce à leur joli succès « Dirty Water » –vous pouvez même en retrouver une vidéo hilarante sur le tube : un des plus mauvais playback sans doute jamais réalisé !!!-, chanson qui reconnut un regain d’intérêt et un joli succès au début des années 80 lorsqu’elle fut reprise par The Inmates. –Cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand-.

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Basse : un peu de fil à retordre

Madness • Our House

Non content d’avoir mis en boîte des reprises Ska ou Rocksteady des Specials, je m’attaque désormais à quelques standards de Madness : font désormais partie de mon répertoire, les deux hits « One Step Beyond », reprise par le groupe de Prince Buster, qui cartonna dans les charts en 1979, et « My Girl », qui connut à peine moins de succès la même année. Le second possède une ligne de basse simple et efficace, celle du premier est à peine plus difficile mais nécessite une mise en place très « carrée ».

En revanche, la partie de basse de « Our House » est autrement plus complexe, notamment du fait de sa grande rapidité et m’a donc donné un peu plus de fil à retordre : elle se compose de trois parties –couplet, refrain et pont, lequel m’a donné le plus de souci à 2’02, 2’25 ou 2’40 en particulier…– qui sont autant de ruptures rythmiques.
Cette ligne de basse, assez mélodique, est un joli soutien à cette chanson entraînante et joyeuse, qui connut un grand succès lors de sa parution en 45 tours, en 1982, lorsque le groupe commençait à s’émanciper du genre ska-rocksteady pour se diversifier plus abondamment. Le clip qui fut réalisé à l’époque avait par ailleurs marqué les esprits.

Après cet intermède de quelque semaines, je suis désormais prêt à retourner vers quelques blues ou ses dérivés, à la guitare ou à la basse…

 

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Un peu de blues pour entamer la semaine !

J’entame cette semaine par une petit playlist blues –mon avant-dernier semaine de quinquagénaire, viens-je de me rendre compte !-, avec deux LP de belle qualité artistique. Au gré des saisons, ces disques, comme pas mal d’autres disques de blues, sont soldés dans les bacs à 33 tours de la Fnac : je suppose qu’ils ne doivent pas en vendre des wagons… –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• BB King – Three O’Clock Blues – 2017 ****

L’album est une réédition d’une compilation française de titres enregistrés par BB King entre 1956 et 1960 et contient quelques-unes de ses meilleures chansons. Néanmoins, les deux titres enregistrés avec l’orchestre de Duke Ellington ne sont de loin pas inoubliables et j’aurais préféré, tant qu’à faire, deux morceaux plus « roots » à la place ! Bon pressage silencieux 180 grammes, prise de son mono de l’époque, très correctes.

T-Bone Walker, Joe Turner & Otis Spann – Super Black Blues – 1969 *****

Un excellent album de blues, qui permet de retrouver le grand T-Bone Walker à la guitare, accompagné du pianiste Otis Spann et du chanteur Joe Turner, soutenus par quelque « sessions men ». Je vous avais déjà signalé ce grand classique ici. Le saxophone qui apparaît ponctuellement est tenu par Ernie Watts, qui joua notamment avec les Rolling Stones à de multiples reprises, et notamment lors de la gigantesque tournée de 1981-82.

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The Specials – You’re Wondering Now, basse

Poursuivant sur ma récente lancée, je continue à mettre en boîte, à la basse –instrument que j’ai tendance à privilégier par rapport à ma guitare en ce moment-, quelques titres Rocksteady / Ska des Specials ou de Madness, pour la plupart des reprises de hits caraïbéens ou jamaïcains des années 60, mais qui étaient restés relativement méconnus dans nos contrées avant leur reprise par ces groupes.

Aujourd’hui, c’est « You’re Wondering Now », une reprise des Specials qui figure sur leur premier album, « Specials », paru en 1979. La ligne de basse de cette reprise, sur un tempo relativement plus lent que la version originale –ils en donnaient toutefois une version plus rapide en concert-, n’est pas très difficile à exécuter. Cette chanson servit également de support au générique de fin d’une célèbre série TV policière franco-anglaise se déroulant « au paradis ».

Le titre original était interprété par le duo Andy & Joey en 1964 et composé par –ou pour le moins attribué à– Clement Seymour, célèbre producteur et auteur-compositeur prolixe sous le nom de Sir Coxsone, qui créa notamment le label Studio One qui produisit un nombre considérable d’artistes et de chansons à partir du milieu des années 50.

 

Il en existe une même une antique vidéo ! 

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Playlist concertante et rafraîchissante !

Après la déconvenue enregistrée hier lors de ma playlist, celle de ce jour, consacrée aux concertos pour piano « pairs -à savoir : le deuxième, écrit en réalité en premier, et le quatrième, mon oeuvre préférée parmi toute la musique concertante- composés par Ludwig van Beethoven, est tout-à-fait rafraîchissante : elle est extraite de l’intégrale, très rare dans nos contrées, enregistrée par le pianiste Emil Gilels et l’orchestre philharmonique de Leningrad placé sous la direction de Kurt Sanderling, deux artistes qui ne sont pas de moindre renommée que ceux écoutés hier. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Concerto pour piano n°2 – 1958 ****
• Concerto pour piano n°4 – 1958 *****
Emil Gilels, piano
Orchestre de Leningrad, Kurt Sanderling

Pour résumer cette playlist, je pourrais simplement me contenter de dire que c’est « beethovénien en diable,  du grand et du solide ».
Il s’agit de la deuxième intégrale des concertos pour piano de Beethoven enregistrée par Emil Gilels, située entre les deux qu’il réalisa en Occident pour EMI en 1957 puis en 1968, et contemporaine de celle résultant de concerts avec l’orchestre philharmonique tchèque, avec, là encore, Kurt Sanderling. Si les deux versions occidentales se trouvent facilement, les deux autres nécessitent une patiente recherche, récompensée par des écoutes jubilatoires !

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Playlist concertante et décevante

Je refais actuellement le tour de ma discothèque relative à la musique concertante de Beethoven. La playlist de ce matin est ainsi constituée des trois concertos pour piano « impairs » du sourd qui entendait l’infini, à savoir le premier –qui est en fait son deuxième composé-, le troisième et le cinquième dit « Concerto L’Empereur », dans les versions qu’en proposa le pianiste Arturo Benedetti Michelangeli, accompagné par l’orchestre symphonique de Vienne sous la direction de Carlo-Maria Giulini, et respectivement enregistrés –pas formidablement bien pour l’époque-en 1980, 1987 et 1982. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Concerto pour piano n°1 – 1980 ** Enregistrement live
• Concerto pour piano n°3 – 1987 **
• Concerto pour piano n°5 « L’Empereur » – 1982 *** Enregistrement live
Arturo Benedetti Michelangeli, piano
Orchestre symphonique de Vienne, Carlo-Maria Giulini

Vue la grande notoriété de ces deux artistes, que je connais assez mal en réalité, la déception immense et les étoiles sévèrement attribuées ce jour sont à la hauteur de cette déception : c’est, la plupart du temps, froid, distant et manquant de communication entre le pianiste et l’orchestre : un Beethoven très bien joué, certes –même si l’orchestre viennois n’est pas tout-à-fait de premier plan-, mais très hautain –d’autres plus indulgents diront : d’une grande hauteur de vue…-. J’attendais beaucoup plus de ces albums, dont je n’avais plus trop de souvenirs parce qu’ils n’avaient plus quitté mes étagères depuis des lustres : désormais, je sais pourquoi : il y a tellement mieux ailleurs !

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Encore une mise en boîte (Basse)

The Specials – A Message To Rudy

Comme il n’y a pas que le blues et ses dérivés dans la vie, je suis en train, en ce moment, d’intégrer quelques chansons Ska ou Rocksteady à mon répertoire de bassiste amateur, dans la joie et la bonne humeur ! Cela m’a conduit vers les deux groupes phares de ces genres –à vrai dire les seuls que je connais : The Specials et Madness-, qui ont commis notamment et popularisé un certain nombre de reprises de groupes ou d’artistes parfois obscurs des Caraïbes ou de la Jamaïque des années 60 et ont largement participé à leur re(co)naissance dans nos contrées.

C’est, évidemment, tout-à-fait un autre style que le blues, tant du point de vue harmonique que du point de vue rythmique, avec beaucoup de syncopes, mais les morceaux que j’envisage de jouer ne sont pas très difficiles, en particulier celui de ce jour, fondé sur la répétition d’un seul et même motif tout au long de la chanson. Je n’ai pas encore essayé de voir ce que ça donne à la guitare, qui n’est pas du tout l’instrument principal dans cette musique.

La version des Specials, qui a popularisé cette chanson en Angleterre puis en Europe à la fin des années 70, est en fait une reprise très proche d’un titre original du chanteur jamaïcain Dandy Livingstone, sortie en 1967.

 

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Playlist « She’s gonna hate me » !

Même si j’écoute depuis l’aube une playlist constituée essentiellement –mais pas exclusivement– de ce que je qualifierais de «Blues alternatif», TheCookingCat va malgré tout me détester, elle qui ne supporte pas cette musique, qu’elle apprécie encore moins que les valses de Johann Strauss –ce qui n’est pas peu dire…– ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• New Orleans Blues 1940-1953 – Frémeaux & Associés, *****
• Hillbilly Blues 1928-1946 – Frémeaux & Associés, ***(*)
• John Lee Hooker – The Very Best Of – 2019 *****

Les deux albums CD de «blues alternatifs» sont issus de la très belle et très riche collection Frémeaux & Associés, éditeur spécialisé notamment dans le marché de rééditions d’anthologies thématiques.
• Si la forme traditionnelle du blues est toujours respectée –progression harmonique I-IV-V (tonique – sous-dominante – dominante pour les savants) sur une grille immuable de douze mesures et utilisation de la fameuse « note bleue » et de la gamme pentatonique-, le Blues New Orleans privilégie le piano –extrait 1– et utilise généralement la tonique de DO, tandis que l’instrument de prédilection du blues « traditionnel » est la guitare –Delta Blues, Chicago Blues, voire Texas Blues-, sur laquelle on décline essentiellement les toniques de MI ou de LA.
• Quant au «Hillbilly Blues», il en est une forme adaptée par le monde rural blanc, qui privilégie plus fréquemment l’emploi du violon –extrait 2-, mais qui est construit peu ou prou sur celle même grille de 12 mesures et la même progression harmonique.
Chacun des deux albums comporte une très bonne notice informative que vous pouvez retrouver sur le site de l’éditeur, ici ou là –en bas de chaque page-.
• Pour faire bonne mesure, cette playlist est complétée par un excellent LP de blues tout-à-fait traditionnel avec cette compilation de John Lee Hooker : voix rapeuse et guitare rudimentaire mais efficace, c’est l’un des grands maîtres du blues de la seconde moitié du 20ème siècle.

Il est étonnant que sur un schéma aussi simple et immuable que celui du blues, tant de merveilles aussi variées aient été créées à travers les époques !

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