Playlist « Brahms à l’ancienne & à l’américaine »

Après Bruckner, Brahms ! Peu me chaut l’ordre alphabétique, je préfère généralement le premier au second, sauf en ce qui concerne les concertos pour piano ! Normal me direz-vous, Bruckner, qui était organiste, n’a rien composé pour le piano –on peut faire abstraction de son recueil d’apprenti-compositeur, le Kitzler Studienbuch– ! La playlist de ce jour propose des enregistrements d’origine américaine, gravés dans les années 50 ou au tout début des années 60, et qui firent tout d’abord les beaux jours des discophiles d’Outre-Atlantique, avant de faire les miens : j’aime beaucoup ces interprétations de Brahms, musicien que je ne consomme qu’avec modération…

Quasiment tous les artistes de cette playlist –Leon Fleisher en est l’exception– viennent d’Europe, où ils avaient entamé leur carrière –Allemagne pour Steinberg, Tchécoslovaquie pour Firkusny, Hongrie pour Reiner et Szell– et ont été naturalisés américains durant la guerre ou immédiatement après. Les trois chefs, tous nés à la fin du 19ème siècle, trouvèrent en Amérique des orchestres remarquables et s’inscrivent dans la lignée des « chefs objectifs » popularisée par Arturo Toscanini, qui était alors très en vogue aux États-Unis. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Johannes Brahms – Concerto pour piano et orchestre n°1
Rudolph Firkusny, piano ; orchestre symphonique de Pittsburgh, William Steinberg – 1956 *****
Extrait du coffret anthologique de 20 CD « William Steinberg. The Complete EMI Recordings » – EMI, 2011

Le premier concerto pour piano de Brahms est sans doute l’oeuvre que je préfère du compositeur, et cette version de l’oeuvre fait partie des très bonnes interprétations et s’avèrent très complémentaires des meilleures versions européennes, souvent plus massives du côté de l’orchestre. Ici, fidèle à lui-même, Steinberg se montre vif-éclair, rigoureux et transparent et son association avec Rudolf Firkusny, au jeu fin, élégant mais non dénué de poigne –c’est nécessaire pour ce concerto– s’avère une grande réussite : à la même époque, les deux compères enregistraient également une remarquable interprétation du 5ème concerto « L’Empereur » de Beethoven.
William Steinberg, aimable et doté d’un grand sens de l’humour, fut souvent décrit comme « Un Reiner ou un Szell avec du coeur ».

• Johannes Brahms – Symphonie n°3
Orchestre symphonique de Chicago, Fritz Reiner – 1958 *****

Fritz Reiner fut sans doute le plus grand « dictateur de la baguette » : un chef qui ne souriait jamais et tyrannisait régulièrement ses musiciens afin d’en tirer le meilleur. Peu patient, il était également capable de renvoyer rapidement les musiciens d’orchestre qui ne lui convenaient pas : à Pittsburgh, où il précéda William Steinberg, il avait, en dix ans, renvoyé plus de la moitié des musiciens…
Nonobstant ces petits travers –sic-, ces disques sont d’un très haut niveau –et d’un très haut niveau technique, puisqu’il bénéficia du procédé « Living Presence » de RCA-, et cette troisième symphonie de Brahms n’échappe pas à cette règle ! La perfection a un prix !

• Johannes Brahms – Concerto pour piano et orchestre n°2
Leon Fleisher, piano ; Orchestre de Cleveland, George Szell – 1962 ****(*)

Une autre association gagnante : celle du brillant pianiste américain Leon Fleisher, vainqueur à 24 ans du concours de piano de la Reine Elisabeth et du chef de l’orchestre de Cleveland George Szell –encore un chef sympathique qui ne rigolait jamais…-, qui enregistrèrent avec beaucoup de succès l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven et celle de Brahms, ainsi que les concertos pour piano de Schumann, de Grieg et le 25ème concerto de Mozart. Cette association fructueuse fut malheureusement interrompue par la paralysie progressive de la main droite de Leon Fleisher, dont il perdit l’usage en 1964 du fait d’une dystonie focale.
Tous les disques enregistrés par le couple Fleisher / Szell- Cleveland sont de premier ordre et ont bénéficié de rééditions soignées en CD. Quasiment à la même époque, Emil Gilels enregistrait ce même concerto avec l’orchestre de Chicago et Fritz Reiner : une version magistrale qui aurait presque pu figurer dans cette playlist !

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Playlist « Oeuvres archi-populaires »…

… pour bien commencer la semaine !

C’est encore la canicule, le cerveau est tout ramolli et rien de mieux, dans ces cas-là, que d’aborder la journée –et la semaine– avec cette playlist composées d’oeuvres archi-populaires et d’accès très facile, qui ne nécessitent donc pas d’être archi-attentif puisque je les connais par coeur depuis longtemps. Elles n’en sont pas moins belles pour autant !Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Pour des oeuvres aussi connues et populaires, il n’y a pas grand-chose à ajouter, si ce n’est deux petites remarques:
cette version de la « Symphonie du Nouveau Monde » par Karajan et Berlin est, à mes oreilles, la meilleure qu’il enregistra avec cet orchestre et qu’elle reste marquée par des couleurs brahmsiennes que le chef cultiva toujours dans Dvořák –pour des versions plus « roots », il faut aller voir ailleurs…-,
l’album consacré aux suites orchestrales de « Peer Gynt » –prononcer Péér Günte, on est en Norvège, pas en Angleterre…– est merveilleusement enregistré, mais également superbement interprété par un orchestre tout-à-fait remarquable !

• Antonin Dvořák – Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde »
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1959 ****

• Serge Rachmaninov – Concerto pour piano n°2 – Extrait 1
Vladimir Ashkenazy, piano ; Orch. Philh. Moscou, Kirill Kondrashin – 1964 *****

• Edvard Grieg – Peer Gynt, suites orchestrales 1&2 – Extrait 2
Orchestre philharmonique de Bergen, Ole Kristian Ruud – 2006 *****

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Playlist « On n’est jamais mieux servi… »

Le dicton populaire l’affirme : « On n’est jamais mieux servi que par soi-même » ! Et c’est pour en vérifier le bien-fondé que j’ai concocté cette petite playlist : des enregistrements anciens où des musiciens interpèlent leurs propres oeuvres pour la postérité, et qui, dans une certaines mesure, constituent des jalons référentiels dans l’histoire de l’interprétation de chacune des oeuvres écoutées ce jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Edward Elgar – Concerto pour violoncelle
Beatrice Harrison, violoncelle ; New Symphony Orchestra, Edward Elgar – 1928 *****
Le disque fait partie d’un coffret anthologique des enregistrements électriques des oeuvres d’Elgar par lui-même – 1926-1933 – EMI/Warner

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce concerto pour violoncelle était si populaire en son temps –malgré une première désastreuse en 1919 par un violoncelliste mal préparé, un chef réticent et un orchestre en manque de répétitions– qu’il s’agit-là du second enregistrement de l’oeuvre par ces mêmes artistes : le premier fut réalisé au bon vieux temps de l’enregistrement acoustique en 1920, celui-ci est un enregistrement électrique –toutes ces différentes techniques sont décrites ici, pour les éventuels passionnés…-. Le son est étonnamment bon pour l’époque et le remastering effectué lors de la mise en CD est très réussi.

Par ailleurs, ce très beau concerto trouve ici une superbe interprétation, aussi belle à mes oreilles que celle de Jacqueline DuPré / John Barbirolli, universellement louée par les musicographes. Edward Elgar, qui avait personnellement choisi la soliste Beatrice Harrison, avait obtenu de His Master’s Voice une somme considérable pour enregistrer ses propres oeuvres, il était remarquablement populaire dans son pays, où il était considéré comme le plus grand musicien anglais depuis Handel.

 

• Paul Hindemith – Symphonie « Mathis der Maler »
Orchestre philharmonique de Berlin, Paul Hindemith – 1955 *****

Paul Hindemith enregistra une large anthologie de ses oeuvres symphoniques avec l’orchestre philharmonique de Berlin durant les années 50 en réaction, notamment, aux interprétations de ses oeuvres par Wilhelm Furtwängler, qu’il jugeait trop « romantiques » et d’une facture trop subjectives : on n’est décidément jamais mieux servi que par soi-même ! Je vous ai déjà raconté un peu tout cela ici, et mon opinion au sujet de cet album n’a pas varié : c’est vraiment très bien et très bien enregistré pour l’époque !

 

Zoltan Kodály – Nuit d’été ; Concerto pour orchestre
Orchestre philharmonique de Budapest, Zoltan Kodály – 1960 *****

Parfois décrit comme le « Debussy hongrois », Zoltan Kodály –1882-1967– alliait schéma classique et inspiration folkloriste. Il fut aussi un pédagogue renommée et une méthode d’enseignement de la musique porte son nom et reste encore en vigueur de nos jours –malheureusement pas en France, où l’enseignement de la musique reste encore très élitiste, note perfide du rédacteur…-.
S’il n’est pas le plus connu ou le plus populaire des compositeurs du 20ème siècle, il n’en est pas moins intéressant et les deux oeuvres de ce jour s’écoutent très agréablement. L’orchestre philharmonique de Budapest s’avère être un excellent orchestre, dont le chef le plus éminent fut Otto Klemperer –1947-1950– de retour de son exil américain.

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Playlist « Un son cristallin mêlé de larmes… »

La playlist de cette nouvelle journée de nouvelle caniculequi devrait durer moins longtemps que les précédentes mais est, cette fois-ci, centrée sur l’est de l’Europe– est consacrée au grand pianiste russe Emil Gilels, dont les lecteurs réguliers de ce blog savent qu’il s’agit de mon pianiste préféré –non, je n’ai pas que des goûts bizarres ! -, et que de nombreux musicographes considèrent comme l’un des plus grands pianistes du vingtième siècle.

« Le jeu d’Emil Gilels produisait un tonnerre aux sonorités tendres ; jamais fruste, il était davantage ancré dans la terre que dans les cieux. Il concevait le piano comme un instrument chantant et non comme un instrument percussif. Même ses fortissimos ne sonnaient jamais de manière percussive. Sa sonorité n’était jamais dure ni monotone, et son toucher se distinguait par sa grande souplesse et son élégance. Son style, d’apparence sobre, brûlait intérieurement d’une profonde intensité. C’était une approche empreinte d’une subjectivité imaginative qui, grâce à son sens aigu de la forme et du flux musical, en préservait constamment la cohérence. Serait-il exagéré d’évoquer une sonorité cristalline mêlée de larmes ? Emil Gilels était un conteur brillant, maître des transitions entre tension, douceur et tristesse, sans jamais rien perdre de son intensité. »

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Ludwig Van Beethoven – Concerto pour piano n°3
Emil Gilels, piano ; Orchestre de la Radio d’État d’URSS, Kirill Kondrashin – 1951 *****

Au cours du vingtième siècle, Emil Gilels fut le pianiste qui joua le plus souvent les concertos pour piano de Beethoven, tout au long de sa carrière, avec de multiples orchestres et chefs, à travers tous les continents où il se produisit. Outre ses quatre intégrales officielles, il existe de très nombreuses bandes de concerts de ses interprétations. Je ne souvenais plus de cette fabuleuse version de 1951, époustouflante d’énergie mais aussi débordante de tendresse dans le deuxième mouvement. Une exceptionnelle version donc, à la hauteur des toute meilleures que je lui connais. Le son est étonnamment bon pour un live de radio de l’ère soviétique de l’immédiate après-guerre.

 

• Franz Liszt – Sonate en si mineur
Emil Gilels, piano – 1964 *****

Une très grande version de cette très grande sonate, enregistrée à New York, où le pianiste eut le droit de se produire dès 1955, étroitement chaperonné par des « gardes du corps » de la police soviétique : il subit ce traitement tout au long de sa vie, à chacun de ses déplacements hors d’URSS… La sonate fut enregistrée d’une seule traite par RCA le 24 décembre 1964. J’ai dans ma discothèque une douzaine d’autres versions plus ou moins officielles de cette sonate par le pianiste, celle-ci est, à ma connaissance du moins, son unique version de studio. La prise de son de cet album est excellente et rend parfaitement à la sonorité exceptionnelle du pianiste.
La redoutable critique américaine Claudia Cassidy, qui a fait et surtout défait tant de carrières d’artistes européens aux États-Unis par ses écrits parfois dévastateurs dans le Chicago Tribune –ce n’est pas en vain qu’elle fut surnommée « Acidy Cassidy »…-, salua l’enregistrement en ces termes dans le même journal :

« Entre de mauvaises mains, la sonate de List peut être la plus formidablement ennuyeuse des musiques. Mais [avec cette version] voici la noirceur Byronienne de son imagination aux élans vertigineux, sa technique prodigieuse, ses brusques sautes d’humeur, sa conviction absolue que le piano est le plus grand des instruments — et un instrument chantant, qui plus est. »

• Franz Schubert / Dmitry Kabalevsky – Fantaisie pour piano et orchestre en fa mineur
Transcription de la fantaisie en fa mineur pour piano à 4 mains de Franz Schubert
Emil Gilels, piano – Orchestre philharmonique de Moscou, Kirill Kondrashin – 1962 *****

Lorsque j’étais enfant, vers 7-8 ans, j’adorais la version originale pour piano à quatre mains de cette Fantaisie de Schubert et son merveilleux début très rêveur : avec les « Gymnopédies » d’Erik Satie, elle faisait partie de mes oeuvres pour piano favorites : j’avais déjà des goûts bizarres !
Cette curieuse transcription pour piano et orchestre est, justement, curieuse, mais préserve le miraculeux commencement de l’oeuvre, et l’ensemble s’écoute agréablement. Emil Gilels, qui appréciait beaucoup cette fantaisie, l’enregistra également dans sa version originale pour piano à quatre mains avec sa fille Elena pour le label Deutsche Grammophon en 1978. Cette version pour piano et orchestre, témoignage d’un concert de 1962, ne bénéficie pas d’une meilleure prise de son que le concert enregistré en 1951 !

 

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Playlist en couleurs – Rouge, troisième !

• Arnold Schönberg – Die verklärte Nacht (La nuit transfigurée) – Version orchestre
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1974 *****

• Alexandre Glazounov – Concerto pour violon
Nathan Milstein, violon ; Orchestre symphonique de Pittsburgh, William Steinberg – 1956 *****

• Jean Sibelius – Tapiola et autres poèmes symphoniques
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1984 *****

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Playlist « Terra Incognita. 7 »

• Préambule – Avant même d’entreprendre quoi que ce soit ce matin, je me suis rendu au bureau de vote dès son ouverture comme toujours, à l’occasion de second week-end électoral, et après une petite balade  rafraîchissante qui m’a également conduit vers une boulangerie où je me suis offert quelques viennoiseries –en général, je ne mange pas le matin-, lesquelles ont accompagné, à mon retour, mon second double-expresso de la matinée ! Après quoi, je me suis rendu à la déchèterie, coffre de la voiture préalablement rempli : on y rencontrait nettement plus de monde qu’au bureau de vote !

• Nouveau volet, et pas le dernier sans doute d’une série consacrée à des oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir, bon ou mauvais, bien que certaines d’entre elles soient relativement connues, comme c’est le cas pour deux d’entre elles dans cette playlist –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Camille Saint-Saëns – Concerto pour piano n°5 « L’Égyptien » – 1896
Pascal Rogé ; Royal Philharmonic Orchestra, Charles Dutoit – 1978 ****
Extrait d’un coffret de 2 disques comprenant l’intégrale des concertos pour piano de Saint-Saëns – Decca, 1978

J’avais acheté ce petit coffret parce que j’apprécie beaucoup Pascal Rogé, pianiste français trop rares, et dont tous les disques que je connais –Satie, Ravel, Poulenc, Fauré…– sont de fort belles réussites, ainsi que Charles Dutoit –pas encore au sommet de sa notoriété dans cet enregistrement– qui excelle généralement dans la musique française. J’apprécie généralement moyennement Saint-Saëns –c’est toujours remarquablement construit et impeccablement orchestré, mais pas toujours très inspiré…– , hors sa formidable troisième symphonie. Son cinquième concerto pour piano est, à mes oreilles, le meilleur du lot avec le deuxième et son écoute est plutôt agréable.

• Frédéric Chopin – Concerto pour piano n°1 – 1830
Gina Bachauer ; Orchestre symphonique de Londres, Antal Dorati – 1964 **
Extrait d’un coffret anthologique de 7 CD consacré à la pianiste Gina Bachauer : The Mercury Masters – Eloquence Classics, 2022

Je n’écoute que rarement des oeuvres de Chopin, qui a tendance à m’ennuyer assez vite, et ses concertos pour piano ne font clairement pas partie de mon quotidien ! Mais il se trouve que le premier d’entre eux fait partie d’un excellent coffret consacré à une excellente pianiste un peu oubliée de nos jours, Gina Bachauer, que j’ai connu tout jeune parce que dans la discothèque paternelle, c’est elle qui interprétait le 5ème concerto pour piano de Beethoven. Tout au long des années 50 et 60, elle enregistra pour le label Mercury, et, dans le domaine concertant, fut souvent accompagnée par Antal Dorati, dont la discographie est remarquablement abondante ! Malgré tout leur talent, je n’accroche pas beaucoup plus à ce concerto…

• Dmitri Shostakovich – Concerto pour piano, trompette et cordes – 1933
Shura Cherkassky, Harold Jackson ; Philharmonia Orchestra, Herbert MENGES – 1956 ***
Extrait d’un coffret anthologique de 10 CD consacré au pianiste « Shura Cherkassky – Hänssler, coll. Profil, 2018

Le coffret consacré à Shura Cherkassky offre un large panorama de ce pianiste brillantissime, et parmi les nombreuses pépites qui le composent, je n’avais encore jamais écouté ce concerto, qui m’avait échappé : l’oeuvre, que son créateur catalogua comme concerto pour piano n°1, constitue donc une découverte pour moi. On peut y entendre, parmi d’autres thèmes empruntés par le compositeur, une citation de la sonate pour piano « Appassionata » de Beethoven, et Shostakovich semble l’avoir apprécié beaucoup –plus que moi !– et le joua souvent en concert –il tenait la partie de piano-.

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Playlist « Romantique, russe et contrastée »

La playlist du jour est consacrée à Piotr Tchaïkovsky, très célèbre compositeur russe, très romantique et très populaire et apprécié d’un large public, notamment pour ses ballet d’accès très facile. Elle se compose, de manière contrastée, d’une oeuvre hyper-connue et de trois oeuvres beaucoup plus rares. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Symphonies n°1 «Rêves d’hiver»
Symphonie n°2 «Petite Russie»
Symphonie n°3 «Polonaise»
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1979 ***

Des six symphonies de Tchaïkovsky –orthographié « à l’allemande » sur les pochettes des disques de la playlist du jour-, seules les trois dernières sont très populaires et assez massivement enregistrées. Les trois premières, a contrario, n’apparaissent souvent que dans le cadre d’intégrales et beaucoup plus rarement en albums séparés : c’est le également cas pour les deux albums consacrés à ces symphonies, enregistrées lors de la parution de l’intégrale d’Herbert Von Karajan –cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand– sortie en 1979 et sporadiquement apparus de manière isolée.
Le chef autrichien n’enregistra ces trois premières symphonies qu’une unique fois, contrairement aux trois dernières, dont il laissa d’innombrables versions tout au long de sa carrière –jusqu’à 7 versions officielles pour la symphonie n°6 « Pathétique »-. Composées entre 1866 et 1875, leur moindre popularité est justifiée par leurs moindres qualités : c’est de la «bonne musique», toujours très bien orchestrée –le compositeur savait indéniablement faire « sonner » un orchestre-, un rien prosaïque parfois –à mes oreilles au moins– et sans éclair de génie. La deuxième symphonie est celle que j’apprécie le moins. Les trois dernières symphonies sont incomparablement meilleures !

Concerto pour piano n°1
Ivo Pogorelich ; Orch. symph. de Londres, Claudio Abbado – 1986 ****

Des trois concertos pour piano du même compositeur, seul le premier est réellement populaire et constitue un cheval de bataille du répertoire concertant pour les pianistes. Le jeune Ivo Pogorelich, très bien accompagné par Claudio Abbado, ne s’y trompa pas en l’enregistrant dès le début de sa carrière, en 1986 et en délivrant une très bonne version –sans totalement égaler les versions princeps d’Emil Gilels, voire de Martha Argerich, au moins à mes oreilles-, dans de très bonnes conditions techniques. L’oeuvre est brillante, ultra-virtuose et son introduction est archi-célèbre, y compris auprès d’un public non mélomane.

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Playlist « Violon à l’ancienne »

Mes nuits sans dormir, une fois de plus… Avant de filer dans les Vosges pour la journée, une playlist composée de trois concertos pour violon enregistrés au tournant des années 50, qui constituent de belles versions dans chacun des cas envisagés. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Les étoiles attribuées valent pour la qualité des oeuvres plus que pour leur interprétation dans le cadre de cette playlist.

• Aram Katchaturian – Concerto pour violon en ré mineur
David Oistrakh – Philharmonia Orchestra, Aram Katchaturian – 1949 ***

Le grand fait de gloire du compositeur Aram Katchaturian reste son ballet « Gayaneh », avec sa célèbre « Danse du sabre », dont le guitariste Dave Edmunds délivra une adaptation époustouflante ! Son concerto pour violon est l’autre pièce du compositeur assez régulièrement enregistrée, et notamment au moins trois fois par David Oïstrakh, son dédicataire et créateur de l’œuvre.
Le concerto, en trois mouvements, dure une trentaine de minutes ; il est teinté d’éléments folkloriques arménien et se réserve de belles parties virtuoses au violon.

• Wolfgang A. Mozart – Concerto pour violon n°4 en ré majeur KV 218
Johanna Martzy – Orch. Chambre radio de Bavière, Eugen Jochum – 1952 **

Du Mozart adolescent -l’oeuvre, d’une vingtaine de minutes, a été composée en 1775-, de structure très classique et guère passionnant à mes oreilles, plutôt rétives en général à Mozart…

• Antonin Dvořák – Concerto pour violon en la mineur op. 53
Johanna Martzy – Orch. RIAS Berlin, Ferenc Fricsay – 1953 ****

Contemporain des concertos pour violon de Brahms et de Tchaïkovsky, celui d’Antonín Dvořák, créé en 1879, est, comme celui de Brahms, dédié au violoniste Joseph Joachim, sur les conseils duquel il le remodela durant deux ans. Curieusement, ce concerto, plutôt réussi –et supérieur à celui de Brahms à mes oreilles– n’est pas aussi populaire que le concerto pour violoncelle du compositeur, et reste moins souvent interprétée que les concertos de Beethoven, Brahms, Bruch, Tchaïkovski ou encore Mendelssohn et Sibelius. L’interprétation de Johanna Martzy est magnifique et elle est idéalement accompagnée par Ferenc Fricsay.

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Playlist « retour en enfance »

Certaines oeuvres me font invariablement retomber en enfance : c’est le cas avec « Les quatre saisons », d’Antonio Vivaldi, ensemble de quatre concertos pour violon –un par saison : étonnant, non ?– découverts très tôt sur la chaîne HiFi paternelle, et que nous écoutions également, avec explications érudites de « la maîtresse », à l’école élémentaire : elle décortiquait les poèmes supports de ces oeuvres et les faisait coller à la musique, c’était magique pour nos jeunes oreilles !
Un enregistrement faisait fureur à l’époque, c’était celui de Felix Ayo et I Musici, qui entame la playlist de ce jour. J’ai usé ce disque jusqu’à la corde ; il possédait en outre un  livre explicatif du plus haut intérêt. La playlist est par ailleurs constituée de quatre albums parmi la centaine d’enregistrements réalisés, et qui, au rythme d’une saison chacun et au fur et à mesure de l’évolution de l’histoire de l’interprétation, remonte petit à petit le temps. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Antonio Vivaldi – Les quatre saisons, op. 8 n°1-4
L’automne – Felix Ayo ; I Musici – 1959 ****
L’hiver – Konstanty Kulka ; orch. de chambre de Stuttgart, Karl Münchinger – 1974 ***
Le printemps – Simon Standage ; The English Concert, Trevor Pinnock – 1981 *****
L’été – Enrico Onofri ; Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini – 1994 *****

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Playlist « Viva España »

Une playlist très agréable, selon un répertoire espagnol que je maîtrise assez mal, et pleine de soleil pour réchauffer l’air ambiant : les températures matinales sont tout-à-coup très fraîches, depuis ces derniers jours ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Manuel de Falla – L’amour sorcier ; Danses du « Tricorne »
Grace Bumbry – Orchestre RIAS de Berlin, Lorin Maazel – 1965 ***

• Enrique Granados – Goyescas
• Isaac Albeniz – Iberia
Artur Pizarro, piano – 2010 ****

• Joaquin Rodriguez – Concierto de Aranjuez
Narciso Yepes, guitare – Orch. symph. RTV espagnole, Odon Alonso – 1969 ****

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