Playlist pour saluer le retour du printemps

Le printemps s’est définitivement installé, avec ses couleurs renaissantes, son cortège d’arbres en fleurs, d’oiseaux pépiant dès l’aube et ses températures plus que clémentes ces derniers jours ! Saluons ce retour avec une playlist particulièrement adaptée ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano et violon n°5 « Le printemps », op.23
Martha Argerich, piano ; Gidon kremer, violon – 1987 *****

Je n’écoute pas si souvent les sonates pour piano et violon de Beethoven –beaucoup moins que ses sonates pour piano ou ses symphonies-, pourtant très bien représentées dans ma discothèque, mais, quand je le fais, c’est à chaque fois une source de grande satisfaction renouvelée ! Cette cinquième sonate « Printemps », achevée en 1801, est l’une des plus connues et populaires de son corpus pour piano et violon, elle est d’une fraicheur ravissante et d’un accès très facile. Cette version éblouissante, extraite du coffret intégral BTHVN2020, lui rend pleinement justice.

• Robert Schumann – Symphonie n°1 « Printemps », op.38
Orchestre symphonique de Detroit, Paul Paray – 1959 **

Paul Paray dirige l’oeuvre avec poigne et une belle énergie, comme souvent, et son orchestre répond au quart-de tour, mais ils ne parviennent cependant pas à faire décoller cette symphonie décidément assez peu engageante à mes oreilles –au demeurant, je l’écoute rarement-. L’oeuvre fut créée à Leipzig par Felix Mendelssohn et fut globalement bien accueillie. Elle rencontra moins de succès lors des exécutions suivantes à travers l’Allemagne.

C’est Clara Schumann qui recommanda son mari de se consacrer à l’écriture d’oeuvres pour orchestre plutôt que de continuer à se consacrer à l’écriture d’oeuvres pour piano : à mon avis, elle fut mauvaise conseillère Elle affirmait, dans son journal : « Il serait préférable qu’il compose pour l’orchestre ; son imagination ne peut pas trouver à s’exprimer pleinement sur le piano… Ses compositions sont toutes pensées pour l’orchestre… Mon plus grand souhait est qu’il compose pour l’orchestre – voici son domaine ! Puis-je réussir à le persuader ! »

• Igor Stravinsky – Le sacre du printemps
Orchestre Philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1977 *****

Il existe plusieurs centaines d’enregistrements du « Sacre du printemps » –une des rares oeuvres que j’apprécie de ce compositeur-, et certaines versions sont mémorables : celle-ci en fait partie, à juste titre. Le chef, qui propose en 1977 sa seconde version enregistrée, creuse les timbres, sculpte les sonorités et privilégie une approche lyrique qui n’exclut pas la sauvagerie dans la première partie, l’orchestre est d’une qualité époustouflante et la prise de son est à la hauteur, tant en matière de timbres que d’image sonore et de dynamique.
Bref, un excellent disque à tous points de vue, largement salué à sa sortie et à écouter aussi fort que possible pour en profiter pleinement !

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Playlist « Violon à l’ancienne »

Mes nuits sans dormir, une fois de plus… Avant de filer dans les Vosges pour la journée, une playlist composée de trois concertos pour violon enregistrés au tournant des années 50, qui constituent de belles versions dans chacun des cas envisagés. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Les étoiles attribuées valent pour la qualité des oeuvres plus que pour leur interprétation dans le cadre de cette playlist.

• Aram Katchaturian – Concerto pour violon en ré mineur
David Oistrakh – Philharmonia Orchestra, Aram Katchaturian – 1949 ***

Le grand fait de gloire du compositeur Aram Katchaturian reste son ballet « Gayaneh », avec sa célèbre « Danse du sabre », dont le guitariste Dave Edmunds délivra une adaptation époustouflante ! Son concerto pour violon est l’autre pièce du compositeur assez régulièrement enregistrée, et notamment au moins trois fois par David Oïstrakh, son dédicataire et créateur de l’œuvre.
Le concerto, en trois mouvements, dure une trentaine de minutes ; il est teinté d’éléments folkloriques arménien et se réserve de belles parties virtuoses au violon.

• Wolfgang A. Mozart – Concerto pour violon n°4 en ré majeur KV 218
Johanna Martzy – Orch. Chambre radio de Bavière, Eugen Jochum – 1952 **

Du Mozart adolescent -l’oeuvre, d’une vingtaine de minutes, a été composée en 1775-, de structure très classique et guère passionnant à mes oreilles, plutôt rétives en général à Mozart…

• Antonin Dvořák – Concerto pour violon en la mineur op. 53
Johanna Martzy – Orch. RIAS Berlin, Ferenc Fricsay – 1953 ****

Contemporain des concertos pour violon de Brahms et de Tchaïkovsky, celui d’Antonín Dvořák, créé en 1879, est, comme celui de Brahms, dédié au violoniste Joseph Joachim, sur les conseils duquel il le remodela durant deux ans. Curieusement, ce concerto, plutôt réussi –et supérieur à celui de Brahms à mes oreilles– n’est pas aussi populaire que le concerto pour violoncelle du compositeur, et reste moins souvent interprétée que les concertos de Beethoven, Brahms, Bruch, Tchaïkovski ou encore Mendelssohn et Sibelius. L’interprétation de Johanna Martzy est magnifique et elle est idéalement accompagnée par Ferenc Fricsay.

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Playlist « retour en enfance »

Certaines oeuvres me font invariablement retomber en enfance : c’est le cas avec « Les quatre saisons », d’Antonio Vivaldi, ensemble de quatre concertos pour violon –un par saison : étonnant, non ?– découverts très tôt sur la chaîne HiFi paternelle, et que nous écoutions également, avec explications érudites de « la maîtresse », à l’école élémentaire : elle décortiquait les poèmes supports de ces oeuvres et les faisait coller à la musique, c’était magique pour nos jeunes oreilles !
Un enregistrement faisait fureur à l’époque, c’était celui de Felix Ayo et I Musici, qui entame la playlist de ce jour. J’ai usé ce disque jusqu’à la corde ; il possédait en outre un  livre explicatif du plus haut intérêt. La playlist est par ailleurs constituée de quatre albums parmi la centaine d’enregistrements réalisés, et qui, au rythme d’une saison chacun et au fur et à mesure de l’évolution de l’histoire de l’interprétation, remonte petit à petit le temps. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Antonio Vivaldi – Les quatre saisons, op. 8 n°1-4
L’automne – Felix Ayo ; I Musici – 1959 ****
L’hiver – Konstanty Kulka ; orch. de chambre de Stuttgart, Karl Münchinger – 1974 ***
Le printemps – Simon Standage ; The English Concert, Trevor Pinnock – 1981 *****
L’été – Enrico Onofri ; Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini – 1994 *****

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Playlist « L’empereur du violon »

Profitant d’une météo peu clémente ces derniers jours, je revisite à l’occasion de ces playlists estivales mon « fond de discothèque » et celle de ce jour est consacré à plusieurs concertos pour violon par celui qui fut surnommé l’empereur du violon », et dont ses confrères disait notamment qu’ « il a[vait] établi toutes les normes pour jouer du violon au XXe siècle » et que « les objectifs qu’il s’étaient fixés demeurent, et, pour les violonistes d’aujourd’hui, il est plutôt déprimant qu’ils ne soient plus jamais complètement atteints ». J’ai nommé Jasha Heifetz.

Né en 1899 en Lituanie –alors russe-, enfant prodige et réputé pour être le plus phénoménal des enfants prodiges de son temps –il fut admis dans la classe du réputé Leopold Auer, qui détestait les enfants prodiges, à 9 ans et enregistra ses premiers disques à 10 ans-, émigré très tôt en Amérique pour échapper à la révolution et au régime soviétique, il débuta très jeune une carrière de virtuose couronnée d’un tel succès que Fritz Kreisler, sans doute le violoniste virtuose le plus réputé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, affirma que devant tant de génie, « il n’avait plus qu’à casser son instrument sur ses genoux »… Sa carrière, couronnée d’un immense succès à travers le monde entier, s’étira jusqu’au début des années 60.
Richissime –il avait fondé l’éphémère « One Million Dollars » trio-, réputé d’une extrême exigence avec les autres et plus encore avec lui même, doté d’une personnalité complexe il est également réputé pour n’avoir jamais souri en public, et aucune photo ne le montre autrement qu’avec un visage austère.

Les enregistrements de cette playlist –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-, tous réalisés après la seconde guerre mondiale pour RCA, bénéficient du savoir-faire de la firme à cette époque et s’avèrent tous très convenables techniquement, avec cette particularité toutefois d’enregistrer le violon très près du microphone, comme le souhaitait Heifetz, sans que cela nuise au demeurant à la lisibilité de l’orchestre. Les accompagnements vont du tout-venant un peu routinier à l’excellent.

La firme américaine, à travers ces enregistrements, contribua à établir le mythe de l’infaillibilité du violoniste, à l’instar du halo d’infaillibilité qui entourait Arturo Toscanini –autre artiste RCA– à la même époque. C’est, évidemment, un mythe !

• Beethoven & Mendelssohn – OS Boston, Charles Munch – 1955, 1959 *****
• Brahms & Tchaïkovsky – OS Chicago, Fritz Reiner – 1957 ***/*****
Les *** sont essentiellement tributaires de mon peu d’appétence pour le concerto pour violon de Brahms, que je n’apprécie pas beaucoup, quelle que soit l’interprétation envisagée…
• Bruch & Sibelius – New Symphony Orchestra of London, Malcolm Sargent & OS Chicago, Walter Hendl – 1962, 1959 ****/*****

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Playlist « Duel au sommet »

Courte playlist aujourd’hui, consacrée au beau concerto pour violon de Glazounov et exposant un duel au sommet entre «le roi des violonistes», David Oistrakh et «l’empereur des violonistes», Jasha Heifetz.

Séparés d’une dizaine d’années, russes tous les deux, l’un –Jasha Heifetz (1899-1987), l’homme qui ne souriait jamais– échappa à la révolution bolchévique pour connaître une carrière lucrative à travers le monde, quand l’autre –David Oïstrakh (1908-1974), affable et débonnaire-, à l’instar de son compatriote et contemporain Emil Gilels, fut exploité jusqu’à son décès prématuré par le régime soviétique. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les deux violonistes jouissent d’une égale réputation d’excellence –celle de Heifetz lui fut reconnue dès son plus jeune âge, celle d’Oistrakh émergea plus tardivement– et ont dominé le monde du violon au vingtième siècle, ce qui leur valut d’enregistrer beaucoup et de se voir dédiées un certain nombre d’oeuvres pour violon de compositeurs contemporains.
La version du concerto pour violon de Glazounov de David Oïstrakh, enregistrée à Moscou en 1949, bénéficie du meilleur accompagnement, quand celle de Jasha Heifetz propose les meilleures conditions techniques. Ces deux versions, très dissemblables, sont très complémentaires et constituent deux excellentes propositions pour découvrir ou approfondir l’oeuvre, très facile d’accès au demeurant.

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Playlists chronologiques – 1969, année oubliée…

Dans le cadre des playlists constituées chronologiquementet arbitrairement de 1964 à 2020– , j’avais malencontreusement oublié 4 années : 1969, 1974, 1975 et 2004. Erreur que je vais progressivement réparer en commençant par l’année 1969 !

Johannes Brahms – Concerto pour piano n°1 – Claudio Arrau ; Concertgebouw Amsterdam, Bernard Haitink
The Butterfield Blues Band – Keep On Moving
Nicolo Paganini – Concertos pour violon 1&2 – Shmuel Ashkenasi ; OS Vienne, Heribert Esser
The Beatles – Abbey Road -Anniversary Edition-
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Playlist « Prononcez [baR] » !

Mes nuits sans sommeil, suite… Une playlist nocturne composée d’oeuvres célèbres de Johann Sebastian Bach –prononcez [baR] et non pas [bak], au risque de passer pour un pédant ridicule dans nos vertes contrées– et, pour deux albums, dans des versions qui sortent un peu de l’ordinaire ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Sonates pour violon et clavecin. Une superbe version, et l’un des plus beaux disques parus en 2016. Les oeuvres sont d’un accès beaucoup plus aisé que les sonates et partitas pour violon seul. *****
• L’Art de la fugue, dans une version joliment orchestrée et rondement menée, parue en 1984, est nettement moins austère que les propositions pour clavecin, orgue ou piano. Je connais au moins une autre transcription pour orchestre –celle un peu plus ancienne de Neville Marriner– mais, à mes oreilles, la proposition de Reinhard Goebel et de son Musica Antique Köln est nettement plus passionnante ! *****
• Les Variations Goldberg, écrites à l’origine pour un insomniaque –ça tombe bien !-, sont ici livrées dans une jolie version pour instruments à cordes –violon, alto, violoncelle– enregistrée en 2006, dans une transcription réalisée par le violoniste et chef d’orchestre Dmitry Sitkovetsky. C’est très joliment réalisé, mais, pour le coup, je préfère les versions pour piano. ****

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Playlist « Beethoven de chambre »

La musique de chambre de Beethoven –sonates hors sonates pour piano, trios et quatuors– reste encore un vaste terrain d’exploration pour mes oreilles : je la connais généralement beaucoup moins bien que sa musique symphonique ou que son corpus pour piano, sauf les trois oeuvres très connues et très populaires écoutées aujourd’hui –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.


• Sonate pour violon et piano n°5 « Le printemps » – Christian Ferras, Pierre Barbizet – 1958
Une très belle version tirée d’une excellente intégrale très hautement cotée en France, et dont cette « Printemps » me semble le meilleur exemple. C’est frais, très équilibré –le piano n’écrase jamais le violon– et très chantant. La prise de son ne porte absolument pas son âge.

• Trio pour violon, violoncelle et piano n°7« Archiduc » – Leonid Kogan, Mstislav Rostropovich, Emil Gilels – 1956
Cette version initialement parue sur le label soviétique Melodyia est l’un des remarquables témoignages laissés par l’éphémère trio formé par Emil Gilels, son beau-frère le violoniste Leonid Kogan et le violoncelliste Mstislav Rostropovich. Enregistré à Moscou en 1956, cette version demeure à mes oreilles la meilleure concernant cette oeuvre : c’est franc, direct et viril ! Très «beethovénien», en somme !
NB. Il faut absolument éviter certaines éditions postérieures en stéréophonie artificielle abominable et privilégier l’enregistrement monophonique initial, très convenable.

• Sonate pour violon et piano n°9 « Kreutzer » – Gidon Kremer, Martha Argerich – 1994
La plus célèbre des sonates pour violon et piano de Beethoven trouve ici une interprétation très équilibrée tout en étant remarquablement virtuose et expressive, très bien enregistrée de surcroît. Avec la très vieille version Heifetz – Moiseivich enregistrée en 1937, il s’agit de mon interprétation favorite.

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Playlist « Baroque à l’ancienne »

La playlist de ce jour est consacrée à des oeuvres du répertoire baroque interprétées « à l’ancienne », dans une perspective non HIP –historical informed performance-, et comprend :

Scarlatti – Sonates pour piano – Ivo Pogorelich. 1992
Bach – Sonates et partitas pour violon – Johanna Martzy. 1955
Handel – Concertos op. 6 N°5, 10 et 12 – OP Berlin, Herbert Von Karajan. 1966.
Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les sonates de Scarlatti sont ici interprétées au piano et non au clavecin, et s’inscrivent délibérément dans une perspective de « grand piano », virtuose et intense, malgré la forme aphoristique de ces oeuvres. Evidemment, on est très loin ici des versions enregistrées au clavecin, mais les sonates retenues dans ce disque se prêtent très bien à une interprétation au piano –c’est d’ailleurs pour cet instrument que je préfère ces sonates-. Mêmes si ces enregistrements ne sont pas très anciens, Ivo Pogorelich ne se préoccupe guère des apports de la musicologie dans son interprétation.
Beaucoup plus anciens, les disques [Bach – Martzy] –qui reste cependant ma versions préférée de ces oeuvres difficiles et arides : à titre anecdotique, Johanna Martzy fut la première femme à enregistrer ce corpus intégral– et [Handel – Karajan] datent d’avant la révolution « baroqueuse » apparue au tournant des années 70 avant de d’imposer au début des années 80. On ne joue plus ces oeuvres ainsi désormais, mais ils restent intéressants comme témoignages de l’évolution des traditions interprétatives.

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Playlist des jours d’après…

Tout à mon labeur ces derniers jours, je n’ai pas trop eu le temps de me préoccuper du résultats des récentes élections, si ce n’est pour m’en désoler collectivement… Etant par monts et par vaux depuis deux semaines, en train ou en voiture, mes oreilles sont donc restées un peu en jachère, et cette playlist constituée n’importe comment en piochant un peu au hasard dans me discothèque en est le résultat. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Je crains malheureusement que, prochainement, les playlists à venir seront celles d’un monde d’après ! J’ai bien fait de déposer mon dossier de retraite !

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