Je prends soin de mes disques vinyle…

… des CD aussi, mais c’est plus facile !

Evidemment, dans cette perspective, il est préférable de ne pas appliquer le traitement illustré ci-dessous –je suis sûr que certains ont essayé et pleuré ensuite toutes les larmes de leur corps…-, dans cette antique publicité du milieu des années 70 pour un kit de nettoyage de l’époque : les kits de nettoyage actuels sont en fait relativement similaires : chiffon en microfibres, brosse antistatique, un flacon de produit vaguement alcoolisé que je n’ai jamais utilisé et une mini-brosse pour le diamant. Ce petit kit suffit actuellement assez largement à mon bonheur. La colle à bois, que j’ai utilisée sporadiquement à titre expérimental, était par ailleurs une autre technique efficace –mais controversée– pour peu que l’on dispose du temps suffisant et d’un esprit aventurier…

Désormais, je n’ai plus assez de LP pour investir dans une relativement coûteuse machine à laver les disques : outre que le nettoyage des disques vinyles peu s’avérer assez fastidieux et long –du lavage au séchage-, je les achète neufs et donc réputés propres, mais, au temps où j’en avais une paire de milliers, j’avais droit à un traitement de faveur chez le premier disquaire de France –jusqu’au milieu des années 70, quand la Fnac prit son essor-, dont mon oncle était le premier et plus assidu client : je ne l’ai jamais vu rentrer du travail sans un sac plus ou moins plein de disques.
Ordoncques, enfant et adolescent, ce magasin désormais disparu à l’âge vénérable de 195 ans m’autorisait à écouter longuement des disques entiers en cabine individuelle ; certains mercredi après-midi, j’y apportais régulièrement des lots de disques que j’avais achetés chez eux et qu’ils me nettoyaient dans une machine spéciale, puis qu’ils traitaient contre l’électricité statique –sachant que ce dernier traitement n’était malheureusement pas durable…-.

Il va sans dire que l’entretien des CD, que je passe ponctuellement sous le robinet avec un peu de produit vaisselle, est autrement moins contraignant !

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Des goûts et des couleurs. 10

Sibelius – Les symphonies • 2 • Les versions hors de Finlande

Je vous avais présenté il ya a quelques temps les nombreuses versions finlandaises des intégrales des symphonies du plus éminent compositeur finlandais, Jean Sibelius, présentes dans ma discothèque. C’est son contemporain et compatriote Robert Kajanus qui, le tout premier, dans les années 30, grava magistralement, en Angleterre, quelques symphonies –extrait ci-dessous-, sans réaliser d’intégrale toutefois, suivi, très rapidement par Sir Thomas Beecham, qui enregistra lui aussi plusieurs oeuvres du compositeur sans jamais réaliser d’intégrale : des disques importants, qui ont été réédités dans d’excellentes conditions techniques par le label Naxos dans leur collection « historique ».

Un troisième chef d’orchestre est, à mes oreilles, majeur pour découvrir Sibelius. Il s’agit d’Herbert Von Karajan, qui, même s’il ne réalisa jamais d’intégrale des symphonies du compositeur –il les a toutes enregistrées, et parfois à plusieurs reprises, sauf la troisième-, contribua très largement à le populariser : au cours de sa carrière, il le joua 69 fois en concert, dès 1938, et on dispose par ailleurs de 50 enregistrements toutes pièces confondues, réalisés entre octobre 1949 –symphonies°5 avec l’orchestre philharmonique de Stockholm– et février 1984 –Tapiola-.
Dès les années 50, Sibelius conquit toute l’Europe –sauf la France, très hermétique pendant longtemps à son génie– et les les États-Unis, essentiellement grâce au disque. Les intégrales réalisées hors de Finlande sont très nombreuses dans ma discothèque, et je n’en connais aucune qui soit réellement décevante, même si j’ai mes préférences –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– : Sibelius a généralement été très bien servi par le disque !

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Des goûts et des couleurs. 8

George Frideric Handel – Messiah

« Le Messie » est l’un des plus grands chefs-d’œuvre musicaux de tous les temps, et très probablement la plus grande œuvre musicale jamais écrite en Angleterre.

C’est aussi, selon toute vraisemblance, l’œuvre la plus exécutée de l’histoire de la musique classique à travers l’espace et le temps. La raison de cette popularité est que la musique, bien qu’élégante, puissamment expressive et belle, est relativement facile à jouer, et le que texte, qui provient exclusivement de sources bibliques, est des plus familiers qui soient : l’histoire du Christ est presqu’universellement connue. L’éminent chef d’orchestre anglais Sir Thomas Beecham a écrit dans ses mémoires : « Depuis la création de l’oeuvre, l’humanité n’a entendu aucune musique écrite pour des voix qui puisse rivaliser, même faiblement pour la grandeur de la construction et du ton, la noblesse et la tendresse de la mélodie, les compétences techniques de l’écriture et l’ingéniosité et la variété inépuisable d’effets… ».

Un profond sentiment d’humanité imprègne également la musique de Handel. Il s’agit-là d’un point souvent relevé par par de nombreux artistes –chanteurs, chefs d’orchestre…– ou musicographes lorsqu’ils comparent Handel à Bach : là où les oratorios de Bach exaltent Dieu, Haendel s’intéresse plus spécifiquement aux sentiments des mortels et au rapport des humains au divin.

Il n’existe pas de version totalement « définitive » de l’oeuvre : Handel a fréquemment modifié les forces musicales dans ses mises en scène de l’oratorio, en fonction des chanteurs et des instruments disponibles dans chaque lieu. La version le plus souvent enregistrée de nos jours est la version dite « de Dublin », correspondant à –ce que l’on sait de– la création de l’oeuvre en 1742.

Sur une période de deux siècles et demi, les normes de performance musicale ont profondément changé. Mozart, par exemple, a ajouté des flûtes, des clarinettes et des trombones à la partition originelle beaucoup plus sobre de Handel, qui était essentiellement composée des cordes et de hautbois, de bassons et de trompettes ajoutées pour simplement renforcer le son. Par la suite, chaque génération, semble-t-il, a ressenti le besoin d’adapter cette grande œuvre à la manière dominante de l’époque. A la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, il n’était pas rare de rassembler plusieurs centaines de choristes et de musiciens d’orchestres pour aborder « Messiah ». En Angleterre, le Messie fut parfois joué lors de festivals choraux où le chœur pouvait augmenter à 2 000, voire 3 000 chanteurs !

Ma discothèque comporte treize versions de « Messiah ». J’en avais quatorze, mais j’ai prêté –et on ne me l’a jamais rendue– ou perdu la –bonne– version des Scholars Baroque enregistrée en 1992 pour le label Naxos.
• Les quatre versions enregistrées entre 1944 et 1960 –sur fond orange– s’inscrivent parmi les derniers témoignages de ces versions pléthoriques, d’un hiératisme quasi-opératique, avec grand orchestre symphonique complet, solistes de format wagnérien et choeurs gigantesques –Extraits : Boult ; Beecham– ! Evidemment, après quelques décennies de versions HIP, tout cela prête désormais à sourire, mais des générations d’auditeurs n’ont connu que ce type de versions « solenne ed pomposo » ! Désuet, mais pas toujours déplaisant pour autant…

• Les versions de Colin Davis –1966– et Neville Marriner-1977– renouvellent quelque peu le propos dans le sens d’un allègement considérable des effectifs et de chanteurs aux proportions mozartiennes et d’une recherche de tempi généralement plus allants –fond jaune-. La version de Neville Marriner –2 extraits-propose en outre une version basée sur la création de l’rouvre à Londres en mars 1743 et non sur la version de Dublin en 1742 et proposent quelques petites différences. Deux versions qui ont marqué l’histoire de l’enregistrement de l’œuvre.

• Désormais, la tendance actuelle, depuis les années 80, est de produire des versions « authentiques » ou HIP, plus intimistes et transparentes, mobilisant des instruments d’époque et de petits ensembles choraux –Extraits : Pearlman ; Dubrovsky-. Toutes les versions qui s’inscrivent dans ce courant sont excellentes à des degrés divers, il est difficile d’en distinguer une plutôt qu’une autre : celle vers laquelle je reviens le plus souvent est celle de Trevor Pinnock, enregistrée en 1988.

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PLAYLIST « TERRA INCOGNITA. 8 »

Ajoutons un volet supplémentaire à une série consacrée à des oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, généralement dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir, bon ou mauvais. La playlist de ce jour est consacrée à des « ouvertures françaises » de compositeurs très célèbre, comme Berlioz, ou tombé dans un relatif oubli, comme Auber. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
A la lecture du contenu du coffret anthologique consacré à Paul Paray, je m’aperçois d’ailleurs qu’il me reste encore de quoi constituer, dans les prochains temps, une autre playlist du même genre ! Mais point trop n’en faut : ce sera pour un autre jour !

• Auber, Offenbach – Ouvertures
Orchestre symphonique de Detroit, Paul Paray – 1960 ****
Extrait du coffret anthologique de 22 CD « Paul Paray : The Mercury Masters vol.2 – Mercury, 2022

• Berlioz – Ouvertures
Orchestre symphonique de Londres, Colin Davis – 1967 ***/****
Extrait du coffret anthologique de 6 CD « Berlioz Complète orchestral Works », Colin Davis – Philips, 1997


• Berlioz, Lalo, Bizet
– Ouvertures françaises
Orchestre symphonique de Detroit – 1959 ****
Extrait du coffret anthologique de 22 CD « Paul Paray : The Mercury Masters vol.2 – Mercury, 2022

A la fin des années 60 et au début des années 70, Colin Davis, pas encore « Sir » mais jeune chef prometteur, s’était taillé en Angleterre –où la côte du compositeur est remarquablement élevée, sans doute plus encore qu’en France…– une réputation fort enviable de grand spécialiste de Berlioz , dont, rendons lui cette justice, il enregistra une somme d’oeuvres considérable, encore peu fréquentées au disque –cf.extrait-. Son anthologie d’ouvertures oscille entre le bon et le très bon, mais dans les mêmes oeuvres de cette playlist, la comparaison, du chef anglais avec son « vieux » concurrent français Paul Paray –près de 75 ans à l’époque– n’est pas en faveur du plus jeune des deux, y compris en terme d’énergie juvénile !
Quant à Paul Paray, c’était un très grand chef sans doute trop oublié de nos jours, ses interprétations à la tête de l’orchestre symphonique de Detroit, qu’il avait largement contribué à rebâtir -l’orchestre avait été durablement touché par la grande dépression de 1929- sont généralement remarquablement vivantes et son coffret anthologique contient de nombreuses raretés du répertoire français qu’il me reste à approfondir, tout cela dans de très bonnes conditions techniques eu égard à l’époque ! -Cliquer sur l’imagette de droite pour la voir en plus grand-. Malheureusement, j’avais raté le 1er volume, qui n’est plus accessible qu’à un prix relativement indécent actuellement…

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Playlist « Terra incognita. 1 »

Voici le début d’une série qui promet de s’enrichir assez conséquemment, et consacrée, en guise de résolution pour cette nouvelle année, aux oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir bon ou mauvais. C’est le cas des oeuvres écoutées parmi les albums de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Au programme de cette playlist figurent donc :

• Arnold Bax – Symphonie n°2 -1924-26
BBC Philharmonic, Vernon Handley – 2003 ***
–Extrait d’un coffret de 4 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Bax–

 La deuxième symphonie du compositeur anglais Arnold Bax est en trois mouvements et dure près de quarante minutes et mobilise un orchestre important. Les deux premiers mouvements, sur des tempi lents ou modérés, sont relativement lyriques et sombres, le troisième est d’allure plus menaçante avant de s’achever de manière apaisée. Le chef Vernon Handley était un infatigable défenseur de la musique britannique, qu’il a enregistrée en grande quantité.

• Robert Schumann – Symphonie « Zwickau » – 1832-33
Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner – 1998 **
–Extrait d’un coffret de trois disques comprenant l’intégrale des symphonies de Schumann-

La symphonie en sol mineur de Schumann, dite « Symphonie Zwickau » du nom de la ville où elle fut créée, ne fait pas partie du corpus officiel de ses symphonies, et seuls deux mouvements sont achevés –un peu moins de vingt minutes-, les deux derniers étant restés au stade d’esquisses incomplètes et « non jouables ». Ce premier essai symphonique de Schumann fut un échec. Et, à mon avis, ce n’est pas totalement injustifié…

• Ralph Vaughan-Williams – Symphonie n°2 « A London Symphony » – 1912, révisée en 1933
Orch. Philharmonique de Londres, Sir Adrian Boult – 1971 ***(*)
–Extrait d’un coffret de 8 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Vaughan-Williams–

Comme celle de Bax –les deux compositeurs sont presque exactement contemporains– , la deuxième symphonie de Ralph Vaughan-Williams mobilise un orchestre important et dure une quarantaine de minutes, pour quatre mouvements suivant le schéma symphonique classique. Elle est d’un accès relativement facile –j’avais gardé un souvenir pour le moins mitigé du compositeur et ne m’y étais plus attardé depuis longtemps…-, et interprétée ici par un chef très grand spécialiste du compositeur, et, plus largement, immense serviteur des compositeurs anglais Il fut d’ailleurs professeur de Vernon Handley.
Ce dernier disque est nettement mieux que dans mon souvenir !

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Coups de coeurs et déceptions : bilan discophile 2025

Cette année encore, une seule notule suffira pour établir ce bilan annuel, –non exhaustif–  puisque, comme l’année dernière, j’ai assez nettement réduit mes achats de disques ! Dans le cadre de travaux à venir, j’envisage par ailleurs de totalement refonder leur rangement…

Le coin du classique…
• Deux disques ** dont j’attendais beaucoup plus –mais qui sont superbement enregistrés- :
– Glière, Symphonie n°2 + Suite « The red Poppy » – Après la superbe réussite que constitue la troisième symphonie « Ilya Mourometz », celle-ci, bien que superbement orchestrée, est moins ambitieuse et beaucoup moins passionnante.
– Copland, El Salon Mexico, Dance Symphony, Fanfare For The Common Man…
• Un disque ***** d’une oeuvre rare et belle : « Markus Passion », de Johann Georg Künstel. LA superbe découverte de cette année !
• Trois albums Beethoven, un compositeur dont je ne me lasserai jamais…
– Sonates pour piano, anthologie Glenn Gould –7 CD-: le bon, voire le très bon, côtoie le plus bizarre et très contestable, ce qui était un peu attendu… de ** à ****
– Concertos pour piano, intégrale : une chouette version HIP ****
– Variations Diabelli : la version totalement azimutée et enthousiasmante de Friedrich Gulda ! *****
• Quatre beaux albums « Sinopoli » pour enrichir ma connaissance de ce chef… **** à *****
• Une magnifique intégrale de symphonies de Sibelius que je cherchais depuis longtemps et que j’ai enfin réussi à dénicher ! ***** évidemment !

Du côté Pop-Rock…
• The J Geils Band : premier album très bluesy de ce très dynamique groupe bostonien ! Un très bon disque, enregistré en 1970, très surprenant quand on ne connaît que le beaucoup plus célèbre –et beaucoup moins « roots »– « Freezer Frame » ! ****
• Roky Erickson And The Aliens, « I Think Of Demons » – Levez-vous de très bonne heure si vous voulez dénicher cet introuvable, enregistré pendant une petite période de lucidité, entre deux internements en psychiatrie, par le leader des 13th Floor Elevators avant qu’il ne vire complètement cintré… ****
• Johnny Thunders, « Live In Los Angeles 1987 » – Un bel album live –LP– qui rehausse largement la discographie erratique de Johnny Thunders ****

Au rayon Blues…
On retrouve des albums LP ***** que je vous ai présentés ici ou là, et qui sont tous de belle qualité pour qui aime le blues et les champs de coton !

–Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Playlist « The Cure – L’autre vraie trilogie »

Au courant des années 80, The Cure sortirent assez rapidement trois albums qui formèrent une somme plutôt cohérente que l’on décrivit plus tard comme leur «Trilogie glacée» : «Seventeen Seconds», puis «Faith» et enfin «Pornography» –198, 1981, 1982-. Il convient d’accompagner ces trois albums du single «Charlotte Sometimes» –1981– et de l’insolite et peu connu support musical –une longue et lente mélopée, très hypnotique– du film d’animation «Carnage Visors» –1981– pour compléter cette première trilogie, qui évolue peu à peu du minimalisme introverti vers l’album le plus sombre, d’une noirceur absolue et d’un caractère dépressif total, de toute la discographie pop-rock des années 80 –et au-delà-. Cette «Trilogie glacée» –cliquer sur l’image de droite pour la voir en plus grand– a très largement contribué à installer The Cure comme l’un des groupes emblématiques du mouvement «gothique», ce que récuse pourtant Robert Smith.

Puis, le groupe, à la composition déjà très fluctuante malgré son jeune âge, se sépara une première fois et Robert Smith, parallèlement à une carrière de guitariste avec The Banshees ou l’éphémère et psychédélique groupe The Glove, sortit avec The Cure dans une formation fortement renouvelée deux albums très pop et beaucoup plus légers «The Top», puis «The Head On The Door».

Quelques albums plus tard, et nous arrivons en 1989, avec la sortie de «Disintegration», album aussi mélancolique que «Pornography» était sombre. Pour beaucoup de fans, il s’agit de leur album préféré, qui marque un certain retour aux sources des inspirations premières de Robert Smith. Cet excellent disque est le deuxième volet d’une nouvelle trilogie, entamée par «Poronography» et qui, dans l’esprit de «Fat Bob», devait s’achever avec «Bloodflowers», paru en 2000, dans une formation encore passablement renouvelée. C’est ainsi qu’il est présenté par le leader du groupe, notamment à l’occasion des deux concerts-fleuve enregistrés à Berlin en 2002.

« Les albums Pornography, Disintegration et Bloodflowers sont inexorablement liés pour bien des raisons, et la réalisation du programme Trilogy fait la lumière sur mon expérience de The Cure. » – Robert Smith (2002)

Pourtant, « Bloodflower », s’il n’est pas indigne dans la discographie très inégale du groupe depuis le milieu des années 90 où il s’inscrit dans une veine plutôt douce et mélancolique, ne me semble pas à la hauteur de cette seconde trilogie, et seuls deux titres de cet album en seraient dignes à mes oreilles : le somptueux « Watching Me Fall », et, dans une moindre mesure, le mélancolique « Bloodflowers ».

En réalité, le troisième volet de cette trilogie est, pour moi -et pour bien d’autres…- le tout dernier opus paru : « Songs Of A Lost World » –2024-. Dans une formation à nouveau modifiée, The Cure propose un album acclamé par la critique et le public -c’est un beau succès commercial, n°1 en Angleterre, en France, en Suède et en Allemagne notamment-, qui y voit un retour aux sources les plus sombres et introverties du groupe.

Remarques complémentaires…
• Les trois albums de cette seconde trilogie sont ceux que j’ai le plus joué à la basse : certains titres sont d’une simplicité hyper-efficace et tombent remarquablement sous les doigts.
• « Pornography » fait partie de ma liste des sept albums Pop-Rock à emmener sur mon île déserte. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Pornography – 1982 *****
Robert Smith, Simon Gallup, Lol Tolhurst

• Disintegration – 1989 *****
Robert Smith, Simon Gallup, Porl Thompson, Roger O’Donnell, Boris Williams, Lol Tolhurst

• Songs Of A Lost World – 2024 *****
Robert Smith, Simon Gallup, Jason Cooper, Roger O’Donnell, Reeves Gabrels

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Playlist « Bruckner, retour aux sources »

La playlist de ce jour, annoncée hier parce que j’ai parfois de la suite dans les idées, est marquée par de vieilles retrouvailles avec trois symphonies-4, 7 & 9– de Bruckner par l’orchestre radio-symphonique de Cologne, dirigé par Günter Wand. Vieilles retrouvailles car il s’agit de l’un des tout derniers –peut-être même le dernier– coffrets de disques vinyles que j’avais acheté chez mon disquaire allemand –12 LP et un très bon livret en Allemand-, au début des années 80, alors que j’entamais à peine ma vie professionnelle et que je n’aurais pas pu m’offrir un tel coffret –qui n’existait pas à cette date– en CD. Par la suite, j’ai effectivement racheté cette intégrale en CD à prix fracassé dans la réédition superbement remastérisée de RCA –9 CD et aucun livret…-. C’est avec lui que, petit à petit, j’ai « appris mon Bruckner », compositeur qui n’avait pas l’heur de plaire à mon père, qui fut mon premier initiateur à la musique classique, et qui le trouvait trop bigot –il a dédié sa neuvième symphonie « Au Bon Dieu »…-et ennuyeux pour être fréquentable…

Certes, les symphonies de Bruckner sont généralement plus longues que celles de ses contemporains, mais elles sont solidement structurées selon un schéma qui reste généralement très classique et s’avèrent d’une belle audace harmonique et contrapuntique. Bruckner étant un organiste très réputé, leur orchestration assez monolithique est fondée –un peu trop systématiquement parfois- sur des chocs entre les pupitres : les vents contre les cuivres contre les cordes…, mais les beaux thèmes et les belles mélodies sont très nombreux dans ses symphonies. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Symphonie n°4″Romantique » – 1978 ****
• Symphonie n°7 – 1980 ****
• Symphonie n°9 – 1979 *****
Orchestre radio-symphonique de Cologne, Günter Wand

L’intégrale de Günter Wand a été enregistrée entre 1977 et 1982 et fut assez largement saluée par la majorité des critiques, en France, lors de sa parution en disques séparés. Ce coffret est, dans l’ensemble, de très bon niveau et très bien enregistré, il s’agit, aujourd’hui encore, d’une très bonne voie d’entrée pour découvrir ce corpus symphonique, d’autant qu’il reste disponible à petit prix. Cet excellent chef, à la très longue carrière, était alors presqu’oublié dans notre pays, alors qu’il avait enregistré de nombreux disques pour le « Club Français du Disque » dans les années 50 avec l’orchestre du Gürzenich de Cologne –des disques très convenables avec un orchestre très honnête, sporadiquement réédités plus tard dans des séries économiques chez Musidisc, et qui furent redécouverts lors de leur réédition en CD chez Testament à un tarif prohibitif et salués comme de remarquables réussites qu’ils n’ont jamais été en réalité, au moins à mes oreilles… La nostalgie a parfois large dos !-.

Quoi qu’il en soit, cette intégrale a largement contribué à relancer sa carrière, puisqu’elle lui a ensuite permis d’enregistrer plusieurs disques du « grand répertoire » en peu de temps chez RCA, avec les orchestres de Cologne et de Hambourg notamment,  et il y a gagné une réputation de « spécialiste de Bruckner », enregistrant certaines symphonies jusqu’à 5 fois en une vingtaine d’années !

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L’autre mise à jour…

Je me suis enfin décidé à mettre à jour ma base de donnée « Discothèque », à laquelle je n’avais plus touché depuis un temps certain, pensant que je pouvais désormais me contenter d’une mise à jour annuelle ! En fait, non :  l’ensemble s’est révélé fastidieux, et même si  j’ai assez considérablement réduit mes achats de disques en 2025, cela m’a pris plus d’une heure : en réalité, j’en ai acheté un peu plus –en réalité : le double…– que ce que j’imaginais !
L’état des lieux s’établit ainsi : 5378 disques, dont 4346 dans la catégorie « Classique » et 1032 dans la catégorie « Pop-Rock », dont 52 LP –qui occupent autant de place que le plus grand coffret de l’histoire du disque dont je vous ai déjà entretenu…-.
Beethoven est très largement en tête dans la première catégorie citée et les Rolling Stones dominent de la tête et des épaules la seconde. Je suis sûr que cela n’étonnera personne ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Playlist « Détente pour les oreilles – 3 »

Troisième et dernier détour vers l’opérette française, dans cette mini-série dont les épisodes précédents sont accessibles ici et là. L’opérette du jour –en réalité un opéra-bouffe– fut composée en 1864 par Jacques Offenbach, sans doute le plus célèbre et prolifique compositeur de ce genre en France, et c’est aussi l’une de ses plus célèbres et populaires : il s’agit de « La Belle Hélène » et, croyez-le ou non, ce double-album constitua mon premier achat d’une oeuvre lyrique en CD, au tout début de l’année 1985, et je me souviens d’avoir beaucoup ri lors de sa découverte ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

L’argument, parodique, est inspiré, de très loin, par les origines de la guerre de Troie, immortalisée par Homère, et l’enlèvement de l’épouse du roi de Sparte, Ménélas, Hélène par Pâris, prince troyen protégé d’Aphrodite.
Le livret, d’Henri Meilhac et de Ludovic Halévy, est drôle, riche de verve et d’esprit, la musique d’Offenbach est pleine d’entrain et d’une grande inventivité mélodique et une orchestration extrêmement habile et toujours agréable. L’oeuvre constitue également une critique à peine voilée de la frivolité des moeurs parisiennes du IIIème Empire, ce qui lui valut des modifications imposées par la commission de censure avant sa sortie. Une chronique relativement détaillée de l’oeuvre et des conditions de sa création est à lire ici, elle est plutôt bien faite.

La version de ce jour, enregistrée 1984, fut unanimement saluée par la presse spécialisée à sa parution, malgré la diction perfectible des deux protagonistes principaux, Hélène et Pâris –ils sont essentiellement moins à l’aise que leurs partenaires français lors des moments de dialogue-, sans que cela nuise à l’excellence globale de cette belle production.

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