Playlist « Couci-couça »

La playlist de cette déjà très chaude matinée de « Journée de la solidarité » –qui se souvient encore de cette « Raffarinesquerie » qui, à l’époque,  confisqua une journée de congé suite à un épisode de canicule ?-est constituée de trois albums qui ne présentent aucun défaut majeur, ni aucune qualité particulièrement remarquable : elle est couci-couça !Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. A posteriori, je m’aperçois que j’aurais également pu la nommer « Playlist avec un M »…

• Wolfgang A. Mozart – Symphonies n°32 ; 35 « Haffner » & 38 « Prague »
Orchestre philharmonique de Berlin, Karl Böhm – 1960 ***
Extrait du coffret de l’intégrale des symphonies de Mozart par l’OP Berlin & Karl Böhm ; 1960/68, DGG

Des versions qui firent longtemps figure de « référence », parues dans le cadre de l’intégrale des symphonies du « divin M. » réalisée par Herr Professor Doktor Karl Böhm, dit aussi « Karli-Sac-de-patates » –non content d’être chef d’orchestre, il était aussi docteur en droit, ce qui explique sans doute que certaines de ses interprétations sont parfois aussi raides que la justice…-. C’est vraiment très bien fait, mais personnellement, je n’ai jamais beaucoup aimé cela ; a contrario, mon frère, qui vénère Mozart depuis plus de cinquante ans, ne jure que par lui, il doit bien y avoir voir une raison…

Vous pouvez vous amuser à compter le nombre de femmes dans les rangs de l’orchestre philharmonique de Vienne à cette époque –NB : il n’y a pas de harpe dans cette symphonie 😉 !

Pour ce qui me concerne, quitte à entendre ces symphonies dans une version « traditionnelle », je préfère infiniment les lectures plus verticales de Klemperer, faites pour ceux qui n’aiment pas particulièrement Mozart : c’est justement mon cas ! La meilleure solution pour découvrir ces symphonies reste cependant, à mon avis, la très belle intégrale –dans une optique HIP très réussie– de Trevor Pinnock avec son English Concert.

• Felix Mendelssohn-Bartholdy – Symphonie n°3 « Ecossaise »
Orchestre symphonique de Vienne, Otto Klemperer / Herbert Haefner – 1951 **

Sacrilège ! Otto Klemperer, qui ne détestait pas Mendelssohn, loin de là, était en revanche si profondément rebuté par le finale de la troisième symphonie qu’il avait décidé de lui substituer une recomposition de son cru, qu’il jouait habituellement en concert : il aurait dû utiliser cette recomposition dans cet enregistrement, mais il fut remplacé par un autre chef, Herbert Haefner, –lui aussi couci couça, et vraiment très lent dans la dernière partie du finale…– pour le dernier mouvement de la symphonie, ce qui entraîna la rupture du vieux chef lunatique avec Vox. Les disques Vox, assez abordables financièrement pour un jeune discophile désargenté, étaient parfois difficiles à trouver en France et jouissaient généralement d’une piètre réputation : si les interprétations et les enregistrements étaient généralement très décents, les pressages des vinyles étaient en revanche très médiocres.
Rentré de son exil américain et de retour en Europe cette même année, Otto Klemperer y fut « repêché » par Walter Legge, qui lui offrit son « été indien » chez EMI, firme pour laquelle il enregistra une nouvelle version de cette symphonie avec le Philharmonia Orchestra, dans une version comportant son finale non retouché !

 

• Gustav Mahler – Symphonie n°4
Orchestre philharmonique de New York – Leonard Bernstein – 1960 ***
Extrait du coffret de l’intégrale des symphonies de Mahler par l’OP New York & Leonard Bernstein ; 1960/67, CBS/Sony

Cette quatrième symphonie de Mahler –la plus facile à aborder avec la première– constitue le tout premier enregistrement mahlérien de Leonard Bernstein, qui inaugurait ainsi en février 1960 l’enregistrement d’une intégrale qui sera achevée en 1967 avec la sixième symphonie. Plus tard, CBS ajoutera l’adagio de la 10ème symphonie –en 1975-. Quasiment au même moment, le chef américain était concurrencé sur ce marché des symphonies mahlérienes, en plein essor au milieu des années 60, par les couple Concertgebouw d’Amsterdam / Bernard Haitink chez Philips et ORS Bavière / Rafael Kubelik chez DGG. Chacune de ces intégrale a ses mérites –et ses petits défauts…-, et celle-ci est, à mes oreilles, très supérieure à la seconde que Bernstein devait enregistrer pour DGG tout au long des années 80. Dans cette quatrième symphonie, certains des tics interprétatifs du chef se font déjà sentir : les tempos du premier mouvement sont fluctuants et le chef privilégie l’expressivité de l’instant –mais c’est assez réussi dans le 3ème mouvement-.
Le remastering lors de la parution en CD du coffret –édition française de 2000– a été très réussi par les équipes de Sony, qui a racheté CBS, et magnifie cette belle intégrale –à laquelle je préfère toutefois bien d’autres-.

Postambule – Avec le retour d’une situation quasi-caniculaire, je m’octroie des balades quotidiennes très matinales ou presque crépusculaires, qui permettent de profiter de températures supportables d’une vingtaine de degrés. En revanche, à cause de cette situation, j’ai été agressé hier matin par un pic de pollution qui a occasionné une coulée de larmes qu’un entier paquet de mouchoirs n’a maîtrisée qu’à grande peine ! Ce matin, rien de tout cela, la ville était déserte et fort peu de commerces étaient ouverts, et encore moins de services : quel qu’en soit le bien-fondé –l’initiative rapporte tout de même chaque année 3 milliards d’euros aux collectivités territoriales-, le lundi de Pentecôte, journée de solidarité, reste encore très largement chômé !

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Playlist « Précis de perversité pianistique »

Glenn Gould, pianiste canadien, a construit sa propre légende autant par ses interprétations aussi perverses que fascinantes que par ses routines quotidiennes excentriques et pour le moins bizarres.

Terrifié par les microbes et hypocondriaque notoire, il se nourrissait d’une grande quantité de gélules et portait invariablement des pulls épais, un manteau et des gants –ou des mitaines en se mettant au piano-, y compris en été, par crainte des courants d’air. Devant son piano, il était assis sur une chaise d’une hauteur de 36 centimètres, fabriquée par son père, totalement percée au niveau du siège –selon lui par un employé d’aéroport indélicat– et d’un inconfort absolu. Il avait appris le piano avec sa mère, professeur de chant, qui lui faisait chanter les notes qu’il jouait : il ne se départit jamais de cette habitude, et les disques portent le témoignage de ses « vocalises » parfois bruyantes au piano… Pour rester concentré, il étudiait les partitions dans un environnement sonore assourdissant: radio ou télévision à fond ! –Cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand-.

C’est ce pianiste excentrique, connu notamment pour ses interprétations de Bach, qui est à l’honneur dans la playlist de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Beethoven – Variations pour piano WoO. 80 ; op.34 & op.35 « Eroica »
Glenn Gould, piano – 1967 ; 1970 ***(*)

• Mozart – Sonates pour piano n°11 ; 14 & 18
Glenn Gould, piano – 1970 – 1973 – 1974 ***

• Beethoven – Sonates pour piano n°15 ; 17 ; 23 ; 29 ; 32
1979 – 1971 – 1967 1970 – 1956 **/***(*)

Pour établir en quelque sorte des auto-critiques de ses disques et justifier leur contenu parfois très éloigné des interprétations « habituelles », le pianiste canadien avait endossé le rôle de plusieurs personnages qu’il pensait représentatifs du monde de la musique classique : un critique britannique : Sir Nigel Twitt-Thornewaite ; un trublion américain : Theodore Slutz ; un musicologue allemand : Karlheinz Klopweisser… Sous ces identités, il écrivait des notes de pochette toujours intéressantes mais côtoyant régulièrement le bizarre, voire des critiques négatives de ses propres albums.

Pour Mozart, Glenn Gould imagina un dialogue fictif entre le compositeur et un pianiste, manière pour lui d’interroger ses interprétations, jugées pour le moins bizarres, des sonates du compositeur. C’était en même temps le meilleur moyen d’évoquer Mozart comme il l’entendait, à savoir un compositeur banal, maladroit et presque idiot. Ainsi, Mozart serait mort trop vieux, ses dernières oeuvres n’ayant guère d’intérêt : « du remplissage décoratif sans aucun intérêt contrapuntique ».

« Lorsque des générations d’auditeurs […] ont trouvé que des épithètes telles que « léger », « facile », « frivole », « galant » ou « spontané » s’appliquaient à [sa] musique, il n’est pas inutile de se poser au moins la question de la raison de ces attributions, qui ne sont pas forcement nées d’un manque de sensibilité ou de charité».

Disons-le tout net : je n’aime guère ces oeuvres généralement –hormis quelques versions très idiosyncrasiques de Gilels ou de Pogorelich– et personnellement, j’apprécie plutôt l’interprétation du pianiste canadien, qui, triturant les tempos –très contrastés– et manipulant les indications dynamiques des partitions, contribue à rendre ces sonates moins ennuyeuses, plus intéressantes et moins anodines en définitive qu’elles ne le sont habituellement. –Extrait 1-.

Concernant Beethoven, que le pianiste approcha avec prudence après le lourd échec critique du disque consacré aux trois dernières sonates, la situation est différente, et Glenn Gould se montre à la fois plus respectueux ou, lorsqu’il veut se montrer plus orignal, peu en réussite : sonate n°23 « Appassionata » lente et dénervée par exemple ; sonate n°32 aux tempi hypercontrastés dans le 1er mouvement –extrait 2-…
Les sonates « médianes  » sont les plus réussies –la sonate n°17 a été enregistrée en de multiples sessions sur deux décennies !!!-, de même que les deux séries de variations op.34 et op.35, malgré des tempi généralement très lents, mais où le pianiste retrouve l’univers contrapuntique qui lui sied.
A contrario, la sonate qui aurait a priori dû lui convenir le mieux –la n°29 « Hammerklavier »-, semble lui échapper complètement, y compris dan sa fugue. Glenn Gould pensait que l’oeuvre était « ingrate » pour un pianiste, car son écoute ne rendait pas suffisamment compte de son extrême difficulté !
Pour autant, si l’ensemble reste assez plaisant, ce n’est pas du meilleur Beethoven. A ce titre, sa plus belle réussite dans une oeuvre du compositeur est, à mes oreilles, son interprétation de la 5ème symphonie dans sa transcription pour piano de Liszt.

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Dimanche à l’opéra – Die Zauberflöte, de W. A. Mozart

En sondant ma discothèque, j’ai ressorti ce qui devrait constituer mon premier ou l’un de mes premiers CD d’un opéra –peut-être était-ce Carmen, de Georges Bizet, j’hésite entre les deux-, acheté au tout début de l’année 1985, à une époque où ce support, en France, était encore relativement balbutiant et où les coffrets lyriques coûtaient un bras. Il s’agit de « La flûte enchantée » de Wolfgang Amadeus Mozart, dans la version enregistrée par Colin Davis en 1984 à Dresde pour le label Philips.

A sa sortie, cette version, avec laquelle j’ai vraiment appris « La flûte enchantée », fut assez favorablement reçue en France et très favorablement accueillie Outre-Rhin et Outre-Manche. Pour ma part, je l’avais beaucoup appréciée mais elle n’avait plus quitté mes étagères depuis bien longtemps ; l’écouter aujourd’hui après l’avoir quasiment oubliée et avoir côtoyé l’oeuvre dans tant de versions dites « de référence » –au hasard : Böhm II, Fricsay, Karajan I, , Solti I…– et l’avoir délaissée si longtemps me permet de la redécouvrir avec des oreilles presque neuves. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Pour tout ce qui concerne l’opéra en lui-même –argument et résumé de l’action, contenu philosophico-ésotérique un peu niais…-, je vous renvoie à cette notule, qui n’est pas si ancienne.
La version de ce jour s’inscrit dans une perspective plus philosophique que ludique, sans sacrifier cependant la dimension comique de l’œuvre lorsque c’est nécessaire. Le plus grand reproche que je lui ferai est que les dialogues, très fournis dans cette version qui plus est, sont dits par des acteurs engagés pour l’occasion, et non par les chanteurs eux-mêmes, exception faite pour le rôle de Papageno. Cette pratique, habituellement en usage en Allemagne dans les années 60, avait quasiment et heureusement disparu dans les années 80, sauf en Allemagne de l’est, où l’enregistrement a été effectué. C’est d’autant plus dommage, puisqu’à l’exception de la Reine de la nuit, tous les chanteurs sont parfaitement germanophones et auraient pu « dire » leur rôle et assurer une meilleure continuité dialogue/chant.

Nonobstant ce reproche, il reste beaucoup de qualités à cet album : la Staatskapelle de Dresde est un orchestre merveilleux, et Colin Davis, à cette époque, le dirigeait très souvent. Lui-même fréquentait régulièrement l’oeuvre depuis le milieu des années 50 et avait fait de Mozart l’un de ses compositeurs de prédilection. Il propose des tempi relativement lents, mais habités, et sans nuire à l’action, privilégiant l’aspect méditatif de l’opéra –une option encore assez largement répandue à l’époque : il faudra attendre les versions HIP pour que la caractère ludique du Singspiel soit totalement assumé-, et mettant en valeur les très beaux timbres de l’orchestre –magnifiques bois notamment-.

Tous les chanteurs sont très bons dans leur rôle, avec une mention particulière pour les artistes masculins, vraiment excellents et parfaitement investis dans leur rôle. Personnellement, j’aime beaucoup le Papageno de Mikael Melbye, et il est curieux de lire, avec le recul d’une quarantaine d’années, les avis contradictoires le concernant : salué comme « sans doute le meilleur Papageno de sa génération » en Angleterre et en Allemagne, il fut plutôt vilipendé par la presse spécialisée française…

 

 

Enfin, cet album bénéfice de superbes conditions techniques et d’une prise de son à la fois large et profonde, la spatialisation contribuant au déroulement de l’action, de même que les quelques bruits ambiants très bien intégrés au discours. A cette date encore précoce dans la mise en oeuvre du support CD, les coffrets d’opéra étaient par ailleurs accompagnés de copieux documents trilingues –voir quadrilingues– de très belle qualité : présentation détaillée de l’oeuvre, livret traduit, iconographie… Une habitude qui s’est malheureusement perdue plus tard.

Heureuses retrouvailles pour cette matinée lyrique !

Playlist « L’autre K : austère et sévère ».

Karajan, Kleiber –père et fils, Krauss… mais aussi Otto Klemperer, ce géant –physiquement– austère, qui est la star de cette playlist contrastée et propre aux controverses : il s’agit d’un chef dont les enregistrements, en France, font parler les mélomanes depuis leur parution, que ce soit pour les vilipender ou pour les glorifier !
Né en 1885, Otto Klemperer, élève de Gustav Mahler, entama sa carrière en tant que chef d’opéra –Hambourg, Strasbourg puis le Kroll Opera de Berlin– sous le signe de la « Neue Sachlchgkeit » –Nouvelle Objectivité, courant artistique éphémère né après la première guerre mondiale– et contribua à la découverte des opéras de Stravinsky, Hndemith ou encore Krenek. Très tôt parti en exil à l’arrivée au pouvoir des nazis, il débarqua à Los Angeles pour prendre les rênes de l’orchestre de la ville –un orchestre alors de second rang, aux finances aléatoires-.
Atteint d’une tumeur au cerveau en 1939, l’opération qu’il subit le laisse à demi-paralysé du côté droit et détériore sévèrement un tempérament qui n’était déjà pas très facile : bougon, autoritaire et quelque peu caractériel –on dirait aujourd’hui « bi-polaire »-.. Après la guerre et une longue convalescence, il rentra en Europe, où commença sa « seconde carrière », souvent décrit comme son « été indien » : après un bref passage par l’opéra de Budapest, Otto Klemperer s’installa à Londres où Walter Legge, le célèbre producteur, envisageait qu’il prenne la succession de Karajan à la tête du Philharmonia, très largement considéré comme la « Rolls Royce des orchestres britanniques » de l’époque et l’un des tout meilleurs d’Europe.

Ainsi, à partir de 1954 et jusqu’à sa mort en 1973, il enregistra avec cet orchestre une très grande partie du « grand » répertoire classique pour le label EMI. : Bach, Mozart, Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Schumann, Brahms, Bruckner, Mahler… En Angleterre, il était réputé pour être « l’interprète le plus autorisé du répertoire central austro-allemand depuis le décès de Toscanini et de Furtwängler ». Ailleurs, ses enregistrements furent d’abord plus controversés, du fait, notamment, de tempi de plus en plus ralentis au fur et à mesure de son avancée en âge, mais ils sont actuellement considérés comme des piliers du catalogue depuis au moins une trentaine d’années, au gré de rééditions très bien remastérisées.
La playlist de ce jour comporte trois enregistrements issus de cet été indien. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Wolfgang Amadeus Mozart – Symphonie n°40, KV 550
Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer – 1962 ****

Otto Klemperer enregistra un assez large corpus d’oeuvres symphoniques de Mozart, ainsi que certains de ses opéras –sa « Flûte enchantée », notamment, sans dialogues, reste dans la mémoire de nombreux discophiles pour sa vision hiératique mais, à mon avis, complètement étrangère à l’esprit du Singspiel-. Très éloigné du style « galant » que l’on prête souvent au compositeur, le Mozart de Klemperer est totalement atypique, puissamment architecturé, chaque pupitre étant soigneusement détouré. Les tempi sont lents sans être lentissimes et sans lourdeur, l’ensemble peut sembler sévère, mais, dans une approche « traditionnelle » –cad. non HIP-, c’est ainsi que j’apprécie Mozart –beaucoup plus, par exemple, que l’intégrale enregistrée à Berlin par Herr Professor Doktor Karl(i) « sac de patates » Böhm, longtemps regardée comme « référence » et qui a plus mal vieilli, en définitive-.

• Ludwig van Beethoven – Symphonie n°3 « Eroica », op.55
Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer – 1959 *****

Issue d’une intégrale des symphonies de Beethoven, enregistrée au tournant des années 60 et qui fut longtemps considérée –et le reste encore chez certains critiques musicaux– comme l’une des deux ou trois références de ce corpus, la troisième symphonie s’avère très réussie et c’est, à mes oreilles, la meilleure pièce au sein d’une intégrale qui est, pour moi, assez largement sujette à controverse, du fait de tempi extrêmement lents qui font perdre beaucoup de vitalité à cette musique, dont c’est pourtant une composante essentielle –la cinquième ou la septième, par exemple, sont non seulement hyper-lente, mais certains équilibres orchestraux s’avèrent parfois bizarres, cf. vidéo-. Dennis Brain, le fabuleux corniste du Philharmonia Orchestra, révéla dans une interview qu’à partir des années 60, « Klemperer was no more a rythm guy ».

• Anton Bruckner – Symphonie n°4 « Romantique », WAB 104
Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer – 1963 ***

Dès le tout début de sa carrière de chef d’orchestre dans les années 20, Otto Klemperer dirigea des symphonies de Bruckner, mais Walter Legge ne considérait pas, en revanche, l’enregistrement des symphonies du compositeur comme une priorité, sauf la huitième symphonie, qui était déjà « chasse gardée » de Karajan pour EMI. Cette quatrième symphonie est interprétée dans sa version dite « 2B, édition Nowak » –Bruckner révisa cette symphonie plus que toute autre, ses nombreuses retouches sont recensées ici-. Contrairement à sa réputation de « chef lent », c’est loin d’être le cas dans cette symphonie. Klemperer en exalte la structure, mais , pour cette édition de la symphonie, je préfère la version beaucoup plus narrative et dynamique de William Steinberg, enregistrée à Pittsburgh pour Capitol en 1956.

 

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Playlist « Violon à l’ancienne »

Mes nuits sans dormir, une fois de plus… Avant de filer dans les Vosges pour la journée, une playlist composée de trois concertos pour violon enregistrés au tournant des années 50, qui constituent de belles versions dans chacun des cas envisagés. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Les étoiles attribuées valent pour la qualité des oeuvres plus que pour leur interprétation dans le cadre de cette playlist.

• Aram Katchaturian – Concerto pour violon en ré mineur
David Oistrakh – Philharmonia Orchestra, Aram Katchaturian – 1949 ***

Le grand fait de gloire du compositeur Aram Katchaturian reste son ballet « Gayaneh », avec sa célèbre « Danse du sabre », dont le guitariste Dave Edmunds délivra une adaptation époustouflante ! Son concerto pour violon est l’autre pièce du compositeur assez régulièrement enregistrée, et notamment au moins trois fois par David Oïstrakh, son dédicataire et créateur de l’œuvre.
Le concerto, en trois mouvements, dure une trentaine de minutes ; il est teinté d’éléments folkloriques arménien et se réserve de belles parties virtuoses au violon.

• Wolfgang A. Mozart – Concerto pour violon n°4 en ré majeur KV 218
Johanna Martzy – Orch. Chambre radio de Bavière, Eugen Jochum – 1952 **

Du Mozart adolescent -l’oeuvre, d’une vingtaine de minutes, a été composée en 1775-, de structure très classique et guère passionnant à mes oreilles, plutôt rétives en général à Mozart…

• Antonin Dvořák – Concerto pour violon en la mineur op. 53
Johanna Martzy – Orch. RIAS Berlin, Ferenc Fricsay – 1953 ****

Contemporain des concertos pour violon de Brahms et de Tchaïkovsky, celui d’Antonín Dvořák, créé en 1879, est, comme celui de Brahms, dédié au violoniste Joseph Joachim, sur les conseils duquel il le remodela durant deux ans. Curieusement, ce concerto, plutôt réussi –et supérieur à celui de Brahms à mes oreilles– n’est pas aussi populaire que le concerto pour violoncelle du compositeur, et reste moins souvent interprétée que les concertos de Beethoven, Brahms, Bruch, Tchaïkovski ou encore Mendelssohn et Sibelius. L’interprétation de Johanna Martzy est magnifique et elle est idéalement accompagnée par Ferenc Fricsay.

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Playlist « On refait l’histoire : part two »

Suite de la playlist de la veille, sans guère de commentaires superfétatoires, si ce n’est pour préciser que l’orchestre symphonique de la RAI de Turin n’est pas vraiment du niveau des autres orchestres que l’on entend par ailleurs ! Par ailleurs, l’enregistrement de la symphonie « Pathétique » de Tchaïkovsky constitue le tout premier enregistrement du chef autrichien avec l’orchestre philharmonique de Berlin, ainsi que son tout premier enregistrement d’une symphonie, mais aussi et surtout un affront pour Wilhelm Furtwängler, titulaire de l’orchestre à l’époque, qui avait enregistré la même oeuvre quelques mois plus tôt pour un éditeur concurrent.
La version de Karajan constitue une très belle synthèse entre le style Furtwängler –l’appui sur les cordes graves, le legato– et le style Toscanini –l’acuité rythmique, la précision, la furia du scherzo– : c’est pourquoi certains ont parfois pu parler de « Toscwängler » pour décrire son style de direction à l’époque.-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Mozart – Symphonies n°35, 40 et 41 – Orchestre symphonique de la RAI de Turin – 1942
• Tchaïkovsky – Symphonie n°6 « Pathétique » – Orchestre philharmonique de Berlin – 1939
• Smetana – Vltava (La Modau) – Orchestre philharmonique de Berlin – 19341
• Mozart – La flûte enchantée – Staatskapelle Berlin – 1938
• Rossini – Ouverture « Semiramide » – Orchestre symphonique de la RAI de Turin – 1942
• Weber – Ouverture « Der Freischutz » – Concertgebouw Amsterdam – 1943
• Cherubini – Ouverture « Anacreon » – Staatskapelle Berlin – 1939
• J. Strauss – Ouverture « Der Zigeunerbaron » – Orchestre philharmonique de Berlin – 1942
• Verdi – La Traviata, préludes actes 1&3 – Orchestre symphonique de la RAI de Turin – 1942
• Verdi – Prélude « La forza del destino » – Staatskapelle Berlin – 1939

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Playlist « Mozart à poigne » !

Loin de l’image assez traditionnelle et un peu compassée du « divin Mozart », aimable et vaguement mélancolique, la playlist de ce jour expose quelques symphonies dans des versions un peu anciennes –respectivement : 1952 ; 1954 ; 1963-, mais solidement charpentées et viriles, optique sans doute discutable mais que je préfère à toute autre –au moins pour ce qui concerne les interprétations traditionnelles non HIP– pour ce compositeur que je n’apprécie que modérément, a fortiori dans ses symphonies, qui, à mes oreilles aux moins, ne sont pas ce qu’il a composé de mieux…
Même la célèbre sérénade « Petite musique de nuit », bluette généralement assez  inoffensive, gagne très largement à ce traitement très énergique ! Un Mozart à poigne, donc ! Mais, concernant Mozart, j’ai toujours eu des goûts bizarres ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Symphonie n°40, Sérénade «Eine kleine Nachtmusik» – OS Pittsburgh, William Steinberg. 1952 ****
• Symphonies n° 35 «Haffner» et 41 «Jupiter» – OS Pittsburgh, William Steinberg. 1954 ***/****
• Symphonies n° 38 «Prague» et 39 – Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer. 1963 ***/****

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Dimanche à l’opéra – Wolfgang A. Mozart, « Cosi fan tutte »

« Così fan tutte » est un opéra en deux actes composé par Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret de Lorenzo Da Ponte : il s’agit de leur dernière collaboration, après « Don Giovanni » et « Les noces de Figaro ». Créé en 1790, cet opéra appartient au genre de l’opéra bouffe, bien qu’il contienne des éléments de profondeur psychologique et de satire sociale.
La version du jour est celle enregistrée en 1955 par Herbert Von Karajan, le Philharmonia Orchestra, entourés d’une constellation des étoiles du chant mozartien de l’époque. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Comme pour la majorité des opéras de Mozart –à part « La flûte enchantée »-, je ne l’écoute que très rarement et il m’a été d’autant plus facile de choisir cette version que c’est la seule présente dans ma discothèque !

• Acte I – L’opéra commence dans un café à Naples où deux officiers, Ferrando et Guglielmo, se vantent de la fidélité de leurs fiancées respectives, Dorabella et Fiordiligi. Leur ami Don Alfonso, un vieux philosophe cynique, les met au défi en affirmant que toutes les femmes sont inconstantes –« Così fan tutte » signifie « Toutes les femmes font ainsi », ce que l’on traduirait plus trivialement de nos jours par « Toutes les mêmes »-.
Ferrando et Guglielmo acceptent le pari de Don Alfonso et décident de se déguiser pour tenter de séduire la fiancée de l’autre. Ils feignent d’être appelés au front et disent un adieu déchirant à leurs bien-aimées.
Peu après, deux « étrangers » (en réalité Ferrando et Guglielmo déguisés) arrivent chez les sœurs et tentent de les séduire. Au début, Dorabella et Fiordiligi résistent aux avances des étrangers. Sur les conseils de Don Alfonso et avec l’aide de la servante Despina, les « étrangers » feignent de prendre du poison pour gagner la pitié des sœurs. Despina, déguisée en médecin, arrive et « soigne » les hommes, ce qui permet aux sœurs de commencer à céder à leurs avances.

• Acte II – Les « étrangers » continuent leur cour assidue. Ferrando, déguisé, courtise Dorabella, tandis que Guglielmo, déguisé, courtise Fiordiligi. Les sœurs commencent à succomber à leurs avances. Don Alfonso persuade les sœurs d’accepter une double cérémonie de mariage avec les « étrangers ».
Juste au moment où les mariages sont sur le point d’être célébrés, on entend des marches militaires au loin. Ferrando et Guglielmo reviennent de leur prétendue guerre, découvrant avec chagrin que leurs fiancées les ont trahis. Ils révèlent leur déguisement, et les sœurs, honteuses, avouent leur infidélité.
Malgré la douleur de la trahison, les couples se réconcilient. Don Alfonso conclut que l’amour et le pardon triomphent, et tout le monde célèbre la fin heureuse.

La musique de Mozart et le livret de Da Ponte créent un équilibre parfait entre comédie et profondeur psychologique. Le thème central de l’opéra est la fidélité amoureuse. Da Ponte et Mozart explorent la nature humaine et la tentation, montrant que même les personnes les plus vertueuses peuvent succomber à la séduction.
L’opéra est également une satire des mœurs de l’époque, critiquant la légèreté et l’inconstance des relations amoureuses. Le pari entre Don Alfonso et les officiers met en lumière les jeux de l’amour et de la tromperie, montrant comment les apparences peuvent être trompeuses.
Mozart utilise des duos et des ensembles pour explorer les relations entre les personnages et leurs émotions. Les duos entre les sœurs, par exemple, révèlent leurs sentiments et leurs dilemmes intérieurs. Les arias sont des moments de réflexion et d’expression personnelle : vulnérabilité, désarroi…
L’orchestration de Mozart est variée, il se sert des instruments pour souligner les émotions et les actions des personnages. Des motifs musicaux récurrents aident à unifier l’œuvre et à renforcer les thèmes dramatiques.

La version de ce jour, enregistrée en 1954 pour EMI/Columbia, est devenue mythique et régulièrement citée parmi les deux ou trois versions de référence pour la discographie de cet opéra. Le son, monophonique, est tout-à-fait correct, Karajan dirige l’oeuvre très naturellement dans des tempi très contrastés –comme souvent dans ses Mozart de l’époque– et met en valeur les pupitres du Philharmonia, notamment la petite harmonie. Les récitatifs sont raccourcis, comme sur toutes les versions studio contemporaines, mais cela ne nuit en rien à compréhension de l’oeuvre. Le casting réuni pour l’occasion est d’un niveau exceptionnel, tant chez les femmes que chez les hommes.


« Cosi fan tutte » aurait dû connaître un grand succès : les premières représentations, lors de sa création, furent en effet largement saluées, mais la mort de l’empereur Joseph II entraîna le fermeture des toutes les théâtres et, lors de leur réouverture, l’opéra était déjà oublié.

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Dimanche à l’opéra – Mozart, Die Zauberflöte

« La Flûte enchantée » (Die Zauberflöte) est un « Singspiel » –grosso modo : la forme allemande de l’opéra comique français, avec alternance d’airs et de dialogues– composé par Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret d’Emanuel Schikanederentre autres directeur du théâtre où se déroula la première de l’oeuvre, et titulaire du rôle de Papageno à cette occasion-.

Créé en 1791, cet opéra est l’une des œuvres les plus célèbres et les plus appréciées de Mozart. Il combine des éléments de conte de fées, et de philosophie maçonnique, l’ensemble créant une histoire qui se veut vaguement ésotérique mais est en réalité, au moins à mes oreilles, d’une naïveté assez confondante ! Nonobstant, c’est le seul opéra de Mozart que j’apprécie réellement et que je suis capable d’écouter en entier sans m’ennuyer. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

L’histoire de « La Flûte enchantée » se déroule dans un royaume mythique, à une époque non définie, et met en scène une série de personnages colorés, chacun représentant différents aspects de la nature humaine et des idéaux philosophiques.

• Acte I : l’opéra s’ouvre avec le prince Tamino poursuivi par un serpent. Il est sauvé par les trois dames de la Reine de la Nuit. Tamino s’évanouit, et les trois dames vont chercher de l’aide. Papageno, un chasseur d’oiseaux, apparaît et prétend avoir tué le serpent. Les trois dames reviennent et punissent Papageno pour son mensonge en lui fermant la bouche avec un cadenas. Elles montrent à Tamino un portrait de Pamina, la fille de la Reine de la Nuit, et Tamino tombe immédiatement amoureux d’elle. La Reine de la Nuit apparaît et demande à Tamino de sauver Pamina, qui a été enlevée par Sarastro, un prêtre qu’elle décrit comme un homme cruel.

Tamino accepte et reçoit une flûte enchantée pour l’aider dans sa quête. Papageno, dont le cadenas a été retiré, reçoit un carillon magique et est chargé d’accompagner avec Tamino. Tamino et Papageno partent à la recherche de Pamina, guidés par trois garçons espiègles. Ils arrivent au temple de Sarastro, où ils apprennent que Sarastro n’est pas un tyran mais un sage prêtre. Tamino est impressionné par la sagesse et la bonté de Sarastro et décide de rejoindre son ordre. Pamina, quant à elle, est gardée par Monostatos, un serviteur de Sarastro, mais elle est sauvée par Papageno.

• Acte II : Sarastro décide que Tamino doit passer une série d’épreuves pour prouver sa valeur et sa sagesse avant de pouvoir épouser Pamina. Tamino et Pamina sont séparés et doivent surmonter divers défis, y compris le silence et le feu, pour prouver leur amour et leur vertu. Pendant ce temps, Papageno, qui rêve de trouver une compagne, rencontre une vieille femme qui se transforme en une jeune et belle Papagena, mais seulement s’il promet de lui être fidèle.
La Reine de la Nuit, furieuse que Tamino ait rejoint Sarastro, apparaît et tente de convaincre Pamina de tuer Sarastro. Pamina refuse, et la Reine de la Nuit est bannie. Tamino et Pamina réussissent leurs épreuves et sont réunis. Papageno, après avoir surmonté sa propre épreuve, est réuni avec Papagena. L’opéra se termine par une célébration de la sagesse, de la vertu et de l’amour triomphant. Sarastro bénit les couples, et tous chantent les louanges de la lumière et de la vérité.

« La Flûte enchantée » peut simplement s’écouter comme un conte de fées, mais Mozart et Schikaneder ont également voulu créer une oeuvre riche en symbolisme et en éléments philosophiques.
• Symbolisme maçonnique : Mozart et Schikaneder étaient tous deux francs-maçons, et « La Flûte enchantée » est imprégnée de symbolisme maçonnique. Le temple de Sarastro, les épreuves de Tamino et les thèmes de la lumière et de la vérité sont tous des éléments qui reflètent les idéaux maçonniques de l’époque. Sarastro représente la sagesse et la vertu, tandis que la Reine de la Nuit incarne l’obscurité et la tromperie.
• Dualité du bien et du mal : l’opéra explore la dualité entre le bien et le mal, la lumière et l’obscurité. La Reine de la Nuit, bien qu’elle soit la mère de Pamina, est dépeinte comme une figure maléfique, tandis que Sarastro, bien qu’initialement décrit comme un tyran, est révélé comme un sage bienveillant. Cette inversion des attentes souligne la complexité morale de l’œuvre.
• Quête de la sagesse et de l’amour : la quête de Tamino pour sauver Pamina est aussi une quête de sagesse et de vertu. Les épreuves qu’il doit surmonter symbolisent les défis que chacun doit relever pour atteindre l’illumination et la vérité. L’amour entre Tamino et Pamina est présenté comme une force purificatrice qui les aide à surmonter ces épreuves.

La musique de Mozart pour « La Flûte enchantée » est à la fois complexe et accessible. Les arias de la Reine de la Nuit, avec leurs vocalises impressionnantes, contrastent avec les mélodies plus simples de Papageno et Pamina. La flûte enchantée elle-même joue un rôle central, symbolisant la magie et la transformation. Malgré ses thèmes sérieux, « La Flûte enchantée » est également plein d’humour et de naïveté. Le personnage de Papageno, avec ses chansons légères et son caractère espiègle, apporte une touche de légèreté à l’opéra. Son désir simple de trouver une compagne et son carillon magique ajoutent une dimension comique à l’histoire.

La version écoutée aujourd’hui est une bonne version « traditionnelle », enregistrée avec grand soin en 1964, très bien dirigée par « herr Professor Doktor » Karl Böhmil appréciait particulièrement qu’on l’appelle par son titre de docteur en droit…– et bien chantée –avec la majorité des interprètes-vedettes de l’époque en Allemagne, même si personnellement, je trouve le Papageno de Dietrich Fischer-Dieskau bien univoque et manquant singulièrement d’humour…-. Les dialogues sont dits par des acteurs, comme c’était souvent le cas, au disque, à l’époque en Allemagne : c’est une drôle d’habitude qui heureusement n’a pas perduré ! Elle est communément considérée comme l’une des « versions de référence » de l’oeuvre et a souvent été rééditée dans différents formats, y compris récemment en Blu-ray audio.

Playlist « Seconde chance » – Mozart

Mozart, divin Mozart… Pas si divin que ça à mes oreilles, plutôt rétives à ce musicien –j’apprécie quelques symphonies ou concertos pour piano, l’un ou l’autre opéra à petite dose, et puis c’est à peu près tout…-, et, pourtant, ce n’est pas faute d’essayer de m’y consacrer sporadiquement, pour avoir si, enfin, je peux y accrocher… Ce ne sera pas encore pour cette fois, décidément, avec cette série de trois albums consacrée à l’essentiel des concertos pour instruments à vent qu’il composa. Ils sont extraits d’un coffret disponible en son temps pour une bouchée de pain, et qui fut épuisé très rapidement –à tel point que l’éditeur fut très surpris du succès phénoménal de l’entreprise-, malgré une ligne éditoriale des plus basique. De rares exemplaires désormais en vente en occasion sont parfois disponibles, à des tarifs le plus souvent très au-delà du prix neuf initial –cf. cliquer sur l’imagette de droite pour la voir en plus grand-.
Pour l’anecdote, c’est le succès de ce coffret et celui de son frère jumeau consacré aux oeuvres chorales qui poussa quelques années plus tard Deutsche Grammohon et le groupe Universal à publier l’intégrale des enregistrements du chef paru sous l’étiquette jaune –sous forme de quatre coffrets distincts, d’abord, puis d’un énorme coffret plus tardivement : tous épuisés également-.

Les interprétations vont de l’excellent –les concertos pour cor : l’album est entré dans la légende très rapidement après sa parution et constitue, aujourd’hui encore, une référence– au convenable –les autres concertos de cette playlist– , dans un style désormais suranné : orchestre assez important dominé par les cordes, très belles sonorités mais ensemble assez lisse et refus des aspérités : tout ce qui a presque toujours singularisé le Mozart du chef autrichien.
Chaque année, Karajan enregistrait régulièrement et alternativement pour EMI et Deutsche Grammophon un certain nombre de disques à Saint-Moritz, en Suisse, durant l’été, où il faisait venir un nombre réduit de musiciens de son orchestre berlinois –qui, paraît-il, se battaient pour avoir la possibilité de participer à ces sessions-, généralement pour des albums concertants, qui permettait à ses musiciens de s’exprimer en tant que solistes : cette série d’albums fait partie de ces enregistrements, parmi lesquels il me reste encore à écouter des concertos pour clarinette et pour basson, afin de compléter cette série estivale : mais point trop n’en faut !

4 concertos pour cor et orchestre – Denis Brain, cor – Philharmonia Orchestra – 1953 ***, c’est peut-être un disque de légende, mais les oeuvres me parlent assez peu en réalité !
Concerto pour flûte, concerto pour flûte – Andreas Blau, OP Berlin – 1971 **
Concerto pour flûte et harpe – James Galway & Fritz Helmis, OP Berlin – 1971 ***
Concerto pour hautbois – Lothar Koch, OP Berlin – 1971 **
Symphonie concertante – Steins, Star, Hauptmann, Braun, OP Berlin – 1971 ***
Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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