Playlist « Précis de perversité pianistique »

Glenn Gould, pianiste canadien, a construit sa propre légende autant par ses interprétations aussi perverses que fascinantes que par ses routines quotidiennes excentriques et pour le moins bizarres.

Terrifié par les microbes et hypocondriaque notoire, il se nourrissait d’une grande quantité de gélules et portait invariablement des pulls épais, un manteau et des gants –ou des mitaines en se mettant au piano-, y compris en été, par crainte des courants d’air. Devant son piano, il était assis sur une chaise d’une hauteur de 36 centimètres, fabriquée par son père, totalement percée au niveau du siège –selon lui par un employé d’aéroport indélicat– et d’un inconfort absolu. Il avait appris le piano avec sa mère, professeur de chant, qui lui faisait chanter les notes qu’il jouait : il ne se départit jamais de cette habitude, et les disques portent le témoignage de ses « vocalises » parfois bruyantes au piano… Pour rester concentré, il étudiait les partitions dans un environnement sonore assourdissant: radio ou télévision à fond ! –Cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand-.

C’est ce pianiste excentrique, connu notamment pour ses interprétations de Bach, qui est à l’honneur dans la playlist de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Beethoven – Variations pour piano WoO. 80 ; op.34 & op.35 « Eroica »
Glenn Gould, piano – 1967 ; 1970 ***(*)

• Mozart – Sonates pour piano n°11 ; 14 & 18
Glenn Gould, piano – 1970 – 1973 – 1974 ***

• Beethoven – Sonates pour piano n°15 ; 17 ; 23 ; 29 ; 32
1979 – 1971 – 1967 1970 – 1956 **/***(*)

Pour établir en quelque sorte des auto-critiques de ses disques et justifier leur contenu parfois très éloigné des interprétations « habituelles », le pianiste canadien avait endossé le rôle de plusieurs personnages qu’il pensait représentatifs du monde de la musique classique : un critique britannique : Sir Nigel Twitt-Thornewaite ; un trublion américain : Theodore Slutz ; un musicologue allemand : Karlheinz Klopweisser… Sous ces identités, il écrivait des notes de pochette toujours intéressantes mais côtoyant régulièrement le bizarre, voire des critiques négatives de ses propres albums.

Pour Mozart, Glenn Gould imagina un dialogue fictif entre le compositeur et un pianiste, manière pour lui d’interroger ses interprétations, jugées pour le moins bizarres, des sonates du compositeur. C’était en même temps le meilleur moyen d’évoquer Mozart comme il l’entendait, à savoir un compositeur banal, maladroit et presque idiot. Ainsi, Mozart serait mort trop vieux, ses dernières oeuvres n’ayant guère d’intérêt : « du remplissage décoratif sans aucun intérêt contrapuntique ».

« Lorsque des générations d’auditeurs […] ont trouvé que des épithètes telles que « léger », « facile », « frivole », « galant » ou « spontané » s’appliquaient à [sa] musique, il n’est pas inutile de se poser au moins la question de la raison de ces attributions, qui ne sont pas forcement nées d’un manque de sensibilité ou de charité».

Disons-le tout net : je n’aime guère ces oeuvres généralement –hormis quelques versions très idiosyncrasiques de Gilels ou de Pogorelich– et personnellement, j’apprécie plutôt l’interprétation du pianiste canadien, qui, triturant les tempos –très contrastés– et manipulant les indications dynamiques des partitions, contribue à rendre ces sonates moins ennuyeuses, plus intéressantes et moins anodines en définitive qu’elles ne le sont habituellement. –Extrait 1-.

Concernant Beethoven, que le pianiste approcha avec prudence après le lourd échec critique du disque consacré aux trois dernières sonates, la situation est différente, et Glenn Gould se montre à la fois plus respectueux ou, lorsqu’il veut se montrer plus orignal, peu en réussite : sonate n°23 « Appassionata » lente et dénervée par exemple ; sonate n°32 aux tempi hypercontrastés dans le 1er mouvement –extrait 2-…
Les sonates « médianes  » sont les plus réussies –la sonate n°17 a été enregistrée en de multiples sessions sur deux décennies !!!-, de même que les deux séries de variations op.34 et op.35, malgré des tempi généralement très lents, mais où le pianiste retrouve l’univers contrapuntique qui lui sied.
A contrario, la sonate qui aurait a priori dû lui convenir le mieux –la n°29 « Hammerklavier »-, semble lui échapper complètement, y compris dan sa fugue. Glenn Gould pensait que l’oeuvre était « ingrate » pour un pianiste, car son écoute ne rendait pas suffisamment compte de son extrême difficulté !
Pour autant, si l’ensemble reste assez plaisant, ce n’est pas du meilleur Beethoven. A ce titre, sa plus belle réussite dans une oeuvre du compositeur est, à mes oreilles, son interprétation de la 5ème symphonie dans sa transcription pour piano de Liszt.

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Ça faisait bien longtemps…

… que je n’avais plus écouté de sonates pour piano de Beethoven, tout occupé que j’étais à me rendre vers des territoires moins connus de ma discothèque ! Oubli désormais réparé avec la playlist de ce jour, consacrée à quelques-unes de ses sonates les plus célèbres, dans des versions dont je ne me lasse pas ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Beethoven – Sonates pour piano n°8 « Pathétique » ; 13 et 14 « Clair de lune » – 1980 *****
• Beethoven – Sonates pour piano n°15 « Pastorale » et n°17 « La tempête » – 1981 *****
• Beethoven – Sonates pour piano n°21 « Waldstein » et n°23 « Appassionata » – 1972 ; 1973 *****
Emil Gilels, piano

Derrière des micros qui rendent enfin justice à sa sonorité d’airain, ce Beethoven prend une puissance, un sang, un corps que personne ne lui a jamais donné. – Diapason

Je n’ai encore jamais vu d’artiste plus concentré, plus énergique et plus ardent qu’Emil Gilels – Joachim Kaiser, musicologue auteur de « Grands pianistes de notre temps »

L’intégrale inachevée des sonates de Beethoven d’Emil Gilels, initialement parue au compte-goutte en disques séparés au début de l’ère du Compact Disc, a énormément bénéficié d’un nouveau remastering suivant le procédé « Original Image Bit Processing », qui rend désormais pleinement justice à sa beauté de sonorité légendaire, lors de sa mise en coffret –9 CD, disponible ici ou dans deux présentations différentes, mais c’est le même remastering et l’un des deux coffrets est d’un prix indécent, même si cette intégrale bardée de distinctions prestigieuses à travers le monde n’a pas de prix…-.

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Playlist « Le diable au cheveux rouges »

La victoire d’Emil Gilels, à 16 ans, lors du tout premier concours de piano de l’ensemble des fédérations de l’Union soviétique à l’unanimité des membres du jury, attira sur lui l’attention de Staline, qui le surnomma « Mon diable aux cheveux rouges », du fait de sa virtuosité phénoménale et de sa chevelure flamboyante.

Quelques années plus tard, à peine âgé de 20 ans, Emil Gilels triompha au premier concours international de la reine Elisabeth, malgré l’hostilité marquée que lui vouait son professeur Heinrich Neuhaus, qui lui préférait un autre élève, Sviatoslav Richter. Pourtant, Gilels, qui avoua plus tard ne pas avoir appris beaucoup de Neuhaus, ne lui en tint jamais rigueur. Durant la guerre, Emil Gilels fit partie de la résisance civile et joua tant dans les hôpitaux que sur le front. Alors qu’il avait toujours refusé toute faveur personnelle, il intercéda personnellement auprès de Staline, en 1941, pour faire libérer Neuhaus de prison alors que celui-ci était soupçonné d’accointances avec l’Allemagne nazie, puis pour lui permettre de trouver un piste de professeur lorsqu’il fut exilé à Sverldovsk, entre Oural et Sibérie .

La playlist de ce jour est consacré à des enregistrements d’avant l’évolution d’Emil Gilels vers le style plus décanté qui marquera ses quinze dernières années. Ces enregistrements live sont tous d’origine soviétique, mais Gilels, bardé de décorations et de médailles qu’il ne porta jamais –Prix Staline, Prix Lénine, Artiste du peuple de l’Union soviétique…– fut le premier artiste autorisé à se produire « à l’ouest », sévèrement chaperonné par des agents du KGB cependant, où il enregistra quelques disques pour RCA –et, beaucoup plus tard, pour EMI et Deutsche Grammophon-. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Johann Sebastian Bach – Partita n°1 BWV 825 – Suite française n°5 BWV 816 – Fantaisie chromatique et fugue BWV 903 – 1950, 1959 et 1948 *****

Emil Gilels ne joua jamais beaucoup de pièces pour clavier de Bach, mais il fut souverain dans toutes celles qu’il interpréta –souvent dans des transcriptions de Busoni ou de Siloti-, sans rechercher une quelconque authenticité historique, ni livrer d’interprétations outrageusement romantiques. Le travail sur la sonorité est exemplaire, de même que l’utilisation des pédales.

• Ludwig Van Beethoven – Sonates pour piano n°3, 23 et 27 – 1952, 1961 et 1957 *****

Emil Gilels fut, dès sa prime jeunesse, un interprète exceptionnel des sonates de Beethoven, ce dont témoigne sa fabuleuse quasi-intégrale pour Deutsche Grammophon, enregistrée tout au long des années 70 et 80 –jusqu’à son décès en 1985-. Le mouvement lent de la troisième sonate, ici, est merveilleux de retenue et la sonorité est somptueuse. Dans la 23ème sonate « Appassionata », il donne libre court à tous les contrastes dynamiques dans le premier mouvement, le deuxième mouvement chante superbement puis Gilels est déchaîné dans le mouvement final –sans la reprise-, qu’il dynamite furieusement !

• Liszt – Sonate en si mineur ; Chopin – Sonate pour piano n°2 – 1961 *****

Il existe de très nombreuses versions en concert de la sonate de Liszt par Gilels, qui propose une vision dense, très tendue et assez sombre de l’oeuvre, parfois cataclysmique mais pourtant sensible, sans être sentimentale. Tous ses enregistrements font partie des grandes versions d’une oeuvre qu’il joua tout au long de sa carrière. Emil Sauer, élève de Liszt, avait affirmé un jour, entendant Emil Gilels : «Je n’ai rien entendu de semblable depuis la mort de mon Maître». La sonate de Chopin, notamment connue pour sa fameuse « marche funèbre », est à la fois délicate et intense, superbe de sonorité.

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Playlist en couleurs – Gris

Lou Reed – Live – 1974 ****
Bob Marley And The Wailers – Babylon By Bus – 1978 ****
Beethoven – Sonate pour piano n°31 & 32 – Bagatelles op.126 – Yevgeni Sudbin – 2019 *****
La prise de son du disque consacré à Beethoven est somptueuse : l’une des meilleures prises de son de piano que je connaisse.
The Cure – Faith, Deluxe Edition – 1981 *****
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Playlist « Prononcez [baR] » !

Mes nuits sans sommeil, suite… Une playlist nocturne composée d’oeuvres célèbres de Johann Sebastian Bach –prononcez [baR] et non pas [bak], au risque de passer pour un pédant ridicule dans nos vertes contrées– et, pour deux albums, dans des versions qui sortent un peu de l’ordinaire ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Sonates pour violon et clavecin. Une superbe version, et l’un des plus beaux disques parus en 2016. Les oeuvres sont d’un accès beaucoup plus aisé que les sonates et partitas pour violon seul. *****
• L’Art de la fugue, dans une version joliment orchestrée et rondement menée, parue en 1984, est nettement moins austère que les propositions pour clavecin, orgue ou piano. Je connais au moins une autre transcription pour orchestre –celle un peu plus ancienne de Neville Marriner– mais, à mes oreilles, la proposition de Reinhard Goebel et de son Musica Antique Köln est nettement plus passionnante ! *****
• Les Variations Goldberg, écrites à l’origine pour un insomniaque –ça tombe bien !-, sont ici livrées dans une jolie version pour instruments à cordes –violon, alto, violoncelle– enregistrée en 2006, dans une transcription réalisée par le violoniste et chef d’orchestre Dmitry Sitkovetsky. C’est très joliment réalisé, mais, pour le coup, je préfère les versions pour piano. ****

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Playlist « Beethoven de chambre »

La musique de chambre de Beethoven –sonates hors sonates pour piano, trios et quatuors– reste encore un vaste terrain d’exploration pour mes oreilles : je la connais généralement beaucoup moins bien que sa musique symphonique ou que son corpus pour piano, sauf les trois oeuvres très connues et très populaires écoutées aujourd’hui –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.


• Sonate pour violon et piano n°5 « Le printemps » – Christian Ferras, Pierre Barbizet – 1958
Une très belle version tirée d’une excellente intégrale très hautement cotée en France, et dont cette « Printemps » me semble le meilleur exemple. C’est frais, très équilibré –le piano n’écrase jamais le violon– et très chantant. La prise de son ne porte absolument pas son âge.

• Trio pour violon, violoncelle et piano n°7« Archiduc » – Leonid Kogan, Mstislav Rostropovich, Emil Gilels – 1956
Cette version initialement parue sur le label soviétique Melodyia est l’un des remarquables témoignages laissés par l’éphémère trio formé par Emil Gilels, son beau-frère le violoniste Leonid Kogan et le violoncelliste Mstislav Rostropovich. Enregistré à Moscou en 1956, cette version demeure à mes oreilles la meilleure concernant cette oeuvre : c’est franc, direct et viril ! Très «beethovénien», en somme !
NB. Il faut absolument éviter certaines éditions postérieures en stéréophonie artificielle abominable et privilégier l’enregistrement monophonique initial, très convenable.

• Sonate pour violon et piano n°9 « Kreutzer » – Gidon Kremer, Martha Argerich – 1994
La plus célèbre des sonates pour violon et piano de Beethoven trouve ici une interprétation très équilibrée tout en étant remarquablement virtuose et expressive, très bien enregistrée de surcroît. Avec la très vieille version Heifetz – Moiseivich enregistrée en 1937, il s’agit de mon interprétation favorite.

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2024 : l’heure des bilans, fin

Les coups de coeur « Musique classique » – 2

Hors les coffrets plus ou moins volumineux présentés il y a quelques jours, mes coups de coeur « Musique classique » sont de deux ordres cette année :
• La musique chorale, d’une part, avec, en particulier, ces trois albums –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– :

Paulus, de Felix Mendelssohn, est un superbe oratorio que je ne connaissais pas, la version est tirée d’un très beau coffret que je vous ai présenté il y a déjà quelque temps et s’avère hautement satisfaisante à mes oreilles. C’est une œuvre emblématique du répertoire choral romantique, inspirée des oratorios baroques de compositeurs comme Bach et Handel. Mendelssohn, passionné par la musique chorale, y explore des thèmes religieux et narratifs en s’appuyant sur l’histoire de la conversion de Saul en Paul, apôtre des Gentils.
Johannes Ockeghem (vers 1410–1497), compositeur flamand de la Renaissance, est l’auteur d’une Missa pro defunctis (Messe pour les défunts), qui constitue vraisemblablement la plus ancienne messe de requiem connue à ce jour. L’oeuvre se distingue par l’emploi de techniques de contrepoint savantes et une expressivité poignante, où le compositeur a mobilisé tout son art : polyphonie complexe, utilisation du contrepoint, écriture modale ancrée dans les modes médiévaux, et, surtout, une expressivité au service de la supplication, mais aussi de la sérénité. L’ensemble est magnifique.
Enfin, « The Ways of Zion Do Mourn » est une antienne funéraire composée par Georg Friedrich Handel en 1737. Cette œuvre majestueuse a été écrite pour les funérailles de la reine Caroline d’Angleterre, épouse de George II, très aimée du peuple anglais. Handel, déjà reconnu pour ses talents dans le domaine des oratorios, fut choisi pour. L’antienne se compose de plusieurs mouvements, alternant chœurs et solos. Les textes, issus principalement des Lamentations de Jérémie et des Psaumes, évoquent tout à la fois la tristesse et l’espérance. Le plus beau des « requiem » du répertoire à mes oreilles !

• La musique instrumentale d’autre part –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– :


Les 18 sonates pour piano de Beethoven enregistrées à la fin des années 60 par le pianiste Bruce Hungerford constituent plus qu’une curiosité pour spécialistes : elles s’avèrent d’une très belle tenue, et il est regrettable qu’un tragique accident de voiture ait mis fin à ce qui serait devenu une intégrale s’inscrivant assez haut dans la discographie.
L’album consacré aux deux symphonies et aux « Sept péchés capitaux » de Kurt Weill m’a permis d’écouter la meilleure version de ces symphonies –les deux autres dans ma discothèque ne me semblent pas aussi abouties et sont moins bien enregistrées-, dans une prise de son somptueuse.
Une prise de son de très grande qualité est également ce qui caractérise la symphonie « Ilya Muromets » de Glière, que je vous ai présentée assez longuement il y a peu de temps : une oeuvre particulièrement intéressante !

Au final, 2024 est une très bonne année !

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Playlist « Cette année-là – 2017 »

Depeche Mode – Spirit
Gustav Holst – The Planets – National Youth Orchestra Of Great Britain, Edward Gardner
Rammstein – Paris
Ludwig Van Beethoven – Sonates pour piano n°23 & 32 – Evgeny Kissin
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Playlist « Baroque à l’ancienne »

La playlist de ce jour est consacrée à des oeuvres du répertoire baroque interprétées « à l’ancienne », dans une perspective non HIP –historical informed performance-, et comprend :

Scarlatti – Sonates pour piano – Ivo Pogorelich. 1992
Bach – Sonates et partitas pour violon – Johanna Martzy. 1955
Handel – Concertos op. 6 N°5, 10 et 12 – OP Berlin, Herbert Von Karajan. 1966.
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Les sonates de Scarlatti sont ici interprétées au piano et non au clavecin, et s’inscrivent délibérément dans une perspective de « grand piano », virtuose et intense, malgré la forme aphoristique de ces oeuvres. Evidemment, on est très loin ici des versions enregistrées au clavecin, mais les sonates retenues dans ce disque se prêtent très bien à une interprétation au piano –c’est d’ailleurs pour cet instrument que je préfère ces sonates-. Mêmes si ces enregistrements ne sont pas très anciens, Ivo Pogorelich ne se préoccupe guère des apports de la musicologie dans son interprétation.
Beaucoup plus anciens, les disques [Bach – Martzy] –qui reste cependant ma versions préférée de ces oeuvres difficiles et arides : à titre anecdotique, Johanna Martzy fut la première femme à enregistrer ce corpus intégral– et [Handel – Karajan] datent d’avant la révolution « baroqueuse » apparue au tournant des années 70 avant de d’imposer au début des années 80. On ne joue plus ces oeuvres ainsi désormais, mais ils restent intéressants comme témoignages de l’évolution des traditions interprétatives.

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Playlist « Cette année-là. 2011 »

Vivaldi – Les quatre saisons – Double Sens, Nemanja Radulović
Alain Bashug – L’homme à tête de chou
Beethoven – Sonates pour piano n°3 et 21 – Alice Sara Ott
The Cure – Bestival Live 2011
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