Des goûts et des couleurs. 10

Sibelius – Les symphonies • 2 • Les versions hors de Finlande

Je vous avais présenté il ya a quelques temps les nombreuses versions finlandaises des intégrales des symphonies du plus éminent compositeur finlandais, Jean Sibelius, présentes dans ma discothèque. C’est son contemporain et compatriote Robert Kajanus qui, le tout premier, dans les années 30, grava magistralement, en Angleterre, quelques symphonies –extrait ci-dessous-, sans réaliser d’intégrale toutefois, suivi, très rapidement par Sir Thomas Beecham, qui enregistra lui aussi plusieurs oeuvres du compositeur sans jamais réaliser d’intégrale : des disques importants, qui ont été réédités dans d’excellentes conditions techniques par le label Naxos dans leur collection « historique ».

Un troisième chef d’orchestre est, à mes oreilles, majeur pour découvrir Sibelius. Il s’agit d’Herbert Von Karajan, qui, même s’il ne réalisa jamais d’intégrale des symphonies du compositeur –il les a toutes enregistrées, et parfois à plusieurs reprises, sauf la troisième-, contribua très largement à le populariser : au cours de sa carrière, il le joua 69 fois en concert, dès 1938, et on dispose par ailleurs de 50 enregistrements toutes pièces confondues, réalisés entre octobre 1949 –symphonies°5 avec l’orchestre philharmonique de Stockholm– et février 1984 –Tapiola-.
Dès les années 50, Sibelius conquit toute l’Europe –sauf la France, très hermétique pendant longtemps à son génie– et les les États-Unis, essentiellement grâce au disque. Les intégrales réalisées hors de Finlande sont très nombreuses dans ma discothèque, et je n’en connais aucune qui soit réellement décevante, même si j’ai mes préférences –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– : Sibelius a généralement été très bien servi par le disque !

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Des goûts et des couleurs. 9

Sibelius – Les symphonies • 1, les versions finlandaises •

Jean Sibelius, en France, fut longtemps mal-aimé, méprisé et considéré comme « le plus mauvais compositeur du monde », selon le pamphlet de René Leibowitz, chef d’orchestre et compositeur élève de Schönberg. A contrario, il était, selon le célèbre chef d’orchestre Arturo Toscanini, « le plus grand symphoniste depuis Beethoven ».

C’est cette dernière opinion que je partage assez largement, et c’est ainsi que c’est le compositeur qui, après Beethoven, bénéficie au sein de ma discothèque du plus grand nombre de versions –une petite vingtaine– d’une intégrale de ses symphonies, qui ont été enregistrées par les plus grand chefs -parfois plusieurs fois- et les plus grands orchestres. Pourtant, je suis venu à ce compositeur relativement tardivement –vers 18 ou 19 ans, par le biais de sa deuxième symphonie selon George Szell– et très progressivement.

Le passage en revue de ce jour ne comporte que les versions enregistrées par des chefs d’orchestre finlandais. Les autres versions « étrangères » viendront plus tard. Pour un pays si peu peuplé –moins de 6 millions d’habitants-, le nombre d’orchestres et de chefs d’orchestre aussi talentueux est proprement étonnant et remarquable ! Toutes ces intégrales sont de très belle qualité, et les trois que j’ai isolées, très différentes les unes des autres, sont celles que je préfère. Ce sont aussi les trois intégrales les mieux enregistrées de ce lot finlandais. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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Playlist rafraîchissante pour période pré-caniculaire…

La canicule à peine dissipée, les grosses chaleurs s’annoncent à nouveau en cet été calendaire à peine entamé ! Comme on commence à avoir de l’entraînement, tout semble petit à petit plus supportable, d’autant que nous arrivons à ne pas dépasser 26 à 27 degrés dans l’appartement, ce qui reste tout-à-fait raisonnable si j’en crois certains de mes amis, dont les logements ont atteint des températures dépassant allègrement les 30 degrés !
Pour me rafraîchir les idées et les oreilles, quelque peu laissées en déshérence ces derniers jours, la playlist de ce jour est tout-à-fait adaptée ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

 

• Richard Strauss – Eine Alpensinfonie
Orchestre Philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan
Enregistrement radiophonique, concert au festival de Salzbourg, 28 août 1982 *****

Richard Strauss et Herbert Karajan étaient tous deux des amoureux passionnés de la montagne et des alpinistes chevronnés –Alpes bavaroise pour Strauss, Alpes autrichiennes pour Karajan-. Cette « Symphonie alpestre » nous invite pour une journée, du lever du soleil à la tombée de la nuit, à une promenade tourmentée à travers les Alpes. Le chef autrichien, qui excella dans l’interprétation des oeuvres de Richard Strauss, était venu tard à cette oeuvre curieuse, à mi-chemin entre la symphonie et le poème symphonique. Il l’enregistra en 1981 et la donna 20 fois en concert entre 1981 et 1988.

Je connais une bonne vingtaine de versions différentes de l’oeuvre, je n’en connais aucune qui atteigne à la beauté somptueusement virtuose –les cordes sont brûlantes- et extatique –« dans une douce extase », est-il noté sur la partition– dans la dernière partie de ce concert salzbourgeois d’un chef ici en état de grâce. Un enregistrement miraculeux !

• Jean Sibelius – Symphonie n°6
Orch. Symph. de Nouvelle-Zélande, Pietari Inkinen – 2011 ****

Etamée dès le début de la première guerre mondiale à l’automne 1914, puis laissée de coté et finalement reprise à partir de 1919 et achevée en 1923 seulement, la sixième symphonie de Jean Sibelius est considérée comme la « Cendrillon de ses symphonies ». C’est un formidable chef-d’oeuvre sans programme autre que « l’eau pure et froide des lacs » et, à mes oreilles, la plus belle « sixième symphonie » que je connaisse, avant même la « Pastorale » de Beethoven ou la « Pathétique » de Tchaïkovsky : c’est vous dire si je l’aime ! Parmi la très vaste collection des symphonies de Sibelius dans ma discothèque, j’ai voulu me remettre en mémoire cette version presque chambriste et à tout petit prix de Pietari Inkinen, qui est très bonne, mais émerge difficilement parmi des versions plus exceptionnelles encore !


• Ralph Vaughan Williams
– Symphonie n°7 « Sinfonia Antartica »
Philharmonia Orchestra & Chorus, Leonard Slatkin – 2011 *****

Je vous avais parlé assez longuement de cette « symphonie » et son programme ici, inutile donc d’y revenir plus en détail. La version de Leonard Slatkin, qui enregistra une très belle intégrale des symphonies de Vaughan Williams pour RCA au courant des 90’s –réédition dans d’excellentes conditions techniques dans un coffret Sony à tout petit prix en 2011– est, à mes oreilles, aussi réussie que celle de Sir Adrian Boult, et bien mieux enregistrée !

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Playlist en couleurs – Rouge, troisième !

• Arnold Schönberg – Die verklärte Nacht (La nuit transfigurée) – Version orchestre
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1974 *****

• Alexandre Glazounov – Concerto pour violon
Nathan Milstein, violon ; Orchestre symphonique de Pittsburgh, William Steinberg – 1956 *****

• Jean Sibelius – Tapiola et autres poèmes symphoniques
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1984 *****

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Playlist en couleurs – Gris à nouveau

• Jean Sibelius – Tapiola – OS Gothenburg, Neeme Järvi -2000 ****
• The Who – Quadrophenia – 1973 ***
• Franz Schubert – Die Winterreise – Jon Vickers, Geoffrey Parsons – 1973 ****
• The Beatles – Revolver -1966 ****
Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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Playlist « Anthologie Sibelius – Barbirolli : part two »

Avec la playlist de ce jour, étalée sur deux mois en deux jours (!!!), je poursuis l’écoute de l’anthologie d’oeuvres symphoniques de Jean Sibelius par le Hallé Orchestra de Manchester, sous la direction de Sir John Barbirolli entamée la veille. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. 

• Jean Sibelius – Symphonies n°3 & 6
Hallé Orchestra, Sir John Barbirolli – 1969/1970 ****/***

• Jean Sibelius – Symphonie n°4 – Rakastava ; Romance en Do
Hallé Orchestra, Sir John Barbirolli – 1969 ****

• Jean Sibelius – Symphonies n°5 & 7
Hallé Orchestra, Sir John Barbirolli – 1966/1967 ****/***

Notons tout d’abord que cette fois-ci, une certaine cohérence visuelle est de mise pour les pochettes des albums constituant cette anthologie ; je me demande vraiment pourquoi la deuxième symphonie a échappé à cette charte graphique : sans doute parce que fut le premier album paru lors de l’enregistrement des symphonies, et qu’elle n’était pas encore établie ?!
Pour ce qui concerne le contenu de ces disques, les mêmes causent produisent les mêmes effets et la playlist du jour se passe de commentaires superfétatoires et suscite globalement la même impression un peu mitigée que la veille –c’est bien, parfois très bien, mais sans rien d’exceptionnel– : la notoriété persistante de cette anthologie ne cesse décidément de m’interroger et m’intrigue quelque peu au regard de la discographie très abondante de ces oeuvres…

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Playlist « Anthologie Sibelius – Barbirolli : part one »

La playlist de ce jour, étalée sur deux mois en deux jours (!!!), est consacrée, comme son nom l’indique, à une anthologie d’oeuvres symphoniques de Jean Sibelius par le Hallé Orchestra de Manchester, sous la direction de Sir John Barbirolli. Les enregistrements se sont déroulés en plusieurs sessions étalées sur cinq ans, entre 1966 et 1970. A cette époque, Sibelius jouissait d’une assez piètre réputation en France, mais était déjà très apprécié dans les pays anglo-saxons, et Decca avait déjà enregistré deux intégrales –Collins et Maazel-, tandis qu’aux États-Unis, CBS avait publié l’intégrale de Bernstein et qu’Ormandy avait enregistré une assez large anthologie chez RCA. En Allemagne, de même, Karajan contribuait énormément à la réputation du compositeur. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Jean Sibelius – Finlandia ; Karelia suite ; Valse triste ;
Hallé Orchestra, Sir John Barbirolli – 1966 ****

• Jean Sibelius – Symphonie n°1 ; Pelletas et Mélisande, extraits
Hallé Orchestra, Sir John Barbirolli – 1966/1969 **/****

• Jean Sibelius – Symphonie n°2 ; Lemminkaïnen suite
Hallé Orchestra, Sir John Barbirolli – 1966 ****

Sir John Barbirolli1899 – 1970– commença très tôt à diriger les oeuvres de Sibelius et contribua à le populariser aux États-Unis, où il succéda à Toscanini à la tête de l’orchestre philharmonique de New-York pour des émoluments presque 10 fois moindres ! Cette expérience américaine ne fut pas vraiment fructueuse, et Barbirolli retourna en 1943 en Angleterre, où il redonna vie au Hallé Orchestra de Manchester, qu’il connaissait bien pour l’avoir déjà dirigé bien avant la guerre. C’est avec cet orchestre qu’il enregistra son anthologie Sibelius, qui connut un énorme succès en Angleterre, où elle continue à jouir d’une réputation exceptionnelle, réputation qui a même franchi la Manche désormais.
Et, pourtant, ce qu’on entend est, à mes oreilles, loin d’être toujours exceptionnel !!! La première symphonie est même assez ratée, engluée dans des tempi lents, se révèle plutôt amorphe, sans énergie, et, de surcroît, l’orchestre n’est pas très beau et manque cruellement de précision et de cohésion : on a fait beaucoup mieux dans cette oeuvre, avant lui et après lui ! La deuxième symphonie est nettement plus réussie, sans toutefois atteindre, à mes oreilles au moins, les plus hauts sommets, du fait d’un orchestre qui ne peut se comparer aux meilleurs. D’une manière générale, on sent le chef amoureux de cette musique mais assez enclin en réalité à laisser son orchestre jouer un peu en roue libre : comme Sibelius, Barbirolli était un adepte de la dive bouteille…
En revanche, les petites pièces symphoniques sont très réussies, et l’on y ressent toute l’affection que le chef porte à ces oeuvres et au compositeur.

Un premier bilant mitigé, donc, et pas toujours à la hauteur de la réputation des ces disques !

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Playlist « L’empereur du violon »

Profitant d’une météo peu clémente ces derniers jours, je revisite à l’occasion de ces playlists estivales mon « fond de discothèque » et celle de ce jour est consacré à plusieurs concertos pour violon par celui qui fut surnommé l’empereur du violon », et dont ses confrères disait notamment qu’ « il a[vait] établi toutes les normes pour jouer du violon au XXe siècle » et que « les objectifs qu’il s’étaient fixés demeurent, et, pour les violonistes d’aujourd’hui, il est plutôt déprimant qu’ils ne soient plus jamais complètement atteints ». J’ai nommé Jasha Heifetz.

Né en 1899 en Lituanie –alors russe-, enfant prodige et réputé pour être le plus phénoménal des enfants prodiges de son temps –il fut admis dans la classe du réputé Leopold Auer, qui détestait les enfants prodiges, à 9 ans et enregistra ses premiers disques à 10 ans-, émigré très tôt en Amérique pour échapper à la révolution et au régime soviétique, il débuta très jeune une carrière de virtuose couronnée d’un tel succès que Fritz Kreisler, sans doute le violoniste virtuose le plus réputé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, affirma que devant tant de génie, « il n’avait plus qu’à casser son instrument sur ses genoux »… Sa carrière, couronnée d’un immense succès à travers le monde entier, s’étira jusqu’au début des années 60.
Richissime –il avait fondé l’éphémère « One Million Dollars » trio-, réputé d’une extrême exigence avec les autres et plus encore avec lui même, doté d’une personnalité complexe il est également réputé pour n’avoir jamais souri en public, et aucune photo ne le montre autrement qu’avec un visage austère.

Les enregistrements de cette playlist –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-, tous réalisés après la seconde guerre mondiale pour RCA, bénéficient du savoir-faire de la firme à cette époque et s’avèrent tous très convenables techniquement, avec cette particularité toutefois d’enregistrer le violon très près du microphone, comme le souhaitait Heifetz, sans que cela nuise au demeurant à la lisibilité de l’orchestre. Les accompagnements vont du tout-venant un peu routinier à l’excellent.

La firme américaine, à travers ces enregistrements, contribua à établir le mythe de l’infaillibilité du violoniste, à l’instar du halo d’infaillibilité qui entourait Arturo Toscanini –autre artiste RCA– à la même époque. C’est, évidemment, un mythe !

• Beethoven & Mendelssohn – OS Boston, Charles Munch – 1955, 1959 *****
• Brahms & Tchaïkovsky – OS Chicago, Fritz Reiner – 1957 ***/*****
Les *** sont essentiellement tributaires de mon peu d’appétence pour le concerto pour violon de Brahms, que je n’apprécie pas beaucoup, quelle que soit l’interprétation envisagée…
• Bruch & Sibelius – New Symphony Orchestra of London, Malcolm Sargent & OS Chicago, Walter Hendl – 1962, 1959 ****/*****

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Playlist rare : « Le jeune Sibelius »

Si Jean Sibelius fait partie de mes compositeurs préférés –il est dans mon top 5, en compagnie de Beethoven, Handel, Mendelssohn et Wagner-, la plupart de ses oeuvres de jeunesse ne font cependant pas exactement partie de mon quotidien. Mais, occasionnellement, j’aime les aborder, même si elles ne sont pas forcément géniales et n’augurent pas toujours de ses meilleures réussites.
C’est le cas avec la playlist de ce jour, qui comportent des oeuvres généralement composées avant 1900, et qu’il remania parfois un peu plus tardivement. –Cliquer sur l’image pour a voir en plus grand-.

Tous ces oeuvres sont magnifiquement interprétées par l’orchestre de Lahti, sous la direction d’Osmo Vänskä, qui, avec Neeme Järvi, a très largement contribué à la très exhaustive et remarquable édition « intégralissime intégrale » des oeuvres du compositeur finlandais parue chez Bis –dont les 13 coffrets restent encore disponibles actuellement à prix convenables chez les bons disquaires en ligne, malgré le rachat de l’éditeur par Apple-, et dont ces albums sont extraits. A l’écoute ce jour :

• Karelia, musique de scène *****
Finland Awakes : Musique pour la célébration de la presse ****
• Rakastava, Suite pour orchestre ****

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Playlist en couleurs – Vert, à nouveau !

Le vert est de rigueur cette semaine ! Après les fortes chaleurs de la semaine écoulée, suivies d’intenses séances d’arrosage à grosses gouttes dimanche en fin de journée : la nuit, pendant que je ne dormais pas –pour ceux qui suivent-,la végétation a foisonné : c’est intensément vert partout autour de la maison !

• Beethoven – Symphonie n°3 « Eroica » – OP Berlin, H.Von Karajan – Live au Japon, 1977 *****
• ZZ Top – Tres Hombres – 1973 ****(*)
• Sibelius – Symphonies°6 & 7 ; Finlandia – OS New Zealand, P. Inkinen – 2011 ****
• The Alan Parsons Project – Eye In The Sky – 1982 ****
Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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