Playlist « Sublimes pattes de mouche… »

Aujourd’hui, profitant d’un temps de répit bienvenu et d’un jour pluvieux de fête nationale, je révise La Marseillaise l’ultime sonate pour piano de Beethoven à travers trois éclairages fort différents et très complémentaires, pour une oeuvre que l’on serait bien en mal d’épuiser ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les deux premières versions présentée sont phénoménales pour des raisons très différentes –la première d’une ardeur et d’un abattage juvénile, la seconde pour sa noirceur insondable-, mais dans un son relativement précaire, la troisième version est fort belle aussi –presque paisible et décantée-, dans une belle prise de son. Ce qui vous vaut le titre de cette notule vous est présenté sur l’imagette de droite –cliquer sur icelle pour l’agrandir : ça vaut vraiment le coup d’oeil ! -.

Vous pouvez retrouver la première de ces versions ici : ENJOY !

L’écriture de Beethoven, inclinée vers la droite, n’est guère appliquée, et les corrections et autres ratures, voire trous dans la page, sont innombrables. « Beethoven n’était pas un compositeur qui avait une belle écriture. Il écrivait comme cela lui venait, raturait, ses pensées changeaient et il continuait ainsi […] » (Stefan Weymar, musicologue attaché à l’institut Brahms).
Outre ses partitions plus ou moins griffonnées, le corpus des pattes de mouche du compositeur est abondant et disparate : correspondances, cahiers de conversations –parce qu’il était sourd, il se faisait écrire les questions et répondait parfois par écrit-, billets épars d’intérêt très « domestique » à l’intention de son personnel de maison dont il n’était jamais satisfait et qu’il traitait régulièrement d’âne, carnets « d’idées » –le compositeur avait également une âme d’archiviste…– . Tous ses écrits –dont la qualité calligraphique s’est notablement dégradée au fur et à mesure du temps– laissent apparaître le tempérament explosif de Beethoven : un feu d’artifice sur papier !

Playlist « Ex-jeune loup prometteur »

La playlist de ce jour est consacrée à quelques-uns des excellents albums que le jeune chef américain Lorin Maazel réalisa pour la firme allemande Deutsche Grammophon avec l’orchestre philharmonique de Berlin à l’aube de sa carrière, à la fin des années 50 et au début des années 60. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Lorin Maazel a connu un destin assez singulier : début à la tête d’un orchestre à 8 ans pour diriger rien moins que la « Symphonie Inachevée » de Schubert, star de la baguette particulièrement appréciée du « grand public », il a suscité un quasi-rejet presque viscéral -et assez difficilement compréhensible pour moi- de la part du cercle bien plus étroit des mélomanes –au moins en France– mais une vraie admiration, voire parfois de l’adoration de la part des musiciens d’orchestre, qui lui ont toujours reconnu une maîtrise technique exceptionnelle et une mémoire fabuleuse.

Quoi qu’il en soit, ses premiers albums sont tous de très belle tenue : c’est vif –au risque d’une certaine brutalité parfois, comme dans la célèbre 5ème symphonie de Beethoven-, c’est très clair et lisible –l’appui sur les cordes est bien moindre que chez Karajan avec le même orchestre à la même époque-, et d’un engagement que le chef ne trouvera plus toujours plus tard.

Les quatre disques du jour sont issus d’un très intéressant coffret thématique contenant 8 CD –cliquer sur l’imagette de droite pour voir en plus grand de quoi il s’agit-, paru en série économique il y a une quinzaine d’année –à titre anecdotique, bénéficiant d’une erreur d’étiquetage, je ai eu, neuf, pour 9,90€, en compagnie d’autres excellents coffrets de cette très belle collection, tous affichés au même prix de manière erronée…-, lequel coffret, assez copieusement garni,  contient d’autres pépites aussi éclatantes –plusieurs symphonies de Schubert rarement enregistrées à l’époque, d’excellentes symphonies de Mendelssohn, une quatrième symphonie de Tchaikovsky sonore et totalement dépoussiérée de tout pathos, trois visions de Rome et Juliette selon Berlioz, Tchaikovsky et Prokofiev…– qui s’inscrivent assez bien dans la « ligne objective » alors en vigueur chez de nombreux chefs d’Outre-Atlantique.

Un jour – Un album. Gravé dans le marbre…

Profitant de levers avant même que l’aube pointe, en ces jours de chaleur caniculaire, je réécoute, depuis trois jours, l’ensemble de ce monument gravé dans le marbre en profitant de cette quiétude matinale. Ces disques font partie de mes disques de chevet, ceux dont je ne me séparerais pour rien au monde, même si le projet de constituer l’intégrale des sonates pour piano n’aboutit finalement pas : Emil Gilels avait pris son temps pour bâtir patiemment ce monument, il fut malheureusement surpris par la mort avant de l’achever –la légende dit : d’une erreur médicale due à l’incompétence des médecins soviétiques, au cours d’un banal contrôle de routine…-.

Avec l’apparition du CD, au début des années 80, j’ai patiemment constitué cette collection, en achetant un par un chacun des disques qui la constituent au moment de sa sortie, le regroupement en coffret –dans un son amélioré grâce à une belle remastérisation– étant venu bien plus tard. Chaque disque fut choyé comme une pépite, et certaines pochettes sont visuellement très belles. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Réécouter ces oeuvres connues entre toutes avec un peu d’attention et de concentration permet d’apprécier encore plus ces versions : tout y est absolument maîtrisé et si certains ont pu entendre dans cette démonstration distanciée de la froideur, ce serait alors la froideur du marbre le plus pur !
Une écoute attentive permet de saisir le propos d’une logique implacable du pianiste, une gestion époustouflante des contrastes des dynamiques et du « bouillonnement rythmique » propre aux sonates de Beethoven –les mouvements finaux sont généralement impressionnants à cet égard : sonates n°21 Waldstein ou n°23 Appassionata par exemple-, une sonorité belle et pleine, une structure parfaitement mise en évidence –la rigueur, la hauteur de vue et la maîtrise intellectuelle du pianiste profitent aux plus « petites » sonates qui deviennent l’égale des plus grandes et ne se sont jamais négligées : c’est sans doute tout l’intérêt de ce projet au long cours, qui s’étala sur plus de quinze ans-. Dans les mouvements lents, le pianiste ouvre des horizons nouveaux, inconnus chez d’autres pianistes –sonate n°29 Hammerklavier, sonate n°30 d’un lyrisme exacerbé…– et les fugues des dernières sonates sont d’une lisibilité parfaite.

J’ai eu la chance et le privilège d’entendre Emil Gilels en concert à deux occasions : c’était un petit bonhomme un peu renfrogné –comme Beethoven…– qui se précipitait sur la scène vers son piano et commençait ses récitals presque sans crier gare et avec une vitalité extraordinaire. Doté d’une technique exceptionnelle, il remplissait facilement une salle d’un sonorité puissante et ne détimbrant jamais, sans effort apparent, quand d’autres auraient été debout pour marteler le clavier tout en en tirant moins de volume sonore –le contraste avec Murray Perahia, entendu en concert quelques semaines plus tard dans ll’Appassionata de Beethoven, fut cruel pour le second…– !

Un monument d’une beauté et d’une évidence confondantes !

Pour vous, j’ai testé…

… la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon !

Test tout-à-fait probant !!! Le thème fait évidemment polémique en ce moment, mais, à travers l’histoire, le personnage a toujours été sujet à des appréciations très contrastées, y compris de la part de ses contemporains. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

En attendant, j’en profite –sous la mezzanine et non pas sous la coupole…– pour écouter deux excellentes versions de ces oeuvres très populaires :
la symphonie « Héroïque », dédiée par Beethoven « à la mémoire d’un grand homme » ;
son concerto pour piano n°5, aux évocations parfois assez martiales et à la partition truffée d’annotations militaires par le compositeur, et dénommé « Concerto Empereur »parce qu’à sa première écoute et selon la légende, un spectateur aurait dit : « C’est fou, c’est grand, on dirait l’empereur ! » –ce titre n’est pas du compositeur, mais il est passé à la postérité-.

Beethoven, fervent partisan de la révolution française, admirait profondément le général Bonaparte, tout comme il détestait cordialement l’empereur Napoléon…

Un jour, un album – Histoire d’un choc !

L’album de ce jour, que je suis en train de réécouter, à assez fort volume pour en profiter pleinement, fait partie de ceux qui m’ont, un jour ou l’autre, provoqué un véritable choc ! Non pas qu’il s’agisse de la plus édifiante des versions de cette oeuvre sur-enregistrée, même si, dans une optique « traditionnelle large », elle tient parfaitement son rang de très grande version : belle architecture, second mouvement très chantant avec de magnifiques contrechants, le tout dans une prise de son très soignée.

Bref, c’est très bien, même si ce n’est pas ce que je préfère dans cette symphonie -j’aime mieux les choses un peu plus motoriques– et, à dire vrai, je n’ai redécouvert ce CD que parce qu’il fait partie du gros coffret BTHVN2020, que je dépiaute petit à petit ! Ce qui m’a valu le souvenir ému narré ci-après.

C’est, à dire vrai, un choc essentiellement « technique/technologique » que m’a procuré ce disque quand je l’ai découvert, puisqu’il s’agit du tout premier CD que j’ai jamais écouté dans ma vie !

A cette époque, j’étais encore lycéen en Terminale, et le magasin hi-fi où j’allais au moins deux fois par semaine venait de rentrer sa première platine-laser –c’est ainsi qu’on disait volontiers à l’époque-, un beau modèle rutilant neuf, à façade relativement bariolée et à chargement frontal, et cette platine était connectée au système le plus performant présent dans l’auditorium. Il n’y avait alors que très peu de CD édité, et, hors l’exemplaire de CD test fourni par le constructeur –et, déjà, ses inévitables plages de jazz-rock…-, le seul autre album était celui présenté ce jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Il faut se souvenir qu’auparavant, à la lecture d’un vinyle, les premières notes de musique étaient toujours précédées d’un léger bruit de fond : descente du bras et son de l’impact sur le disque, léger souffle –surtout au fort volume auquel on écoutait dans l’auditorium, puis musique…-. Ici, que nenni ! Après avoir appuyé sur le bouton, pas le temps de dire ouf !!! Nous avons tous sursauté à l’attaque du célèbre pom pom pom poooom, précédé uniquement de silence ! Il fallut encore une bonne année et quelques économies avant que je puisse m’offrir le successeur de ce premier modèle –et mon premier CD de musique classique, qui fut aussi cette symphonie de Beethoven, et dans une autre version…-, mais ceci est une autre histoire…

On a les émotions qu’on peut, non !?

Playlist « L’invention du jazz »

C’est une boutade, évidemment, mais la trente-deuxième et dernière sonate de Beethoven –Opus 111– comporte dans son second et dernier mouvement une variation « chaloupée » très proche de certains rythmes qui seront plus tard empruntés dans le jazz, et bien avant l’apparition de ce genre. Une pierre de plus à apporter au génie précurseur du divin sourd qui entendait l’infini. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Quatre versions de cette sonate, qui fut longtemps ma préférée –j’avoue désormais une faiblesse coupable pour ces deux prédécesseuses, opus 109 et 110, mais l’ensemble vole très très haut et s’inscrit, à es oreilles au moins, au sommet du genre…-, dans des versions plutôt anciennes, toutes extraordinaires et toutes différentes, qui éclairent chacune l’oeuvre sous un autre angle.

Quant à la variation « chaloupée » que j’évoquais plus haut, vous pouvez l’écouter ici, à partir de 12’50.

Playlist « Herr Kappellmeister »

Un producteur de la célèbre firme Deutsche Grammophon, au début des années 2000, parlait de Karl Böhm et d’Eugen Jochum comme de « simples Kappellmeister », dont la carrière discographique, par opposition à celle d’un très célèbre chef autrichien à la mèche rebelle, toujours très « vendeur », était tombée dans l’oubli aussitôt après leur disparition. Si le titre de Kappellmeister fut prestigieux jusqu’au début du 18ème siècle, le mot, dans sa bouche était nettement moins laudateur, et sous-entendait plutôt le chef sérieux, un peu austère et routinier se contentant de réguler les entrées des instruments de l’orchestre et de battre la mesure, en costume à jaquette et noeud papillon !
Je ne sais pas ce qu’il peut en être de la courbe des ventes de leurs productions, dans un marché du disque classique déjà lui-même relativement réduit, mais la persistance de leur présence au catalogue des éditeurs doit signifier que leurs disques, maintes fois réédités, trouvent toujours de quoi séduire –ou alors que le stock d’invendus reste élevé, mais dans ce cas ils devraient être bradés, et ce n’est pas le cas-.

Quoi qu’il en soit, la playlist de ce jour, composée de symphonies de Beethoven issues d’intégrales que ces deux chefs dirigèrent à la fin des années 60 –Jochum– et au début des années 70 –Böhm-, chacun avec un orchestre prestigieux, est tout-à-fait inscrite dans la tradition austro-allemande : pas trop vite, pas trop allégé, mais suffisamment dynamique et d’un souffle plutôt puissant. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les deux approches ne sont pas tout-à-fait semblables pour autant : un peu plus de raideur et de verticalité chez Böhm, qui propose cependant l’une des plus belles « Symphonie Pastorale » du catalogue, un peu plus de souplesse chez Jochum –beau mouvement lent de la neuvième symphonie, très chantant-.
Evidemment, on ne dirige plus si fréquemment ces symphonies de la sorte de nos jours, mais cela reste néanmoins de beaux témoignages, bien enregistrés et très bien rééditées. Les symphonies les plus célèbres restent toujours de fort belles réussites et les deux premières symphonies, au risque du contresens historique, y trouvent un poids que l’on n’entend plus guère de nos jours !

Parfois, la tradition peut avoir du bon !

Playlist « Le troubadour du piano »

C’est dans les années 40, pendant la guerre et à l’occasion de leur interprétation des Variations symphoniques de César Franck, que le chef allemand Wilhelm Furtwängler avait surnommé le pianiste hongrois Géza Anda « Troubadour du piano ».
Compatriote du grand chef Ferenc Fricsay, avec lequel il enregistra beaucoup, Géza Anda possédait une très belle technique et un style malléable qui, dans les concertos notamment, lui permettait de s’accorder aisément aux chefs qui l’accompagnaient. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

De fait, dans le deuxième concerto pour piano de Brahms –cf. extrait ci-dessous-, il fait ici preuve d’une grande tendresse qui complète fort bien l’hédonisme du chef : une autre version, avec Ferenc Fricsay, non présente dans la playlist du jour, propose, presque à l’inverse, une vision d’une sauvagerie totalement assumée !
Durant les années 50 et 60, Géza Anda, prématurément décédé –comme ses compatriotes Annie Fischer et Janos Starker, c’était un énorme fumeur-, fut l’un des fleurons pianistiques du label à l’étiquette jaune et enregistra beaucoup, avec les plus grands chefs, dans de bonnes conditions techniques. Ses disques –concertos et oeuvres pour piano seul– restent encore assez largement disponibles et constituent généralement de fort jolies réussites, dont l’écoute, de nos jours, procure encore énormément de plaisir !

Outre cette belle et variée collection de concertos, le dernier album présenté propose également la plus belle version de la quatrième symphonie de Schumann, à mes oreilles tout au moins ! Et ce n’est pas négligeable !

Playlist « Premiers jalons » et autres considérations

La playlist de ce jour me ramène près de 40 ans en arrière, à l’époque où j’ai commencé à constituer une CDthèque qui a bien grandi depuis… Ces quatre CD font partie des dix premiers que j’ai achetés au rayon « musique classique », un peu au compte-goutte en ces temps où les CD étaient presque des objets de luxe horriblement chers : avant l’apparition des séries économiques, j’en achetais généralement moins d’une poignée par mois, et pas seulement en classique ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Grâce à un ami dont le père travaillait chez Siemens, qui détenait alors une partie du catalogue Philips et Deutsche Grammophon, j’avais pu obtenir les deux CD de Liszt et de Tchaikovsky à prix un peu réduit -cela devait se limiter, de mémoire, à une réduction d’environ 10%, et les propositions étaient en nombre assez réduit-. Tous les autres étaient au prix fort de 132 à 135 francs, ce qui représente en « équivalent pouvoir d’achat », la rondelette somme de 39,41€ –prix d’un coffret d’une demi-douzaine, voire une dizaine, de CD au moins de nos jours…-.

Nonobstant ces basses considérations financières :
la symphonie « Pastorale » de Beethoven reste formidable dans cette version, de même que le premier concerto pour piano de Tchaïkovsky, complètement échevelé et azimuté –et d’un minutage qui frise le scandale : le CD dure 32 petites minutes…-;
la sonate pour piano de Liszt est très bien enregistrée, mais je reviens désormais fort peu vers cette version, en ayant découvert de bien plus édifiantes à mes oreilles; il en va de même pour la première symphonie de Mahler : la dynamique de l’enregistrement alliée à celle, intrinsèque, du support CD, faisait alors très forte impression aux oreilles peu habituées et a même grillé une paire de tweeters chez un ami qui avait exagérément poussé le volume…

Souvenir, souvenirs…

Playlist « Classique à l’ancienne »

Après une semaine harassante où mes oreilles ont été quasi-totalement sacrifiées –sauf la radio en voiture, pour suivre des fils d’actualité peu engageants puisque la « crise sanitaire » semble vouloir perdurer…-, Voici, enfin, un peu de répit musical avec cette playlist, constituée, comme son nom l’indique, d’enregistrements un peu anciens de classiques du répertoire. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

La quatrième symphonie de Beethoven par le chef belge André Cluytens fait partie de l’intégrale qu’il réalisa avec le Philharmonique de Berlin –la toute première de cet orchestre, avant même celle de Karajan quelques années plus tard-. C’est joli et élégant, ça manque un peu de tension –l’intégrale vaut surtout pour les symphonies paires, et la « Pastorale » est une grande réussite– et l’orchestre était alors en pleine reconstruction, entre fin du mandat de Furtwângler et prise de poste de Karajan.

La quatrième symphonie dite « Romantique » d’Anton Bruckner est enregistrée lors d’un concert du chef à Stuttgart avec l’orchestre philharmonique de Vienne, en 1951. Le deuxième mouvement lent est très beau, les trois autres souffrent, à mon avis, d’une gestion des tempos totalement erratique, surtout le premier : le chef accélère sur chaque fortissimo, puis ralentit, puis accélère à nouveau… Très bizarre et un peu anachronique, à mon avis du moins. Eugen Jochum, dans sa première intégrale, considérée par beaucoup comme une référence, faisait la même chose : ça doit donc être moi qui ne dois pas être sensible à tant de beautés !!!

J’ai gardé pour la fin un très chouette album de Kurt Weill consacré à une réduction pour petit orchestre de son « Opéra de Quat’Sous ». C’est joué avec ampleur et presque trop de sérieux –de nos jours, c’est essentiellement le côté gouailleur de la partition qui est mis en valeur-, mais j’aime beaucoup ! Otto Klemperer créa d’ailleurs cette pièce en 1928, qui recueillit beaucoup de succès en Allemagne avant d’être interdite par le pouvoir national-socialiste…