Playlist « Un son cristallin mêlé de larmes… »

La playlist de cette nouvelle journée de nouvelle caniculequi devrait durer moins longtemps que les précédentes mais est, cette fois-ci, centrée sur l’est de l’Europe– est consacrée au grand pianiste russe Emil Gilels, dont les lecteurs réguliers de ce blog savent qu’il s’agit de mon pianiste préféré –non, je n’ai pas que des goûts bizarres ! -, et que de nombreux musicographes considèrent comme l’un des plus grands pianistes du vingtième siècle.

« Le jeu d’Emil Gilels produisait un tonnerre aux sonorités tendres ; jamais fruste, il était davantage ancré dans la terre que dans les cieux. Il concevait le piano comme un instrument chantant et non comme un instrument percussif. Même ses fortissimos ne sonnaient jamais de manière percussive. Sa sonorité n’était jamais dure ni monotone, et son toucher se distinguait par sa grande souplesse et son élégance. Son style, d’apparence sobre, brûlait intérieurement d’une profonde intensité. C’était une approche empreinte d’une subjectivité imaginative qui, grâce à son sens aigu de la forme et du flux musical, en préservait constamment la cohérence. Serait-il exagéré d’évoquer une sonorité cristalline mêlée de larmes ? Emil Gilels était un conteur brillant, maître des transitions entre tension, douceur et tristesse, sans jamais rien perdre de son intensité. »

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Ludwig Van Beethoven – Concerto pour piano n°3
Emil Gilels, piano ; Orchestre de la Radio d’État d’URSS, Kirill Kondrashin – 1951 *****

Au cours du vingtième siècle, Emil Gilels fut le pianiste qui joua le plus souvent les concertos pour piano de Beethoven, tout au long de sa carrière, avec de multiples orchestres et chefs, à travers tous les continents où il se produisit. Outre ses quatre intégrales officielles, il existe de très nombreuses bandes de concerts de ses interprétations. Je ne souvenais plus de cette fabuleuse version de 1951, époustouflante d’énergie mais aussi débordante de tendresse dans le deuxième mouvement. Une exceptionnelle version donc, à la hauteur des toute meilleures que je lui connais. Le son est étonnamment bon pour un live de radio de l’ère soviétique de l’immédiate après-guerre.

 

• Franz Liszt – Sonate en si mineur
Emil Gilels, piano – 1964 *****

Une très grande version de cette très grande sonate, enregistrée à New York, où le pianiste eut le droit de se produire dès 1955, étroitement chaperonné par des « gardes du corps » de la police soviétique : il subit ce traitement tout au long de sa vie, à chacun de ses déplacements hors d’URSS… La sonate fut enregistrée d’une seule traite par RCA le 24 décembre 1964. J’ai dans ma discothèque une douzaine d’autres versions plus ou moins officielles de cette sonate par le pianiste, celle-ci est, à ma connaissance du moins, son unique version de studio. La prise de son de cet album est excellente et rend parfaitement à la sonorité exceptionnelle du pianiste.
La redoutable critique américaine Claudia Cassidy, qui a fait et surtout défait tant de carrières d’artistes européens aux États-Unis par ses écrits parfois dévastateurs dans le Chicago Tribune –ce n’est pas en vain qu’elle fut surnommée « Acidy Cassidy »…-, salua l’enregistrement en ces termes dans le même journal :

« Entre de mauvaises mains, la sonate de List peut être la plus formidablement ennuyeuse des musiques. Mais [avec cette version] voici la noirceur Byronienne de son imagination aux élans vertigineux, sa technique prodigieuse, ses brusques sautes d’humeur, sa conviction absolue que le piano est le plus grand des instruments — et un instrument chantant, qui plus est. »

• Franz Schubert / Dmitry Kabalevsky – Fantaisie pour piano et orchestre en fa mineur
Transcription de la fantaisie en fa mineur pour piano à 4 mains de Franz Schubert
Emil Gilels, piano – Orchestre philharmonique de Moscou, Kirill Kondrashin – 1962 *****

Lorsque j’étais enfant, vers 7-8 ans, j’adorais la version originale pour piano à quatre mains de cette Fantaisie de Schubert et son merveilleux début très rêveur : avec les « Gymnopédies » d’Erik Satie, elle faisait partie de mes oeuvres pour piano favorites : j’avais déjà des goûts bizarres !
Cette curieuse transcription pour piano et orchestre est, justement, curieuse, mais préserve le miraculeux commencement de l’oeuvre, et l’ensemble s’écoute agréablement. Emil Gilels, qui appréciait beaucoup cette fantaisie, l’enregistra également dans sa version originale pour piano à quatre mains avec sa fille Elena pour le label Deutsche Grammophon en 1978. Cette version pour piano et orchestre, témoignage d’un concert de 1962, ne bénéficie pas d’une meilleure prise de son que le concert enregistré en 1951 !

 

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Ma lettre à Elise (basse)

The Cure – A Letter To Elise

La lettre à Élise, c’est évidemment et d’abord la bien connue pièce pour piano de Beethoven, régulièrement massacrée ânonnée par les apprentis pianistes. Mais l’autre lettre à Élise, c’est aussi une très jolie chanson des Cure, que j’aime beaucoup, parue sur leur album « Wish » –1992-, dont elle constitue, au moins à mes oreilles, l’un des sommets –elle fit d’ailleurs l’objet d’une parution en single-..

Je l’avais inscrite à mon répertoire d’apprenti-bassiste il y plusieurs années, et remisée depuis presqu’aussi longtemps. Je l’ai reprise aujourd’hui, et elle me paraît beaucoup plus simple désormais –comme souvent avec les chansons du groupe, elle tombe très bien sous les doigts…-, mais toujours aussi jolie !
La chanson comporte par ailleurs un très chouette solo de guitare qui ne me semble pas excessivement difficile –on le devine à partir de 2:45 dans l’extrait sonore– et que je vais m’empresser d’essayer de jouer.

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Arrivé très en avance…

… je ne l’attendais pas, au mieux, avant une dizaine de jours ! Je pense que le colis, déposé dans ma boite aux lettres ce matin, n’est pas passé par le détroit d’Ormuz ! Le disque –en vinyle blanc– tourne déjà sur ma platine !

Playlist folklorique !

La playlist du jour est du genre de celles vers lesquelles je ne reviendrai sans doute jamais, ou alors par très courts extraits ! Elle est constituée d’un « fond de discothèque » et les deux albums, l’un hispanisant, l’autre latino-américain, font partie d’un coffret-anniversaire anthologique fourre-tout de l’éditeur jaune qui contient autant de pépites que de « remplissage », unique raison pour laquelle ils sont présents sur mes étagères. Ils sont tous les deux parus en 2008 et proposent des compositeurs et des oeuvres très peu connus.  Que des artistes parmi les plus célèbres et les plus « bankables » du monde classique rendent ainsi hommage à leurs origines est tout-à-fait louable, mais le contenu de ces deux albums reste, à mes oreilles, relativement anecdotique.

L’album des chants irlandais et écossais arrangés par Beethoven est un LP sorti en 1974 que j’ai récupéré assez récemment et pas encore revendu. J’en ai une autre interprétation en CD dans l’énorme coffret « Beethoven 2020 », mais je ne vais pas m’amuser à en comparer les versions ! Quoi qu’il en soit, Beethoven estimait assez les « Scottish Songs » pour leur attribuer un numéro d’opus –108– dans le catalogue officiel de ses oeuvres ! Les arrangements pour trio piano—violon-violoncelle, solistes et parfois choeurs sont de facture très classique et l’on excède ainsi quelque peu le champ/chant strictement folklorique ; l’ensemble est plaisant et servi par des artistes de grand renom, mais rien dans ces chants britanniques n’est vraiment inoubliable. Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Playlist pastorale

Le titre de cette playlist était tout évident pour cette playlist en forme de paisible balade dans la nature ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Ludwig van Beethoven – Symphonie n°6 « Pastorale »
Orchestre philharmonique de Vienne, Wilhelm Furtwängler – 1952 ***(*)

Je n’écoute que rarement cette version de cette très belle symphonie, très populaire et  que j’apprécie beaucoup. Les critiques ne furent pas très favorables lors de sa première parution –elles ont été assez largement  et plus favorablement révisées ultérieurement-, notamment en Angleterre, où l’interprétation de Wilhelm Furtwängler était décrite comme celle « d’un vieil homme malade ». Sans doute ai-je aussi été influencé, enfant, par le jugement paternel de cette version : « Ce n’est pas un ruisseau, c’est un grand lac » à propos du deuxième mouvement.

• Ludwig van Beethoven – Sonate pour piano n°15 « Pastorale »
Emil Gilels, piano – 1983 *****

Plus encore que sa sixième symphonie, j’apprécie la quinzième sonate pour piano « Pastorale » de Beethoven –le sous-titre n’est pas de Beethoven, mais de son éditeur, qui ne lui avait pas demandé son avis. Le manuscrit autographe de Beethoven ne porte que la mention « Grande sonate pour le piano-forte »-, d’un caractère poétique et serein tout-à-fait remarquable. La version d’Emil Gilels est somptueuse et comporte à mes oreilles le meilleur deuxième mouvement que je connaisse –pas moins d’une trentaine de versions-.


• Ralph Vaughan Williams
– Symphonie n°3 « A Pastoral Symphony »
Linda Hohenfeld, soprano ; Philharmonia Orchestra, Leonard Slatkin – 1993 *****

Cette très belle symphonie composée de quatre mouvements lents n’est pas à proprement parler une paisible promenade à travers la campagne, mais une balade en forme de requiem à travers les contrées dévastées des campagnes françaises suite à la première guerre mondiale, à laquelle le compositeur participa, d’abord comme ambulancier puis comme lieutenant d’artillerie. Comme dans d’autres symphonies de Vaughan Williams, elle comporte une partie chantée sans paroles.
Très belle version de Leonard Slatkin, qui bénéficie en outre d’une excellent prise de son.

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Comme au bon vieux temps des 60’s…

Il semblerait que depuis la présente décennie, Les Rolling Stones achèvent leur carrière sur les mêmes sommets où ils la débutèrent il y a plus de 60 ans !
C’est en tout cas ce que donnent à penser les revues de presse généralement élogieuses que l’on peut trouver un peu partout dans le monde concernant leur dernier album « Foreign Tongues » –critiques tout-à-fait méritées à mes oreilles : l’album est solidement varié et bourré d’énergie juvénile-, qui succèdent aux critiques non moins élogieuses de leur album précédent « Hackney Diamonds », qui trusta la première place des charts anglais, européens, américains, australiens et asiatiques en novembre 2023 !

Comme au bon vieux temps des 60’s, quand ils alternaient, à la sortie de chaque single ou de chaque album, la première place avec leurs meilleurs « faux ennemis », les Beatles. L’histoire est un éternel recommencement…

 

Playlist « Vieux sage de la baguette »

Lorsqu’il décéda en 2011, à 99 ans, Kurt Sanderling était certainement le doyen de la direction d’orchestre. Ayant débuté sa carrière en 1931 comme répétiteur à l’opéra d’état de Berlin, il fut démis de ses fonctions par les autorités nazies et forcé à l’exil. N’ayant aucune famille en Europe de l’ouest ou aux USA, il trouva refuge, en 1936, en URSS où résidait déjà l’un de ses oncles. Il y fut notamment chef principal invité de l’orchestre philharmonique de Leningrad, aux côtés de la star de la direction locale Yevgeni Mravinsky –dont Karajan disait : « Il y a lui et moi »-. La superbe quatrième symphonie de Tchaïkovsky, puissante et très bien architecturée, enregistrée en 1955 et présente dans la playlist date de cette époque. C’est assurément l’une des plus somptueuses versions de cette symphonie, même si elle ne fut découvert en occident que très tardivement lors de sa réédition en CD en 1995.

A partir de 1960, Kurt Sandeling s’établit en Allemagne de l’est –ex-RDA– pour prendre la direction de l’orchestre symphonique de Berlin, dont le régime voulait faire un pendant au prestigieux philharmonique de Karajan. Il y enregistra pour le label est-allemand Eterna une magnifique et très granitique intégrale des symphonies de Sibelius –la toute première à prendre place dans ma discothèque, lors de sa réédition en CD– ainsi que des symphonies de Mahler et de Chostakovich, qu’il vénérait. Il dirigea également durant trois ans la prestigieuse Staatskapelle de Dresde, orchestre avec lequel il enregistra notamment une remarquable intégrale des symphonies de Brahms et cette très sombre symphonie de César Franck –cf. extrait-.
Tous ces enregistrements, quasi-inconnus en Occident, furent redécouverts –avec stupéfaction tant leurs qualités sont immenses– lors de leur réédition en CD au cours des années 90.

En 1981, Kurt Sanderling fut invité à Londres par le Philharmonia Orchestra : il y enregistra pour EMI une intégrale des symphonies de Beethoven sponsorisée par le fabricant de cigarettes canadien Du Maurier –en Australie, c’est la marque de cigarette Benson & Hedges qui sponsorisa le projet et le coffret était doré au lieu d’être rouge…– , qui imposa le packaging du coffret au design identique à celui de ses paquets de cigarettes –cf. cliquer sur l’imagette de droite-.

Il s’agit de la première intégrale des symphonies du compositeur enregistrée en digital, où le chef semble reprendre la baguette exactement là où Otto Klemperer l’avait déposée une quinzaine d’années auparavant : architecture marmoréenne et sévèrement burinée, tension créée par des tempi mesurés mais mieux animés que chez Klemperer, très bel équilibre des pupitres…

Une intégrale que j’aime beaucoup, extrêmement difficile à trouver de nos jours –mon exemplaire est une réédition importée du Japon dégottée miraculeusement-.

• Piotr Illyitch Tchaïkovsky – Symphonie n°4 en fa mineur
Orchestre philharmonique de Leningrad, Kurt Sanderling – 1956 *****

• César Franck – Symphonie en ré mineur
Staatskapelle de Dresde, Kurt Sanderling – 1966 *****

• Ludwig Van Beethoven – Symphonie n°2 en ré majeur
Philharmonia Orchestra, Kurt Sanderling – 1981 *****

Somptueuse playlist donc, d’un grand oublié de la baguette, austère et peu médiatique !

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Les Rolling Stones maîtrisent les langues étrangères !

Je vous avais prévenu il y a dix jours que je vous en dirai plus dans dix jours : chose promise, chose due ! C’est donc aujourd’hui que m’a été livré le nouvel album des Rolling Stones, « Foreign Tongues », dont le contenu est fort heureusement très supérieur à l’affreux montage iconographique du contenant !


A cette date, les Rolling Stones achèvent leur parcours discographique à l’endroit-même où ils l’avaient entamé, à savoir par une reprise de Chuk Berry, ici « Beautiful Delilah ». Avec le métier accumulé tout au long de leur longue carrière, cette reprise est évidemment supérieure à leur première single, « Come On » paru en juin 1963 !
« Foreign Tongues » comporte également un clin d’oeil appuyé à Muddy Waters –dont le titre d’une chanson donna le nom au groupe– dans l’excellent blues-rock qui ouvre l’album, aux guitares rustiques et acérées.
Mick Jagger et son harmonica remplacent à eux tout seuls une entière section de cuivre dans une bonne reprise de « You Know I’m No Good » d’Amy Winehouse. Malgré ses 83 ans, il possède encore une voix de tête de presque jeune homme
Comme on avait pu le noter dans l’album précédent, le très encensé et lucratif « Hackney Diamonds », Ronnie Wood –if he could– se montre plus inspiré qu’il ne l’avait jamais été auparavant dans le groupe et propose quelques solos très réussis, même s’ils ne feront jamais oublier Mick Taylor…
Les critiques sont plutôt élogieuses : d’après un agrégateur de critiques qui se fondent sur une vingtaine de revues internationales, l’album est apprécié positivement à 80%, ce qui est un score plutôt élevé. En France, seules deux critiques sont plutôt dubitatives, celle de Libération et celle du Figaro, ce qui en fait un disque ni de gauche, ni de droite !
• Charlie Watts est présent sur un titre, et l’on entend la différence avec le jeu musclé et nettement moins nuancé de son successeur !
« Foreign Tongues » ne devrait pas être soutenu par une tournée : les doigts perclus d’arthrose de Keith Richards ne lui permettent vraisemblablemen plus de jouer durant tout un concert.

Au final : un bon disque, très varié –blues, rock, country...- et toutes guitares dehors des Rolling Stones,  qui n’ont plus rien à prouver et se font -et nous avec eux- plaisir à s’amuser ensemble ! Il s’inscrit tout-à-fait dans la lignée de « Hackney Diamonds ». Et c’est très bien ainsi !

Playlist « Albums que j’ai beaucoup aimés… »

(… mais je ne sais plus pourquoi !)

Et néanmoins, en définitive, à la réécoute, je me rends compte qu’après toutes ces années, je les apprécie encore ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Pourtant, ces trois albums sont assez éloignés de mes habitudes d’écoute et je ne viens que très occasionnellement vers des albums sortis dans les années 80.

Ordoncques, j’ai passé un excellent moment avec ces trois disques que je n’avais plus écoutés depuis des lustres, et dont, à chaque fois, un titre au moins est marquant dans ma mémoire ; mais, en réalité, au-delà de ces titres, chacun de ces albums est d’une écoute très plaisante dans son intégralité :
« Komm Zurück » & « Two People In A Room » de Stephan Eicher ;
• le mega-tube « Luka » de Suzanne Vega –à une époque où j’encadrais des adolescents en situation de lourd handicap mental lors de mes congés d’été
• et la jolie bluette « Song For Whoever » de Beautiful South, aux paroles ironiquement cruelles portées par une jolie mélodie presque douce, et dont il faut absolument entendre la version de l’album, celle du single étant coupée et édulcorée pour un passage en radio : on perd malheureusement une partie de l’ironie du propos… 

• Stephan Eicher – I Tell This Night – 1985 *****
• Suzanne Vega – Solitude Standing – 1985 *****
• The Beautiful South – Welcome To – 1989 *****

Playlist rafraîchissante pour période pré-caniculaire…

La canicule à peine dissipée, les grosses chaleurs s’annoncent à nouveau en cet été calendaire à peine entamé ! Comme on commence à avoir de l’entraînement, tout semble petit à petit plus supportable, d’autant que nous arrivons à ne pas dépasser 26 à 27 degrés dans l’appartement, ce qui reste tout-à-fait raisonnable si j’en crois certains de mes amis, dont les logements ont atteint des températures dépassant allègrement les 30 degrés !
Pour me rafraîchir les idées et les oreilles, quelque peu laissées en déshérence ces derniers jours, la playlist de ce jour est tout-à-fait adaptée ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

 

• Richard Strauss – Eine Alpensinfonie
Orchestre Philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan
Enregistrement radiophonique, concert au festival de Salzbourg, 28 août 1982 *****

Richard Strauss et Herbert Karajan étaient tous deux des amoureux passionnés de la montagne et des alpinistes chevronnés –Alpes bavaroise pour Strauss, Alpes autrichiennes pour Karajan-. Cette « Symphonie alpestre » nous invite pour une journée, du lever du soleil à la tombée de la nuit, à une promenade tourmentée à travers les Alpes. Le chef autrichien, qui excella dans l’interprétation des oeuvres de Richard Strauss, était venu tard à cette oeuvre curieuse, à mi-chemin entre la symphonie et le poème symphonique. Il l’enregistra en 1981 et la donna 20 fois en concert entre 1981 et 1988.

Je connais une bonne vingtaine de versions différentes de l’oeuvre, je n’en connais aucune qui atteigne à la beauté somptueusement virtuose –les cordes sont brûlantes- et extatique –« dans une douce extase », est-il noté sur la partition– dans la dernière partie de ce concert salzbourgeois d’un chef ici en état de grâce. Un enregistrement miraculeux !

• Jean Sibelius – Symphonie n°6
Orch. Symph. de Nouvelle-Zélande, Pietari Inkinen – 2011 ****

Etamée dès le début de la première guerre mondiale à l’automne 1914, puis laissée de coté et finalement reprise à partir de 1919 et achevée en 1923 seulement, la sixième symphonie de Jean Sibelius est considérée comme la « Cendrillon de ses symphonies ». C’est un formidable chef-d’oeuvre sans programme autre que « l’eau pure et froide des lacs » et, à mes oreilles, la plus belle « sixième symphonie » que je connaisse, avant même la « Pastorale » de Beethoven ou la « Pathétique » de Tchaïkovsky : c’est vous dire si je l’aime ! Parmi la très vaste collection des symphonies de Sibelius dans ma discothèque, j’ai voulu me remettre en mémoire cette version presque chambriste et à tout petit prix de Pietari Inkinen, qui est très bonne, mais émerge difficilement parmi des versions plus exceptionnelles encore !


• Ralph Vaughan Williams
– Symphonie n°7 « Sinfonia Antartica »
Philharmonia Orchestra & Chorus, Leonard Slatkin – 2011 *****

Je vous avais parlé assez longuement de cette « symphonie » et son programme ici, inutile donc d’y revenir plus en détail. La version de Leonard Slatkin, qui enregistra une très belle intégrale des symphonies de Vaughan Williams pour RCA au courant des 90’s –réédition dans d’excellentes conditions techniques dans un coffret Sony à tout petit prix en 2011– est, à mes oreilles, aussi réussie que celle de Sir Adrian Boult, et bien mieux enregistrée !

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