Playlist « Pastiche d’avril ! »

Vous aurais-je entretenu de cette playlist hier que vous auriez sans doute cru à un « poisson d’avril ». Alors qu’en fait, non ! La playlist de ce jour est constituée d’un unique album, sur lequel je suis tombé par hasard il y a quelques jours à la médiathèque, tandis que je recherchais l’une ou l’autre « Passion » que je pourrais me mettre entre les oreilles pour cette période pascale –à suivre dans une prochaine notule…-.

Cet unique album –très belle interprétation et excellente prise de son– : « Israël In Babylon », de George-Frideric Handel,  m’a tout d’abord fait tiquer : d’une part, je ne connaissais pas cet oratorio de Handel, et n’en avais même jamais entendu parler ; d’autre part, la date mentionnée sur la pochette de l’album –1764– est postérieure à la date du décès du compositeur –1759-.
« Tiens, une oeuvre posthume ! » ai-je alors pensé. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

En réalité, il s’agit d’un « Pasticcio », à savoir un assemblage de diverses pièces de Handel extraites de ces concertos, opéras et oratorios comme il en fleurit beaucoup dans les années qui suivirent son décès, tant, semble-t-il, le public était friand des oeuvres du compositeur, et qui avait ainsi l’occasion d’entendre sa musique à moindre coût. En effet, du vivant du compositeur, l’accès aux oratorios très populaires de Handel était souvent coûteux, ce qui contribua à établir la fortune colossale du musicien à sa mort : alors qu’il avait été plusieurs fois ruiné du temps où il composait ses opéras et entretenait une troupe, il légua à sa nièce, à ses amis et à des oeuvres de bienfaisance l’équivalent d’un peu plus de 5 millions de £ actuelles.

« Israël In Babylon » a donc été assemblé après sa mort par Edward Toms, à partir de fragments d’oeuvres de Handel parmi lesquels on peut reconnaître des extraits de « Messiah », de la « Royal Fireworks Music », de ses opéras « Giulio Cesare » ou « Ottone » ainsi que de musiques funéraires. Le livret anonyme est lui-même fondé sur la première partie du livre biblique d’Esdras. Entre 600 av. J.-C. et 538 av. J.-C., sur fond de guerre entre l’Égypte et Babylone, le royaume de Juda et Jérusalem furent détruits et les Juifs déportés à Babylone. Le livre d’Esdras raconte l’histoire du premier retour de Babylone des exilés du royaume de Juda au cours de la première année du règne de Cyrus le Grand (538 av. J.-C.) et l’achèvement et la dédicace du nouveau temple à Jérusalem au cours de la sixième année de Darius Ier (515 av. J.-C.).Le montage musical est très habile, il n’y a pas une note de musique qui ne soit pas de Handel et l’ensemble s’avère réellement d’une écoute très agréable !

Une curieuse et belle découverte ! Des pastiches de ce genre, j’en redemande !

2 réflexions sur “Playlist « Pastiche d’avril ! »”

  1. Jolie découverte. J’aime beaucoup la musique baroque.
    La fin de ton article m’a interpellée : je ne m’étais jamais posée la question de savoir comment les compositeurs de l’époque gagnaient leur vie !? J’ai toujours pensé qu’ils étaient financés par des mécènes ou, dans le cas de Vivaldi ou de Bach, par des institutions religieuses ? Tu sous-entends que le public payait pour aller voir leurs concerts ?

  2. Oui, le public payait pour aller au concert, ou au théâtre, comme actuellement ! Tous les artistes n’étaient pas subventionnés 😉 !
    De nombreux musiciens de cette époque étaient employés par un « seigneur » plus ou moins riche et plus ou moins généreux, ou par une ville ou un état. Mozart avait même été congédié à renfort de coups de pied au cul par son employeur, l’archevêque de Salzbourg, qui le traitait publiquement de cretin, de gueux ou de pouilleux, entre autres joyeusetés.
    Très généralement et schématiquement, avant Beethoven, qui, contrairement à une légende tenace, était bien plus aisé financièrement qu’on le pense, beaucoup de compositeurs étaient de simples employés et leurs compositions faisaient partie d’obligations liées à leur service. Handel a échappé à cette règle en s’installant en Angleterre, pays d’un libéralisme alors plus avancé.

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