Beethoven – Les intégrales de concertos pour piano
Depuis quelques semaines, je suis retourné plus fréquemment vers les 5 concertos pour piano de Beethoven, que j’avais quelque peu mis de côté ces dernières années. Il s’agit d’oeuvres que j’avais découvertes très jeune, lorsque j’étais encore un mélomane débutant : on m’avait offert, pour mes 8-10 ans, le coffret 33 tours de la toute première intégrale enregistrée par Alfred Brendel pour le label Turnabout à la fin des années 50, avec des orchestres de petite réputation et des chefs d’envergure encore moindre. Comme, à cette époque, je les ai beaucoup écoutés parce que je n’avais qu’une très petite collection de disques qui repassaient donc en boucle sur ma platine, j’en ai gardé essentiellement un amour immodéré pour le quatrième concerto et une bonne connaissance de tous les autres, même les deux premières, plus souvent négligés.
Ce dont je n’avais pas tout-à-fait conscience, en revanche, c’est du grand nombre d’intégrales qui abondent dans ma discothèque actuelle –sans même compter les versions individuelles hors-intégrale, notamment pour les deux derniers concertos– : je pensais en avoir beaucoup moins ! Le classement que j’en ai effectué, éminemment subjectif évidemment, correspond à mes préférences personnelles, sachant qu’il faudrait mettre beaucoup de mauvaise volonté pour rater ces concertos : toutes ces intégrales sont donc, au minimum, de bonne qualité, et certaines sont exceptionnelles !
Les trois versions HIP de ma discothèque sont repérées à part –à droite-, les sonorités d’un pianoforte permettent de changer un peu la perspective –et les équilibres– que l’on peut avoir de ces très belles oeuvres. La plus récente et la mieux enregistrée de ces trois versions est celle de Brautigam/Willems.
Les autres intégrales sont réparties en quatre catégories, selon un ordre décroissant de préférence –cette répartition est évidemment éminemment subjective et personnelle…– de gauche à droite. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Pour faire bonne mesure, il manque en réalité deux intégrales sur ce diagramme : je les avais oubliées parce qu’elles font partie de coffrets anthologiques et sont rangées sur une autre étagère… –Cliquer sur les imagettes pour les voir en plus grand-.
Il s’agit de la remarquable intégrale –quasi introuvable sous cette forme actuellement malheureusement, mais on peut la reconstituer au gré des rééditions anthologiques consacrées au pianiste– qu’enregistra, durant les années 50, Emil Gilels pour la firme Melodiya, en URSS, avec l’orchestre de Leningrad sous la direction de Kurt Sanderling et l’orchestre de la radio de Moscou sous la direction de Kirill Kondrashin. Cette intégrale prend facilement pga ce dans la première colonne de gauche : Gilels y est encore dans ses années les plus virtuoses, d’une assurance technique prodigieuse, et les deux chefs sont de merveilleux accompagnateurs, même si les orchestres sont d’une verdeur typiquement soviétique et que les prises de son ne valent pas celles que l’on réalisait à la même époque en Occident.
L’autre intégrale oubliée est celle réalisée par Glenn Gould pour CBS entre 1957 et 1961 avec différents chefs –très bien rééditée par Sony-, que je classerais dans la troisième colonne. Le pianiste s’y montre moins iconoclaste dans les trois premiers concertos pour piano que dans d’autres oeuvres, et si le quatrième concerto avec Leonard Bernstein est un ratage complet à mes oreilles, l’impérial cinquième, en revanche, accompagné par Leopold Stokowski, est une réussite totale.
En définitive, si vous trouvez encore le coffret Gilels publié en son temps par EMI France et cité en tout premier -il a enregistré cinq intégrales et de multiples versions live sont disponibles pour l’un ou l’autre concerto et reste le pianiste qui interprète le plus souvent ces concertos au vingtième siècle-, vous pouvez vous jeter dessus, vous y gagnerez en prime une excellente version du concerto pour violon et une belle version du triple concerto pour violon, violoncelle et piano. La meilleure alternative à ce pianiste est, à mes oreilles, constituée par le pianiste Evgeny Sudbin, très bien accompagné par Osmo Vänskä et dont l’intégrale en trois disques séparés est superbement enregistrée chez BIS. Les deux meilleurs orchestres sont ceux de Dresde -Arrau/Davis- et d’Amsterdam -Perahia/Haitink-, dans deux intégrales des années 80 qui firent date à leur sortie et restent superbes.




