Le dicton populaire l’affirme : « On n’est jamais mieux servi que par soi-même » ! Et c’est pour en vérifier le bien-fondé que j’ai concocté cette petite playlist : des enregistrements anciens où des musiciens interpèlent leurs propres oeuvres pour la postérité, et qui, dans une certaines mesure, constituent des jalons référentiels dans l’histoire de l’interprétation de chacune des oeuvres écoutées ce jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Edward Elgar – Concerto pour violoncelle
Beatrice Harrison, violoncelle ; New Symphony Orchestra, Edward Elgar – 1928 *****
Le disque fait partie d’un coffret anthologique des enregistrements électriques des oeuvres d’Elgar par lui-même – 1926-1933 – EMI/Warner
Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce concerto pour violoncelle était si populaire en son temps –malgré une première désastreuse en 1919 par un violoncelliste mal préparé, un chef réticent et un orchestre en manque de répétitions– qu’il s’agit-là du second enregistrement de l’oeuvre par ces mêmes artistes : le premier fut réalisé au bon vieux temps de l’enregistrement acoustique en 1920, celui-ci est un enregistrement électrique –toutes ces différentes techniques sont décrites ici, pour les éventuels passionnés…-. Le son est étonnamment bon pour l’époque et le remastering effectué lors de la mise en CD est très réussi.
Par ailleurs, ce très beau concerto trouve ici une superbe interprétation, aussi belle à mes oreilles que celle de Jacqueline DuPré / John Barbirolli, universellement louée par les musicographes. Edward Elgar, qui avait personnellement choisi la soliste Beatrice Harrison, avait obtenu de His Master’s Voice une somme considérable pour enregistrer ses propres oeuvres, il était remarquablement populaire dans son pays, où il était considéré comme le plus grand musicien anglais depuis Handel.
• Paul Hindemith – Symphonie « Mathis der Maler »
Orchestre philharmonique de Berlin, Paul Hindemith – 1955 *****
Paul Hindemith enregistra une large anthologie de ses oeuvres symphoniques avec l’orchestre philharmonique de Berlin durant les années 50 en réaction, notamment, aux interprétations de ses oeuvres par Wilhelm Furtwängler, qu’il jugeait trop « romantiques » et d’une facture trop subjectives : on n’est décidément jamais mieux servi que par soi-même ! Je vous ai déjà raconté un peu tout cela ici, et mon opinion au sujet de cet album n’a pas varié : c’est vraiment très bien et très bien enregistré pour l’époque !
Zoltan Kodály – Nuit d’été ; Concerto pour orchestre
Orchestre philharmonique de Budapest, Zoltan Kodály – 1960 *****
Parfois décrit comme le « Debussy hongrois », Zoltan Kodály –1882-1967– alliait schéma classique et inspiration folkloriste. Il fut aussi un pédagogue renommée et une méthode d’enseignement de la musique porte son nom et reste encore en vigueur de nos jours –malheureusement pas en France, où l’enseignement de la musique reste encore très élitiste, note perfide du rédacteur…-.
S’il n’est pas le plus connu ou le plus populaire des compositeurs du 20ème siècle, il n’en est pas moins intéressant et les deux oeuvres de ce jour s’écoutent très agréablement. L’orchestre philharmonique de Budapest s’avère être un excellent orchestre, dont le chef le plus éminent fut Otto Klemperer –1947-1950– de retour de son exil américain.

