The English Concert playlist

C’est une très agréable playlist qui berce matinalement mes oreilles depuis deux jours, à volume modéré pour ne pas réveiller le voisinage ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Avec l’orchestre qu’il créa au milieu des années 70, Trevor Pinnock, claveciniste, organiste et chef d’orchestre, enregistra au courant des années 80 et 90 quelques merveilleux disques selon une approche HIP aimable et enthousiaste, particulièrement efficace dans la musique de Georg Frideric Handel, où il reste pour moi une belle référence. Ses « Quatre saisons  » de Vivaldi ont marqué leur époque et demeurent encore parfaitement d’actualité, et son intégrale des symphonies de Mozart –difficilement disponible actuellement– est exhaustive et remarquable.

Des versions généralement très belles orchestralement –beaux timbres, beaux équilibres entre les pupitres, excellent pupitre de cordes-, fondées sur une approche historiquement éclairée mais sans outrance, un enthousiasme incontournable, et toujours très bien enregistrées.

Depuis la publication de ces disques, certains sont parfois allés encore plus loin dans ce répertoire, mais peut-être jamais avec cette suavité dynamique, et je reste très attaché à ces albums.

Blue Playlist

Ajourd’hui, lancement d’un playlist fondée sur la couleur des pochettes, et c’est le bleu qui est à l’honneur ! Ce qui me permet d’aborder des genres très variés et de réécouter certains albums que je n’avais plus posé sur ma platine depuis assez longtemps parfois, ou alors je n’en garde pas le souvenir ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

C’est le cas, notamment, de « Black And Blue », des Rolling Stones1976-, album plutôt décousu et auto-parodique, enregistré au moment où Les Rolling Stones « testaient » de multiples guitaristes pour remplacer Mick Taylor –ils n’y sont jamais totalement parvenus…-. Ici, outre Ronnie Wood, qui fut le candidat finalement retenu, on peut notamment entendre Harvey Mandel, excellent, et Wayne Perkins, plutôt brillant lui aussi. En outre, Billy Preston –piano électrique, orgue…– est presqu’omniprésent, parfois trop !  Le groupe aborde de nombreux styles, qui vont du blues-jazz au reggae en passant par une funk chauffée à blanc. Contre toute attente, ce disque totalement hybride a plutôt bien vieilli ! –Cliquer sur l’extrait ci-dessous pour découvrir ou redécouvrir…-.

Evidemment, quand on parle des Rolling Stones, Marianne Faithfull n’est jamais très loin : elle fit partie des personnalités embarquées par la police anglaise en février 1967, lors de la célèbre razzia qui conduisit Mick Jagger et Keith Richards dans les geôles de Sa Majesté, et le rapport de la police la décrivait alors comme « une magnifique blonde aux gros seins…-, puisqu’elle était « nue dans une peau de bête » lorsqu’ils débarquèrent. Plus de dix ans après cet événement et remise de sa rupture d’avec Mick Jagger, elle sortait ce magnifique « Broken English’, qui constitue sans doute son meilleur album, avec, notamment, la fameuse « Ballad Of Lucy Jordan ».

On cherchera en vain une océhrence avec les deux autres albums, outre le bleu de la pochette ! Le « Best Of » de David Bowie propose une chouette compilation d’un artiste que je fréquente sporadiquement et que j’apréc!e beaucoup à petites doses. Quant à l’album de Shostakovich sous la baguette du jeune chef Andris Nelsons, il s’inscrit dans une suite de parutions consacrées au compositeur selon un concept « Sous l’ombre de Staline ». Cela vaut de belles lectures, très bien enregistrées, -la huitième est plutôt réussie-, même si j’en préfère d’autres dans ce répertoire.

Playlist pastorale en noir et blanc

Le curieux titre de cette notule introduit un album réservé aux auditeurs curieux ou amoureux du piano, au choix…  Entre 1837 et 1865, Franz Liszt, plus prodigieux pianiste de son temps, transcrivit toutes les symphonies de Beethoven pour le piano, afin d elles rendre accessibles au plus grand nombre –il était plus facile de réunir un pianiste et un piano qu’un orchestre dans un salon…-. 

Evidemment, ces transcriptions, comme la majorité des oeuvres de Liszt, ne sont pas à mettre sous tous les doigts, tant elles sont virtuoses et requièrent de maîtrise ! Néanmoins, elles sont, très généralement, remarquablement bien réalisées, et le transcripteur refuse les effets faciles qu’il mit parfois dans ses transcriptions et autres paraphrases d’opéras, autrement plus ostentatoires. 

J’ai fréquenté ces transcriptions très tôt dans ma vie de mélomane, et les ai toujours beaucoup aimées : tout jeune et dès leur sortie, j’achetais la –formidable à mes oreilles– somme réalisée par le virtuosissime Cyprien Katsaris, sur un piano spécialement réalisé pour lui et à cette fin, puis, un peu plus tard, l’intégrale beaucoup plus sage d’une excellente pianiste un peu méconnue, Idil Biret. J’ai aussi quelques symphonies enregistrées par Leslie Howard dans le cadre de sa très exhaustive intégrale Liszt –belles mais moins intéressante que la première citée du fait d’une prise de son un peu terne-. La transcription de la 5ème symphonie par Glenn Gould est, à mon sens, exceptionnelle également.

Le disque de ce jour –cliquer sur l’imageette pour la voir en plus grand– présente une originalité : les oeuvres sont jouées sur des pianos de l’époque des transcriptions –un Blüttner de 1867 et un Erard de 1837, qui ont demandé des centaines d’heures de patiente restauration-. Les prises de son s’avèrent exceptionnelles, et Yury Martynov, le pianiste du jour, est excellent : il s’est totalement approprié ces partitions difficiles et les restitue magnifiquement ! Les couleurs apportées par ces pianos « d’époque » sont très différentes de celles des pianos de concert actuels et viennent apporte un bel éclairage nouveau et complémentaires à ces oeuvres : la « pastorale » est magnifique ! Une chouette playlist de rentrée, puisqu’il paraît que c’est le jour !

Playlist « Déboulonnons de vieilles statues » !

Lorsque j’ai commencé à écouter de la musique classique, il y a plus de 40 ans, il était de bon ton de recommander comme solution quasi idéale les versions tardives du « Commandeur » Bruno Walter pour découvrir les dernières symphonies de Mozart –on recommandait aussi Böhm pour l’intégrale desdites symphonies, et j’en n’y ai jamais beaucoup accroché-. Comme je ne chérissais pas ces oeuvres, je n’avais jamais fait cette expérience, et ma discothèque en compte fort peu de versions, et des très typées et pas forcément très « mozartiennes » qui plus est. –Cliquer sur l’image pour la voir ne plus grand-.

L’autre jour, je suis tombé sur un « petit coffret à pas cher » comme les éditeurs savent en faire maintenant pour les rééeditions –mais je vous offre quand même la pochette d’origine, bien plus attrayante– de ces versions, de Bruno Walter, qui datent de la fin des années 50 et du tout début des années 60.

Verdict : je n’ai pas beaucoup aimé cette espèce de mollesse générale qui s’en dégage, une atonie très chantante mais une atonie quand même, un genre de mélancolie un peu surannée. De plus, l’orchestre n’est pas très beau et la prise de son d’origine semble assez terne, même si le remastering est très soigné. –Cliquer sur l’extrait pour vous en faire une idée vous-même-.

Bref, pour moi, ça reste Pinnock dans une optique HIP, Klemperer et Karajan EMI ou, surtout, Karajan Decca pour le couple 40+41 !

Playlist symphonique

En ce troisième jour du week-end pascal –statut local oblige, ici, les festivités sont entamées dès le Vendredi Saint-, je m’adonne depuis ce matin aux joies d’une playlist consacrée à quelques grandes symphonies du répertoire : pour une fois que j’ai un peu de temps à consacrer au plaisir de mes oreilles en cette période très occupée, autant me rabattre sur des valeurs sûres ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

La troisième symphonie de Mendelssohn, dite « Ecossaise », –sans doute sa plus réussie avec la quatrième– trouve ici une version absolument jubilatoire : j’ai trouvé cet album, et l’ensemble des symphonies qui l’accompagnent, à un prix dérisoire en Allemagne il y a quelques semaines, mais je n’avais pas encore eu le temps de m’y consacrer sérieusement. L’orchestre est de taille modeste, remarquablement transparent, l’équilibre entre les pupitres est merveilleux, l’interprétation est d’une vivacité rythmique extraordinaire : je redécouvre mon Mendelssohn, vraiment ! De plus, les « petites » symphonies pour cordes trouvent également ici des interprétations magnifiques, et la prise de son est transparente et dynamique ! Bref : du premier choix, assurément ! –cf. extrait ci-dessous-.

La sixième symphonie « pathétique » de Tchaïkovsky est l’une des plus célèbre de tout le répertoire, et, avec la cinquième de Beethoven, la première que je découvris lorsque j’étais enfant. J’y suis donc très attaché et en possède de nombreuses versions, dont celle-ci est parmi les plus recommandables au sein d’une discographie très abondante. Une vision très personnelle, chauffée à blanc, très bien enregistrée en public.

La troisième symphonie de Mahler par Claudio Abbado, enregistrée en public également, est au même très haut niveau de réussite, notamment dans son mouvement final, rendu avec beaucoup d’émotion et de sensibilité par le chef, qui se garde bien de tout tapage ou grandiloquence ostensibles, préférant cultiver l’intimisme.

Enfin, les deuxième et troisième symphonies de Honegger ne font pas exactement partie du « grand répertoire », mais n’en sont pas moins de vraies réussites et trouvent dans cet album une interprétation « de référence ». Un album puissant, parmi les tout meilleurs du célèbre chef. –cf. extrait ci-dessous-.

Bref, une playlist à-même d’illuminer ce nuageux dimanche de Pâques ! Et, dès demain, reprise des travaux de rénovation…

Playlist « American way to Beethoven »

Dans la décennie qui suivit la seconde guerre mondiale, c’est sans doute aux Etats-Unis que les orchestres étaient au plus haut niveau : les musiciens avaient été largement préservés du conflit, d’une part, et de nombreux chefs européens parmi les plus célèbres s’étaient installés là-bas pour échapper à la guerre et au fascisme, d’autre part. Si le cas le plus célèbre reste Arturo Toscanini, qui déposa ses valises à New York, Cleveland et Chicago ne furent pas en reste, avec les arrivées respectives de George Szell et Fritz Reiner, hongrois tous les deux.
A eux trois, ils formèrent le « courant objectiviste » –s’abstraire des traditions interprétatives jugées trop romantiques ou subjectives telles qu’elles s’étaient développées en Europe vous l’impulsion de chefs comme Furtwängler ou Mengelberg, par exemple– en annonçant se plier aux seules exigences écrites sur la partition, sans idiosyncrasie superflue.

Le caractère tyrannique des trois lascars –plus connus pour leur efficacité et leurs coups de gueule que pour leur bonhommie-, et l’accueil enthousiaste du public américain les confortèrent dans cette approche, très appréciée, semble-t-il, des discophiles et des critiques de l’époque.
Ils y instaurèrent donc de nouveaux dogmes interprétatifs, faits de rigueur assez sèche et de virtuosité, qui interdirent par exemple à Celibidache, déjà fantasque et pas du tout réputé pour son efficacité en répétition, de trouver un orchestre acceptant de l’accueillir lorsqu’il quitta Berlin, et conduisirent leurs orchestres vers les plus hauts sommets.

Dans Beethoven, ça fonctionne étonnamment bien ! Et la playlist de ce jour –consacrée aux symphonies n°3, 5, 6 et 7 par l’orchestre de Chicago sous la direction de Fritz Reiner– est, à ce titre, tout-à-fait bienvenue ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.


Edit : Les versions de Fritz Reiner sont à la fois vives et puissamment architecturées. Comme celles de Toscanini, elles s’avèrent remarquablement « philologiques », mais sont bien mieux enregistrées. Evidemment, point d’arrières-plans métaphysiques ici… Les mieux réussies de cette série sont sans doute les symphonies 3 et 7. Les trois derniers mouvements de « La Pastorale » sont également très beaux, mais la 5ème me semble manquer un peu de passion, même si elle est fort bien construite et avance avec ardeur.

Nouvelle rencontre fructueuse avec un bac à soldes

Je n’avais acheté encore aucun CD en 2018, espérant pouvoir profiter des soldes pour effectuer quelques trouvailles plaisantes. C’est chose faite cette semaine, à tout petit prix –moins cher que deux paquets de cigarettes achetés en Allemagne– avec deux coffrets d’oeuvres –achetés en Allemagne aussi ! – que je connaissais déjà, mais assez mal. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Précisons d’abord que ces deux coffrets bénéficient de prises de son modernes, à défaut d’être toujours très agréables : micros qu’on dirait placés dans l’orchestre pour le Prokofiev, avec une stéréo très marquée et assez peu de profondeur; prise de son typique des années 70 pour le coffret Nielsen, un peu globale et présentant un étagement des plans sonores parfois bizarres.

Quant au contenu, il paraît que les Nielsen ont longtemps fait référence –il s’agit de la première, et longtemps la seule, intégrale enregistrée des symphonies du compositeur-, et c’est en effet plutôt pas mal, même si bien des orchestres actuels me semblent jouer mieux que l’orchestre symphonique de Londres de ces années-là : on va dire que l’enthousiasme du chef et l’engagement des musiciens vient palier certaines errances vraisemblablement dues à la quasi-découverte de certaines de ces oeuvres… C’est en tout cas mieux que l’autre version que j’avais de cette intégrale. Vous en trouverez même un petit extrait en fin de notule.

Il me souvient également avoir lu il y a longtemps dans une « encyclopédie de la musique », et entendu lors de mes études, que Prokofiev était le plus grand musicien russe du 20ème siècle. On pourrait à peu près dire la même chose de Stravinsky –que je n’aime guère– ou de Shostakovich… Je ne connaissais pas toutes ses symphonies, mais j’ai toujours aimé ce que j’ai abordé chez ce compositeur : opéras, musique pour piano, ballets… Ce que j’ai pu entendre rapidement de ses symphonies me semble prometteur, moins paroxystique et plus fin que Shostakovich, et très bien orchestré. Il semble que cette version ait été très diversement accueillie, les avis sont divergents : ça va de l’honorable à l’excellent.

Je ne suis, pour ma part, pas déçu par ce beau coffret et, au demeurant, ni l’un ni l’autre ne viendront déparer ma discothèque, tout en me permettant d’élargir modestement mon répertoire !

Une discothèque. Bilan 2017. Les découvertes.

Quelques très jolies découvertes, cette année, sont venues abonder ma discothèque. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• On trouve d’abord des « découvertes absolues » : musiciens et oeuvres que je ne connaissais pas du tout, sauf très vaguement de nom… Il y a dans cette catégorie Maximilian Steinberg, compositeur russe, comme son nom ne l’indique pas, gendre de Rimsky-Korsakov et professeur de Chostakovich. Très réputé au début de sa carrière dans son pays, il s’est cantonné à un style post-romantique qui l’a peu à peu fait sombrer dans l’oubli. Ses deux symphonies, néanmoins, sont tout-à-fait estimables. Kurt Atterberg est un musicien suédois grosso modo contemporain de Sibelius, qui produisit notamment 9 symphonies –comme Beethoven, Bruckner ou Mahler…-, là encore dans une veine post-romantique assez affirmée, où l’on peut trouver une belle verve mélodique : c’est souvent très bien, rarement exceptionnel –cf. extrait 1-. Jon Leifs est presque son exact contemporain : islandais, sa musique est nettement plus hardie et évoque, par moments, de la bonne musique de film. Une belle découverte !

• Quant aux autres, il s’agit de « découvertes relatives » : les oeuvres pour piano d’Einojuhani Rautavaara gagneraient à être mieux enregistrées, sans doute, que dans cette version où le piano peine à s’exprimer –la firme, à très petit prix, n’a jamais été réputée pour ses prises de son de piano, opaques, réverbérées et un peu brouillonnes-. Le meilleur y côtoie le moins intéressant, on passe d’un piano statique et réflexif à des passages plus sonores et presque clinquants –cf. extrait 2-. Telemann et Purcell ne m’étaient bien évidemment pas inconnus, mais, en définitive, je les connais assez mal, notamment le second, et l’écoute de ce disque m’a réservé de jolies surprises. Enfin, Ticho Parly, grand ténor wagnérien, bénéficiait d’une belle aura auprès des amateurs du compositeur, mais ses enregistrements étaient quasiment introuvables, avant cette réédition, dans une très belle collection : la découverte est à la hauteur de mon attente et de sa réputation !

Une discothèque. Bilan 2017. 3. TOP 10 Classique

Choisir, c’est éliminer –et parfois, c’est un crève-coeur…-. Voici donc mon TOP 10, en classique, cette année, après mûre réflexion ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Beaucoup de « grand répertoire », non ?

On retrouve, cette année encore, des symphonies de Brahms –alors qu’il s’agit d’un musicien que j’apprécie moyennement seulement– que je cherchais depuis moultes années à un prix accessible –généralementrien de ce que fait ce très grand chef un peu méconnu ne m’est indifférent-, mais également une formidable intégrale des symphonies de Mahler, acquise il y a une petite dizaine de jours à très vil bas prix –si bas que c’est indécent– en cumulant des « bons-cadeaux » de la boutique en ligne…

Une discothèque. Bilan 2017. 1

Comme l’an dernier, je vais essayer d’établir, en quelques notules, un petit bilan des découvertes ou autres versions d’approfondissement qui sont venues peupler ma discothèque en 2017 –il y en a encore eu trop, cette année encore, pour établir un bilan vraiment exhaustif, celui-ci sera donc purement affectif-. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les déceptions relatives

Evidemment, dans le lot, il y a une petite liste de déceptions relatives, soit parce que j’attendais beaucoup mieux eu égard à la notoriété de tel ou tel artiste ou à la réputation établie de tel ou tel album, soit parce que la musique contenue, en définitive, me plaît moyennement, quelle que soit par ailleurs la qualité de l’interprétation.

• Clifford CURZON. The DECCA recordings, 1937-1971, vol.3. J’attendais beaucoup de ce petit coffret d’un pianiste qui jouit d’une réputation enviable, et ma déception a été à la hauteur de mon attente ! Que ce soit dans les concertos du grand répertoire, en musique de chambre ou dans les pièces pour piano seul, je n’ai rien découvert de particulièrement édifiant dans ce coffret, qui m’a laissé globalement sur ma faim –même si rien n’est indigne, loin de là : simplement, pour chaque oeuvre envisagée, je connais des versions qui me plaisent beaucoup plus-.

• Felix MENDELSSOHN, « Le songe d’une nuit dété », Orchestre symphonique de Chicago, James Levine, 1985. Ce disque, complété par des extraits de « Rosamunde » de Schubert, bénéficie généralement d’une belle estime auprès de la plupart des critiques ou des mélomanes. Il est très bien enregistré et je me réjouissais de le découvrir : en effet, tout est très bien joué, mais avec une sorte de brutalité vigoureusement bruyante et vaine, qui ne sied pas à mes oreilles –alors que l’oeuvre est absolument magnifique-.

• PUSSY GALORE. « Exile On Main Street ». 1986. Juste insupportable ! Un disque de reprises du merveilleux album du même nom des Rolling Stones, fondé sur des collages plus ou moins bruitesques enregistrés sans doute sur un pauvre cassettophone fatigué, et sur lesquels de la musique très mal jouée et chantée tient lieu de propos. C’est franchement très médiocre, fatiguant à écouter, et, au mieux, un mauvais gag –je ne peux pas imaginer autre chose…-. « Ventilator Blues », pas du tout en place, est à vous dégoûter du blues, ce qui n’est pas peu dire !

• Maurice RAVEL. Les oeuvres pour piano – Les Concertos pour piano. Sansom FRANÇOIS, Orchestre de la société du Conservatoire de Paris, André Cluytens. Les enregistrements ont été effectués entre 1947 –un extrait– et 1967 –les concertos pour piano-, et le pianiste français, dans ce répertoire, jouit d’une aura très enviable, que je ne m’explique pas du tout ! Alors que j’apprécie énormément la musique pour piano de Ravel, j’ai trouvé ces interprétations très fantasques rytmiquement, et assez pauvres en couleurs, sans compter que la technique du pianiste ne me semble pas exceptionnelle. Mais je dois sans doute être sourd pour ne pas entendre tant de beautés –très bien– cachées dans ces versions, ou, plus vraisemblablement, être habitué à d’autres versions qui me semblent nettement préférables ! C’est d’autant plus dommage que j’attendais beaucoup de ce petit coffret…

• Ralph VAUGHAN WILLIAMS. Les symphonies, intégrale. Sir Adrian Boult. Cette intégrale a été enregistrée entre 1967 et 1975 par le très réputé chef anglais Adrian Boult, grand spécialiste des musiciens de son pays, avec les trois plus grands orchestres londoniens : il n’y a donc pas lieu de penser que les interprétations sont en cause dans mon appréciation un peu mitigée de ces symphonies. Les lecteurs habituels de ce blog connaissent mon amour pour la musique anglaise de cette période victorienne et post-victorienne. ici, je suis resté un peu sur ma faim, effet, sans doute aussi, de prises de son équilibrée mais un peu ternes. Une réécoute plus attentive –peut-être les ai-je insuffisamment écoutées, et dans un mauvais jour ?– me permettra peut-être de lever certaines réticences initiales…

Au final, la liste s’avère assez courte, d’autant que certaines déceptions ne sont que très relatives et que ma perception de certains de ces disques peut être amenée à évoluer dans le futur !