Playlist proto-punk

C’est dimanche, la météo reste maussade et nous allons bientôt sortir du département pour rejoindre les « grandes oreilles » en Moselle –je vous ai sans doute déjà expliqué pourquoi ils avaient de grandes oreilles de l’autre côté des Vosges du nord…-. En attendant, je me suis concocté une petite playlist « proto-punk » qui doit me donner suffisamment d’énergie pour affronter les journées bien remplies à venir ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Cette playlist, constituée de trois albums mythiques, bruts et sonores –tant pis pour les voisins...-, confirme par ailleurs que les musiciens de ces formations, qui possédaient déjà un certain nombre des codes de leurs successeurs, étaient nettement meilleurs dans la maitrise technique de leurs instruments !

 

En prime, vous pourrez écouter dans l’extrait ce qui constitue sans doute –et à ma connaissance– la toute première chanson traitée dans ce style, aussi tôt qu’en 1965, par un groupe de mauvais garçons que l’on considérait alors comme peu fréquentables !

Playlist « Power Pop énergisante »

Pour affronter les rigueurs à venir de mon agenda et celles non moindres de la météo actuelle –Que d’eau !  comme disait l’autre…– et dans l’attente de ma Visio-conférence quotidienne, j’ai entamé une playlist revivifiante consacrée à un combo un peu oublié désormais, mais extrêmement efficace, venu de Boston et qui connut son heure de gloire, en France, au début des années 80 : The Real Kids, dont je thésaurise chaque album –sept d’entre eux sont présents dans ma discothèque, et ils sont actuellement presque tous très difficiles à trouver à prix raisonnables…– et qui reste l’un de mes plus exceptionnels souvenir de concert en 1983 ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Au début des années 80, le groupe signa avec le label français New Rose –un excellent label de Rock alternatif– et les deux premiers albums affichés datent de cette période bénie : le premier est composé de leur premier album studio « Outta Place » et de leur brillantissime album live « All Kindsa Jerks Live » –cliquer sur l’imagette de droite pour la voir en plus grand-, enregistré, devant un public déchaîné, au Bataclan de Paris en février 1983, souvenir personnel mémorable. « Hit You Hard » et sa pochette LP faite de lettres découpées, est tout aussi excellent, même si l’énergie du groupe est moins apparente, malgré l’efficacité des compositions, du fait d’une production presque trop léchée !

Enfin, j’ai trouvé il ya quelques années, presque par hasard, le très « roots » « Shake Outta Control », paru aussi tardivement qu’en 2014 avec une formation renouvelée, alors que je pensais le groupe dissous depuis longtemps suite au décès de l’excellent bassiste initial, Allen « Alpo » Paulino.

The Real Kids, c’est d’abord John Felice, ex Ramones-roadie, âme du groupe, compositeur, chanteur passable mais expressif et bon guitariste; c’est un batteur qui speede l’ensemble par des relances incessantes, un excellent bassiste et un second guitariste qui n’est pas en bois lui non plus. Une pop fraîche et virile, très entraînante, mâtinée d’un rock très énergiquement joué : l’ensemble est remarquablement vivifiant, mais du fait de ses excès, le groupe n’atteignit jamais totalement la notoriété qu’il aurait pu connaître. 


Playlist sombre et torturée

En ce sombre dimanche de mai où on se croirait presqu’en novembre, c’est une playlist sombre et torturée à laquelle je m’adonne, pour coller à l’humeur d’une météo vraiment maussade ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• La cinquième symphonie de Chostakovich, composée en guise d’acte de contrition juste après les « grandes purges » staliniennes de 1936, est spécialement écrite pour des « auditeurs soviétiques » –ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui…– et cette version d’un chef plutôt fantasque mais jamais ennuyeux et qui a toujours aimé exacerber les contrastes et les passions m’apparaît tout-à-fait excellente même si très personnelle. On peut retrouver cette interprétation dans ce coffretdont le prix a beaucoup augmenté depuis sa parution et la crise sanitaire, qui a provoqué une certaine inflation…

• L’intégrale des symphonies de Brahms par Kurt Sanderling –dont j’ai écouté ce jour les première et quatrième uniquement– est magnifique, même si je ne goûte que modérément ces oeuvres, qui ne font pas exactement partie de mes préférées. Une interprétation très sombre et burinée, qui sied à mon avis merveilleusement à ces oeuvres qui ne sont pas spécialement lumineuses ! Kurt Sanderling –très grand chef que j’apprécie énormément : si vous trouvez son intégrale des symphonies de Beethoven à petit prix, faites-moi signe ! – est l’un des rares artistes qui préféra, après la seconde guerre mondiale, un exil vers l’Est, d’abord en URSS puis en RDA.

Enfin, Godowskypianiste virtuose et compositeur dont les productions datent essentiellement du premier tiers du XXème siècle— triture dans tous les sens, dans ses transcriptions et et autres évocations, les valses de Johann Strauss II : des compositions « de salon » très contrapuntiques qui viennent régulièrement briser le fil mélodique de ces oeuvres charmantes, tout en y perdant leurs couleurs chatoyantes. C’est très étonnant, sans être exceptionnel !

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Playlist « Noctambule »

Les nuits sans trop de sommeil –assez fréquentes en ce moment…-, j’ai une liste d’oeuvres favorites sensées favoriser mon endormissement : ça ne marche pas toujours, et je suis parfois obligé d’en écouter deux, voire trois, à la suite. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Ces oeuvres, que je connais évidemment sur le bout des doigts de ce fait, je les écoute dans n’importe quelle version qui me tombe sous la main, les albums proposés ici sont les dernières versions que j’en ai écoutées ces derniers jours dernières nuits… Il s’agit :
des « Variations Enigma », d’Edward Elgar;
des « Variations Goldberg », de Johann-Sebastian Bach –qui ont été écrites spécifiquement dans ce but, d’ailleurs, et dont l’extrait proposé ci-dessous est assez dépaysant-;
de la troisième symphonie de Felix Mendelssohn;
de la quatrième symphonie de Robert Schumann.

Ecouter de la musique la nuit, même à faible volume, quand règne un silence profond, est en fait extrêmement enrichissant et permet de se consacrer attentivement à des détails –ne suivre que la main gauche d’un pianiste ou d’un claveciniste, se concentrer sur un instrument ou un groupe d’instruments en particulier…– auxquels je ne prête pas forcément attention lorsque j’écoute une oeuvre plus globalement.

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Playlist « les chiens ne font pas des chats… »

Je vous avais déjà parlé, notamment ici, de Carlos Kleiber, grand chef que j’apprécie beaucoup, malgré son répertoire relativement limité. Le petit coffret que je vous présente aujourd’hui –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– permet de découvrir son père, Erich Kleiber, au destin tragique, puisqu’après avoir fui le régime nazi en Argentine –non pour cause de persécution religieuse, mais par opposition au régime politique-, il ne retrouva jamais de poste pérenne à Berlin après la guerre, du fait de sombres querelles politiques en pleine guerre froide. Sa mort reste mystérieuse, et l’on a longtemps cru qu’il s’était suicidé, thèse remise en cause à l’heure actuelle.

Petit bonhomme à l’immense talent, Eric Kleiber fit partie, avant son exil, des « stars de la baguette », faisant partie des « Big Five » –dont il était le benjamin-, en compagnie de Toscanini, Furtwängler, Walter et Klemperer.

Les chiens ne font pas des chats : on retrouve chez le père le même regard acéré, la même souplesse, la même fluidité et, selon les témoignages de l’époque, une remarquable élégance de battue. Sa discographie, essentiellement chez Deutsche Grammophon puis chez Decca après-guerre, n’est pas immense, mais d’un remarquable niveau d’ensemble.

Les documents proposés dans ce coffret –Beethoven, Schubert, Mozart…-, tous excellents et presque centenaires –ils datent d’une période s’étendant de 1927 à 1929– ont bénéficié d’un remarquable transfert –cf. le très bel extrait d’une oeuvre bien connue ci-dessous– et d’une belle ligne éditoriale. 

 

Pour vous, j’ai testé…

… la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon !

Test tout-à-fait probant !!! Le thème fait évidemment polémique en ce moment, mais, à travers l’histoire, le personnage a toujours été sujet à des appréciations très contrastées, y compris de la part de ses contemporains. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

En attendant, j’en profite –sous la mezzanine et non pas sous la coupole…– pour écouter deux excellentes versions de ces oeuvres très populaires :
la symphonie « Héroïque », dédiée par Beethoven « à la mémoire d’un grand homme » ;
son concerto pour piano n°5, aux évocations parfois assez martiales et à la partition truffée d’annotations militaires par le compositeur, et dénommé « Concerto Empereur »parce qu’à sa première écoute et selon la légende, un spectateur aurait dit : « C’est fou, c’est grand, on dirait l’empereur ! » –ce titre n’est pas du compositeur, mais il est passé à la postérité-.

Beethoven, fervent partisan de la révolution française, admirait profondément le général Bonaparte, tout comme il détestait cordialement l’empereur Napoléon…

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Un jour, un album – Histoire d’un choc !

L’album de ce jour, que je suis en train de réécouter, à assez fort volume pour en profiter pleinement, fait partie de ceux qui m’ont, un jour ou l’autre, provoqué un véritable choc ! Non pas qu’il s’agisse de la plus édifiante des versions de cette oeuvre sur-enregistrée, même si, dans une optique « traditionnelle large », elle tient parfaitement son rang de très grande version : belle architecture, second mouvement très chantant avec de magnifiques contrechants, le tout dans une prise de son très soignée.

Bref, c’est très bien, même si ce n’est pas ce que je préfère dans cette symphonie -j’aime mieux les choses un peu plus motoriques– et, à dire vrai, je n’ai redécouvert ce CD que parce qu’il fait partie du gros coffret BTHVN2020, que je dépiaute petit à petit ! Ce qui m’a valu le souvenir ému narré ci-après.

C’est, à dire vrai, un choc essentiellement « technique/technologique » que m’a procuré ce disque quand je l’ai découvert, puisqu’il s’agit du tout premier CD que j’ai jamais écouté dans ma vie !

A cette époque, j’étais encore lycéen en Terminale, et le magasin hi-fi où j’allais au moins deux fois par semaine venait de rentrer sa première platine-laser –c’est ainsi qu’on disait volontiers à l’époque-, un beau modèle rutilant neuf, à façade relativement bariolée et à chargement frontal, et cette platine était connectée au système le plus performant présent dans l’auditorium. Il n’y avait alors que très peu de CD édité, et, hors l’exemplaire de CD test fourni par le constructeur –et, déjà, ses inévitables plages de jazz-rock…-, le seul autre album était celui présenté ce jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Il faut se souvenir qu’auparavant, à la lecture d’un vinyle, les premières notes de musique étaient toujours précédées d’un léger bruit de fond : descente du bras et son de l’impact sur le disque, léger souffle –surtout au fort volume auquel on écoutait dans l’auditorium, puis musique…-. Ici, que nenni ! Après avoir appuyé sur le bouton, pas le temps de dire ouf !!! Nous avons tous sursauté à l’attaque du célèbre pom pom pom poooom, précédé uniquement de silence ! Il fallut encore une bonne année et quelques économies avant que je puisse m’offrir le successeur de ce premier modèle –et mon premier CD de musique classique, qui fut aussi cette symphonie de Beethoven, et dans une autre version…-, mais ceci est une autre histoire…

On a les émotions qu’on peut, non !?

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Playlist « Retour vers les 60’s »

J’ai ressorti aujourd’hui quelques vieilles choses issues des années 60 et un peu moins connues que les productions des très grands groupes ayant émergé à cette époque -de mémoire : Rolling Stones, Beatles, Kinks, Who…-, bien qu’ils aient parfois accompagné ces précurseurs dans les charts anglais ou américains à l’époque, côtoyant à l’occasion les premières places. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Troggs : groupe posant, dans les 60’s, en moches costumes blancs à rayures rouges et ayant voulu concurrencer le côté « sale gosse «  des Rolling Stones sans jamais y parvenir tout-à-fait –pas assez excessifs pour cela…– et qui connu un succès certain avec son tube « Wild Thing » en 1966. La chanson propose un solo d’ocarina ! Entre deux bluettes qui frôlent parfois la mièvrerie, dont la fameuse « Love Is All Around », ont recyclé maintes fois leur hit majeur -construction générale, rythme, riff…– dans d’autres chansons moins efficaces… Un peu lassant sur la durée !

• Them : excellent groupe de rythm’n’blues, à la durée de vie fort courte dans sa version originelle avec un chanteur d’exception : Van Morrison –son album en solo, « Astral Weeks », est une merveille parue en 1968-. Leur titre de gloire, le bien-nommé « Gloria », a été l’objet de nombreuses reprises, toutes inférieures à la version originales ! Une excellente compilation, qui vient raviver d’excellents souvenirs !

• Donovan : essentiellement connu pour son visage angélique et son hit « Yellow Mellow », qui ne figure pas sur cet album. Ce dernier propose une pop-music fraîche et très joliment instrumentée, dans une optique parfois pré-psychédélique. Je ne l’avais plus écouté depuis des lustres, et l’ai redécouvert avec plaisir.

• The Standells : les Américains du lot, un « garage band » bien oublié de nos jours, même s’ils se sont sporadiquement reformés jusqu’à aussi tard que 2014 au moins. Leur seul album ayant connu une certaine notoriété est celui proposé ici, et la chanson éponyme « Dirty Water » connut un certain succès Outre-Atlantique : la vidéo en est hilarante tant le play-back n’est pas au point !

Une chouette playlist pour embellir une météo morose !

Playlist « Entre Eusebius et Florestan »

La playlist de ce jour est consacrée à quelques pièces pour piano de Robert Schumann, musicien profondément romantique et dont l’esprit sans doute un peu dérangé –d’une grande sensibilité, il est mort dans un asile, au terme d’un long internement de trois ans, souffrant notamment d’avoir été un pianiste raté doublé d’un chef d’orchestre raté– le conduisait à s’identifier tout-tour à deux personnages fictifs qu’il fit longtemps dialoguer dans ses écrits et ses oeuvres : Eusebius, au caractère mélancolique, calme et peu expansif et Florestan, beaucoup plus fougueux et passionné. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les « Kinderszenen » forment une très belle page d’accès facile, conçues selon le compositeur comme « des souvenirs d’enfance pour des personnes qui ont grandi ». Les treize courtes pièces qui les composent –le compositeur les avaient d’abord simplement intitulées « Pièces faciles »– sont jouées ici par un vieux monsieur de près de 80 ans, Wilhelm Kempff, et constituent le plus beau moment d’une anthologie qu’il consacra, sans doute trop tardivement, au compositeur.

Les « Etudes symphoniques pour piano » sont d’une toute autre veine technique. Si les pièces qui les constituent sont également très courtes, elles sont d’une grande virtuosité. Schumann ne devint jamais le grand virtuose du piano qu’il rêvait d’être, notamment parce qu’il inventa un « appareil » qui devait lui permettre de travailler l’indépendance des doigts et qui le laissa partiellement paralysé de la main droite ! La seconde version de Géza Anda, magnifique interprète de Schumann, est absolument remarquable –cf. extrait– !

Enfin, « Carnaval » est une oeuvre constituées de vingt-deux « scènes mignonnes sur quatre notes » –excellente présentation de l’oeuvre ici– et présentant un défilé de personnages masqués, fictifs ou réels, fêtant carnaval : parmi ces personnages réels, Schumann sous sa double personnalité –Eusebius et Florestan-, mais également Paganini, Chopin ou sa propre femme, la virtuose Clara Schumann. Magnifique et rare version d’Emil Gilels, immense interprète de Schumann lui aussi, ici en concert –il n’enregistra jamais l’oeuvre en studio-.

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