Playlist « Mozart autrement »

Précisons-le tout de suite : d’une part, Mozart, les lecteurs réguliers de ce blog le savent, n’est pas ma tasse de thé favorite; d’autre part, on joue très régulièrement Mozart ainsi, de nos jours, à savoir dans cette optique « HIP », voire même plus radicalement encore. Mais, eu égard à mes standards d’écoute de ces oeuvres et de mes goûts habituels en la matière –Comment ? Certains ont dit « datés ! » ?-, c’est pour moi une playlist « Mozart autrement ». –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

D’ailleurs, j’aurais dû l’entamer légèrement plus tard que très tôt ce matin, parce qu’une écoute un peu en sourdine ne rend pas totalement justice à ces très beaux et intéressants disques, fort bien captés de surcroît.

Les concerti pour piano sont très réussis dans leur optique, avec un pianiste jouant sur un piano ayant appartenu au compositeur, au volume sonore très ténu et parfois légèrement recouvert par l’orchestre, qui n’est pourtant pas exagérément fourni. C’est très beau, même si loin de mon idéal en la matière –pour les 20èmes et 23èmes concerti, j’ai une vraie affection pour les disques anciens d’Annie Fischer, c’est vous dire…-.

Les opéras, s’ils ne présentent pas de grandes stars vocales –mais ces voix relativement légères s’expriment très joliment dans ce contexte-, sont également très intéressants à écouter, avec une vraie gravité qui pèse un rien et un orchestre magnifique, vif, acéré mais très chantant. Rythmiquement, c’est absolument remarquable et conduit de main de maître –Le nozze di Figaro en profitent d’ailleurs grandement : cliquer sur l’extrait pour vous en faire une idée, puis essayez de comparer avec le même air que je vous proposais il y a quelques temps, dans une optique très différente– !

Playlist « Comme à l’Elysée »

Chronique mondaine, encore ! J’ai raté une vocation… Pendant que d’aucun se penche dubitativement sur le mystère de la musique de la pyramide du Louvres –l’énigme a cependant été résolue ici-, je vous propose pour ma part de vous rendre dans le salon de réception de l’Elysée pour découvrir la musique qui y a été jouée, entre deux ou trois « Marseillaise » version Garde Républicaine, lors de la cérémonie d’investiture, après le discours mais avant la pause déjeuner !
Un petit orchestre de musiciens bellement habillés faisait tout pour dérider une assemblée joliment costumée et pas trop guindée !

Playlist garantie sans erreur !

Playlist monomaniaque en noir et blanc -et jaune-

C’est un pianiste singulier et remarquablement intéressant, quoi que fort idiosyncrasique, qui a occupé mes oreilles aujourd’hui. Et une occasion d’écouter quelques compositeurs que je ne goûte pas outre mesure –Mozart, Chopin-. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Ivo Pogorelich n’est pas encore très âgé, mais il a commencé à enregistrer fort jeune, suite à son échec au concours de piano « Chopin » à Varsovie. L’esclandre qui suivit la décision d’une partie du jury est restée célèbre dans les annales du monde du piano : Martha Argerich, qui voyait en ce tout jeune pianiste « un génie » démissionna avec pertes et fracas dudit jury pour contester la décision de ses pairs et Deutsche Grammophon signa le contrat réservé au lauréat au jeune éliminé.

Marié à sa professeure de piano, plus âgé que lui de 21 ans –tiens, en ces temps d’élection, cela ne vous rappelle rien ?– et portant beau, ses premiers disques furent de fracassants succès. Il enregistra assez régulièrement pendant une petite dizaine d’années, avant de se retirer, en 1996, suite au décès de sa femme.

Depuis, il est revenu sur scène, plus singulier encore qu’auparavant, mais n’enregistre plus. Cela n’empêche pas que je le situe très haut dans le panthéon personnel de mes pianistes de prédilection : une sonorité puissante et belle en toutes circonstances et des visions personnelles mais remarquablement construites.

Histoire de pochette…

Pour les collectionneurs de disques, les pochettes sont importantes et les éditeurs le savent bien, qui rééditent depuis quelques années les albums avec un fac-similé de la pochette originelle.

La parution de « La flûte enchantée » de Mozart dans la seconde version officielle d’Herbert Von Karajan est historique pour au moins une raison : il s’agit du premier enregistrement digital –et ce n’est pas une grande réussite en matière de prise de son : les ingénieurs avaient encore tout à apprendre pour maitriser cette technique relativement récente…– réalisé par l’éditeur à l’étiquette jaune Deutsche Grammophon et du premier CD d’opéra mis sur le marché. Ceci pour la « grande histoire » dans le monde de l’industrie phonographique.

La « petite histoire », beaucoup moins connue, est liée à la photo de la pochette : Herbert Von Karajan, qui décidait de tout, y compris des pochettes, voulait une illustration mettant en valeur l’eau, le feu et le vent.

Les graphistes de l’époque se mirent à l’oeuvre et lui proposèrent une trentaine de projets, dont aucun n’eut l’heur de lui plaire… Il fallait donc tout recommencer –mais tout ne fut pas complètement perdu et nombre de projets furent recyclés pour illustrer les albums d’autres artistes, parfois à leur grand dam, comme Bernstein, qui en fit les frais-, mais le producteur, plus malin que d’autres et connaissant le chef, lui signala que tout nouveau retard se solderait par la parution d’une autre version –celle de James Levine, chez RCA-. Du coup, on opta pour une photo réalisée à la va-vite, qui est celle présentée ici –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– !

Playlist « Variations sur une playlist »

Ayant entamé la journée par « Le Nozze di Figaro » de Mozart, ce sont des variations sur cette oeuvre qui entament cette playlist singulière –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

D’abord, des Variations sur un air de l’opéra composée pour violon et piano par Beethoven, qui ne devait pas les tenir en assez haute estime pour les inclure dans son catalogue des oeuvres dignes d’êtres publiées, mais qui n’en sont pas moins aimables et facile d’approche et d’écoute –alors que ce duo violon / piano peut produire des choses parfois difficiles à appréhender, du moins pour moi…-.

Suite à cela, j’ai opté pour la Fantaisie sur deux thèmes des « Noces de Figaro » de Liszt, complétée complexifiée par Busoni : l’oeuvre, d’une écriture très ardue, est fort peu donnée en concert, et peu enregistrée. Je me suis donc rabattu sur le très ancien enregistrement, prodigieux, d’Emil Gilels : c’est avec cette oeuvre qu’il avait triomphé, haut-la-main, lors du premier concours qu’il remporta, en 1933, avant même d’être accepté au Conservatoire de Moscou.

Ce qui m’a conduit vers d’autres oeuvres de Ferruccio Busoni, compositeur italien un peu oublié de nos jours, et qui produisit une oeuvre contrapuntique complexe et dense, et des pièces pour piano d’une complexité assez extraordinaire, mais plutôt agréable aux oreilles. Son concerto pour piano est long et dense, mais mérite un coup d’oreilles approfondi, et ses oeuvres pour orchestre-dont vous trouverez un extrait pris au hasard-, dans une veine postromantique, sont réellement dignes d’intérêt et s’écoutent avec plaisir –d’autant qu’elles trouvent une bien belle interprétation par un chef, Gerd Albrecht, très attiré par ce répertoire un peu rare, et qui en tire toujours le meilleur-. Dans les deux cas, les prises de son méritent d’être entendues : elles sont exemplaires de clarté, de dynamique et d’étagement des plans sonores ! Ce qui ne gâte rien, bien évidemment !

Opulente playlist dominicale

La playlist de cette journée commencée fort tôt mais plus tard que si je l’avais commencée hier à la même heure, décalage horaire oblige, est opulente mais tout-à-fait remarquable. –Cliquer sur les images pour les voir en plus grand-.

Elle a débuté par « Le Nozze di Figaro » dans une version live assez proche de la perfection : orchestre vif et d’une belle intensité dramatique, aux timbres évidemment soignés et à l’équilibre entre pupitres exemplaire, chanteurs engagés dans leurs rôles et nettement plus vivants que dans la version studio Decca de cette production, nettement moins enviable pour le coup. On pourra, évidemment, préférer ponctuellement d’autres chanteurs pour tel ou tel air –par exemple, j’ai tellement dans l’oreille le « Voi che sapete » de Jurinac que j’ai du mal à l’entendre par qui que ce soit d’autre, y compris dans cette version, ou, pourtant, Von Stade est excellente, cf. l’extrait ci-dessous-. Les lecteurs réguliers de ce blog savent que Mozart, en général, n’est pas un compositeur que j’apprécie outre mesure, mais cet album est néanmoins une félicité pour mes oreilles et cette « folle journée » s’avère miraculeuse.

L’autre gros coffret est une acquisition très récente, durant les soldes : il me faisait de l’oeil depuis un sacré bail, mais j’en avais toujours repoussé l’achat pour telle ou telle priorité plus prioritaire. Ayant quasiment fini l’écoute de l’excellent coffret « William Steinberg » offert à Noël, j’étais prêt à me laisser surprendre à nouveau par quelques découvertes –j’avais eu, il y a longtemps, quelques LP de Constantin Silvestri, qui faisant la joie des bacs en séries économiques aux temps lointains du 33T« -.

Il y a dans ce coffret de fort jolies choses et un vrai engagement du chef dans les partitions. Comme il était roumain, il aborde également des compositeurs que je n’écoute quasiment jamais, comme Enseco par exemple. J’ai beaucoup apprécié ce que j’ai déjà pu en entendre : jolies couleurs, prédominance rythmique, et, surtout, engagement et partis-pris parfois surprenants mais assumés qui éloignent ses interprétations de toute fadeur un peu neutre. Silvestri était un chef très exigeant qui répétait beaucoup et longtemps, mais le résultat en vaut vraiment le coup !
Malheureusement, j’aurai une heure de moins, aujourd’hui, pour en profiter !

Playlist « Plan B »

Avant, ça s’appelait « Playlist seconde chance« , mais la période électorale, assez illisible, se montre riche en surprises et en expressions imagées, dont ce fameux « Plan B », qui sous-entend des propositions alternatives dont on sent bien qu’elles semblent un peu bancales par rapport aux plans initiaux.

C’est exactement ce que vous propose la playlist de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

On trouve donc une version de « Let it be » des Beatles débarrassée de toute la post-production de Phil Spector : honnêtement, ce n’est guère mieux que l’original, et l’album ne fait vraiment pas partie des meilleures productions du groupe : compositions moyennes, interprétations assez peu inspirées et pas toujours très bien jouées, on sent bien que la moitié du groupe n’y croit plus…

On trouve ensuite un « Don Giovanni » de Mozart en allemand, ce qui apporte de drôles de couleurs à l’oeuvre : en effet, la langue allemande est bien éloignée de l’italien en matière de prosodie et de couleurs sonores. Au demeurant, l’interprétation est excellente, mais la proposition reste exotique !

Je me suis remis le « Rheingold » de Christian Thielemann dans l’oreille à l’occasion de l’écoute comparée dont je vous parlais dans la notule précédente. Il s’agit d’un enregistrement « live » paru en 2013, le niveau de gravure des CD est assez faible, et l’interprétation, bien que riche en détails du côté de l’orchestre, est assez peu passionnante : un peu indolente, avec des chanteurs qui s’avèrent peu passionnants et dont on ne sent guère l’engagement.

Enfin, l’album « Couleurs sur Paris » de Nouvelle Vague est bien moins réussi que l’album de leurs débuts. Il ne propose que des chansons d’artistes français –le répertoire n’est pas des mieux choisi selon moi, et, vu le titre, ils auraient  pu inclure une adaptation de « Couleurs sur Paris » d’Oberkampf– dans ce concept de « lounge music » propre au projet, et si certains titres sont assez réussis –cf. extrait-, l’ensemble s’avère au final assez ennuyeux, le filon semblant un peu épuisé depuis leur premier disque.

Albums en série, part 3 !

5 albums pour découvrir Mozart –à l’usage de ceux qui n’aiment pas Mozart

Les lecteurs réguliers de ce blog le savent : je n’aime pas particulièrement Mozart, mais, parfois, j’en écoute avec plaisir, pour peu que cela ne ressemble pas trop à du Mozart ! Parmi les albums retenus, deux sont de très grands classiques de l’histoire du disque : les concertos pour piano par Murray Perahia, vraiment beaux et d’écoute agréable –même si je n’écoute que certains d’entre eux assez régulièrement : 20, 21, 23, 24 et 25 notamment-; « La flûte enchantée » dans la première version de Karajan, ancienne, sans dialogue, mais, dans son optique esthétique, très réussie.
De ces oeuvres les autres versions que j’apprécie sont nettement plus contestables pour les amateurs de Mozart : Annie Fischer et Adrian Boult pour les concertos pour piano n°20 et 23, par exemple, un disque un peu OVNI dans le paysage musical actuel, mais tout-fait à mon goût. Quant à « La flûte enchantée », mes versions alternatives –Fricsay, Beecham…– sont également anciennes.

Les trois autres albums proposés pour cette découverte d’un Mozart qui ne correspond pas tout-à-fait à son image sont nettement plus discutables –les sonates par Glenn Gould, qui trouvait que le musicien était mort trop vieux -à 35 ans-, sont très controversées-, mais c’est ainsi que j’aime ce musicien ! Evidemment, si vous aimez Mozart, cette liste vous interpellera sans doute, mais, si vous connaissez peu le musicien, elle constitue une porte d’entrée certes particulière, mais néanmoins intéressante !

Playlist blanche pour entamer l’année

2017 étant encore une page vierge qui sera complétée au jour le jour –mes oreilles étaient en mode « Pause » toute la journée d’hier-, c’est tout naturellement une playlist blanche qui accompagne cette matinée ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

L’album de Joy Division est excellent, je vous en avais déjà proposé un extrait ici et celui des Beatles l’un de leurs tout meilleurs disques -comme quoi, il m’arrive même de dire du bien de ce groupe que je goûte peu-.
Les sonates de Mozart par Glenn Gould –celui qui regrettait que Mozart était mort trop vieux– sont hautement contestables et contestées, il n’empêche que, personnellement, je les apprécie beaucoup, mais comme il s’agit d’oeuvres de Mozart qui peuvent très rapidement m’ennuyer, au moins, dans cette version, le temps passe vite et l’oreille est constamment sollicitée par telle ou telle curiosité.
En revanche, le Bach de Keith Jarrett est parfois d’un ennui mortel, et, dans ma discothèque, c’est la moins intéressante des versions des Variations Goldberg de Bach –comme si le célèbre pianiste de jazz voulait montrer qu’il pouvait être un musicien sérieux en abordant le répertoire classique : ce n’est pas sérieux, c’est essentiellement terne, plutôt besogneux et assez peu vivant, comme vous pourrez l’entendre vous-mêmes dans l’extrait proposé…-.

Mozart renversé, un palmarès 2017 chamboulé…

En juillet 2015, je vous avais présenté un état partiel de ma discothèque et du podium qui en découlait. Les cinq premiers compositeurs présents étaient, dans l’ordre : Beethoven, Wagner, Mozart, Mahler et Bach.

Seize mois plus tard, le même petit jeu statistique propose désormais un classement quelque peu différent, mais qui ne devrait pas étonner outre mesure les plus fidèles lecteurs de ce blog : non seulement Bach quitte ce quinté de tête, mais, de plus, Mozart est renversé du podium, et remplacé par Sibelius. Ce dernier, avec Richard Strauss, est celui qui a connu le plus fort taux de progression depuis 18 mois dans ce Top10 : respectivement 74% et 34%… –Cliquer sur l’image pour la voir ne plus grand-.

Comme l’an dernier, ce palmarès ne tient pas totalement compte de l’état exact des nombreux disques « anthologiques » consacrés à des interprètes, sans quoi, vraisemblablement, Schubert, Schumann, Ravel et Liszt intègreraient la liste.

Rendez-vous fin 2017 pour un nouveau classement ! Des pronostics ? En attendant, un hommage au vainqueur s’impose !