Préparatifs de Pâques !

En direct de ma cuisine, confection, comme chaque année à cette période, d’un « Oschterlammele », ou plus simplement Lammele prononcer lameuleu, en Bas-Rhinois, aussi appelé « Lamala » en Haut-Rhinois –ces Belges qui ne sont jamais arrivés en Suisse, affirme-t-on sans rire ici …-. Comme le répète souvent TheCookingCat, lorraine d’origine, avec une point de jalousie : « Chez vous, tout est prétexte à manger… ».

Les enfants raffolent de ces agneaux de Pâques en biscuit, les adultes aussi ; quant à Miss Moneypenny, elle voue une passion au grignotage de la tête et des oreilles... Après leur cuisson, très simple pour peu qu’on ait le moule adéquat, préalablement soigneusement beurré, surtout au niveau du cou et des oreilles –à mon avis, les mieux adaptés sont ceux en terre cuite, mais il en existe également en matière anti-adhésive que j’aime moins-, il suffit de les décorer d’un ruban et d’un petit drapeau jaune et bleu, aux couleurs du Vatican, ou rouge et blanc, aux couleurs de l’Alsace.

Une recette –parmi beaucoup d’autres…-, ainsi que l’histoire de cet agneau pascal, sont disponibles ici. Selon les recettes et la matière du moule utilisé, les durées et la température de cuisson annoncées sont très variables, le plus simple reste de surveiller son four au bout de 25 à 30 minutes. Le démoulage se fait après un temps de refroidissement. On trouve même, désormais, dans certains boulangeries, des versions « améliorées » avec ajout de pépites de chocolat ou autres raisins secs, mais, pour moi, la version la plus simple est la plus goûteuse…

Le paternalisme social à Strasbourg – La cité Spach

Je vous avais déjà entretenu de la présence importante d’une forme de paternalisme social en Alsace et à Strasbourg, et c’est à lire ici.
A Strasbourg, de la fin du 19ème siècle au premier tiers du 20ème siècle environ, le logement social a privilégié les maisonnettes plutôt que les grands ensemble d’immeubles. L’une des plus fameuses exceptions est « la cité Spach », du nom de l’ancien secrétaire général de la mairie de Strasbourg de 1842 à 1883, Gustave Louis Spach –prononcer [ʃpaR]-, qui a survécu à tous les changements de régime et/ou de nationalité ! Décédé en 1895, il légua à la ville de Strasbourg l’ensemble de ses biens, estimé à environ 1 million de marks de l’époque –soit environ 8,5 millions d’euros en 2026-, sous réserve que cela profite aux employés municipaux les plus modestes et à leurs proches.
La cité Spach fut ainsi construite, à partir de 1898, à l’extrémité sud-est de la Neustadt. Elle est constituée de 11 immeubles alignés, hauts de 3 étages, et ornementés de lucarnes pignons et d’oriels sur les angles, marquant ainsi la volonté de rappeler certaines constructions de la Renaissance alsacienne, typique de la Strassburger Bauschule –école architecturale de Strasbourg, 16ème siècle-. Elle regroupait un ensemble de 4 commerces et 96 logements de 1 à 3 pièces, auxquels on a adjoint, dans la cour de l’ensemble, une buanderie, des séchoirs et des jardins aménagés, ainsi que des bains collectifs.

Par sa construction, la cité Spach visait à mettre Strasbourg « à égalité » avec d’autres villes allemandes en matière de « standing », d’autant que le Kaiser Guillaume voulait faire de la ville une vitrine glorifiant le rattachement de l’Alsace à l’Allemagne. Les plans furent confiés à l’architecte Karl Ott, chef du service municipal d’architecture. Celui-ci s’inspira assez largement des préceptes de l’université technique de Karlsruhe –la ville où j’ai perdu ma voiture un soir d’août !-.


La vocations socio-éducative de cette cité est également affirmée par la mise en place d’un système de prêts d’ouvrages issus de bibliothèque populaire, de cours du soir et d’une pharmacie de premiers secours. En bonnes mesures paternalistes, des concours de fleurissement de balcon sont organisés et des réductions de loyers sont accordées aux locataires « soucieux de la bonne tenue de l’appartement ».

La cité Spach connut rapidement un fort succès et les logements furent rapidement occupés : en 1907, 57 familles étaient inscrites sur une liste d’attente pour y obtenir un logement. Lors du retour de l’Alsace à la France en 1918, les autorité françaises furent très impressionnées par la qualité du bâti et par le niveau de confort et d’équipements de ces logements ouvriers, alors très rare en « France de l’intérieur ». 

Playlist « premières amours »

Piotr Illyitch Tchaïkovsky fut le premier compositeur que j’ai écouté « consciemment », encore enfant. Je l’appréciais et le réclamais tant et si bien que le premier disque que l’on m’offrit était son premier concerto pour piano, puis celui pour violon ; les célèbres suites de ballets et les dernières symphonies suivirent assez rapidement. Le triptyque de ses trois dernières symphonies est très souvent enregistré par les plus grands orchestres et quasiment toutes les stars de la baguette, et ma discothèque en regorge d’une bonne quinzaine de versions au moins.

J’aime énormément les symphonies n°4 et 6 –parfois intitulée symphonie « Du destin » pour la quatrième, et toujours désignée par symphonie « Pathétique » pour la sixième-, un peu moins la cinquième, que j’ai plus souvent tendance à zapper lorsqu’il me vient l’envie de réécouter ce triptyque –écouté intégralement ce jour, cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les trois propositions d’Evgeny Svetlanov à la tête de l’orchestre symphonique d’État de l’URSS –fondé en 1936 et devenu peu de temps après cette tournée japonaise l’orchestre symphonique de la fédération de Russie-, enregistrées lors d’une tournée au Japon en 1990, s’inscrivent vers les sommets de la très riche –et globalement très qualitative– discographie de ces oeuvres : ces symphonies, très richement  orchestrées par le compositeur –Tchaïkovsky s’y entendait pour faire sonner un orchestre-, sont une belle occasion pour tout orchestre désireux faire valoir ses qualités.
Au cours de ces concerts, l’orchestre, aux sonorités typiquement russes –incisives et crues du côté des cuivres, très virtuoses côté cordes-, est chauffé à blanc et d’un engagement total dans des partitions qui ne tolèrent guère la tiédeur, au risque de sombrer dans une mièvrerie un peu doucereuse. Ce n’est pas du tout le cas dans ces interprétations, et le public japonais, fin connaisseur et très enthousiaste, ne s’y trompe pas ! La prise de son live est de très bonne qualité, large et bien timbrée.

,

Un jour, un album – Fabuleuse Septième symphonie

Le titre de cette notule aurait aussi bien pu s’intituler « Une nuit, un album »… En effet, lors de mes nuits sans dormir, il est d’usage d’essayer de m’endormir en musique, et, généralement, à la fin, ça marche ! Sauf qu’en l’occurence, ce disque m’a tant enthousiasmé que je suis resté concentré sur son écoute, et donc complètement éveillé, jusqu’à son terme ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Je vous avais déjà entretenu, ici, de la formidable réussite constituée par l’intégrale des symphonies de Beethoven enregistrée au cours des années 60 par William Steinberg et son orchestre symphonique de Pittsburgh. Dans les années 50 déjà, avec le même orchestre, William Steinberg avait enregistré pour Capitol Records, quelques symphonies de Beethoven, dont cette remarquable septième, en 1957.

Arrivé à la tête de l’orchestre de Pittsburgh en 1952, Steinberg, qui jouissait d’une formidable réputation de bâtisseur d’orchestre, dut, dans un premier temps, redonner confiance à des musiciens en grande souffrance après le passage du terrible Fritz Reiner, qui avait, durant son mandat, renvoyé la moitié de l’orchestre. Il y parvint rapidement et Pittsburgh put non seulement s’enorgueillir d’être une ville à la programmation ambitieuse et variée, mais aussi de compter sur le meilleur taux de fréquentation de ses concerts dans tous les États-Unis.
Cette solide réputation permit à l’orchestre et à son chef de construire une très belle discographie tout au long des années 50 pour Capitol Records -rachetée par EMI-, puis, durant les années 60, chez Command Classics.

Dans cette septième symphonie –une des plus populaires de Beethoven, avec notamment son deuxième mouvement archi-célèbre–  qui m’a tenu en éveil, les deux premiers mouvements sont d’incontestables réussites et la phalange de Pittsburgh joue superbement. Les équilibres au sein de l’orchestre s’inscrivent dans une tradition plus proche de l’école austro-allemande que d’ordinaire pour un orchestre américain –appui sur les cordes graves bien plus marqué, cuivres moins tonitruants-, ce qui n’est pas étonnant puisque Steinberg avait été formé en Allemagne avant d’en être chassé par les nationaux-socialistes. Les deux derniers mouvements sont également très réussis, même si le trio du troisième mouvement me semble un peu trop lent et que le quatrième n’atteint pas à la prodigieuse virtuosité de Karajan, à peu près unique ici.

Un magnifique témoignage, donc, dont vous pouvez vous délecter ici.

 

, ,

Mises à jour et commencement de réponse !

La matinée, entamée dès l’aube, s’avère d’ores-et-déjà fructueuse, malgré la surprise de découvrir une météo sacrément dégradée –temps franchement gris et maussade, dégringolade conséquente du thermomètre : si ça continue, faudra qu’ça cesse : après tout, c’est le printemps depuis quelques jours !– ;

• la page PHOTOS a été mise à jour ;
• tous mes objets numériques ont été mis à jour en version 26.4, laquelle ne change en réalité pas grand-chose… ;
• et, parmi de nombreux articles parfois un peu contradictoires consacrés à l’analyse des élections, j’ai trouvé un commencement de réponse à la question posée récemment par Damoiseau 1671137 dans les commentaires de cette notule, concernant les alliances électorales parfois contre-intuitives –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. 

Playlist « Guerre & totalitarisme »

Mes nuits sans dormir, encore et toujours… Il fut souvent reproché à Herbert Von Karajan de ne pas assez enregistrer de « musique contemporaine ». La playlist de ce jour va à l’encontre de ce reproche : il enregistra plus qu’il n’y paraît des programmes de musiciens contemporains de son époque. Outre le fabuleux coffret consacré à la seconde école de Vienne –Berg – Schönberg – Webern– dont il était si fier et qu’il auto-finança, il enregistra quelques oeuvres qu’il jugeait essentielles de ses contemporains, lui qui était né en 1908, et qui fut notamment marqué par deux guerres mondiales, mais aussi par la guerre froide en tant que résident régulier à Berlin après 1950.
Cette playlist en est une très belle illustration. L’accueil généralement triomphal réservé à ces disques –parmi les tout meilleurs du chef– conduisent à se demander pourquoi, en effet, il n’enregistras pas plus de musique de son temps-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Dmitri Shostakovich – Symphonie n°10 – 1953
Orchestre philharmonique de Berlin, Karajan – 1966 *****

La dixième symphonie de Shostakovich –écriture internationale– est l’une de ses plus célèbres et fut composée dans les mois qui suivirent le décès de Staline, durant la guerre froide. Durant les dernières années du régime stalinien, le compositeur avait eu à subir des critiques incessantes et se sentait particulièrement oppressé, voire craignait pour sa vie. Cette symphonie, où le sinistre côtoie une fin plus optimiste, est révélatrice de ces angoisses.
Karajan n’enregistra que cette seule symphonie de Shostakovich, à deux reprises : les deux enregistrements –1966 ; 1981– sont remarquables et l’orchestre et son chef touchent à la perfection ! Il l’interpréta aussi à Moscou, lors d’une tournée en 1969, devant un compositeur ému aux larmes.

• Serge Prokofiev – Symphonie n°5 – 1945
Orchestre philharmonique de Berlin, Karajan – 1968 *****

Symphonie la plus célèbre de Prokofiev –écriture internationale-, il s’agit d’une oeuvre de guerre qui marque la victoire des troupes soviétiques sur l’Allemagne selon le discours officiel de l’époque : elle connut un accueil triomphal. En réalité, le compositeur voulait exprimer toute autre chose, comme il en témoigna plus tard.

«Elle couronne en quelque sorte toute une période de mon travail ; je l’ai pensée comme une œuvre glorifiant l’âme humaine. Dans la 5e Symphonie, j’ai voulu chanter l’homme libre et heureux, sa force, sa générosité et la pureté de son âme. Je ne peux pas dire que j’ai choisi ce thème : il est né en moi et devait s’exprimer».

• Arthur Honegger – Symphonies n°2 et 3 « Liturgique » – 1941 ; 1946
Orchestre philharmonique de Berlin, Karajan – 1969 *****

Musicien suisse né en France, Arthur Honegger composa 5 symphonies, dont les deuxième et troisième sont profondément marquées par la seconde guerre mondiale. Ces symphonies suivent un schéma original en trois mouvement seulement, et sont relativement courtes : entre 20 et 30 minutes chacune. La deuxième symphonie est de caractère sombre et très dramatique, jusqu’à une éclaircie finale. La troisième symphonie « Liturgique » comporte un programme explicite –tiré du requiem liturgique– pour chacun des trois mouvements.

«J’ai voulu symboliser la réaction de l’homme moderne contre la marée de barbarie, de stupidité, de souffrance, de machinisme, de bureaucratie qui nous assiège … J’ai figuré musicalement le combat qui se livre dans son cœur entre l’abandon aux forces aveugles qui l’enserrent et l’instinct du bonheur, l’amour de la paix, le sentiment du refuge divin».

Une somptueuse playlist pour entamer une longue journée !

, , ,

Les deux du stade : analyse électorale !

• Précision 1 : il n’y a pas d’erreur dans le titre de la notule !
• Précision 2 : ce blog ne parle que très rarement de politique, même si en la matière, j’ai, comme chacun, une opinion –dans le cadre de mon travail, je me devais d’être neutre (mais pas fade…)– mais il n’est pas interdit d’y causer football !

Nantes et Strasbourg sont deux villes que le Parti socialiste avait conquises en 1989 de façon tout-à-fait surprenante, avec d’une part Jean-Marc Ayrault et d’autre part Catherine Trautmann. L’un était popereniste, l’autre était –et demeure– rocardienne et tous deux réintroduisirent le tramway dans leur ville durant leur premier mandat. Malgré des approches différentes, Nantes et Strasbourg sont encore socialistes en 2026.

Retour en haut