Dimanche à l’opéra – Wagner à travers les archives américaines

Ce premier dimanche lyrique de l’année s’inscrit dans la continuité des rendez-vous lyriques dominicaux de la fin de l’année 2025 : quelques enregistrements d’archives consacrées à Richard Wagner. Les deux premières notules de cette mini-série sont à retrouver ici et . Aujourd’hui, c’est en Amérique que ça se passe, puisque c’est vers ce continent que migrèrent de nombreux artistes européens, essentiellement allemands et autrichiens, à partir de 1933, pour fuir les persécutions nazies : c’est pourquoi on retrouvera dans ces enregistrements américains certains des chanteurs déjà présents dans le coffrets consacrés aux archives européennes. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Lohengrin, Siegfried & Parsifal, extraits – Lauritz Melchior, Heldentenor
Lohengrin – Orch. Metropolitan Opera New York, Fritz Busch – 1947 *****
Siegfried – Orch. Metropolitan Opera New York, Arthur Bodanzky – 1937 *****
Parsifal – Philadephia Orchestra, Eugene Ormandy – 1938 *****

Ces extraits sont issus d’un coffret retraçant abondamment la longue carrière de ténor de Lauritz Melchior, entamée comme baryton en 1913 et qui ne s’acheva qu’en 1960, alors qu’il fêtait son 70ème anniversaire –il enregistra pour la radio danoise le rôle de Siegmund dans le 1er acte de la Walkyrie à cette occasion-. Lauritz Melchior est tout simplement le plus prodigieux Heldentenor -ténor héroïque– qui ait été au vingtième siècle : puissance vocale, beauté du timbre, longueur de souffle : il était taillé pour chanter Wagner !

• Die Walküre – Götterdämmerung
Lauritz Melchior, Helen Traubel – NBC Orchestra, Arturo Toscanini – 1941 *****

Un trio de stars pour ces extraits enflammés ! Helen Traubel remplaça Marjorie Lawrence et Kirsten Flagstad dans les rôles wagnériens sur les scènes américaines à partir de 1941, pour y devenir la partenaire attitrée de Lauritz Melchior. Elle y incarna notamment très souvent les rôles de Brünnhilde et d’Isolde dans lesquels elle pouvait projeter son immense voix, dont on dit qu’elle était « puissante, endurante et semblable à une épée étincelante ». Ces enregistrements de 1941, issus d’un concert radiophonique dirigé par Arturo Toscanini qui était alors considéré comme « le plus grand chef d’orchestre au monde », sont de très bonne qualité technique eu égard à leur époque.

• Tristan und Isolde
Lauritz Melchior, Helen Traubel – Ch. & Orch. du Metropolitan Opera de New York – Erich Leinsdorf – 1943 *****

C’est, à mes oreilles, tout simplement le « Tristan und Isolde » intégral –malgré quelques coupures, traditionnelles au « Met » à cette époque, aux actes 2 et 3le mieux chantédonnée quand même essentielle pour cet opéra, long chant d’amour où il ne se passe à peu près rien d’autre…– de l’entière discographie de l’oeuvre –mais pas forcément le « mieux incarné »-. . Erich Leinsdorf est un chef wagnérien rapide et efficace, qui sait toujours laisser la musique respirer quand c’est nécessaire et la qualité technique de cet album est satisfaisante.
NB. les archives du Metropolitan Opera de New York sont impeccablement tenues et constituent une inépuisable mine d’informations remarquables !

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Playlist « Mendelssohn en noir & blanc »

Pour me remettre de mes écoutes un peu mornes d’hier, voici une playlist nettement plus gratifiante à mes oreilles, consacrée à l’un de mes musiciens favoris –il est dans mon top 5– et dont le corpus pour piano n’est finalement pas si populaire, hormis peut-être les fameuses « Romances sans paroles ».
Et pourtant, à mon avis, la musique pour piano de Felix Mendelssohn-Bartholdy, brillant virtuose, gagnerait à être plus connue : elle est le plus souvent très agréable, plutôt intimiste et se tenant relativement éloigné des effusions romantiques de Schubert ou de Schumann ou de la virtuosité fulgurante de Liszt. J’aurais presqu’envie de dire : du Chopin en plus intéressant ! Il est sans doute plus sage de ne pas écouter les 8 livres qui constituent le recueil de ces « Romances sans paroles » à la suite, mais plutôt de les savourer petit à petit.
Les 6 préludes et fugues sont évidemment « inspirés », au moins dans leur forme, des préludes et fugues de Bach, que Mendelssohn contribua plus que tout autre à redécouvrir et à populariser quand le musicien avait sombré dans un relatif oubli après sa mort.
Quant au « Songe d’une nuit d’été », oeuvre absolument génialissime, cette transcription pour deux pianos, réalisée par le compositeur, est rarement jouée ou enregistrée, mais n’en demeure pas moins géniale ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Lieder ohne Worte (Romances sans paroles), livres 1 à 4
Daniel Adni, piano – 1973 ****(*)

• Le songe d’une nuit d’été, Ouverture et Scherzo – Transcription pour 2 pianos
Martha Argerich & Christina Marton, piano – 2009 *****

• 6 Préludes et fugues op. 35
Daniel Adni, piano – 1976 *****

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Playlist « In terra incognita. 2 »

Voici une playlist d’oeuvres extraites des deux coffrets que je vous présentais, il y a quelques temps déjà, ici, et que je ne connaissais pas pour ne les avoir encore jamais écoutées -j’avais déjà été refroidi par les mélodies et chansons diverses de l’un et l’autre des compositeurs sur un corpus hétéroclite de poèmes plus ou moins intéressants –à mon avis, qui n’engage que moi, sachant que je suis généralement peu sensible à la poésie…– et vers lesquelles, il faut bien le dire, je ne reviendrai pas de si tôt ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Nonobstant ces considérations, ces deux coffrets contiennent leur lot de trésors et autres pépites, et s’avèrent très complémentaires et plus exhaustifs que les deux autres que j’avais déjà sur mes étagères, à savoir celui-là et celui-ci !

Debussy – Le martyre de Saint Sebastien – Mystère en cinq mansions – 1910-11 *
Solistes –chant et narration– Chœurs Raymond Saint-Paul, Orchestre national de l’ORTF, André Cluytens – 1954

Pour tout savoir, vous pouvez vous rendre ici. La version écoutée ce jour est une version « intégrale légèrement tronquée », avec plus de texte parlé –sur fond mystique que je qualifierai de rébarbatif (doux euphémisme)– que de musique –plutôt belle, mais finalement assez rare-… Même tronquée, ça reste très long…

Ravel – Les trois cantates, exercices pour le prix de Rome – 1901/03 **
Myrrha (1901) – Acyone (1902) – Alyssa (1903)
Solistes – Orch. Du Capitole de Toulouse, Michel Plasson – 2000

Maurice Ravel a échoué trois fois au Prix de Rome –temple de l’académisme– avec ces cantates… Ça n’empêche pas qu’il est devenu un musicien bien plus célèbre et reconnu que ceux qui faisaient partie des jurys qui l’avaient méjugé… Pour autant, ces cantates ne font vraiment pas partie de ses meilleures oeuvres…

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Une nouvelle de la plus haute importance !

Nous avons parfois, nous autres français, de drôles de préoccupations et un sens des priorités qui me laisse pantois… C’est ce que je me suis dit en découvrant cette information, qui serait donc de la plus haute importance ! Une information majeure, donc, et tellement importante que même les lecteurs du « quotidien de référence », en France, lui accordent la priorité ! C’est à croire qu’il ne se passe vraiment rien d’autre d’important dans un monde un peu turbulent en ce moment…

J’en suis resté bouche bée !

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Mise en boîte d’un autre genre…

Et hop ! Voilà un autre genre de mise en boîte, nettement moins musical pour le coup !
Pour participer à la sauvegarde de la planète, je continue en effet à remplir des containers de seringues, avec application et selon un rythme très régulier –et sous contrôle de l’ANSM-, aidé en cela par mon infirmière particulière que j’ai pour moi tout seul ! Les containers plein sont ensuite apportés à la pharmacie, qui en donne d’autres, vides évidemment, en échange.

Playlist « Play It Loud – LP de légende »

En ce jour ensoleillé et de grand redoux, deux albums de deux de mes groupes favoris, qui connurent des fortunes similaires –à savoir : un succès d’estime posthume, et guère de reconnaissance, à tout le moins commerciale, de leur vivant…– tournent sur ma platine LP, et, comme je suis seul dans la maison, j’en profite pour les écouter « un peu fort », et même plus : ils le méritent assurément ! Ces deux albums sont initialement parus sur le même éditeur, Sire Records, branche de Warner plutôt active dans le domaine du rock alternatif à la fin des années 70 et durant les années 80.
Les deux disques bénéficient d’excellentes conditions de réédition en vinyle, les pressages 180g sont très silencieux dans les deux cas. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Ramones – Rocket To Russia – 1977 *****

Il s’agit du troisième album, et le second sorti en 1977, des faux-frères –ici, le combo originel : Joey, Johnny, Tommy et Dee Dee-, qui en ont enregistré 14 –en studio-, lesquels sont tous présents au sein de ma discothèque. « Rocket To Russia » est, à mes oreilles, tout simplement le meilleur album des Ramones : quatorze titres simples mais efficaces –de la power pop, de la surf music et du rock’n’roll, joués dans un esprit punk-, dont le désormais mythique « Sheena Is A Punk Rocker », seul « hit », si l’on peut dire –il fut modestement classé dans les charts US-, du groupe sur l’ensemble de sa carrière, et pour un disque qui excède à peine la demi-heure.
A titre un peu anecdotique, cet album me semble, de surcroît, s’inscrire dans l’actualité récente d’un certain président orangé, qui semble vouloir menacer, y compris militairement, la planète toute entière…

 

• The Flamin’Groovies – Jumpin’In The Night – 1979 *****

Peut-être l’album le mieux produit des Flamin’Groovies –sous la supervision de Dave Edmunds-, dans une formation en perpétuelle évolution et éternellement en décalage avec les courants en vogue ! Le groupe se montre toujours hésitant entre Beatles et Rolling Stones et dans « Jumpin’ In The Night« , outre leurs compositions originales, ils proposent des reprises des Beatles ou de Bob Dylan –leur album précédent proposait des reprises des Rolling Stones-, et, surtout, un très bon remake de l’excellent « Werewolves Of London » de Warren Zevon, autre artiste bien oublié de nos jours.
Au sein de la discographie complexe des Flamin’Groovies, du fait de la multiplicité des éditeurs, cet album fait partie du « bon grain » !

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Devinette pour entamer l’année !

2026 début par une devinette plutôt facile –niveau ** maximum à mon avis…-.
Voici mes trois batteurs préférés : comme j’ai parfois des goûts bizarres, ils sont assez éloignés des bateleurs de foire ostentatoires que l’on peut parfois entendre –au hasard, citons par exemple John Bonham, de Led Zeppelin, excessivement bruyant et tapageur (c’est exactement le mot qui convient !) à mes oreilles…-. De gauche à droite, sur l’image, vous trouverez donc :

1. Charlie Watts1941-2021-, légendaire batteur des Rolling Stones
2. Barry JamesWilson1947-1990-, batteur de Procol Harum
3. Stewart Copeland1952-…-, batteur de Police

Ils ont une particularité rare dans le monde de la « Rock Music ». L’objet de la devinette est d’identifier cette particularité.

A vos claviers !

Le pavé sous le sapin

Outre quelques albums vinyles et deux ouvrages sur la guerre civile américaine que je vous ai déjà présentés, un autre pavé m’attendait sous le sapin cette année : cette « Nouvelle histoire de France », ouvrage collectif réalisé sous la direction d’Éric Anceau, très dense, vient fort à propos compléter la référence constituée jusqu’alors par l’ouvrage collectif paru sous la direction de Georges Duby, dont mon édition, un peu ancienne –1995-, commençait à dater quelque peu –la toute première édition, chaudement recommandée par tous les enseignants, m’avait accompagné au début de mes études universitaires en histoire dans les années 80…-.

Cette « Nouvelle histoire de France », de parution très récente –2025-, unanimement louée par les spécialistes et autres critiques littéraires de journaux de gauche, de droite et du centre –!!!-, est un assez conséquent pavé, organisé en cent chapitres thématiques, dont chacun est rédigé par un spécialiste reconnu. Tout cela s’annonce donc assez passionnant, mais écrit si petit que j’ai dû me résoudre à acheter une lampe-liseuse pour que cette lecture reste agréable !

Playlist « Derniers feux romantiques russes »

Les prémices de la fin de l’ère tsariste, en Russie, et l’atmosphère révolutionnaire qui s’y développa à partir de 1905, n’a pas empêché les musiciens de l’époque d’y demeurer d’ardents romantiques attardés, profondément marqués par la génération précédente –Tchaïkovsky et Rimsky-Korsakov notamment-. C’est ce que l’on peut entendre dans les trois symphonies de la playlist de ce jour, où brillent les derniers feux d’un romantisme déjà partout éteint Europe occidentale. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Alexandre Scriabine – Symphonie n°3 « Le divin poème » – 1903/04
Orchestre radio-symphonique de Berlin, Vladimir Ashkenazy – 1990 *****
Ce disque fait partie du coffret de l’oeuvre intégrale de Scriabine présenté ici.

Scriabine, profondément mystique, fut assez peu tenté par l’appropriation d’éléments du folklore russe dans ses oeuvres, qui relèvent plus de la musique abstraite fondée sur un thème évocateur, philosophique ou spirituel : ici « Le divin poème », plus tard « Le poème de l’extase » ou « Prométhée, le poème du feu ». Cette troisième symphonie, d’inspiration quasi-wagnérienne par endroits, est composée de trois mouvements –1. Luttes 2. Voluptés 3. Jeu divin– précédés d’une courte introduction très « cuivrée » qui annonce le thème principal qui parcourt toute la symphonie.

• Maximilian Steinberg – Symphonie n°1 – 1905/06
Orch. symphonique de Gothenburg (Göteborg), Neeme Järvi – 1999 ***

Après celle de Scriabine, la 1ère symphonie de Maximilian Steinberg, élève notamment de Rimsky-Korsakov et de Glazounov, fait un peu pâle figure. Composée quand Steinberg avait à peine vingt ans, dédiée à Glazounov , elle reste fortement influencée par ses deux illustres professeurs. Constituée de quatre mouvements, cette symphonie s’avère habilement conventionnelle, agréable mais un peu trop longue à mon goût eu égard à son contenu assez pauvre en originalité.

• Serge Rachmaninov – Symphonie n°2 – 1907
Orch. symphonique de Pittsburg, William Steinberg – 1961 *****
Ce disque fait partie du superbe coffret présenté ici

La deuxième symphonie de Rachmaninov est restée très célèbre en particulier pour son très beau troisième mouvement et son célèbre solo de clarinette. D’une durée approchant l’heure, on la joue désormais intégralement mais elle a longtemps été interprétée dans des formes révisées par le compositeur pour la réduire à une quarantaine de minutes. C’est le cas dans cet enregistrement resté célèbre de William Steinberg, dont il s’agit de la seconde version avec son orchestre de Pittsburg. Il avait déjà enregistré cette symphonie une première fois, avec le même orchestre, en 1954 pour la firme Capitol Records -cf. extrait-. Deux versions qui furent unanimement louées à l’époque de leur parution, pour une symphonie qui n’étais pas, alors, aussi populaire qu’elle l’est ensuite devenue.

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