Du neuf avec du vieux…
… L’histoire est un éternel recommencement !
Je m’explique : une toute nouvelle passerelle pour les piétons et les cyclistes, en construction depuis le début du printemps, vient d’être posée pour traverser le bassin Vauban et relier un nouvel éco-quartier actuellement en voie de développement en bordure de la frontière allemande, au centre ville.
En réalité, il n’y a là rien de neuf ! Une passerelle quais-identique existait déjà de manière éphémère au même endroit : sa construction avait débuté en 1932, elle fut inaugurée en 1933 et détruite préventivement en juin 1940 par l’armée française pour éviter une éventuelle pénétration de l’armée allemande sur le territoire… On sait ce qu’il advint : les Allemands avaient décidé d’envahir France par les Ardennes, ce qu’ils firent en quatre jours !
Il ne reste qu’à espérer que la nouvelle passerelle aura une durée de vie un peu plus longue que son ancêtre !
Playlist « Somptueuse trilogie finale »
La trilogie finale des sonates pour piano de Beethoven constitue un exceptionnel corpus pianistique, et sans doute le sommet de la musique occidentale pour piano : le compositeur, désormais totalement sourd, est ici à l’apogée de son génie et confie ses plus profondes pensées à son piano.
Comme pour la 32ème sonate, il faudrait que je me livre à l’exercice d’écouter 30 versions différentes de la trentième sonate puis 31 versions différentes de la trente-et-unième sonate : ce sera pour un autre jour, ou plutôt l’une ou l’autre nuit… ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano n°30, opus 109
Maria Grinberg, piano – 1967 ***(*)
La pianiste soviétique Maria Grinberg enregistra, dans des conditions techniques que l’on qualifiera de « peu idéales », une intégrale des sonates de Beethoven au cours des années 60, qui ne fut disponible que tardivement en Occident. Le disquaire allemand qui me l’avait procurée –exceptionnel connaisseur en matière de piano enregistré– était même étonné de ma demande… Malgré des sonorités souvent ingrates et plus liées à la qualité des pianos que de la pianiste, c’est une intégrale intéressante, très contrastée, où cette excellente pianiste se montre très dynamique, au risque d’une certaine brutalité parfois : c’est le cas dans le premier mouvement de cette version de la trentième sonate, dont la poésie n’est pas la vertu première.
• Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano n°31, opus 110
Emil Gilels, piano – 1985 *****
La dernière rencontre du pianiste avec une sonate de Beethoven, puisqu’il devait décéder quelques semaines après cet enregistrement, laissant une intégrale en cours, d’un niveau exceptionnellement élevé, inachevée. Tout est à saluer dans cette version : la légendaire sonorité « d’or » du pianiste qui s’exprime pleinement dans le chant du premier mouvement ou dans l’arioso du troisième mouvement, la maîtrise polyphonique exemplaire da la fugue finale –Adagio ma non trop – Fuga ; cf.extrait : la fugue débute à 3:58-, l’énergie sarcastique du court mouvement central… Un immense disque !
• Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano n°32, opus 111
Rudolf Serkin, piano – 1987 ****
J’avais acheté ce disque dès sa sortie, tant les critiques en France étaient dithyrambiques, et ma déception option fut proportionnelle à leurs éloges ! Je ne doute pas que l’événement fut d’ampleur : un pianiste de renommée mondiale de 85 ans donnant les trois dernières sonates de Beethoven en concert, peut-être pour la dernière fois, cela constitue un événement en soi. Mais ce qu’il en reste au disque mérite d’être ensuite relativisé : l’engagement du pianiste et sa maîtrise intellectuelle des partitions ne font pas défaut, mais il arrive à la 32ème sonate assez éreinté –on peut le comprendre avec un tel programme– et son premier mouvement est plutôt heurté rythmiquement, pas vraiment parfait techniquement, et j’ai connu ailleurs « Arietta » plus engageante en termes de sonorités. Lue a posteriori, la presse internationale ne s’y est pas trompée, réservant le plus souvent un accueil moins favorable que la presse spécialisée française.
Playlist contrastée d’un artiste singulier
Joe Jackson, personnage discret et rare, diplômé de la Royal Academy Of Music où il étudia la composition musicale, multi-instrumentiste de talent, est un artiste singulier, qui a entamé sa carrière, à la fin des années 70, en surfant sur les vagues du post-punk, mais aussi du ska et de la new wave naissante : ses premiers albums sont empreints de cette énergie assez brute de décoffrage parfois, mais ses compositions sont nettement plus originales, plus variées et bien mieux construites que la majorité de la concurrence d’alors. Son deuxième album « I’m The Man », pour lequel il est entouré d’un remarquable trio guitare/basse/batterie, lui même se chargeant des autres instruments : piano, harmonica, melodica, en est un excellent exemple. –Extrait 1-.
Très vite cependant, il s’orienta vers des compositions plus complexes et ambitieuses, et ses compositions ultérieures sont mâtinées de jazz, de world-music voire d’emprunts au music-hall. Le superbe album « Body And Soul » en est la meilleure illustration : c’est mon album préféré de cet artiste singulier et exigeant. –Extrait 2-. De l’excellente musique, portée par d’excellents interprètes et remarquablement enregistrée –un vrai disque de démonstration !-, ce qui ne gâche en rien le plaisir.
Dans les deux extraits, le bassiste, Graham Maby, s’amuse comme un petit fou !
Playlist « On n’est jamais mieux servi… »
Le dicton populaire l’affirme : « On n’est jamais mieux servi que par soi-même » ! Et c’est pour en vérifier le bien-fondé que j’ai concocté cette petite playlist : des enregistrements anciens où des musiciens interpèlent leurs propres oeuvres pour la postérité, et qui, dans une certaines mesure, constituent des jalons référentiels dans l’histoire de l’interprétation de chacune des oeuvres écoutées ce jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Edward Elgar – Concerto pour violoncelle
Beatrice Harrison, violoncelle ; New Symphony Orchestra, Edward Elgar – 1928 *****
Le disque fait partie d’un coffret anthologique des enregistrements électriques des oeuvres d’Elgar par lui-même – 1926-1933 – EMI/Warner
Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce concerto pour violoncelle était si populaire en son temps –malgré une première désastreuse en 1919 par un violoncelliste mal préparé, un chef réticent et un orchestre en manque de répétitions– qu’il s’agit-là du second enregistrement de l’oeuvre par ces mêmes artistes : le premier fut réalisé au bon vieux temps de l’enregistrement acoustique en 1920, celui-ci est un enregistrement électrique –toutes ces différentes techniques sont décrites ici, pour les éventuels passionnés…-. Le son est étonnamment bon pour l’époque et le remastering effectué lors de la mise en CD est très réussi.
Par ailleurs, ce très beau concerto trouve ici une superbe interprétation, aussi belle à mes oreilles que celle de Jacqueline DuPré / John Barbirolli, universellement louée par les musicographes. Edward Elgar, qui avait personnellement choisi la soliste Beatrice Harrison, avait obtenu de His Master’s Voice une somme considérable pour enregistrer ses propres oeuvres, il était remarquablement populaire dans son pays, où il était considéré comme le plus grand musicien anglais depuis Handel.
• Paul Hindemith – Symphonie « Mathis der Maler »
Orchestre philharmonique de Berlin, Paul Hindemith – 1955 *****
Paul Hindemith enregistra une large anthologie de ses oeuvres symphoniques avec l’orchestre philharmonique de Berlin durant les années 50 en réaction, notamment, aux interprétations de ses oeuvres par Wilhelm Furtwängler, qu’il jugeait trop « romantiques » et d’une facture trop subjectives : on n’est décidément jamais mieux servi que par soi-même ! Je vous ai déjà raconté un peu tout cela ici, et mon opinion au sujet de cet album n’a pas varié : c’est vraiment très bien et très bien enregistré pour l’époque !
Zoltan Kodály – Nuit d’été ; Concerto pour orchestre
Orchestre philharmonique de Budapest, Zoltan Kodály – 1960 *****
Parfois décrit comme le « Debussy hongrois », Zoltan Kodály –1882-1967– alliait schéma classique et inspiration folkloriste. Il fut aussi un pédagogue renommée et une méthode d’enseignement de la musique porte son nom et reste encore en vigueur de nos jours –malheureusement pas en France, où l’enseignement de la musique reste encore très élitiste, note perfide du rédacteur…-.
S’il n’est pas le plus connu ou le plus populaire des compositeurs du 20ème siècle, il n’en est pas moins intéressant et les deux oeuvres de ce jour s’écoutent très agréablement. L’orchestre philharmonique de Budapest s’avère être un excellent orchestre, dont le chef le plus éminent fut Otto Klemperer –1947-1950– de retour de son exil américain.
Devinette « Solo pour instrument insolite »
La devinette de ce jour est induite par un commentaire émis à propos de cette notule : une lectrice qui se reconnaîtra semblait étonnée qu’un bassiste puisse réaliser des solos sur son instrument ! Sans doute ne connaît-elle pas Jaco Pastorius, leur maître à tous 😉 –il devait avoir des doigts en béton pour sortir des harmoniques pareilles !-.
D’autres instruments bien plus insolites existent pourtant ! Ainsi, je vous proposerai de citer, dans cette devinette :
• Le titre d’une chanson dans laquelle est présent un solo d’ocarina, et le nom du groupe qui popularisa cette chanson, qui fut n°1 dans les charts américains en son temps. –**-;
• Le nom d’un groupe et le titre de l’album du groupe -leur premier et meilleur disque- dans lequel on entend très souvent une cruche électrique, ce qui contribua à rendre célèbre cet instrument. Si si, je vous confirme que cet instrument existe réellement, il est issu de la musique populaire de rue du sud des États-Unis -les « jug bands », dont les musiciens étaient trop pauvres pour s’acheter un instrument et qui utilisaient alors des objets du quotidien qu’ils transformaient- ! –****-.
A vos claviers !
Surprise impériale
La surprise de ce mois qui s’annonce à nouveau chaud, voire caniculaire, est issue d’un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais alors à son apogée et fleure bon l’époque épique des trois lanciers du Bengale –on a les références qu’on peut, n’est-il pas ?-.
En complément au plat de résistance, d’un niveau exceptionnel selon mon goût –et dont vous trouverez également une très courte notice explicative-, un petit bonus un peu ancien mais tout-à-fait excellent tient lieu de dessert !
Vous pouvez la trouver ici, et comme habituellement, la surprise précédente est retirée su serveur.
ENJOY !
Playlist pour petits et grands enfants
• Serge Prokofiev – Pierre et le loup, conte symphonique pour les enfants
Version contée en Anglais
Alec Clunes, narrateur ; Orchestre national de l’ORTF, Lorin Maazel – 1963 ****
• Francis Poulenc – Histoire de Babar, le petit éléphant
Orchestration de Jean Françaix
Peter Ustinov, narrateur ; Orchestre du conervatoire de Paris, Georges Prêtre – 1966 ****
• Maurice Ravel – L’enfant et les sortilèges
Solistes ; Choeurs, Maîtrise et Orchestre national de l’ORTF – 1961 *****
–Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand–
Petit mais costaud !
Je ne vous parlerai pas ici du Petit Pimousse, célèbre auprès des enfants ayant grandi dans les années 80-90 –et de leurs parents-, mais du vaccin anti-zona. qui est le dernier administré d’une longue série de vaccinations entamée il y a deux ans !
La première injection de ce vaccin m’avait valu une fièvre de cheval, sans aucun autre des effets secondaires généralement annoncés –essentiellement : une grande fatigue, des maux de tête et des douleurs durant quelques jours au point d’injection, mais je suis anormalement peu sensible à la douleur selon le corps médical, qui en profite pour économiser des anesthésiants…-.
La seconde injection de rappel est prévue pour ce soir, mon infirmière favorite et personnelle dont je suis le seul patient s’en chargera ! On dira que si j’ai trop chaud demain, c’est à cause de la canicule !









