La surprise de ce mois qui s’annonce à nouveau chaud, voire caniculaire, est issue d’un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais alors à son apogée et fleure bon l’époque épique des trois lanciers du Bengale –on a les références qu’on peut, n’est-il pas ?-.
En complément au plat de résistance, d’un niveau exceptionnel selon mon goût –et dont vous trouverez également une très courte notice explicative-, un petit bonus un peu ancien mais tout-à-fait excellent tient lieu de dessert ! Vous pouvez la trouver ici, et comme habituellement, la surprise précédente est retirée su serveur.
• Serge Prokofiev– Pierre et le loup, conte symphonique pour les enfants
Version contée en Anglais
Alec Clunes, narrateur ; Orchestre national de l’ORTF, Lorin Maazel – 1963 ****
• Francis Poulenc – Histoire de Babar, le petit éléphant
Orchestration de Jean Françaix
Peter Ustinov, narrateur ; Orchestre du conervatoire de Paris, Georges Prêtre – 1966 ****
• Maurice Ravel – L’enfant et les sortilèges
Solistes ; Choeurs, Maîtrise et Orchestre national de l’ORTF – 1961 *****
Je ne vous parlerai pas ici du Petit Pimousse, célèbre auprès des enfants ayant grandi dans les années 80-90 –et de leurs parents-, mais du vaccin anti-zona. qui est le dernier administré d’une longue série de vaccinations entamée il y a deux ans !
La première injection de ce vaccin m’avait valu une fièvre de cheval, sans aucun autre des effets secondaires généralement annoncés –essentiellement : une grande fatigue, des maux de tête et des douleurs durant quelques jours au point d’injection, mais je suis anormalement peu sensible à la douleur selon le corps médical, qui en profite pour économiser des anesthésiants…-.
La seconde injection de rappel est prévue pour ce soir, mon infirmière favorite et personnelle dont je suis le seul patient s’en chargera ! On dira que si j’ai trop chaud demain, c’est à cause de la canicule !
La playlist de cette nouvelle journée de nouvelle canicule –qui devrait durer moins longtemps que les précédentes mais est, cette fois-ci, centrée sur l’est de l’Europe– est consacrée au grand pianiste russe Emil Gilels, dont les lecteurs réguliers de ce blog savent qu’il s’agit de mon pianiste préféré –non, je n’ai pas que des goûts bizarres ! -, et que de nombreux musicographes considèrent comme l’un des plus grands pianistes du vingtième siècle.
« Le jeu d’Emil Gilels produisait un tonnerre aux sonorités tendres ; jamais fruste, il était davantage ancré dans la terre que dans les cieux. Il concevait le piano comme un instrument chantant et non comme un instrument percussif. Même ses fortissimos ne sonnaient jamais de manière percussive. Sa sonorité n’était jamais dure ni monotone, et son toucher se distinguait par sa grande souplesse et son élégance. Son style, d’apparence sobre, brûlait intérieurement d’une profonde intensité. C’était une approche empreinte d’une subjectivité imaginative qui, grâce à son sens aigu de la forme et du flux musical, en préservait constamment la cohérence. Serait-il exagéré d’évoquer une sonorité cristalline mêlée de larmes ? Emil Gilels était un conteur brillant, maître des transitions entre tension, douceur et tristesse, sans jamais rien perdre de son intensité. »
–Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Ludwig Van Beethoven – Concerto pour piano n°3
Emil Gilels, piano ; Orchestre de la Radio d’État d’URSS, Kirill Kondrashin – 1951 *****
Au cours du vingtième siècle, Emil Gilels fut le pianiste qui joua le plus souvent les concertos pour piano de Beethoven, tout au long de sa carrière, avec de multiples orchestres et chefs, à travers tous les continents où il se produisit. Outre ses quatre intégrales officielles, il existe de très nombreuses bandes de concerts de ses interprétations. Je ne souvenais plus de cette fabuleuse version de 1951, époustouflante d’énergie mais aussi débordante de tendresse dans le deuxième mouvement. Une exceptionnelle version donc, à la hauteur des toute meilleures que je lui connais. Le son est étonnamment bon pour un live de radio de l’ère soviétique de l’immédiate après-guerre.
• Franz Liszt – Sonate en si mineur
Emil Gilels, piano – 1964 *****
Une très grande version de cette très grande sonate, enregistrée à New York, où le pianiste eut le droit de se produire dès 1955, étroitement chaperonné par des « gardes du corps » de la police soviétique : il subit ce traitement tout au long de sa vie, à chacun de ses déplacements hors d’URSS… La sonate fut enregistrée d’une seule traite par RCA le 24 décembre 1964. J’ai dans ma discothèque une douzaine d’autres versions plus ou moins officielles de cette sonate par le pianiste, celle-ci est, à ma connaissance du moins, son unique version de studio. La prise de son de cet album est excellente et rend parfaitement à la sonorité exceptionnelle du pianiste.
La redoutable critique américaine Claudia Cassidy, qui a fait et surtout défait tant de carrières d’artistes européens aux États-Unis par ses écrits parfois dévastateurs dans le Chicago Tribune –ce n’est pas en vain qu’elle fut surnommée « Acidy Cassidy »…-, salua l’enregistrement en ces termes dans le même journal :
« Entre de mauvaises mains, la sonate de List peut être la plus formidablement ennuyeuse des musiques. Mais [avec cette version] voici la noirceur Byronienne de son imagination aux élans vertigineux, sa technique prodigieuse, ses brusques sautes d’humeur, sa conviction absolue que le piano est le plus grand des instruments — et un instrument chantant, qui plus est. »
• Franz Schubert / Dmitry Kabalevsky – Fantaisie pour piano et orchestre en fa mineur Transcription de la fantaisie en fa mineur pour piano à 4 mains de Franz Schubert
Emil Gilels, piano – Orchestre philharmonique de Moscou, Kirill Kondrashin – 1962 *****
Lorsque j’étais enfant, vers 7-8 ans, j’adorais la version originale pour piano à quatre mains de cette Fantaisie de Schubert et son merveilleux début très rêveur : avec les « Gymnopédies » d’Erik Satie, elle faisait partie de mes oeuvres pour piano favorites : j’avais déjà des goûts bizarres !
Cette curieuse transcription pour piano et orchestre est, justement, curieuse, mais préserve le miraculeux commencement de l’oeuvre, et l’ensemble s’écoute agréablement. Emil Gilels, qui appréciait beaucoup cette fantaisie, l’enregistra également dans sa version originale pour piano à quatre mains avec sa fille Elena pour le label Deutsche Grammophon en 1978. Cette version pour piano et orchestre, témoignage d’un concert de 1962, ne bénéficie pas d’une meilleure prise de son que le concert enregistré en 1951 !
J’ai édité la partition –tablature– du solo de guitare dont je vous parlais hier –The Cure : A Letter To Elise-. Désormais, il n’y a plus qu’à me la mettre sous les doigts en essayant également de soigner le son –ce qui me semble en définitive le plus difficile…-, et donc en commençant à vitesse légèrement réduite réduite…
Ça va un peu vite, mais pratiquement tout le solo se joue sur la corde de SOL et beaucoup de notes se répètent ! –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
La lettre à Élise, c’est évidemment et d’abord la bien connue pièce pour piano de Beethoven, régulièrement massacrée ânonnée par les apprentis pianistes. Mais l’autre lettre à Élise, c’est aussi une très jolie chanson des Cure, que j’aime beaucoup, parue sur leur album « Wish » –1992-, dont elle constitue, au moins à mes oreilles, l’un des sommets –elle fit d’ailleurs l’objet d’une parution en single-..
Je l’avais inscrite à mon répertoire d’apprenti-bassiste il y plusieurs années, et remisée depuis presqu’aussi longtemps. Je l’ai reprise aujourd’hui, et elle me paraît beaucoup plus simple désormais –comme souvent avec les chansons du groupe, elle tombe très bien sous les doigts…-, mais toujours aussi jolie !
La chanson comporte par ailleurs un très chouette solo de guitare qui ne me semble pas excessivement difficile –on le devine à partir de 2:45 dans l’extrait sonore– et que je vais m’empresser d’essayer de jouer.
… je ne l’attendais pas, au mieux, avant une dizaine de jours ! Je pense que le colis, déposé dans ma boite aux lettres ce matin, n’est pas passé par le détroit d’Ormuz ! Le disque –en vinyle blanc– tourne déjà sur ma platine !