Le pavé sous le sapin

Outre quelques albums vinyles et deux ouvrages sur la guerre civile américaine que je vous ai déjà présentés, un autre pavé m’attendait sous le sapin cette année : cette « Nouvelle histoire de France », ouvrage collectif réalisé sous la direction d’Éric Anceau, très dense, vient fort à propos compléter la référence constituée jusqu’alors par l’ouvrage collectif paru sous la direction de Georges Duby, dont mon édition, un peu ancienne –1995-, commençait à dater quelque peu –la toute première édition, chaudement recommandée par tous les enseignants, m’avait accompagné au début de mes études universitaires en histoire dans les années 80…-.

Cette « Nouvelle histoire de France », de parution très récente –2025-, unanimement louée par les spécialistes et autres critiques littéraires de journaux de gauche, de droite et du centre –!!!-, est un assez conséquent pavé, organisé en cent chapitres thématiques, dont chacun est rédigé par un spécialiste reconnu. Tout cela s’annonce donc assez passionnant, mais écrit si petit que j’ai dû me résoudre à acheter une lampe-liseuse pour que cette lecture reste agréable !

Playlist « Derniers feux romantiques russes »

Les prémices de la fin de l’ère tsariste, en Russie, et l’atmosphère révolutionnaire qui s’y développa à partir de 1905, n’a pas empêché les musiciens de l’époque d’y demeurer d’ardents romantiques attardés, profondément marqués par la génération précédente –Tchaïkovsky et Rimsky-Korsakov notamment-. C’est ce que l’on peut entendre dans les trois symphonies de la playlist de ce jour, où brillent les derniers feux d’un romantisme déjà partout éteint Europe occidentale. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Alexandre Scriabine – Symphonie n°3 « Le divin poème » – 1903/04
Orchestre radio-symphonique de Berlin, Vladimir Ashkenazy – 1990 *****
Ce disque fait partie du coffret de l’oeuvre intégrale de Scriabine présenté ici.

Scriabine, profondément mystique, fut assez peu tenté par l’appropriation d’éléments du folklore russe dans ses oeuvres, qui relèvent plus de la musique abstraite fondée sur un thème évocateur, philosophique ou spirituel : ici « Le divin poème », plus tard « Le poème de l’extase » ou « Prométhée, le poème du feu ». Cette troisième symphonie, d’inspiration quasi-wagnérienne par endroits, est composée de trois mouvements –1. Luttes 2. Voluptés 3. Jeu divin– précédés d’une courte introduction très « cuivrée » qui annonce le thème principal qui parcourt toute la symphonie.

• Maximilian Steinberg – Symphonie n°1 – 1905/06
Orch. symphonique de Gothenburg (Göteborg), Neeme Järvi – 1999 ***

Après celle de Scriabine, la 1ère symphonie de Maximilian Steinberg, élève notamment de Rimsky-Korsakov et de Glazounov, fait un peu pâle figure. Composée quand Steinberg avait à peine vingt ans, dédiée à Glazounov , elle reste fortement influencée par ses deux illustres professeurs. Constituée de quatre mouvements, cette symphonie s’avère habilement conventionnelle, agréable mais un peu trop longue à mon goût eu égard à son contenu assez pauvre en originalité.

• Serge Rachmaninov – Symphonie n°2 – 1907
Orch. symphonique de Pittsburg, William Steinberg – 1961 *****
Ce disque fait partie du superbe coffret présenté ici

La deuxième symphonie de Rachmaninov est restée très célèbre en particulier pour son très beau troisième mouvement et son célèbre solo de clarinette. D’une durée approchant l’heure, on la joue désormais intégralement mais elle a longtemps été interprétée dans des formes révisées par le compositeur pour la réduire à une quarantaine de minutes. C’est le cas dans cet enregistrement resté célèbre de William Steinberg, dont il s’agit de la seconde version avec son orchestre de Pittsburg. Il avait déjà enregistré cette symphonie une première fois, avec le même orchestre, en 1954 pour la firme Capitol Records -cf. extrait-. Deux versions qui furent unanimement louées à l’époque de leur parution, pour une symphonie qui n’étais pas, alors, aussi populaire qu’elle l’est ensuite devenue.

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Playlist « Incompréhensible Beatlemania »

(Mes nuits sans dormir, ça ne finira jamais…) J’ai écouté en nocturne, donc de manière très attentive, les trois albums des Beatles qui précèdent immédiatement le célèbre « Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band », dont je vous avais parlé un peu plus longuement ici. Le premier d’entre eux reste encore marqué par les influences skiffle que le groupe proposait à ses débuts, les deux suivants annoncent les prémices du style plus ambitieux des années à venir.
Ces trois albums, parus rapidement entre août 1965 et août 1966 et aussitôt classés n°1 dans les charts, s’inscrivent en plein dans le phénomène qualifié de « Beatlemania », phénomène que, personnellement, j’ai bien du mal à comprendre à leur écoute –et encore plus en les écoutant avec le recul de 60 ans depuis leur parution…– : à mes oreilles, donc, c’est essentiellement « gentiment poppi », généralement mieux interprété que dans les premiers albums, plutôt bien arrangé et très bien produit eu égard aux normes de l’époque, mais ça ne casse généralement pas trois pattes à un canard même si ça s’écoute très agréablement. Autres temps, autres moeurs ! 
Le plus abouti de ces disques est « Revolver », qui propose en outre un instrumentarium enrichi et varié –grâce notamment à George Harrison-, ainsi que des compositions plus ambitieuses. Néanmoins, parus peu ou prou à la même époque, « Aftermath » des Rolling Stones et « Pet Sounds » des Beach Boys sont, à mon avis, supérieurs à l’opus des Beatles. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Beatles – Help – Août 1965 **(*)
• The Beatles – Rubber Soul – Décembre 1965 ***
• The Beatles – Revolver – Août 1966 ****(*)

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Elle est enfin arrivée !

Depuis le temps que je l’attendais –presque trois mois…-, ma nouvelle carte vitale est enfin arrivée, après moultes péripéties ! J’avais effectué ma demande de remplacement en ligne le jour même de sa destruction, et obtenu un accusé de réception, mais, ne voyant rien venir après une dizaine de jours, quelques courriels restés sans réponse et plusieurs appels téléphoniques infructueux, je m’étais rendu directement auprès du service idoine. Réponse de la préposée, après 45 minutes d’attente :

« Ah oui, en effet, nous avons réceptionné votre demande : nous avons donc désactivé votre carte vitale –ce que le pharmacien m’avait déjà signalé…– et vous avons envoyé le formulaire adéquat il y a déjà plusieurs jours. Il faudrait demander à votre facteur s’il ne l’a pas perdu –!!!. Nous allons vous en renvoyer un nouveau, je vous fais passer en priorité sur la plateforme ».

Ce qui fut fait dans des délais relativement brefs : le formulaire adéquat, réceptionné par La Poste, consistait simplement en une demande de photo d’identité et une copie recto de la CNI, à renvoyer par courrier sous 10 jours, sous peine d’obsolesence de la demande. Je m’acquittais de cette tâche en une journée, et renvoyais ledit courrier en « lettre suivie », arrivée à bonne destination, en trois jours –les délais normaux pour l’acheminement d’un courrier désormais–  dix jours avant Noël.

Je m’attendais donc à avoir une carte vitale toute neuve à déposer sous le sapin, mais c’était évidemment sans compter les lenteurs le hacking de La Poste et la trêve des confiseurs… C’est désormais chose faite, et me voilà donc avec une carte vitale toute neuve –que je dois déjà mettre à jour est-il spécifié dans son courrier d’accompagnement…-, flanquée d’une photo d’identité alors qu’avec l’ancienne, j’étais incognito !

 

 

Sacrée collection !

Lorsque je n’étais pas encore un oisif, la première quinzaine de janvier était l’une de mes périodes préférées, nonobstant le froid et les kilomètres sur des routes parfois bien gelées… En effet, durant une quinzaine d’années, j’ai été régulièrement invité par les élus un peu partout sur mon territoire d’exercice, pour leur traditionnelle cérémonie « officielle » des voeux, invariablement suivie d’une dégustation de l’une ou l’autre galette plus ou moins républicaine ! J’en ai récolté des kilos en trop une sacrée collection de fèves –78 au dernier recensement-, majoritairement en porcelaine et dont certaines sont très jolies !


Cela dit, l’oisiveté ne m’empêche pas de continuer à manger les exceptionnelles galettes richement garnies de frangipane de mon boulanger –et à accroître ma collection de fèves !– : après tout, c’est de saison !

Playlist « Sous le sapin, encore… »

Outre l’excellent double LP de Robert Johnson déjà écouté –et même réécouté-, trois autres disques vinyles ornaient le pied de notre sapin cette année, albums dont je profite aujourd’hui, de bon matin et « un peu fort », et qui sont suffisamment connus et entrés dans l’histoire de la musique pop-rock enregistrée pour qu’il ne soit guère utile d’en dire beaucoup plus : ils sont tous excellents !

Anecdotiquement, pour deux d’entre eux –The Doors et Joy Division-, il s’agit de disques que je n’avais jamais eus sous ce format du temps lointain où j’avais une discothèque vinyle conséquente –je ne les ai qu’en CD-. A dire vrai, The Doors est un groupe qui m’a résisté assez longtemps et que je n’ai commencé à apprécier que tardivement, peut-être parce que le premier contact que j’ai eu avec eux était « The Soft Parade », album que je n’apprécie d’ailleurs toujours pas… Une grande première donc ! Ils sont tous trois proposés en pressage 180 grammes très silencieux. –Cliquer sur l’ image pour la voir en plus grand-.

• The Doors – The Doors – 1967 *****
• Led Zeppelin – IV – 1971 *****
• Joy Division – Unknown Pleasures – 1979 *****

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Playlist « In terra incognita. 1 »

Voici le début d’une série qui promet de s’enrichir assez conséquemment, et consacrée, en guise de résolution pour cette nouvelle année, aux oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir bon ou mauvais. C’est le cas des oeuvres écoutées parmi les albums de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Au programme de cette playlist figurent donc :

• Arnold Bax – Symphonie n°2 -1924-26
BBC Philharmonic, Vernon Handley – 2003 ***
Extrait d’un coffret de 4 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Bax

 La deuxième symphonie du compositeur anglais Arnold Bax est en trois mouvements et dure près de quarante minutes et mobilise un orchestre important. Les deux premiers mouvements, sur des tempi lents ou modérés, sont relativement lyriques et sombres, le troisième est d’allure plus menaçante avant de s’achever de manière apaisée. Le chef Vernon Handley était un infatigable défenseur de la musique britannique, qu’il a enregistrée en grande quantité.

• Robert Schumann – Symphonie « Zwickau » – 1832-33
Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner – 1998 **
Extrait d’un coffret de trois disques comprenant l’intégrale des symphonies de Schumann-

La symphonie en sol mineur de Schumann, dite « Symphonie Zwickau » du nom de la ville où elle fut créée, ne fait pas partie du corpus officiel de ses symphonies, et seuls deux mouvements sont achevés –un peu moins de vingt minutes-, les deux derniers étant restés au stade d’esquisses incomplètes et « non jouables ». Ce premier essai symphonique de Schumann fut un échec. Et, à mon avis, ce n’est pas totalement injustifié…

• Ralph Vaughan-Williams – Symphonie n°2 « A London Symphony » – 1912, révisée en 1933
Orch. Philharmonique de Londres, Sir Adrian Boult – 1971 ***(*)
Extrait d’un coffret de 8 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Vaughan-Williams

Comme celle de Bax –les deux compositeurs sont presque exactement contemporains– , la deuxième symphonie de Ralph Vaughan-Williams mobilise un orchestre important et dure une quarantaine de minutes, pour quatre mouvements suivant le schéma symphonique classique. Elle est d’un accès relativement facile –j’avais gardé un souvenir pour le moins mitigé du compositeur et ne m’y étais plus attardé depuis longtemps…-, et interprétée ici par un chef très grand spécialiste du compositeur, et, plus largement, immense serviteur des compositeurs anglais Il fut d’ailleurs professeur de Vernon Handley.
Ce dernier disque est nettement mieux que dans mon souvenir !

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Surprise en forme de prélude à la nouvelle année !

En 2026, au-delà des résolutions qui sont rarement tenues, certaines –bonnes– habitudes perdurent, et c’est notamment le cas pour les surprises mensuelles. Ainsi,  la première surprise de cette année est disponible ici, et même si elle n’est pas excessivement copieuse, elle me semble de bien belle qualité, et plutôt bien adaptée pour vous permettre de modestement débuter ce nouveau cycle annuel !

ENJOY !

 

Traversons joyeusement 2026 !

* En Alsace, « zwìscha Wiahnachta un Neijohr » –entre Noël et Nouvel An-, on se souhaite traditionnellement un « güete Rutsch », littéralement une « bonne glissade » au moment d’entamer la nouvelle année. Cela n’a rien à voir « mìt em Schnee un Glàttis »  –avec la neige et le verglas-. Il s’agit d’une déformation verbale de l’expression yiddisch « a git Rosch » , vœu prononcé à l’occasion de la fête du Nouvel An juif appelé « Rosch Hachanah ».

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