Playlist « Spécial post-anniversaire » !
Parmi mes beaux cadeaux d’entrée récente dans le monde des sexagénaires figuraient ces trois excellents LP que j’ai enfin eu le temps de déposer sur ma platine aujourd’hui ! Ils sont, chacun à sa manière, excellents et ne viendront pas déparer la petite discothèque de 33 tours ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Madness – Hit Parade – 2025 *****
Excellente compilation de titres parus durant la désormais longue carrière de Madness, entamée il y a 50 ans cette année sous le signe du ska et du rocksteady avant se diversifier. La pochette très vivement colorée annonce la bonne humeur entretenue tout au long de ces 15 chansons, dont je ne connaissais d’ailleurs qu’une partie. Une merveilleuse compilation pleine de joie et de fraicheur ! Belle présentation, commentaires intéressant sur l’origine de chaque chanson par l’un ou l’autre membre du groupe.
Le pressage hollandais est d’un silence absolument exemplaire : pas le plus petit craquement tout au long de l’écoute de ce disque !
• Fleetwood Mac – Rumours – 1977 *****
Inutile de présenter ce disque, l’une des plus grosse vente de l’histoire de la Pop-Rock Music –plus de 40 millions d’exemplaires vendus depuis sa sortie– et qui fit un énorme carton partout dans le monde en 1977. « Rumours » est régulièrement placé très haut dans les listes des « meilleurs albums ». Le disque est évidemment excellent et compte son lot de titres hyper-connus et efficaces, de « Go Your Owe Way » à « The Chain » en passant par « Don’t Stop ». Néanmoins, je persiste à préférer la période anglaise de Fleetwood Mac, comprise entre la fin des années 6 et le tout début des années 70.
Très belle réédition, avec notamment le double encart originel comprenant les paroles et un choix de photos du groupe en noir et blanc.
• The Cure – Seventeen Seconds – 1980 *****
Premier volume de ce qu’on a coutume d’appeler « la Trilogie Glacée » du groupe, alors constitué en quatuor avec un nouveau bassiste, Simon Gallup –désormais le membre le plus ancien du groupe après Robert Smith-, le claviste Matthew Hartley qui ne resta dans le groupe que quelques mois et Lol Tollhurst, batteur d’origine du groupe, renvoyé par Robert Smith en 1989, après avoir été remplacé à la batterie dès 1982… Ce disque est empbématique des prémices du « Rock Gothique », même si on ne saurait le restreindre à ce genre. Le contraste avec Madness est évidemment saisissant !
« Seventeen Seconds » un très beau disque –qui contient notamment « A Forest », titre du groupe présent lors de chaque concert-, que je préfère personnellement à son successeur « Faith » –contre l’avis quasi-général des fans du groupe-. Très belle réédition en LP, pressage 180 grammes silencieux.
Des goûts et des couleurs – 11.
Beethoven – Les intégrales de concertos pour piano
Depuis quelques semaines, je suis retourné plus fréquemment vers les 5 concertos pour piano de Beethoven, que j’avais quelque peu mis de côté ces dernières années. Il s’agit d’oeuvres que j’avais découvertes très jeune, lorsque j’étais encore un mélomane débutant : on m’avait offert, pour mes 8-10 ans, le coffret 33 tours de la toute première intégrale enregistrée par Alfred Brendel pour le label Turnabout à la fin des années 50, avec des orchestres de petite réputation et des chefs d’envergure encore moindre. Comme, à cette époque, je les ai beaucoup écoutés parce que je n’avais qu’une très petite collection de disques qui repassaient donc en boucle sur ma platine, j’en ai gardé essentiellement un amour immodéré pour le quatrième concerto et une bonne connaissance de tous les autres, même les deux premières, plus souvent négligés.
Ce dont je n’avais pas tout-à-fait conscience, en revanche, c’est du grand nombre d’intégrales qui abondent dans ma discothèque actuelle –sans même compter les versions individuelles hors-intégrale, notamment pour les deux derniers concertos– : je pensais en avoir beaucoup moins ! Le classement que j’en ai effectué, éminemment subjectif évidemment, correspond à mes préférences personnelles, sachant qu’il faudrait mettre beaucoup de mauvaise volonté pour rater ces concertos : toutes ces intégrales sont donc, au minimum, de bonne qualité, et certaines sont exceptionnelles !
Les trois versions HIP de ma discothèque sont repérées à part –à droite-, les sonorités d’un pianoforte permettent de changer un peu la perspective –et les équilibres– que l’on peut avoir de ces très belles oeuvres. La plus récente et la mieux enregistrée de ces trois versions est celle de Brautigam/Willems.
Les autres intégrales sont réparties en quatre catégories, selon un ordre décroissant de préférence –cette répartition est évidemment éminemment subjective et personnelle…– de gauche à droite. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Pour faire bonne mesure, il manque en réalité deux intégrales sur ce diagramme : je les avais oubliées parce qu’elles font partie de coffrets anthologiques et sont rangées sur une autre étagère… –Cliquer sur les imagettes pour les voir en plus grand-.
Il s’agit de la remarquable intégrale –quasi introuvable sous cette forme actuellement malheureusement, mais on peut la reconstituer au gré des rééditions anthologiques consacrées au pianiste– qu’enregistra, durant les années 50, Emil Gilels pour la firme Melodiya, en URSS, avec l’orchestre de Leningrad sous la direction de Kurt Sanderling et l’orchestre de la radio de Moscou sous la direction de Kirill Kondrashin. Cette intégrale prend facilement pga ce dans la première colonne de gauche : Gilels y est encore dans ses années les plus virtuoses, d’une assurance technique prodigieuse, et les deux chefs sont de merveilleux accompagnateurs, même si les orchestres sont d’une verdeur typiquement soviétique et que les prises de son ne valent pas celles que l’on réalisait à la même époque en Occident.
L’autre intégrale oubliée est celle réalisée par Glenn Gould pour CBS entre 1957 et 1961 avec différents chefs –très bien rééditée par Sony-, que je classerais dans la troisième colonne. Le pianiste s’y montre moins iconoclaste dans les trois premiers concertos pour piano que dans d’autres oeuvres, et si le quatrième concerto avec Leonard Bernstein est un ratage complet à mes oreilles, l’impérial cinquième, en revanche, accompagné par Leopold Stokowski, est une réussite totale.
En définitive, si vous trouvez encore le coffret Gilels publié en son temps par EMI France et cité en tout premier -il a enregistré cinq intégrales et de multiples versions live sont disponibles pour l’un ou l’autre concerto et reste le pianiste qui interprète le plus souvent ces concertos au vingtième siècle-, vous pouvez vous jeter dessus, vous y gagnerez en prime une excellente version du concerto pour violon et une belle version du triple concerto pour violon, violoncelle et piano. La meilleure alternative à ce pianiste est, à mes oreilles, constituée par le pianiste Evgeny Sudbin, très bien accompagné par Osmo Vänskä et dont l’intégrale en trois disques séparés est superbement enregistrée chez BIS. Les deux meilleurs orchestres sont ceux de Dresde -Arrau/Davis- et d’Amsterdam -Perahia/Haitink-, dans deux intégrales des années 80 qui firent date à leur sortie et restent superbes.
Tsunami bleu !
A ce stade du dépouillement, ce n’est plus une simple vague, mais un tsunami bleu qui s’est répandu à travers les États-Unis d’Amérique ! MAGA s’est transformé en VETO…
Coupe au carré…
Près du campus universitaire, l’avenue qui abrite les rails du tramway de la ligne qui relie les quartiers sud de Strasbourg au centre-ville, et jusqu’à la gare est bordée d’arbres qui viennent d’être taillés selon une coupe « au carré » qui ne les avantage pas vraiment, même si l’alignement quasi-parfait qui en résulte est tout-à-fait surprenant ! J’imagine que cette coupe d’hiver était rendue nécessaire à cause des lignes électriques du tramway…
Mais quand même, si j’étais un arbre, je changerais de coiffeur !
Playlist concertante et controversée !
La playlist de ce jour est consacrée à trois concertos pour piano parmi les plus célèbres du répertoire dans des interprétations qui ont, de tout temps, été sujettes à controverses, plus encore en France que dans d’autres pays dont j’ai pu retrouver quelques échos.
Pourtant, la collaboration entre ces deux artistes qui s’estimaient et s’admiraient réciproquement s’est révélée relativement fructueuse quantitativement parlant, puisqu’Alexis Weissenberg est sans doute le pianiste avec lequel Herbert von Karajan a le plus enregistré dans le domaine du concerto pour piano et leur legs discographique est désormais reconsidéré plus positivement auprès des musicographes actuels -même, mais dans une moindre mesure, en France- au gré des rééditions. -Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Piotr I. Tchaïkovsky – Concerto pour piano n°1
Alexis Weissenberg, piano – Orchestre de Paris, Herbert von Karajan – 1971 ***
Ce disque m’est cher non pour son contenu, mais parce qu’il s’agit du tout premier disque qui me fut offert pour mon sixième anniversaire. J’avais entendu à la radio ce concerto et j’en chantais continuellement, paraît-il, sa très célèbre introduction, au risque de l’agacement paternel qui n’appréciait guère Tchaïkovsky ! Karajan a enregistré l’oeuvre quatre fois, cette version parisienne n’est ni pire ni meilleure que ses autres versions dans sa conception. Le tout jeune orchestre de Paris dont il était alors «conseiller musical spécial» depuis 1969, charge dont il devait vite se débarrasser l’année suivante, notamment parce qu’il jugeait les musiciens de l’orchestre plutôt désinvoltes et parce que les engagements de recrutement promis par le ministère de la culture lors de la signature de son contrat ne furent pas tenus, n’est cependant pas à cette date le plus exceptionnel des orchestres –son successeur, Sir Georg Solti, se cassa les dents pour les mêmes raisons et rendit bien vite sa baguette également…-. Alexis Weissenberg, pianiste très apprécié du chef autrichien, joue une partition tout en muscle, mais les deux musiciens semblent avoir renoncé à jouer la même partition.
• Sergei Rachmaninov – Concerto pour piano n°2
Alexis Weissenberg, piano – Orch. Philh. de Berlin, Herbert von Karajan – 1973 ****
Deux ans plus tard, à Berlin, chef et pianiste évitent, a contrario et de manière surprenante, tout enlisement dans le deuxième concerto pour piano de Rachmaninov. C’est une très belle version de ce concerto qui est offerte, avec un orchestre voluptueux –la partition se prête admirablement à ce traitement– mais qui ne sombre jamais dans le sirupeux et un pianiste à la virtuosité très expressive. Un très bel album ! L’enregistrement est l’un des tout premiers réalisé en quadriphonie –et remastérisé en CD en stéréo-, une technique qui ne perdura pas et qui n’enrichit que les marchands de canapé !
• Johannes Brahms – Concerto pour piano n°1
Alexis Weissenberg, piano – Orch. Philh. de Londres, Carlo Maria Gilulini, 1973 ****
Tout au long des années 70, Alexis Weissenberg, rescapé d’un camp de concentration où il fut emprisonné durant quelques mois, encore enfant, pendant la seconde guerre mondiale, fut un pianiste extrêmement populaire en France –à tel point qu’il se fit naturaliser français-, largement popularisé par ses passages télévisés dans « Le grand échiquier », émission qui contribua à populariser la musique classique auprès d’un large public. Le premier concerto pour piano de Brahms avec le chef italien Carlo Maria Giulini fait partie de ses meilleurs disques concertants. A mes oreilles, le chef est meilleur ici que dans son célèbre enregistrement avec Claudio Arrau, pourtant bien plus largement réédité, et ce concerto à la virtuosité exigeante convient parfaitement au jeu du pianiste. Une belle réussite !
Surprise rare -et donc précieuse… ou pas !-
Entre balades post-estivales, soirées gastronomiques et autres expériences culinaires, week-end festifs et tournée des cimetières -novembre oblige-, j’ai été bien occupé ces dernières semaines, mais j’ai tout de même trouvé de quoi vous proposer une nouvelle surprise mensuelle, d’autant plus précieuse qu’elle est très rare ! A vous de la découvrir… C’est ici que vous la trouverez.
Comme toujours, la surprise du mois précédent est désormais caduque et retirée de son serveur.
ENJOY !
Balade estivale au plus fort de l’automne…
… le long de l’Ill, des institutions européennes à « l’autre cathédrale de Strasbourg » !
Ce matin, j’ai profité d’une coupure programmée de courant dans notre immeuble pour je ne sais quelle raison -c’est la quatrième fois en un an que la rue est en mode « tranchée » pour des travaux : aujourd’hui : intervention sur le réseau électrique- et d’une météo très ensoleillées et d’une température quasi estivale pour aller faire une longue balade qui m’a conduite du quartier des institutions européennes, au bord de l’Ill, à « l’autre cathédrale de Strasbourg ».
L’Ill, un affluent du Rhin, baigne le bâtiment d’Arte, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et la Cour européenne de justice. En longeant ses rives, le quai est bordé de somptueuses villas, lesquelles abritent essentiellement ambassades et consulats : elles sont donc partiellement cachées par des murs parfois élevés ou un rideau de verdure et protégées par de lourdes grilles ; les caméras de surveillance sont encore plus nombreuses que les vigiles. Un seul bâtiment échappe à cette règle : il s’agit d’un restaurant multi-primé, dont la carte ne comporte que deux menus, l’un en cinq plats, l’autre en six plats, et, en particulier, ce monument ultra-complexe techniquement de l’art culinaire français : le lièvre à la royale, qu’il faudra bien que je goûte un jour –après avoir copieusement puisé dans mon plan-épargne– !
Ce quai aboutit à ce qui est fréquemment considérée comme « l’autre cathédrale de Strasbourg », le temple de l’église réformée Saint-Paul –plus exactement : Paulskirche, ou Église de Paul, les protestants ne pratiquant pas le culte des saints-, achevée par les Allemands en 1897, et dévolue, donc au culte luthérien, à destination des soldats protestants de la garnison de Strasbourg, nombreux après la guerre de 1870. L’édifice, au coeur de la Neustadt, est moins imposant que la cathédrale, mais on le voit néanmoins de très loin car il s’inscrit à la croisée des larges avenues aménagées par les Allemands entre 1880 et 1900, et que ses deux clochers atteignent presque 80 mètres de hauteur, soit quasiment autant que de nombreuses cathédrales de France de l’intérieur. Il fait pendant, à l’autre extrémité de son avenue, à l’église Saint-Maurice, d’un style assez similaire, mais plus petite et avec un seul clocher qui ne s’élève qu’à une soixantaine de mètres, attribuée initialement aux soldats catholiques de la garnison de Strasbourg.
Entre monuments institutionnels, monument culinaire et monuments religieux, une superbe balade monumentale, donc, sous un soleil estival en cette fin octobre !
Playlist « Bach non orthodoxe »
La playlist de cette belle matinée d’automne qui s’annonce au lever du jour est hautement contrapuntique, avec plusieurs pièces pour du « père Bach » –les lecteurs de ce blog devraient désormais savoir comment on prononce son nom, au risque de sombrer dans le ridicule…-, celui qui « contrepointe à tire-larigot » selon l’avis de son contemporain et ami Georg Philipp Telemann, beaucoup plus « succesfull » en son temps ! Toutes ces oeuvres sont interprétées au piano, quand bien même elles n’ont pas été écrites spécifiquement pour cet instrument, dont la construction en était encore à ses premiers balbutiements du temps de Bach. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• J.S Bach – Suites anglaises n°2 & 3, BWV 807 & 808
Ivo Pogorelich, piano – 1986 *****
Un très beau disque d’un artiste singulier, qui fit une entrée dans le métier fracassante au début des années 80, avant de se faire un peu oublier suite au décès de sa professeures, qu’il épousa tout jeune, et de réapparaître depuis une quinzaine d’année. Au début de sa carrière les interprétations d’Ivo Pogorelich étaient d’une approche parfois iconoclaste mais fraiche et nouvelle, toujours d’une grande perfection technique et d’une sonorité riche et belle. C’est également le cas avec cet excellent album, de surcroît très bien enregistré.
Depuis son retour à la scène et au disque, Ivo Pogorelich est encore plus extrême dans ses choix, tordant délibérément les tempi au gré d’un comportement parfois erratique et d’un caractère que l’on qualifiera euphémistiquement de lunatique.
• J.S. Bach – Variations Goldberg, BWV 988
Rosalyn Tureck, piano – 1988 *****
Rosalyn Tureck, pianiste américaine, était considérée, de son vivant, comme « la grande prêtresse de Bach », qu’elle aborda au clavecin, au thérémine, au synthétiseur –bien avant Wendy Carlos– et, surtout, au piano. Cet enregistrement constitue en quelque sort son chant du cygne et, pour peu que l’on accepte de s’installer 90 minutes –la pianiste effectue avec une belle inventivité de très nombreuses reprises– pour l’écouter très attentivement, il est tout-à-fait remarquable. La pianiste conjugue comme personne l’inventivité horizontale –mélodie, nuances dynamique– et la lisibilité verticale –la main gauche est magnifique, cf. extrait-, sur des des tempi généralement lents. Cette très grande lisibilité est encore accrue par une prise de son un peu sèche mais parfaitement adaptée à la vision de la pianiste. Glenn Gould lui-même, célèbre pour son interprétation de ces variations, avait reconnu qu’il n’avait subi qu’une seule influence : celle de Rosalyn Tureck.
• J.S. Bach – L’art de la fugue, BWV 1080
Pierre-Laurent Aimard, 2008 ****
On ne sait pas vraiment pour quel instruments « L’art de la fugue » fut écrit, Bach n’ayant précisé aucune instrumentation, qui est restée inachevée. J’ai dans ma discothèque des versions pour orgue –c’est assez austère sur la durée-, pour clavecin –c’est assez clinquant sur la durée-, pour piano ou pour orchestre de chambre, ces deux dernières propositions étant celles qui conviennent le mieux à mes oreilles.
La version du jour, par un pianiste qui s’est essentiellement distingué dans les oeuvres pour piano du vingtième siècle, est d’une très belle lisibilité formelle et d’une grande acuité rythmique, mais d’un rapproche intellectuelle un peu austère, distanciée et froide. L’oeuvre se prête plutôt bien à ce traitement cependant, et le disque reste agréable à écouter.













