Après l’été exceptionnel à bien des niveaux que nous venons de vivre, et qui se poursuit encore dans une certaine mesure, on aurait pu croire que les enjeux climatiques seraient désormais une préoccupation prioritaire pour les Français.
Le méga-sondage pré-électoral très exhaustif du quotidien Le Monde, qui mobilise un très imposant panel représentatif de 13060 personnes, nous apprend que ce n’est pas le cas : la France a peur, comme dirait l’autre –c’est la tonalité générale de ce sondage-, mais les préoccupations environnementales, quasiment à égalité avec les questions identitaires –dont on peut imaginer qu’elles occuperont une place bientôt plus importante, quelques faits divers habilement exploités par les chaînes d’informations aidant…-, sont assez largement supplantées par d’autres sources d’angoisse dans notre pays… –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Alors qu’en France, un potentiel conflit de génération semble virer quasiment à une guerre civile entre «boomers privilégiés» d’un côté et «jeunes fainéants pas assez actifs» et «assistés» de l’autre sur fond de débat sur les retraites, ailleurs dans le monde, les vieux conservent une côte élevée : c’est, notamment, le cas dans cette playlist, composée d’albums sortis en 2026 et réalisés par des octogénaires : de vrais boomers en puissance ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Paul McCartney – The Boys Of Dungeon Lane – 29 mai 2026 **** • The Rolling Stones – Foreign Tongues – 10 juillet 2026 ***** • Deep Purple – Splat ! – 3 juillet 2026 ****
Si l’album de Paul McCartney entretient à fond une forme de nostalgie –que le compositeur avait déjà cultivée dès 1967 dans le fameux « Penny Lane »– et que la voix du chanteur est parfois fatiguée par le poids des ans, les deux albums des Rolling Stones –extrait 1– et Deep Purple –extrait 2– sont d’une belle énergie juvénile et très rock, et la voix de Mick Jagger, comme celle de Ian Gillan ne semblent guère vieillir : certains jeunes n’ont qu’à bien se tenir ! Les Rolling Stones et Paul McCartney partagent par ailleurs le même producteur, le jeune Andrew Watt, multi-instrumentiste de talent qui n’a même pas encore atteint la moitié de leur âge…
Dans le prolongement de la séance lyrique de dimanche dernier, consacrée au Gurre-Lieder de Schönberg, je me suis attaché dans cette playlist à une anthologie orchestrale des trois compositeurs de la Nouvelle École de Vienne, Arnold Schönberg et ses deux principaux disciples, Alban Berg et Anton Webern -la première « trilogie viennoise réunissant Joseph Haydn, Wolfgang A. Mozart et Ludwig van Beethoven-. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Arnold Schönberg – Die verklärte Nacht ; Pelleas und Melisande
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan – 1974 *****
En 1974, Herbert von Karajan enregistra une large anthologie de pièces orchestrales des trois compositeurs de la Nouvelle École de Vienne. Ce projet fut jugé a priori si peu rentable par l’éditeur Deutsche Grammophon que le chef l’autofinança. Le coffret remporta un succès inattendu et Karajan –dont aucun album n’a jamais été vendu à moins de 50 000 exemplaires lors de sa sortie, chiffres qui font rêver désormais dans le monde classique– n’était pas peu fier d’annoncer assez rapidement que l’empilement des coffrets vendus –4 LP– était formait une tour plus haute que la Tour Eiffel ! Il faut dire que la production en fut très soignée, que les illustrations des pochettes des disques parus individuellement étaient magnifiques et que les interprétations du chef et de son orchestre sont extraordinairement léchées et inscrites dans une veine post-romantique qu’on n’attendait pas forcément de ces oeuvres. Si le chef n’enregistra plus, par la suite, de pages de Berg ou Webern, il joua fréquemment en concert, et jusqu’à tard dans sa carrière, « La nuit transfigurée » de Schönberg, une pièce qu’il aimait particulièrement et dont il donnait des interprétations virtuoses et hyper-romantiques.
• Anton Webern – Anthologie orchestrale
Passacaille ; Im Sommerwind ; Six pièces pour orchestre op.6 ; Cinq pièces pour orchestre op.10 ; Symphonie ; Variations ; Concerto pour 9 instruments
Staatskapelle de Dresde, Giuseppe Sinopoli – 1996 ***** L’album fait partie d’un coffret anthologique « Schönberg, Berg, Webern » de 8 CD enregistrés entre 1995 et 1998 par Giuseppe Sinopoli et la Staatskapelle de Dresde – EMI, 2008
Giuseppe Sinopoli, chef génial mais parfois controversé de son vivant –de nombreux musiciens d’orchestre le dénigraient mais le demandaient pourtant car il était très « bankable »…-, s’inscrit dans la même veine hyper-romantique que Karajan pour interpréter les compositeurs de la Nouvelle École de Vienne, et bénéficie lui aussi, avec la Staatskapelle de Dresde, d’un orchestre de tout premier ordre. Les albums qu’il en a proposé, tous de très haut niveau et très bien enregistrés –ça compte énormément pour cette musique– ont été mis en coffret en 2008, disponible à tout petit prix -de mémoire : moins de 20 euros- et atteignant désormais des tarifs indécents en occasion !
• Alban Berg – Suite orchestra « Lulu » – 3 pièces pour orchestre op.6
Orchestre symphonique de Londres, Claudio Abbado – 1971 ****
Tout jeune fonctionnaire-stagiaire salarié –j’ai eu cette chance…-, je m’étais offert dès sa sortie, en 1985, un somptueux coffret de dix 33 tours consacrés à l’oeuvre complète d’Alban Berg –des trois compositeurs de la seconde école de Vienne, il est le plus accessible-, magnifiquement illustré par des tableaux d’Egon Schiele très bien reproduits sur les pochettes. Comme, de plus; « Wozzeck » faisait partie de la liste des opéras étudiés dans l’UV d’histoire de la musique que je suivais, j’ai pu approfondir ce magnifique opéra –version de Karli « Sac de patates » Böhm– plus que de raison !
Ce superbe coffret intégral –cf. imagette de droite– comprenait notamment une réédition du présent album de Claudio Abbado, très bien mais pas aussi aboutie que sa version ultérieure avec l’orchestre philharmonique de Vienne. Lorsque j’ai revendu, quelques années plus tard, l’ensemble de ma discothèque vinyle, je dois dire que les très belles pochettes de ce coffret m’ont plus manqué que la musique des disques, dont j’ai racheté une grande partie en CD !
Dans l’interminable série dont la fin n’est pas programmée « Mes nuits sans dormir… », voici une playlist nocturne plutôt disparate, dont l’unique point commun est que chacun des albums qui la composent sont de tonalité relativement sombre : c’est bien-là son seul fil conducteur ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• D.A.F – Alles ist gut – 1981 ***** • Rammstein – Herzeleid – 1995 *** • Massive Attack – 2010 ****
J’ai toujours aimé l’album de D.A.F –Deutsch-Amerikanische Freundschaft, soit amitié germano-américaine-, acheté en vinyle quasiment à sa sortie puis racheté en CD beaucoup plus tard, aux musiques extrêmement rythmée –le groupe n’est composé que d’un chanteur et d’un batteur issu du monde classique– et aux paroles volontairement provocatrices –les deux musiciens sont issus de la gauche, très radicale pour le chanteur : précisions importante pour ceux qui auraient pensé que Der Mussolini est un hymne au fascisme…-.
Le au premier album de Rammstein, « Herzeleid », soit « Peine de coeur », pose les bases de leurs deux très bons albums suivants –on peut ensuite, à mon avis, oublier les autres albums studio-, mais n’est pas encore tout-à-fait au même niveau.
J’ai découvert le dernier album de cette playlist, « Heligoland » de Massive Attack, à peu près à l’époque de sa sortie. Je l’avais beaucoup apprécié, au point de l’acheter : c’est vous dire ! C’est l’unique album que je connais de ce groupe dont je ne sais par ailleurs pas grand-chose –il est classé parmi les groupes de Tri Hop-, je ne l’écoute pas très souvent, mais continue à l’apprécier à chaque fois.
… J’ai enlevé la couenne de mon jambonneau avant de le manger !
C’est une grand première, auparavant, je la mangeais toujours ! Evidemment, il y a beaucoup moins à manger ainsi !
Ma recette du jambonneau –jarret de porc– braisé : • Prendre un jarret de belle taille -±500 grammes- ; • le rincer sous l’eau ; • le laisser mijoter dans court-bouillon frémissant et richement garni mais non salé, pendant au moins 2h30 puis laissez refroidir : vous pouvez réaliser cette étape la veille ; • préparer un laquage : tant pour tant de sirop d’agave ou de miel, de sauce soja –ne pas saler !– et de bière –facultatif-, moitié moins d’huile de sésame, et des épices que vous aimez –pour a part : ail en poudre, paprika fumé et une pointe de coriandre– ; • laquer généreusement le jarret sur toutes ses faces au pinceau après l’avoir déposé dans un plat, genre plat à gratin ; • enfourner au moins 1h30 –chaleur tournante– à 180°, la couenne doit devenir bien dorée et légèrement croustillante. Il est normal qu’une légère croûte brunâtre, qui sera en réalité facile à nettoyer, apparaisse dans le fond du plat. • Déguster enfin ! Après cette longue cuisson, la couenne se détache très facilement si vous ne voulez pas la manger, et la viande est d’une tendreté exceptionnelle !
On peut accompagner le jambonneau de pommes de terre sautées, de frites ou de spätzle, voire le déposer sur un lit de choucroute : avec de la moutarde ou du raifort, c’est toujours absolument délicieux, super simple à préparer et très économique !
Je savais bien que la devinette **** que je vous ai récemment proposée était difficile et je me doutais qu’elle resterait sans doute sans solution. C’est cependant damoiseau1671137 qui était le plus proche de la réalité dans sa proposition.
Chaque dimanche précédant le 14 juillet, lors d’une « grande messe solennelle pour la République », l’officiant prononce une « Prière pour la République française », qui prend la forme suivante : « Domine, salvam fac rem publicam et exaudi nos in die qua invocaverimus te ». –Trad. « Seigneur, sauve la République, exauce-nous en ce jour où nous t’adressons nos prières »-, conformément à l’article 8 du concordat napoléonien de 1801, jamais aboli en Alsace-Moselle.
Cette prière, établie par Napoléon 1er, qui était récitée chaque dimanche à la fin de la messe, tomba en réalité rapidement en désuétude, avant même la loi de 1905 sur la laïcité.
Dans ma prochaine devinette, entre autres particularisme, je pourrais vous parler du code local de la sécurité sociale, du droit de la chasse, ou de la spécificité des associations –loi de 1908, infiniment plus avantageuse que la loi sur les associations de 1901…– : vous pouvez d’ores et déjà commencer à réviser ! –cf. imagette de droite-. Cette liste n’est pas exhaustive…
Cette nouvelle saison lyrique du dimanche s’ouvre avec une oeuvre qui n’est pas un opéra à proprement parler –elle serait plutôt à ranger dans le genre des cantates profanes-, dans la mesure où elle n’est pas destinée à être mise en scène : les « Gurre Lieder » d’Arnold Schönberg, l’inventeur du dodécaphonisme, qui voulait émanciper la musique de la tonalité –encore très présente dans les Gurre-Lieder, oeuvre de relative jeunesse du compositeur-. La composition des Gurre Lieder s’est déroulée sur une dizaine années, après une longue interruption pour revoir toute l’orchestration.
Les Gurre-Lieder –Chants de Gurre, château danois demeure du roi Valdemar 1er Le Grand– sont une oeuvre monumentale, d’une durée d’environ 110 minutes : orchestre symphonique gigantesque –cordes pléthoriques, cuivres par 8 ou 10…-, trois chœurs d’hommes et un choeur mixte, des solistes vocaux plus un récitant –n’en jetez plus, la coupe est pleine : à coté, la « Symphonie des Milles » de Mahler est de la musique de chambre…-, composée de trois parties d’inégale longueur : la deuxième partie est très –très– courte –cf.extrait intégral de cette partie…-. Le livret, adapté de poèmes de Jens Peter Jacobsen, raconte l’histoire d’amour tragique entre le roi Valdemar 1er du Danemark et sa maîtresse Tove.
Ce gigantisme pourrait paraître effrayant au premier abord, mais ces forces ne sont quasiment jamais mobilisées dans leur intégralité, sauf pour de rares moments de la troisième partie. La version de ce jour est celle enregistrée par Seiji Ozawa et l’orchestre symphonique de Boston et les choeurs du festival de Taglewood et un excellent groupe de solistes, en 1979. Elle fit sensation à sa sortie parce qu’elle était la première à bénéficier d’une prise de son rendant justice à l’oeuvre, et demeure, aujourd’hui encore, une excellente version. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Partie 1 – L’amour naissant puis l’idylle entre Valdemar et Tove, qui vivent leur relation en cachette, avant que la reine légitime ne fasse assassiner Tove. • Partie 2 – Après la mort de Tove, assassinée sur ordre l’épouse légitime de Valdemar et qui se transforme en colombe, la douleur de Valdemar entraîne sa révolte contre Dieu : en guise de punition Dieu maudit Valdemar, le condamnant ne jamais trouver le repos après sa mort.
• Partie 3 – La chevauchée de Valdemar et de ses vassaux revenus du monde des morts et terrorisant tout et tous sur leur passage et l’errance nocturne avant le lever du soleil. L’oeuvre s’achève avec un lever du soleil monumental : la vie succède symboliquement au monde des morts et l’amour de Tove et Valdemar apparaît comme transfiguré dans le renouvellement du cycle de la nature.
• Musicalement, l’oeuvre est profondément influencée par Richard Wagner –chhromatisme et continuité du flux orchestral, utilisation de leitmotivs-, de Gustav Mahler –gigantisme orchestral, contrastes violents– mais aussi, dans une certaine mesure, par Richard Strauss –richesse harmonique, luxuriance et brillance orchestrale-. A mesure que l’oeuvre avance, elle passe d’un lyrisme sensuel à une musique sombre et plus violente, aux contrastes abrupts et d’un expressionnisme parfois exacerbé. Le lever du soleil final est précédé d’un passage parlé –Sprechstimme-, annonciateur du Sprechgesang dont Schönberg est l’inventeur.
J’ai découvert les Gurre-Lieder très jeune dans la version de Pierre Boulez, parue chez CBS en 1974. L’oeuvre est bien servie par le disque, quatre versions sont présentes dans ma discothèque : la version de Seiji Ozawa de ce jour, la version de Pierre Boulez sus-indiquée, précise, rigoureuse et aussi un peu sèche, mais également la version de Rafael Kubelik, enregistrée en concert pour deutsche Grammophon en 1965 –imparfaite techniquement, mais très intense dramatiquement– et la belle version de Giuseppe Sinopoli, peut-être la plus romantique de toutes.
J’ai retrouvé une vieille chose –décidément, 1967 fut une très grande année en matière de Pop Music, tant d’excellents disques sortirent cette année-là !-, presqu’aussi vieille que moi à un an près, et qui connut un immense succès en son temps en France, mais pas en Angleterre ni en Irlande, son pays d’origine ! Comme quoi, parfois, les Français ont du goût en matière de Pop Music ! Voici donc, tout d’abord, la version, dans cette petite vidéo.
Et voici maintenant la copie, très réussie à mes oreilles, réalisée en 1988 par l’excellent et bien trop peu connu groupe français The Vietnam Veterans, parue sur un disque compilation « posthume », le groupe s’étant séparé avant sa sortie…