Mise en boîte post-caniculaire… (Basse)

Geraldine & John – Joe Jackson
Avec la canicule, je passe mon temps à ré-accorder ma basse plusieurs fois par jour -et encore plus ce week-end, où s’était installée une sorte de climat quasi-tropical-, alors que généralement, les cordes tiennent l’accord plusieurs jours sans difficulté…
Je vous parlais récemment de Joe Jackson, cet artiste singulier, qui a évolué d’une new wave post-punk extrêmement bien écrites à la fin des années 70 et au tout début des années 80 pour développer ensuite des compositions nettement plus complexes et variées.
Au sein du groupe qui l’accompagnait pour ses premières albums, Graham Maby était un bassiste inventif, qui a proposé quelques jolies lignes de basse, dont certaines ne sont pas excessivement difficiles et sont plutôt agréables à jouer. C’est le cas avec «Geraldine & John», l’une de mes chansons préférées de Joe Jackson, tirée de son album « I’m The man », paru en 1979.
La chanson raconte, sur un rythme de reggae et avec une pointe d’ironie, l’histoire, qui finit mal, du couple heureux et inséparable, mais surtout adultérin, formé par Geraldine et John… Vous pouvez en trouver les paroles ici.
Des goûts et des couleurs. 8
George Frideric Handel – Messiah
« Le Messie » est l’un des plus grands chefs-d’œuvre musicaux de tous les temps, et très probablement la plus grande œuvre musicale jamais écrite en Angleterre.
C’est aussi, selon toute vraisemblance, l’œuvre la plus exécutée de l’histoire de la musique classique à travers l’espace et le temps. La raison de cette popularité est que la musique, bien qu’élégante, puissamment expressive et belle, est relativement facile à jouer, et le que texte, qui provient exclusivement de sources bibliques, est des plus familiers qui soient : l’histoire du Christ est presqu’universellement connue. L’éminent chef d’orchestre anglais Sir Thomas Beecham a écrit dans ses mémoires : « Depuis la création de l’oeuvre, l’humanité n’a entendu aucune musique écrite pour des voix qui puisse rivaliser, même faiblement pour la grandeur de la construction et du ton, la noblesse et la tendresse de la mélodie, les compétences techniques de l’écriture et l’ingéniosité et la variété inépuisable d’effets… ».
Un profond sentiment d’humanité imprègne également la musique de Handel. Il s’agit-là d’un point souvent relevé par par de nombreux artistes –chanteurs, chefs d’orchestre…– ou musicographes lorsqu’ils comparent Handel à Bach : là où les oratorios de Bach exaltent Dieu, Haendel s’intéresse plus spécifiquement aux sentiments des mortels et au rapport des humains au divin.
Il n’existe pas de version totalement « définitive » de l’oeuvre : Handel a fréquemment modifié les forces musicales dans ses mises en scène de l’oratorio, en fonction des chanteurs et des instruments disponibles dans chaque lieu. La version le plus souvent enregistrée de nos jours est la version dite « de Dublin », correspondant à –ce que l’on sait de– la création de l’oeuvre en 1742.
Sur une période de deux siècles et demi, les normes de performance musicale ont profondément changé. Mozart, par exemple, a ajouté des flûtes, des clarinettes et des trombones à la partition originelle beaucoup plus sobre de Handel, qui était essentiellement composée des cordes et de hautbois, de bassons et de trompettes ajoutées pour simplement renforcer le son. Par la suite, chaque génération, semble-t-il, a ressenti le besoin d’adapter cette grande œuvre à la manière dominante de l’époque. A la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, il n’était pas rare de rassembler plusieurs centaines de choristes et de musiciens d’orchestres pour aborder « Messiah ». En Angleterre, le Messie fut parfois joué lors de festivals choraux où le chœur pouvait augmenter à 2 000, voire 3 000 chanteurs !
Ma discothèque comporte treize versions de « Messiah ». J’en avais quatorze, mais j’ai prêté –et on ne me l’a jamais rendue– ou perdu la –bonne– version des Scholars Baroque enregistrée en 1992 pour le label Naxos.
• Les quatre versions enregistrées entre 1944 et 1960 –sur fond orange– s’inscrivent parmi les derniers témoignages de ces versions pléthoriques, d’un hiératisme quasi-opératique, avec grand orchestre symphonique complet, solistes de format wagnérien et choeurs gigantesques –Extraits : Boult ; Beecham– ! Evidemment, après quelques décennies de versions HIP, tout cela prête désormais à sourire, mais des générations d’auditeurs n’ont connu que ce type de versions « solenne ed pomposo » ! Désuet, mais pas toujours déplaisant pour autant…
• Les versions de Colin Davis –1966– et Neville Marriner-1977– renouvellent quelque peu le propos dans le sens d’un allègement considérable des effectifs et de chanteurs aux proportions mozartiennes et d’une recherche de tempi généralement plus allants –fond jaune-. La version de Neville Marriner –2 extraits-propose en outre une version basée sur la création de l’rouvre à Londres en mars 1743 et non sur la version de Dublin en 1742 et proposent quelques petites différences. Deux versions qui ont marqué l’histoire de l’enregistrement de l’œuvre.
• Désormais, la tendance actuelle, depuis les années 80, est de produire des versions « authentiques » ou HIP, plus intimistes et transparentes, mobilisant des instruments d’époque et de petits ensembles choraux –Extraits : Pearlman ; Dubrovsky-. Toutes les versions qui s’inscrivent dans ce courant sont excellentes à des degrés divers, il est difficile d’en distinguer une plutôt qu’une autre : celle vers laquelle je reviens le plus souvent est celle de Trevor Pinnock, enregistrée en 1988.
Vivement la fin !

Si tout se passe comme prévu, la canicule devrait prendre fin ici au plus tard en tout début de semaine prochaine ! A cette heure, on ne sait pas si une nouvelle canicule sévira encore avant la fin de l’été…
Les prévisions d’hier annonçaient plutôt la fin de cet épisode caniculaire pour le week-end, avec notamment une possibilité de précipitations dès samedi, mais elles évoluent assez rapidement d’heure en heure… Quant à la sécheresse, un bon mois de pluie au minimum devrait contribuer à re-remplir les nappes, mais ça, ça ne semble pas pour demain…
Devinette « Instruments solistes insolites » – La solution
La solution à la devinette récemment proposée a été dévoilée plus rapidement que je ne le pensais : z’êtes trop forts !
• damoiseau1671137 a trouvé une moitié de bonne réponse –****- avec la cruche électrique, dont jouait Tommy Hall –deuxième à partir de la gauche sur la photo ci-dessous-, du groupe The 13th Floor Elevators sur leur premier et meilleur album « The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators », paru en 1966. Un excellent album au demeurant ! C’était la première fois que le mot « Psychédélique » a été mentionné dans le titre d’une oeuvre, et ce n’était pas en Californie –considérée comme le berceau du genre– mais au Texas !
• Marcel a trouvé cette même bonne réponse mais a également réussi à identifier le solo –**-d’ocarina dans une reprise de la chanson « Wild Thing » enregistrée par le groupe The Troggs –quatuor à costumes blancs rayés de rouge du plus mauvais goût et à l’éphémère succès…-, également en 1966. Dans la reprise de ce titre par Jimi Hendrix, le solo d’ocarina est remplacé par la guitare électrique. La version originale de cette chanson écrite par Chip Taylor a été enregistrée par The Wild Ones –on peut l’écouter ici-, elle était initialement composée pour un harmonica et non un ocarina.
Playlist « Oeuvres archi-populaires »…

… pour bien commencer la semaine !
C’est encore la canicule, le cerveau est tout ramolli et rien de mieux, dans ces cas-là, que d’aborder la journée –et la semaine– avec cette playlist composées d’oeuvres archi-populaires et d’accès très facile, qui ne nécessitent donc pas d’être archi-attentif puisque je les connais par coeur depuis longtemps. Elles n’en sont pas moins belles pour autant ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Pour des oeuvres aussi connues et populaires, il n’y a pas grand-chose à ajouter, si ce n’est deux petites remarques:
• cette version de la « Symphonie du Nouveau Monde » par Karajan et Berlin est, à mes oreilles, la meilleure qu’il enregistra avec cet orchestre et qu’elle reste marquée par des couleurs brahmsiennes que le chef cultiva toujours dans Dvořák –pour des versions plus « roots », il faut aller voir ailleurs…-,
• l’album consacré aux suites orchestrales de « Peer Gynt » –prononcer Péér Günte, on est en Norvège, pas en Angleterre…– est merveilleusement enregistré, mais également superbement interprété par un orchestre tout-à-fait remarquable !
• Antonin Dvořák – Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde »
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1959 ****
• Serge Rachmaninov – Concerto pour piano n°2 – Extrait 1
Vladimir Ashkenazy, piano ; Orch. Philh. Moscou, Kirill Kondrashin – 1964 *****
• Edvard Grieg – Peer Gynt, suites orchestrales 1&2 – Extrait 2
Orchestre philharmonique de Bergen, Ole Kristian Ruud – 2006 *****









