Petit week-end tranquille et culturel…

Depuis hier soir, ce sont des « oeuvres de jeunesse » de Beethoven qui tournent sur ma platine… Je connais à peu près par coeur ses symphonies, la majorité de ses sonates, et plutôt bien; mais dans une moindre mesure, ses quatuors à cordes, très denses. Je connais moins bien le reste de sa musique de chambre ou les pièces orchestrales « mineures » –musiques de scène, contredanses et autres piécettes…-. Je pense avoir tout entendu au moins une fois, et suis retourné quelques fois vers ses trios à cordes ou avec piano –un extrait sonore vous donnera une idée de ces « compositions de jeunesse », dont certaines attestent déjà d’une belle maturité-, qui connurent un joli succès lors de leurs premières présentation au public.

J’approfondis, donc, tout en lisant, en parallèle, cette ancienne biographie –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Beethoven_MassinEditée au départ par « Le club français du livre », elle a dû entrer dans de nombreuses chaumières et reste intéressante, puisque de très nombreux extraits des cahiers de conversation sont présentés –Beethoven étant sourd assez jeune, il communiquait par écrit avec ses interlocuteurs, ce qui nous offre des sources riches et abondantes, parfois assez triviales lorsqu’il se « déboutonnait » -. Cette présentation biographique est complétée d’une approche un peu plus technique –point trop n’en faut, c’est un ouvrage « grand public » des années 50– des oeuvres, ainsi que d’un essai sur la personnalité du compositeur à travers sa musique et dans le contexte de son temps, plutôt intéressant.

gramophone-june-issue-cover_3En parallèle à cette lecture, la revue Gramophone propose un article intéressant sur Erik Satie, celui pour lequel le parti politique qui n’aime pas la culture a proposé de ne pas soutenir financièrement le musée consacré à sa mémoire. On y apprend notamment, outre les petites anecdotes déjà proposées ici : qu’il fut dévasté par la mort de Jean Jaurès, qu’il adhéra brièvement au parti communiste français et qu’ayant touché un petit héritage, il acheta sept exemplaires du même costume de velours vert olive, afin d’assumer son image de dandy –il mourut néanmoins dans une pauvreté effroyable que ses amis ne soupçonnèrent jamais-… Un second extrait sonore vous permettra d’entendre une autre de ses brèves compositions, dont la lecture et l’appropriation du nom durent souvent plus longtemps que l’écoute…

Saines lectures, de quoi passer agréablement et calmement le week-end après –et avant– de longues semaines de labeur et entre deux séances de chauffeur pour nain !

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La sécu est sauvée !

Evidemment, je vous parle ici du régime local de sécurité sociale, et cette information n’attirera guère l’attention des grands quotidiens nationaux –quoi que : voilà de quoi exacerber encore quelques jalousies…– ! C’est à lire ici, par exemple.

SécuLocalePour comprendre la problématique, il faut se référer à la récente loi sur les mutuelles complémentaires –obligatoires ici depuis 1911-, qui créait une réelle difficulté de transposition en droit local. En effet, ici, la « sécu locale», qui concerne tous les travailleurs de droit privé, est excédentaire tout en remboursant nettement mieux que le régime « général » –80% au lieu de 35% sur les médicaments, forfait journalier gratuit en cas d’hospitalisation…-, et le droit local interdit, de toute manière, qu’elle soit déficitaire –le cas échéant, les prélèvements peuvent être augmentés afin d’éviter tout déficit, mais c’est une disposition très bien admise puisque les remboursements sont élevés, même si elle repose sur une contribution supplémentaire aux mutuelles des seuls salariés, et c’est ce dernier point qui posait problème d’harmonisation avec le régime général, qui impose une participation de l’employeur-.

De même, les jours de carence n’existent pas –article 616-, les absences quel qu’en soit le motif sont rétribuées dès le premier jour –pour « une cause indépendante de la volonté du travailleur » ou pour « un malheur dont il n’est pas fautif », la notion de malheur étant très large eu égard à la jurisprudence : maladie, accident, décès d’un proche…-.

Et dire que je suis au régime général !

Musique et politique, ou vice versa

RS-YCAGWYWMusique et politique ne font visiblement pas bon ménage partout et tout le temps ! C’est à lire ici, et c’est assez révélateur d’un personnage qui semble raconter n’importe quoi et faire à peu près ce qu’il veut, en toute fausse naïveté, sans trop s’embarrasser de fioritures… A une autre époque et en d’autres lieux, une autre chanson du groupe –et avec son aimable autorisation– avait notablement servi une candidate depuis devenue chancelière !

La chanson concernée, dans sa version intégrale la seule qui fasse vraiment sens –lors de sa sortie en single, et sur les nombreuses compilations du groupe, c’est une version amputée du début qui était proposée-, est en écoute ci-dessous.

Playlist « La suite de la suite »

Parfois, quand j’ai un peu de temps, j’inscris mes playlist dans le cadre d’un projet plus global, mêlant recherches thématiques et lectures diverses. C’était le cas ces trois derniers jours, depuis l’écoute du « Berlin » de Lou Reed en live, prolongée hier par la réécoute du Velvet Underground, puis par cette playlist consacrée essentiellement à John Cale, son compère créatif au sein du groupe, qui connut une carrière en solo extrêmement riche et diversifiée.

Son dernier concert parisien constituait une recréation personnelle des deux premiers albums du groupe, que Lou Reed avait eu tendance à s’accaparer après sa dissolution -critiques à lire ici ou -. Et puis, Nirvana apparaît comme l’un des enfants spirituels du Velvet Underground et l’album écouté comporte, dans sa réédition, une reprise de « Here she comes now » très engageante. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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John Cale n’est pas moins personnel que Lou Reed –ni moins subversif, au contraire : mais il l’exprime différemment– dans ses compositions et sans doute bien plus varié dans les thèmes abordés –et, pour tout dire, beaucoup moins glauque en général-.
Musicalement, c’est souvent très ambitieux, son passé de musicien classique –interprète et apprenti-compositeur auprès de LaMonte Young– lui facilitant notablement la tâche : monsieur connaît la musique et ça s’entend : « Words for the dying » –en écoute intégrale ici– comporte ainsi des morceaux symphoniques illustrant des poèmes de Dylan Thomas, le tout est très classique et très agréable à l’écoute. Quant à « Paris 1919 », paru en même temps que Berlin, c’est un album admirable et inventif. A son écoute, on se dit qu’il valait mieux vivre à Paris qu’à Berlin, en 1973 !

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Playlist exigeante

Playlist23032016Aujourd’hui, premier jour du week-end pascal en nos contrées souriantes,  sera consacré à une playlist exigeante : il s’agit d’un album que j’écoute très rarement, car il nécessite à la fois du temps et de la concentration, l’oeuvre étant d’une vraie complexité ardue et d’une longueur certaine –près de cinq heures-.

Kaikoshru SORABJi mena une longue vie –96 ans– recluse et presque cachée, en Angleterre, où on le surnommait le « Howard Hughes de la musique ». Il aimait Satie et Scriabin, Liszt et Busoni, et, dans les traces de ce dernier, composa des oeuvres d’une complexité inouïe pour le piano, ainsi que quelques pièces pour orgue et de musique de chambre. Certaines de ses compostions sont d’une longueur qui excède la durée généralement admise en musique classique et nécessitent une préparation intense des interprètes.

SorabjiPartitionSelon les témoignages de son époque, Sorabji fut un pianiste magnifique ou très moyen : il interpréta parfois ses oeuvres, sans doute avec beaucoup de fausses notes, et n’apparut que très sporadiquement en public.

« Opus Clavicembalisticum » est une oeuvre pour piano achevée en 1930, et dont la composition demanda deux ans, ce qui est relativement bref pour une pièce de cette ampleur et de cette complexité.  Elles reste très peu jouée dans son intégralité au concert –moins de 20 fois dans sa totalité– et aussi peu enregistrée –je n’ai identifié « que » quatre versions intégrales-. Elle est composée de trois parties, elles-mêmes divisées en fugues, interludes et autres prélude ou fantaisie-. Le manuscrit est d’une précision maniaque et, visuellement, la partition est très belle à regarder –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Pour tout savoir sur le compositeur et son oeuvre, le mieux est de vous rendre ici, c’est très instructif et dans un anglais facilement compréhensible.

Aux oreilles, cela va du « mystique au bord du silence » aux plus grandes envolées virtuoses, sans jamais heurter les tympans. Un tout petit extrait –l’introduction– vous donnera une idée de la chose…

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Pan européen sur la loi NOTRe

CarteDerisionC’était presque couru d’avance, vu le recours fondé au conseil européen de Strasbourg par, notamment, des citoyens et des élus d’ici, et c’est effectivement arrivé, même si, au milieu de l’actualité tourmentée de ces dernières heures, la nouvelle n’a pas, c’est évident, fait les choux gras de la presse quotidienne nationale –mais, en Alsace, la presse locale y consacre pas mal de papier : c’est à lire ici ou -.

Pour résumer ce long pensumles paragraphes 184 à 208 sont particulièrement savoureux-, la France, ce vieux pays centralisé et jacobin, n’a pas respecté la charte européenne de l’autonomie locale lors de la redéfinition de la carte des régions et des compétences y afférant. Lorsqu’on sait que ce rapport a été adopté hier par 99% des membres européens présents au congrès, qui ont eu des mots très durs pour la ministre chargée du dossier c’est une gifle monumentale –et prévisible, puisque le Conseil d’Etat avait émis des arguties juridiques très alambiqués pour justifier la validité de cette loi et que le Conseil constitutionnel s’était retranché sur le fait qu’il ne saurait statuer en dehors du droit français– pour notre pays.

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Playlist fin de règne

Ce matin, dès potron-minet, Alphago continuait à massacrer Lee Sedol, qui a essayé de résister en complexifiant une situation a priori mal engagée et semble s’être retrouvé pris à son propre piège : il a encore échoué, et, perdant cette manche, il a également perdu le match, les deux parties à venir étant pour l’honneur et la survie de l’espèce, dont il faut quand même se soucier un peu : les mines dépitées des très nombreux journalistes asiatiques lors de la conférence de presse montraient tout le désarroi face à cet échec non programmé. En Chine, au Japon et en Corée, l’événement a d’ailleurs été suivi en direct par plusieurs dizaines de millions de personnes, c’est dire son importance là-bas !

La partie s’étant achevée assez rapidement, j’ai pu me consacrer un peu au plaisir de mes oreilles avec cette playlist actuellement à l’écoute. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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Précision utile : si vous utilisez Safari pour suivre ce blog –ce qui est tout-à-fait à votre honneur-, vous pouvez être ponctuellement et aléatoirement confrontés au bug « Nan:Nan » lors de l’écoute des extraits musicaux proposés : c’est « normal », c’est un bug de Safari répertorié de longue date et non corrigé : il suffit de rafraîchir la page.

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Nouvelle victoire pour l’IA

Ce matin, tôt, on pouvait suivre le match tant attendu entre AlphaGo, intelligence artificielle capable de calculs complexes et dotée d’une mémoire vertigineuse, et Lee Sedol, considéré comme l’un des plus forts joueurs du monde au 21ème siècle, et qui avait annoncé que dans ce match constitué de 5 manches, il envisageait de pouvoir gagner 5-0 assez facilement.

LSedolGoEt bien  c’est raté : il vient de perdre la première manche, au terme d’une fort belle partie, que vous pouvez retrouver intégralement en lignele début est un peu haché, mais toute la fin fonctionne très bien, les commentaires par un grand professionnel du jeu aident à comprendre les enjeux et sont tout-à-fait faciles à comprendre, même pour un néophyte-. Esthétiquement parlant, le plateau, en fin de partie, était très beau à observer et le champion humain s’est dit à la fois surpris du niveau de jeu de la machine –qui a, semble-t-il, accompli d’énormes progrès en quelques mois– et très déçu de sa défaite ! La suite demain matin, même heure –5 heures, heure française-.

Et puisqu’on parle de GO, mon intelligence, qui fonctionne par analogie, me conduit à vous proposer ce petit extrait…

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Lu et entendu

JournauxkiosqueA lire, cette semaine, un article alambiqué et assez infatué, qui en dit finalement plus sur l’auteur que sur le sujet traité –l’humour décapant de Pierre Desproges– : c’est ici, c’est un peu long et au bout du compte, on n’en sait guère plus…

Et puis, en pleine crise agricole, une petite vidéo à caractère socio-économique extrêmement révélatrice d’un présent éclairé par un passé proche : c’est à écouter ici, c’est un peu long mais on en apprend beaucoup –à défaut de trouver des solutions adéquates… : il faudrait, pour cela, effectuer une véritable révolution culturelle et aller visiter, par exemple, une ferme allemande : ultra-propre, technologiquement très avancée et d’une taille inimaginable ici ! Le lait ou la viande produits y sont achetés un peu plus cher qu’ici au producteur, et vendus beaucoup moins cher au consommateur final, aussi…-.

Playlist « Page d’histoire »

C’est suite à un petit commentaire laissé chez Sardequin que j’ai réécouté, ce matin, la très belle bande-son du remarquable documentaire « The civil war » réalisé par Ken Burns, somme incontournable pour qui veut en savoir plus sur cet événement évènement –dans l’orthographe rectifiée de 1990– fondamental de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, au même titre que l’excellent livre de James McPherson qui lui est consacré ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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SoldatSSoldatNIl s’agit en effet d’un fait historique assez mal connu des français, qui sont paraît-il férus d’histoire, pour peu –selon moi– qu’il s’agisse d’Histoire de France avec un grand H… Laquelle est relativement plus simple à envisager, notre pays étant marqué par un centralisme forcené de longue date, qui n’a pas varié au fil des différents régimes politiques qui se sont succédés, ce qui rend en définitive très linéaire la perception que l’on peut avoir de son histoire.

Pour compléter cette notule, l’hymne de l’Union –les bleus-, suivi de l’hymne des confédérés –les gris-, feront parfaitement l’affaire ! Pour mémoire, ce sont les bleus qui ont gagné à la fin !

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