Playlist « Terra incognita. 4 »

Poursuite, avec cette playlist, de ma découverte d’oeuvres que je fréquente très rarement, au point de n’en avoir guère de souvenirs ! Vous pouvez retrouver tous les épisodes de cette série et ses fondements ici. Ce sont trois compositeurs russes connus que j’écoute aujourd’hui, mais dans des oeuvres qui ne font pas toujours partie de leurs plus populaires. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Stravinsky – Le chant du rossignol – 1917
Orchestre symphonique de Chicago – Fritz Reiner – 1958 ***
Extrait du coffret anthologique de 10 CD « Fritz Reiner & The Chicago Symphony Orchestra » – Membran/licence RCA, 2020

« Le chant du rossignol » est un poème symphonique en trois parties d’Igor Stravinsky, adapté en 1917 de son opéra du même nom, composé en 1914. D’une manière générale, hors son triptyque de ballets –L’oiseau de feu ; Petrouchka ; Le sacre du printemps– je n’aime guère les oeuvres de Stravinsky, et ne les écoute quasiment jamais. Ce poème symphonique n’échappe pas à cette règle, bien qu’il soit plutôt meilleur que l’absence de souvenir que j’en avais gardé ! Très belle prise de son de 1958, comme la très grande majorité de celles enregistrées par RCA à Chicago, lorsque le tyrannique Fritz Reiner régnait d’une main de fer sur l’orchestre.

• Piotr Illitch Tchaïkovsky – Symphonie « Manfred » – 1885
Orchestre national de l’ORTF, Constantin Silvestri – 1958 ****
Extrait du coffret anthologique de 15 CD « Constantin Silvestri, le chef légendaire », EMI Coll. Icon, 2013

Cette symphonie non numérotée par Tchaïkovsky –parce qu’il envisageait éventuellement de la retoucher assez largement pour en faire un poème symphonique– et inspirée par un le poème éponyme de Lord Byron a été composée entre ses quatrième et cinquième symphonies. L’oeuvre, d’une durée approximative d’une heure, connut un succès certain lors de sa création, mais Tchaïkovsky n’en était pas satisfait, écrivant notamment : « Sans vouloir me montrer plus modeste que je ne le suis, je peux dire que cette production est abominable et que je la hais profondément, à l’exception du premier mouvement. Ainsi, si j’avais l’accord de l’éditeur, je détruirai les trois autres mouvements, absolument insignifiants sur le plan musical (le final est mortel) et à partir de cette symphonie lourdement dessinée, je créerais un poème symphonique ».
La version de Constantin Silvestri, chef roumain d’une rigueur maniaque qui réussit à tirer le meilleur d’un orchestre qui n’avait sans doute jamais si bien sonné à l’époque, est une belle réussite, bien enregistrée pour l’époque.

• Prokofiev – Lieutenant Kijé, suite – 1933 • Suite Scythe – 1915
Orchestre symphonique de Chicago, Claudio Abbado – 1978 ****
Extrait du coffret anthologique de 8 CD « Abbado – Chicago Symphony Orchestra » – DGG, 2017

La suite « Lieutenant Kijé » est constituée de 5 parties, adaptées de la musique que Prokofiev composa pour le film « Lieutenant Kijé » : Naissance de Kijé, Romance –cf. extrait (tiré de la version de Seiji Ozawa, je n’ai pas numérisé le disque Abbado à cette heure)-, Mariage, Troïka, Enterrement de Kijé. L’oeuvre, très populaire en Russie, est notamment célèbre depuis les années 80 grâce à la chanson de Sting « Russians », qui reprend la mélodie de la Romance. La suite Scythe, composée en 1915, est tirée du ballet Ala et Lolly. Oeuvre de commande pour les Ballets Russes de Diaghilev, celui-ci la refusa finalement. Elle s’inscrit dans une perpective très motorisée, à l’instar de certains des concertos pour piano du compositeur.
Au début de sa carrière, Claudio Abbado semble avoir beaucoup apprécié certaines oeuvres de Prokofiev, qu’il a enregistrées avec Londres ou Chicago. Plus tard, il n’y est guère revenu.

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Playlist « Terra incognita. 3 »

Troisième volet -et pas le dernier sans doute : j’ai donc créé une catégorie supplémentaire dans la colonne de droite– d’une série consacrée à des oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir, bon ou mauvais –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Anton Bruckner – Symphonie n°2 – 1873/77
Orch. de la radio de Bavière, Eugen Jochum – 1967 ***
Extrait d’un coffret de 9 disques comprenant la première intégrale des symphonies de Bruckner par Eugen Jochum

La deuxième symphonie du corpus officiel des neuf symphonies de Bruckner, a été achevée par le compositeur en 1872, puis révisée à de multiples reprises jusqu’en 1877. Elle est parfois surnommée « Symphonie des Pauses », et dédiée à Franz Liszt, qui refusa la dédicace. La version enregistrée à Munich par Eugen Jochum est celle de 1877 dans l’édition Nowak. Se retrouver dans les révisions et les éditions des symphonies de Bruckner est un véritable casse-tête ! Au demeurant, l’oeuvre est belle et parfois annonciatrice, avec son lyrisme et ses ruptures, des très grandes réussites du compositeur –le triptyque final notamment-. Eugen Jochum était un grand spécialiste de Bruckner –il enregistra deux intégrales de ses symphonies, dont celle-ci est la première-, très apprécié en France, et surnommé « Mister Stop-And-Go » dans les pays anglo-saxons pour ses instabilités rythmiques dans ces symphonies. Dans le cas d’une « Symphonie des Pauses », cela ne nuit pas !

• Antonin Dvořák – Symphonie n°6 – 1880
Orch. philh. De Berlin, Rafael Kubelik – 1973 **
Extrait d’un coffret de 6 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Dvořák

Initialement publiée par le compositeur comme sa première symphonie –il en avait composé 4 auparavant et 1 après-, elle est désormais numérotée comme 6ème symphonie dans le catalogue de ses oeuvres. Auparavant, les symphonies étaient initialement numérotés par ordre de publication au lieu de composition. Les quatre premières symphonies composées ont été publiées après les cinq dernières. De plus, ces cinq dernières symphonies n’ont pas été publiées par ordre de composition, ce qui explique pourquoi, par exemple, la Symphonie « du Nouveau Monde » publiée à l’origine sous le nom de n° 5, a ensuite été connue sous le nom de n° 8, puis renumérotée en n° 9 dans les éditions critiques publiées à partir des années 1950.
Quoi qu’il en soit, si j’aime beaucoup la symphonie « du Nouveau Monde », les autres symphonies de Dvořák me parlent assez peu, et celle-ci n’échappe pas à cette règle, malgré un beau mouvement lent. Nonobstant, l’intégrale de Rafael Kubelik me semble être à la hauteur de sa bonne réputation.

• Ralph Vaughan Williams – Symphonie n°3 « Pastorale » – 1922
New Philharmonia Orchestra, Sir Adrian Boult – 1968 ****
Extrait d’un coffret de 8 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Vaughan-Williams

La plus courte des symphonies de cette playlist –elle dure une trentaine de minutes– est une heureuse surprise ! Composée de quatre mouvements lents ou d’allure très modérée, elle fut créée par Sir Adrian Boult, qui l’enregistra pas moins de trois fois. Le quatrième mouvement donne à entendre une voix de soprano, qui vocalise sans paroles. Le tempérament pastoral de la symphonie n’est pas lié aux paysages anglais, mais fait référence aux champs de bataille de la première guerre mondiale, en France. Ce qui explique sans doute le caractère élégiaque de cette belle symphonie.

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Playlist « Terra incognita. 2 »

Voici une playlist d’oeuvres extraites des deux coffrets que je vous présentais, il y a quelques temps déjà, ici, et que je ne connaissais pas pour ne les avoir encore jamais écoutées -j’avais déjà été refroidi par les mélodies et chansons diverses de l’un et l’autre des compositeurs sur un corpus hétéroclite de poèmes plus ou moins intéressants –à mon avis, qui n’engage que moi, sachant que je suis généralement peu sensible à la poésie…– et vers lesquelles, il faut bien le dire, je ne reviendrai pas de si tôt ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Nonobstant ces considérations, ces deux coffrets contiennent leur lot de trésors et autres pépites, et s’avèrent très complémentaires et plus exhaustifs que les deux autres que j’avais déjà sur mes étagères, à savoir celui-là et celui-ci !

Debussy – Le martyre de Saint Sebastien – Mystère en cinq mansions – 1910-11 *
Solistes –chant et narration– Chœurs Raymond Saint-Paul, Orchestre national de l’ORTF, André Cluytens – 1954

Pour tout savoir, vous pouvez vous rendre ici. La version écoutée ce jour est une version « intégrale légèrement tronquée », avec plus de texte parlé –sur fond mystique que je qualifierai de rébarbatif (doux euphémisme)– que de musique –plutôt belle, mais finalement assez rare-… Même tronquée, ça reste très long…

Ravel – Les trois cantates, exercices pour le prix de Rome – 1901/03 **
Myrrha (1901) – Acyone (1902) – Alyssa (1903)
Solistes – Orch. Du Capitole de Toulouse, Michel Plasson – 2000

Maurice Ravel a échoué trois fois au Prix de Rome –temple de l’académisme– avec ces cantates… Ça n’empêche pas qu’il est devenu un musicien bien plus célèbre et reconnu que ceux qui faisaient partie des jurys qui l’avaient méjugé… Pour autant, ces cantates ne font vraiment pas partie de ses meilleures oeuvres…

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Playlist « Terra incognita. 1 »

Voici le début d’une série qui promet de s’enrichir assez conséquemment, et consacrée, en guise de résolution pour cette nouvelle année, aux oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir bon ou mauvais. C’est le cas des oeuvres écoutées parmi les albums de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Au programme de cette playlist figurent donc :

• Arnold Bax – Symphonie n°2 -1924-26
BBC Philharmonic, Vernon Handley – 2003 ***
Extrait d’un coffret de 4 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Bax

 La deuxième symphonie du compositeur anglais Arnold Bax est en trois mouvements et dure près de quarante minutes et mobilise un orchestre important. Les deux premiers mouvements, sur des tempi lents ou modérés, sont relativement lyriques et sombres, le troisième est d’allure plus menaçante avant de s’achever de manière apaisée. Le chef Vernon Handley était un infatigable défenseur de la musique britannique, qu’il a enregistrée en grande quantité.

• Robert Schumann – Symphonie « Zwickau » – 1832-33
Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner – 1998 **
Extrait d’un coffret de trois disques comprenant l’intégrale des symphonies de Schumann-

La symphonie en sol mineur de Schumann, dite « Symphonie Zwickau » du nom de la ville où elle fut créée, ne fait pas partie du corpus officiel de ses symphonies, et seuls deux mouvements sont achevés –un peu moins de vingt minutes-, les deux derniers étant restés au stade d’esquisses incomplètes et « non jouables ». Ce premier essai symphonique de Schumann fut un échec. Et, à mon avis, ce n’est pas totalement injustifié…

• Ralph Vaughan-Williams – Symphonie n°2 « A London Symphony » – 1912, révisée en 1933
Orch. Philharmonique de Londres, Sir Adrian Boult – 1971 ***(*)
Extrait d’un coffret de 8 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Vaughan-Williams

Comme celle de Bax –les deux compositeurs sont presque exactement contemporains– , la deuxième symphonie de Ralph Vaughan-Williams mobilise un orchestre important et dure une quarantaine de minutes, pour quatre mouvements suivant le schéma symphonique classique. Elle est d’un accès relativement facile –j’avais gardé un souvenir pour le moins mitigé du compositeur et ne m’y étais plus attardé depuis longtemps…-, et interprétée ici par un chef très grand spécialiste du compositeur, et, plus largement, immense serviteur des compositeurs anglais Il fut d’ailleurs professeur de Vernon Handley.
Ce dernier disque est nettement mieux que dans mon souvenir !

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