La dernière devinette ne vous a guère inspirés, elle est restée sans aucune proposition de solution ! Voici donc ses solutions :
• La chanson « Midnight Special » –qui n’est pas, en l’occurence, une musique de film– était interprétée dans cette devinette ****par Les Paul –de son vrai nom Lester W. Polsfuss– guitariste et musicien très populaire en son temps aux États-Unis, mais qui est surtout passé à la postérité pour avoir créé la guitare Gibson Les Paul, laquelle guitare a connu –et connaît toujours– un succès phénoménal chez tous les bluesmen à travers les âges –cliquer sur l’imagette de droite pour voir le modèle standard à l’époque de sa sortie, en 1952– !
Le son de cette guitare est exceptionnellement nourri et riche, surtout lorsqu’on le compare aux sonorités plus « aigrelettes » de sa seule concurrente, la Fender Stratocaster. En revanche, elle est plus « difficile à jouer » que la Fender et, surtout, plus fatigante du fait de son poids, nettement plus important !
• La chanson qui se cachait derrière la seconde devinette *** était « Milk Cow Blues », qui a été reprise sous diverses formes à de multiples reprises, et notamment par les Kinks sur leur album « The Kink Kontroversy » en 1965 –cf. extrait ci-après-. Les Flamin’Groovies en ont également commis plus tardivement une reprise, enregistrée dans les années 80 et parue sur leur très rare album « Step Up ».
Cette chanson des Cramps, « Human Fly », extraite de leur tout premier EP « Gravest Hits », est très simple à jouer à la guitare –et simplissime à la basse : il n’ y a que trois notes à jouer-, il faut simplement, dans les deux cas, savoir compter correctement et s’aligner sur le chant totalement déjanté de Lux Interior, puisque la structure n’est pas tout-à-fait classique… Vous pouvez écouter leur version originale ici.
La ligne de guitare que je joue ici est celle de Poison Ivy Rorschach : j’ai réglé les aigus à fond, et rajouté une bonne dose de réverbération. Les Cramps, à leur début, n’avait pas de bassiste, et aucun bassiste n’est crédité sur cette chanson : il semble qu’occasionnellement, c’est Poison Ivy qui tenait la basse en studio. La rythmique –qui ne comporte que trois accords : Mi mineur – La mineur – Ré mineur, soit généralement les trois accords que l’on apprend en débutant l’apprentissage de la guitare– totalement saturée est jouée par Brian Gregory, avec un son d’une énorme saturation difficile à rendre avec mon petit ampli assez basique…
« Call It Stormy Monday (But Tuesday Is Just As Bad) » de T-Bone Walker, est une chanson blues très simple mais d’une importance capitale dans l’histoire du genre, puisqu’on y entend vraisemblablement le premier solo de guitare électrique, qui allait exercer une influence considérable sur tous les bluesmen à venir, mais aussi et surtout sur Chuck Berry, qui le revendique comme son unique influence. De très nombreux artistes ont repris ce titre depuis sa création.
Le premier enregistrement ce cette chanson par le guitariste texan fut réalisée 1947 ; la version du premier extrait de cette notule, très proche de cette toute première version, a quant à lui été enregistrée en 1953 sur l’album « Classics In Jazz » –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. T-Bone Walker, tout au long de sa carrière et jusqu’à son décès en 1975, enregistra d’innombrables versions de ce classique incontournable du Blues.
T-Bone Walker jouait essentiellement sur une Gibson ES-5N –N pour Natural, cliquer sur l’image pour la voir en plus grand–
L’une des meilleures reprises de cette chanson –au moins à mes oreilles…– fut enregistrée en concert dans la très renommée salle du Fillmore East à New York –second extrait-, en mars 1971, par le Allman Brothers Band dans sa formation initiale, avec le formidable Duane Allman à la slide-guitar : il devait disparaitre tragiquement dans un accident de moto quelques mois plus tard.
« Call It Stormy Monday (But Tuesday Is Just As bad) » est étendue ici grâce à trois solos : le premier, à la guitare et à la slide, par Duane Allman sur une Gibson Les Paul, le deuxième à l’orgue par son frère Greg et le troisième par l’autre guitariste du groupe, l’excellent Dickey Betts, ici sur une Gibson SG. La chanson est extraite du très beau disque de blues « Live At Fillmore East » : une débauche de superbes envolées guitaristiques parsèment tout le disque –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Trois faux frères King –un véritable brelan royal ! -cohabitent dans la playlist très blues de ce jour : Albert King –« the Velvet Bulldozer »-, né en 1923 ; B.B. King, né en 1925 ; et, enfin, Freddie King -« The King Of The Kings »-, né en 1934. Si B.B. King est sans doute le plus célèbre, ses deux homonymes n’ont pas moins de talent, s’avèrent bien meilleurs guitaristes que lui et eurent une plus grande influence sur une kyrielle de grands guitaristes de blues en devenir ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• B.B. King – Mr. Blues – 1963 ***
Il s’agit du douzième albums déjà de B.B. King, et du premier qu’il enregistra pour ABC Paramount. Ce n’est pas, et de loin, son meilleur disque : il déçut relativement à sa sortie et reste assez mal-aimé au sein de la discographie pléthorique de l’artiste –au moins 70 disques, dont 49 en studio-. L’album est très varié mais manque quelque peu de cohésion d’ensemble, et son jeu de guitare si singulier –B.B. King ne maîtrisait pas les accords et était incapable de jouer en chantant ou de chanter en jouant de la guitare– est bien plus flamboyant sur d’autres albums.
B.B. king utilisait essentiellement une guitare Gibson E-355 noire qu’il avait prénommée « Lucille »
• Albert King – Born Under A Bad Sign – 1967 *****
Considéré de nos jours comme l’un des plus grands disques de blues jamais enregistrés, l’album contient le très connu « Oh Pretty Woman » repris par The Bluesbreakers –période Mick Taylor– sur l’album « Crusade ».
Albert King, surnomme « The Velvet Bulldozer » ou encore le « Muhammad Ali de la guitare blues » du fait de sa grande taille et d’une carrure imposante a popularisé la Gibson Flying V, qu’il a adoptée dès 1958 et prénommée « Lucy ». Gaucher, il montait des guitares de droitier à l’envers –c’était avant que les fabricants se mettent à proposer des guitares pour gaucher– qu’il accordait de façon non traditionnelle, généralement en accord ouvert de Fa majeur, ce qui donne Do/Fa/Do/Fa/La/Ré au lieu du traditionnel Mi/La/Ré/Sol/Si/Mi.
• Freddie King – Freddie King Is A Blues Master – 1969 *****
Mort jeune à 42 ans, usé par les tournées et les concerts incessants, surnommé « the King oOf The Kings », Freddie King a créé un style unique fusionnant le Chicago Blues et le Texas Blues, et a constitué une influence considérable sur tous les grands noms de la guitare blues, et plus particulièrement sur les guitaristes de «Texas Blues –Johnny Winter, Stevie Ray Vaughan, Harvey Mandel…-. L’album contient le hit « Hideaway », repris plus pard par The Bluesbreakers –période Eric Clapton– sur l’album « The Bluesbreakers with Eric Clapton».
Freddie King utilisait une guitare Gibson Les Paul dont les micros étaient dorés à l’or massif, il a également joué quelques guitares à corps semi-creux comme les Gibson G-335 et Es-345. Il se servait d’onglets à la place d’un mediator : un onglet de pouce en plastique et un onglet d’index en métal.
En guise de playlist du jour, cette plongée à travers la discographie relativement abondante de Blind Willie McTell, dont je ne connaissais qu’une infime partie, est hautement plaisante ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Né en Géorgie en 1898, aveugle d’un oeil à la naissance et totalement aveugle à peine entré dans l’adolescence, il était issu d’une famille de bons musiciens et développa très tôt ses talents, d’abord à l’harmonica et à l’accordéon, avant d’aborder la guitare. Blind Willie McTell savait lire et écrire la musique, que ce soit en notation traditionnelle ou, plus tard, en Braille, ce qui est une compétence tout-à-fait remarquable pour un bluesman de sa génération !
Assez rapidement, il adopta une guitare à 12 cordes, dont il devint un vrai spécialiste, pour accompagner sa voix, significativement plus claire que celles, généralement assez rauques, de la majorité des chanteurs de blues.
Avec Blind Blake et Barbecue Bob –ça ne s’invente pas…-, Blind Willie McTell a largement contribué à la diffusion –à défaut d’une réelle popularité– du Georgia Blues –également connu sous le nom de Piedmont Blues ou Southeastern Blues-, assez différents du Delta Blues du Mississipi : le Georgia Blues adopte des rythmes plus rapides, issus du ragtime. Son principal lieu d’attache, où il réalisa la majeure partie de ses enregistrements, était Atlanta.
La playlist du jour est consacrée aux enregistrements réalisés entre 1927 et 1933 : le son est étonnamment bon pour l’époque.
La notoriété du musicien est essentiellement posthume. Blind Willie McTell n’a jamais atteint la notoriété d’un Robert Johnson, par exemple, même s’il enregistra et se produisit en concert toute sa vie : le Georgia Blues reste largement moins populaire que le Delta Blues ou que le Chicago Blues. Néanmoins, Bob Dylan consacra une chanson à Blind Willie McTell –dont la meilleure version est celle de Mick Taylor sur l’album « A Stone’s Throw »– et le cita dans quelques autres chansons. Par ailleurs, en 1971, les Allman Brothers débutent leur légendaire concert au Fillmore East par l’unique succès de McTell : « Statesboro Blues ».
Je me suis réinscrit aujourd’hui au réseau de médiathèques de l’Eurométropole de Strasbourg, désormais totalement gratuites depuis le début de cette année –les élections municipales approchent…– et dont la plus proche, qui est aussi la plus grande et la mieux achalandée en médias de tous genres –livres, films, musiques, oeuvres d’art (sous réserve de présenter une assurance concernant ces dernières)…– est à peine à 25 minutes à pied !
Aménagée dans une ancienne usine d’armement au bord des « bassins Vauban », c’est, en outre, un havre de paix et de silence, et la consultation éventuelle de médias sur place est largement facilitée par des équipements en grand nombre : ordinateurs, lecteurs CD ou DVD, fauteuils hyper-confortables, bel éclairage…
Au grand désespoir de TheCookingCat, ils ont un rayon « Blues » vraiment très attractif, et je me suis empressé d’emprunter les trois albums de 2 CD chacun qui feront mon bonheur dans les prochains jours : du blues acoustique « rural », très ancien -les premiers témoignages datent de 1923-, par des artistes dont je ne connaissais pas plus de la moitié ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
De ce que j’en ai écouté pour l’instant, certains de ces grands anciens étaient déjà de remarquables virtuoses de la guitare –mais sans ostentation ou verbiage…-, avec en outre des accordages parfois éloignés de l’accordage standard. J’ai emporté en sus un coffret de 6 CD de Blind Willie McTell, dont je ne soupçonnais pas qu’il existait autant d’enregistrements.
On peut désormais emprunter, pour quatre semaines renouvelables, jusqu’à 30 documents dans les médiathèques du réseau ! Lorsque j’étais enfant puis adolescent, et pour une somme modique, la limite d’emprunt, sur la même durée de quatre semaines, était fixée à 2 disques –que j’enregistrais illico sur cassettes– et 5 livres, et je retournais donc au moins une fois par semaine à vélo à la « bibliothèque centrale » d’alors –elle reste toujours en service et assez abondamment fréquentée-, qui était encore municipale et non pas intercommunale. Le réseau des médiathèques –alors appelés bibliothèques– était évidemment nettement moins étendu qu’aujourd’hui.
Joy Division – Transmission. Comme pour la chanson précédente, ce morceau, une fois encore relativement répétitif quant à la mélodie, n’est pas excessivement difficile à jouer, si ce n’est une petite partie en « bend » jusqu’au demi-ton supérieur à partir de la mesure 65 et jusqu’à la mesure 82 –entre 1’42 et 2’06-, et parce qu’il faut effectuer ce bend rapidement –le tempo est de 158 à la noire-. Après cela, je peux ré-accorder la corde de sol, qui est déjà celle qui tient le moins l’accordage sur ma guitare…
La partie en accords est réalisée en power chords, qui sont les accords les plus faciles à jouer mais s’avèrent terriblement efficaces, ils furent beaucoup utilisés dans la musique Punk puis New Wave à la fin des années 70 et au début des années 80 : fondamentale + quinte sur 2 cordes pour les fainéants, fondamentale + quinte + octave sur 3 cordes pour les autres !
Réglages de l’ampli : aigus à fond, médium et basse au milieu, une très légère distorsion et une toute petite pointe de réverbération.
A la basse, ce morceau est encore plus facile, il se résume à deux notes en croches –les fondamentales– plus une note de passage en fin de mesure : simple mais efficace, le seul défi est de rester en rythme et de savoir compter ! Cette chanson est tout-à-fait idéale pour entraîner la main droite à l’utilisation d’un médiator, que l’on choisira rigide voire très rigide : entre 1,0 mm et 1,40 mm recommandés.
Je me suis remis à la guitare depuis quelques temps, après l’avoir récupérée chez Nain Junior, où elle était en prêt à long terme. Ciel, que les cordes sont tranchantes et rapprochées –et pourtant j’ai de petites mains…– par rapport à mes basses !
Après quelques heures de lutte acharnée, j’ai réussi à mettre en boîte ce petit morceau pas trop difficile –car très répétitif, quant à sa ligne mélodique, malgré un tempo rapide-. Quant aux accords en seconde partie, ils sont bizarrement écrits mais pas difficiles : un genre de power chords qui n’en seraient pas tout-à-fait, la quarte remplaçant la traditionnelle quinte ! Il faudrait maintenant que je peaufine les sonorités pour me rapprocher plus du son typique du groupe, mais les réglages de mon petit ampli sont très sommaires et je ne dispose pas de pédales d’effets.
Je jouais déjà ce morceau à la basse, il faisait partie de ceux que j’avais sélectionnés pour m’entraîner au jeu avec mediator il y a quelques temps déjà. En effet, s’il n’est pas injouable aux doigts, il ne sonne absolument pas de manière adéquate. A la basse, ce morceau est encore plus répétitif qu’à la guitare –sauf à la toute fin-.
Une playlist très agréable, selon un répertoire espagnol que je maîtrise assez mal, et pleine de soleil pour réchauffer l’air ambiant : les températures matinales sont tout-à-coup très fraîches, depuis ces derniers jours ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Manuel de Falla – L’amour sorcier ; Danses du « Tricorne »
Grace Bumbry – Orchestre RIAS de Berlin, Lorin Maazel – 1965 ***
• Enrique Granados – Goyescas • Isaac Albeniz – Iberia
Artur Pizarro, piano – 2010 ****
• Joaquin Rodriguez – Concierto de Aranjuez
Narciso Yepes, guitare – Orch. symph. RTV espagnole, Odon Alonso – 1969 ****
Deux albums parus en 1981 et 1983 laissaient transparaître de sourdes inquiétudes quant aux affres de la guerre : il s’agit de « Par » de U2, l’album de leur consécration à une vaste échelle dépassant le cadre de la Grande-Bretagne, et de « Red Skies Over Paradise », de Fischer-Z, groupe qui ne connut qu’une brève et éphémère renommée, lors de la sortie de ce disque notamment. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• U2 – War – 1983 *****
A mes oreilles, le meilleur disque de U2, arrivé assez tôt dans leur carrière –il s’agit de leur troisième album-. Il contient notamment deux hits majeurs : Sunday Bloody Sunday, en mémoire du «Dimanche sanglant », le 30 janvier 1972, journée qui a profondément marqué l’histoire de l’Irlande du Nord ; et New Year’s Day, chanson inspirée par la lutte conduite par le syndicat Solidarnosc contre elle gouvernement polonais. Très bon disque dans l’ensemble, sans aucun point faible, et bien produit par un cador du genre, Steve Lilliwhite.
• Fischer-Z – Red Skies Over Paradise – 1984 *****
L’album de Fischer-Z comprend de nombreuses chansons relative à l’état de la politique contemporaine et plusieurs références à la guerre froide, notamment son titre et sa couverture. Il s’agit, au moins à mes oreilles, de l’un des meilleurs disques parus dans ces années-là, et il jouit d’ailleurs d’une très belle réputation. Le bassiste est excellent et très bien mis en valeur par les compositions : de la new wave nerveuse ayant synthétisé plusieurs genres très variés !
Bonne nouvelle, nonobstant ces écoutes divertissantes : hier soir, j’ai récupéré ma guitare, que j’avais prêtée depuis plusieurs mois à Nain-Junior –qui joue beaucoup mieux que moi !-, accompagnée de son ampli. Heureuse surprise : il m’a même rendu le tout en bon état –alors qu’il m’avait complètement ruiné une basse il y quelques années…– , avec un jeu de cordes neuves en prime. Il va falloir que je me réhabitue aux fines cordes qui coupent les doigts, après tous ces mois passés à ne jouer que de la basse !