Playlist Beethoven Rarities

Précisons d’emblée que cette playlist, malgré son titre, ne présentera pas des oeuvres excessivement rares : le corpus beethovénien est remarquablement défendu en termes discographiques et, sauf erreur de ma part, aucune oeuvre majeure ou mineure du compositeur n’a été livrée au public ces dernières années ! Non, il s’agit plutôt ce matin d’écouter des oeuvres du génial sourd que j’écoute plutôt rarement. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Ça commence donc avec « Fidelio« , son unique opéra, qui existe également sous une forme plus primitive sous le nom de « Leonore ». Livret tarabiscoté et assez riche en rebondissements, écriture orchestrale forcément maîtrisée et charpentée –on est chez Beethoven, quand même !– et traitement des voix faisant assez largement abstraction du « beau chant ».
L’oeuvre n’est pas d’un accès si aisé qu’il y paraît, et, bien qu’il en existe de nombreuses et excellentes versions, ce n’est pas l’opéra qui supporte le mieux une écoute au disque selon mes oreilles –en représentation à opéra, ça passe beaucoup mieux ! -. La version du jour fait partie des plus remarquables, la vie du concert en plus : très bien dirigée –belle petite harmonie notamment-, et excellemment chantée, ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on lit la liste des grands noms de sa distribution. A privilégier, très nettement, par rapport à la version studio enregistrée presqu’au même moment par le vieux chef marmoréen et grommelant !

La musique pour piano de Beethoven est avant tout connue pour ses 32 sonates –corpus représentant « la pierre angulaire de la musique pour piano » selon Shostakovich-.
Plus jeune, j’avais, en 33 tours, un gros coffret Telefunken –interprète : Rudolf Buchbinder– contenant l’ensemble « du reste » –dont beaucoup d’oeuvres de jeunesse hors catalogue des oeuvres officiellement publiées, cf. extrait ci-dessous– : comme le pressage n’était pas fameux, je l’ai peu écouté, malgré les qualités du pianiste. En CD, outre une assez grande quantité de versions des Variations Diabelli et des Variations Eroica présentes dans ma discothèque, un coffret tiré de la « Beethoven Edition » – très exhaustive et parue pour je ne sais plus quel anniversaire commémoratif– permet d’aborder toutes les pièces pour piano écrites par le compositeur : bagatelles, variations, rondos, fantaisies et autres canons. Cet ensemble est important en quantité, et souvent de très belle qualité –notamment les nombreuses séries de variations-, mais je l’écoute assez rarement en définitive, allant beaucoup plus spontanément vers les sonates.

Enfin, le dernier disque présente une rare transcription pour petite harmonie de la septième symphonie par le compositeur lui-même, afin de lutter contre le phénomène de transcriptions plus ou moins nombreuses et talentueuses réalisées par d’autres que lui de ses oeuvres. Les deux premiers mouvements sont très réussis, les deux derniers un peu moins –la musique s’y prête vraisemblablement beaucoup moins-, mais le disque, bien enregistré, s’écoute très agréablement au petit matin et propose un livret très informatif –ce qui est important pour ces oeuvres rares sous cette forme– !

The English Concert playlist

C’est une très agréable playlist qui berce matinalement mes oreilles depuis deux jours, à volume modéré pour ne pas réveiller le voisinage ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Avec l’orchestre qu’il créa au milieu des années 70, Trevor Pinnock, claveciniste, organiste et chef d’orchestre, enregistra au courant des années 80 et 90 quelques merveilleux disques selon une approche HIP aimable et enthousiaste, particulièrement efficace dans la musique de Georg Frideric Handel, où il reste pour moi une belle référence. Ses « Quatre saisons  » de Vivaldi ont marqué leur époque et demeurent encore parfaitement d’actualité, et son intégrale des symphonies de Mozart –difficilement disponible actuellement– est exhaustive et remarquable.

Des versions généralement très belles orchestralement –beaux timbres, beaux équilibres entre les pupitres, excellent pupitre de cordes-, fondées sur une approche historiquement éclairée mais sans outrance, un enthousiasme incontournable, et toujours très bien enregistrées.

Depuis la publication de ces disques, certains sont parfois allés encore plus loin dans ce répertoire, mais peut-être jamais avec cette suavité dynamique, et je reste très attaché à ces albums.

Blue Playlist

Ajourd’hui, lancement d’un playlist fondée sur la couleur des pochettes, et c’est le bleu qui est à l’honneur ! Ce qui me permet d’aborder des genres très variés et de réécouter certains albums que je n’avais plus posé sur ma platine depuis assez longtemps parfois, ou alors je n’en garde pas le souvenir ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

C’est le cas, notamment, de « Black And Blue », des Rolling Stones1976-, album plutôt décousu et auto-parodique, enregistré au moment où Les Rolling Stones « testaient » de multiples guitaristes pour remplacer Mick Taylor –ils n’y sont jamais totalement parvenus…-. Ici, outre Ronnie Wood, qui fut le candidat finalement retenu, on peut notamment entendre Harvey Mandel, excellent, et Wayne Perkins, plutôt brillant lui aussi. En outre, Billy Preston –piano électrique, orgue…– est presqu’omniprésent, parfois trop !  Le groupe aborde de nombreux styles, qui vont du blues-jazz au reggae en passant par une funk chauffée à blanc. Contre toute attente, ce disque totalement hybride a plutôt bien vieilli ! –Cliquer sur l’extrait ci-dessous pour découvrir ou redécouvrir…-.

Evidemment, quand on parle des Rolling Stones, Marianne Faithfull n’est jamais très loin : elle fit partie des personnalités embarquées par la police anglaise en février 1967, lors de la célèbre razzia qui conduisit Mick Jagger et Keith Richards dans les geôles de Sa Majesté, et le rapport de la police la décrivait alors comme « une magnifique blonde aux gros seins…-, puisqu’elle était « nue dans une peau de bête » lorsqu’ils débarquèrent. Plus de dix ans après cet événement et remise de sa rupture d’avec Mick Jagger, elle sortait ce magnifique « Broken English’, qui constitue sans doute son meilleur album, avec, notamment, la fameuse « Ballad Of Lucy Jordan ».

On cherchera en vain une océhrence avec les deux autres albums, outre le bleu de la pochette ! Le « Best Of » de David Bowie propose une chouette compilation d’un artiste que je fréquente sporadiquement et que j’apréc!e beaucoup à petites doses. Quant à l’album de Shostakovich sous la baguette du jeune chef Andris Nelsons, il s’inscrit dans une suite de parutions consacrées au compositeur selon un concept « Sous l’ombre de Staline ». Cela vaut de belles lectures, très bien enregistrées, -la huitième est plutôt réussie-, même si j’en préfère d’autres dans ce répertoire.

La Passion de Theresa

C’était hier, à Salzburg, et Theresa a vécu sa Passion : des moments difficiles –et presque cruels pour elle-, son intervention en conférence de presse la voyant apparaître totalement rincée, volontiers grincheuse et absolument dans le déni de ce qui lui arrivait alors… Une humiliation en live, assez pénible à vivre sans doute !

La photo montre bien à quel point le continent est isolé du Royaume-Uni !

Playlist d’entame de soirée

Au terme d’une chaude journée laborieuse –l’arrivée de l’automne météorologique, annoncée pour demain, coïncide presqu’exactement avec l’automne calendaire cette année-, c’est une playlist courte mais, une fois n’est pas coutume, apaisée, qui m’attendait, avec la 32ème et dernière sonate pour piano de Beethoven -très belle chronique de cette oeuvre à lire ici-, l’une de celles que je préfère et que, donc, j’écoute le plus régulièrement.

La version du jour, toutefois, est très étrange : vraisemblablement, la plus lente de l’entière discographie, puisqu’elle s’étend sur près de 40 minutes, alors que, traditionnellement, la sonate est interprétée en 22 à 25 minutes environ. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Evidemment, sur ce tempo lentissime, la mélodie tend à se disloquer quelque peu –même si on ne trouve pas forcément dans cette version des profondeurs insondables– et, souvent, l’harmonie est noyée dans la pédale et des accords sont arpégés –c’est surprenant, surtout, voire proche du contresens, pour l’introduction de la sonate-, mais, pourtant, cela s’écoute sans déplaisir, tant l’oeuvre est remarquablement écrite et le pianiste dispose d’un toucher plein de couleurs ! Evidemment, il ne s’agit pas d’une version pour découvrir l’oeuvre, mais c’est une belle version de complément pour l’entendre autrement –généralement, Beethoven écrit si bien que ses oeuvres supportent assez bien des visions très divergentes de son propos sans qu’elles en pâtissent outrageusement-.

Vous pouvez écouter cette version ici.

Anatol Ugorski, qui est donc le pianiste du jour, fut sans doute l’un des derniers artistes-martyrs de l’ère soviétique et resta, jusqu’à sa fuite en Allemagne dans des conditions rocambolesques, confinées au arrière-salles de concerts des villes les plus reculées de l’ex-URSS, où il trouva pourtant toujours un public pour suivre ses concerts. C’est au début des années 90 qu’il se fit connaître triomphalement en Europe de l’Ouest, même si, depuis, le soufflet est un peu retombé.
Ses albums sont assez souvent très singuliers, le personnage se montrant volontiers iconoclaste, mais j’aime beaucoup ses « Variations Diabelli » de Beethoven et son interprétation de la transcription pour piano main gauche de la chaconne de Bach par Brahms mérite un large coup d’oreille également.

De quoi aborder calmement ce dernier jour d’été !

Playlist courte mais intense

Courte mais excitante playlist que celle que je me suis offerte ce soir, avec cet excellent premier album éponyme de The Cars, paru en 1978, –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– et qui, dès sa sortie, bénéficia d’une réputation des plus enviables qui ne s’est pas démentie depuis.

Les trois premiers titres sont parfaitement formatés pour un passage en radio par leur durée –3’45 presqu’exactement pour chacun d’entre eux– et proposent une pop fraîche, légère, bariolée de guitare légèrement saturées et nimbée de légères nappes de claviers. La seconde partie de l’album me semble à peine moins réussie que la première, mais l’enchaînement des trois premiers titres est vraiment très réussi !

Il me souvient que la chanson « Just What I Needed » –cf.extrait ci-dessous– me servait, à cette époque, de point de comparaison pour tester les différentes chaînes Hi-Fi dans les magasins : le son de batterie, en particulier, est vraiment très bien rendu, avec toutes les nuances de frappe sur les peaux / pots ! A la réécoute « un peu fort » ce soir, je comprends encore pourquoi !

Bref, de quoi entamer joyeusement la semaine qui s’annonce.

Album en série, part 11

Quatre albums –et un cinquième– pour découvrir Mendelssohn

Près d’un an que cette rubrique était délaissée ! Il fallait y remédier, et c’est chose faite avec l’un de mes absolus « chouchous » de ces derniers mois : Felix Mendelssohn-Bartholdy -ce dernier nom ayant été rajouté suite à sa conversion au christianisme-. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

En guise de préambule : Felix Mendelssohn composa des oeuvres religieuses absolument magnifiques -psaumes, oratorios…-, mais cette musique chorale, d’abord plus difficile, me semble difficilement recommandable pour une première approche.

Vilipendé pour son judaïsme après son décès alors qu’il était très hautement considéré par ses pairs de son vivant, enfant-prodige doté d’un talent miraculeux, homme intelligent et doté d’une immense culture, peintre de talent à ses heures, pianiste éminent et chef d’orchestre bien plus éminent encore, remarquablement doué pour mener une vie heureuse, sa musique est élégante, raffinée et gorgée de soleil, s’écoutant très facilement –trop facilement pour certains, qui lui reprocheront son aisance aimable-.

• Les deux intégrales des symphonies proposées ici sont largement complémentaires mais méritent outes deux le détour dans la pléthore de l’offre en la matière. En guise de synthèse, j’aurais pu vous proposer également la remarquable intégrale de Christoph Von Dohnányi à Vienne –en revanche, vous pouvez éviter Abbado et Masur, qui jouissent tous deux d’une réputation enviable…-.

• Les « Romances sans paroles » pour piano trouvent dans la version présentée leur plus belle incarnation : écoutez-en deux ou trois spar jour, le corpus n’est pas fait pour être entendu intégralement d’un seul tenant et il s’apprécie plutôt par petites touches.

• Enfin, les quatuors de Mendelssohn –les plus beaux écrits après Beethoven selon moi, mais je dois être un peu seul à défendre cette opinion…– donnent à entendre de vraies merveilles de poésie et de pureté. Le mouvement lent du sixième quatuor, écrit suite au décès de sa soeur bien-aimée Fanny, est d’un tragique retenu mais poignant.


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A cette série de quatre albums, j’ajouterai volontiers un cinquième disque, peut-être le seul à posséder pour aborder le compositeur –cliquer sur l’imagette de gauche pour la voir en plus grand– : une version remarquable de ce chef-d’oeuvre absolu qu’est le « Songe d’une Nuit d’Été« , couplé à une extraordinaire version de sa troisième symphonie « Écossaise », sans doute sa plus aboutie des cinq.

Playlist « Nuits blanches »

Parti en séminaire durant les trois derniers jours de la semaine, j’ai passé deux nuits quasi-blanches qui m’ont permis de réviser quelques classiques présents sur mon iPad pour passer le temps et, éventuellement, trouver de quoi me bercer pour m’endormir –ça n’a pas marché pour ce qui est du sommeil, mais j’y ai trouvé quelques satisfactions auditive quand même ! -.
Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand : les grands noms côtoient les grands noms  et le tout s’écoute avec un plaisir certain ! -.

Comme j’étais parti très tôt mercredi matin, ça fait près de 60 heures quasiment sans dormir : ce qui n’est plus raisonnable à mon âge vénérable, et je suis donc revenu à la maison hier soir avec un gros mal de crâne à peu près dissipé ce matin ! Même si je suis généralement un « petit dormeur », je n’étais pas malheureux de retrouver mon lit hier soir !
Nonobstant, ce séminaire a vu le meilleur côtoyer le pire, comme c’est souvent le cas en ces occasions, et il aurait pu être raccourci d’une journée –et donc d’une nuit où j’aurais pu dormir…-, mais ça reste surtout l’occasion de revoir des collègues venus de toutes les régions pour parler d’autre chose que du travail !

Playlist « Tapettes émaciées »

Lester Bangs, qui fut à la critique Rock aux USA ce qu’André Tubeuf est à la critique de musique classique en France –les connaisseurs comprendront-, décrivait Led Zeppelin comme un groupe composé de « tapettes émaciées » et de « personnalités falotes », ayant écrit des « chansons ennuyeuses » et aux « paroles prétentieuses » ! Rien que ça !
Comme il qualifiait, à juste titre selon moi, « Get Yer Ya Ya’s Out » des Rolling Stones de « plus grand disque live jamais publié », j’aurais un peu tendance à lui donner raison a priori !

La playlist de ce jour, donc, est consacrée Led Zeppelin –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-, et, il faut le dire, leur musique est toujours difficile à faire entrer dans un salon, du fait d’une batterie souvent omniprésente envahissante, qui, personnellement, me casse assez vite les oreilles –mais d’autres aiment beaucoup cela et se repaissent à l’envie de l’interminable solo « Moby Dick » qui pouvait durer plus de 20 minutes en concert : une horreur pour moi ! -. Il leur reprochait également une approche essentiellement technique et a-musicale de la musique –Lester Bangs fut toujours amateur de formules simples, directes et efficaces– et des paroles prétentieuses et faussement intellectualisantes. 

Pour le premier point, je peux comprendre son point de vue, et d’excellentes idées –le riff original et le début de « Whole Lotta Love, par exemple– sont par la suite un peu gâchées par des digressions vaguement pompeuses et/ou expérimentales, qui ne résistent pas forcément à des écoutes répétées. En revanche, certaines chansons courtes sont d’une belle énergie et s’avèrent très efficaces !
Quant aux paroles « prétentieuses », celles de « Stairway To heaven », vaguement ésotériques, sont plutôt assez poétiques quoiqu’obscures, et je préfèrerai toujours, par exemple, l’ironie douce amère en forme de chronique sociale d’une chanson comme « Mother’s Little Helper » –The Rolling Stones-, ou de « Like A Rolling Stone » –Bob Dylan-.

Nonobstant, cette playlist, à petite dose et en piochant soigneusement le nectar de chaque album, reste une belle expérience –avec, au sommet de cette playlist, le magnifique « Since I’ve Been Living You », magnifique approche du blues– !

Playlist « Histoire d’un retour »

La playlist de ce jour est courte, faute d’avoir beaucoup de temps à consacrer à mes oreilles aujourd’hui : un seul album, donc, mais quel album !

Il consacre le retour, en 1959, du chef d’orchestre Herbert Von Karajan « en exclusivité » dans le giron de l’éditeur jaune, dont il fit les beaux jours durant près de trente ans, trustant à lui tout seul un peu plus d’un tiers des ventes de la firme Deutsche Grammophon », symbole puissant, à l’époque, de « la grande musique ». –Cliquer sur l’image pur la voir en plus grand-.

Il s’agit bien d’un retour, puisque durant la période 1938-1943, le chef –à l’époque dans son ère « Wunder-Karajan » et à la notoriété encore relativement circonscrite à l’Allemagne et à l’Autriche– effectua ses tout premiers enregistrements, avec divers orchestres prestigieux, chez le même éditeur, avant de passer, sous la férule du producteur Walter Legge, chez les anglais d’EMI comme chef principal du Philharmonia Orchestra, qu’il contribua largement à « éduquer » au sortir de la guerre, et avec lequel il enregistra pléthore des premiers LP qui le rendirent mondialement célèbre.

Pour ce premier album enregistré chez la marque jaune, c’est Richard Strauss qui fut mis à l’honneur. Karajan, choisi à l’unanimité par les membres de l’orchestre pour succéder au grand Furtwängler –les deux hommes eurent toujours une relation très complexe, faite d’admiration et de défiance– et nommé « chef à vie » par le Sénat de Berlin –sa deuxième nomination à vie, donc, puisqu’il était également chef à vie du Wiener Singverein depuis 1947-, commençait déjà à rajeunir l’orchestre, dans la perpective, notamment, d’enregistrer sa célèbre intégrale des symphonies de Beethoven dans une optique renouvelée pour l’époque, et il lui fallait pour cela des musiciens adhérant totalement à son propos, qui n’était pas exactement celui de son prédécesseur.

Deutsche Grammophon, pour cet enregistrement, lui offrit les meilleures conditions techniques de l’époque, et l’album s’écoute encore avec un réel plaisir de nos jours : prise de son ample, belle dynamique, très beaux timbres, souffle analogique réduit, équilibre des pupitres très réussi –mieux que beaucoup d’albums tarifs du chef chez le même éditeur-. Quant au contenu artistique, il ne fait que confirmer que Karajan fut toujours un interprète d’exception de Richard Strauss, compositeur qui lui permettait de mettre parfaitement en valeur des qualités parfois surexposées ailleurs et plus tard.

Un merveilleux moment !