Playlist de circonstance

En ce Vendredi Saint, jour de congé légal ici et prélude à un week-end étiré sur quatre jours, quoi de plus normal que d’écouter un Oratorio-Passion ? Il en existe des dizaines, dont les deux plus célèbres demeurent les « Passion selon Saint Matthieu » et « Passion selon Saint Jean » de Johann Sebastian Bach. En Allemagne, de très nombreux compositeurs de sa génération ou de celle qui la précèdent immédiatement y sont allés de leur mise en musique de l’une des quatre évangiles pour célébrer les fêtes pascales. Mais l’Oratorio-Passion de ce jour est plus original : il s’agit de la « Brockes Passion » de Georg Philip Telemanncliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

La Brockes-Passion (ou Passion selon Brockes) est fondée sur un livret en allemand écrit par le poète Barthold Heinrich Brockes –1680–1747-, conseiller municipal de Hambourg. Publié en 1712 sous le titre « Der für die Sünde der Welt gemarterte und sterbende Jesus »trad : Jésus, celui qui souffrit et mourut pour les péchés du monde-, ce livret est une méditation poétique et dramatique sur la Passion du Christ, inspirée principalement de l’Évangile selon saint Matthieu, mais aussi des trois autres Évangiles. Brockes y ajoute des réflexions personnelles et des commentaires lyriques, dans un esprit piétiste. L’œuvre fut créée dans la demeure de Brockes à Hambourg, devant un public choisi de plus de 500 personnes, parmi lesquelles de nombreux notables et des ministres de la ville. Son but était double : offrir une distraction édifiante pendant le Carême et servir à l’édification spirituelle des bourgeois hambourgeois.

Le texte de Brockes se distingue par un récit librement inspiré des Évangiles, avec des ajouts de figures allégoriques –comme la Fille de Sion ou l’Âme Croyante-, qui permettent une expression plus dramatique. Brockes a modernisé le genre de l’oratorio-passion en y intégrant une dimension également psychologique et émotionnelle, avec des scènes fortes comme les remords de Pierre, la trahison de Judas ou les dialogues entre Jésus et Marie.

Mathias Grunewald – Retable de Tauberbischofsheim  – Détail – 1523/25 – Vue d’ensemble du panneau central ci-dessous (cliquer pour le voir en plus grand).

Le livret alterne une grande variété de récits -arias, chœurs et chorals-, typiques de l’oratorio-passion, toutefois, l’approche plus expressive et dramatique est évoque régulièrement le monde de l’opéra. La première mise en musique fut réalisée par Reinhard Keiser en 1712, compositeur d’opéra réputé à Hambourg. Cette première proposition est considérée comme la plus fidèle au texte de Brockes, avec une grande richesse rhétorique et des changements d’affects marquants.

Très rapidement, plus de treize compositeurs l’ont mise en musique, dont Handel (1716/1718), Telemann (1716), Mattheson (1718), Fasch (1723) et Stölzel (1725)… Les versions de Keiser -pour son expressivité dramatique-, Handel -pour sa théâtralité- et Telemann -pour sa diversité instrumentale- sont particulièrement remarquables. Je vous avais déjà entretenu de la Brockes Passion de Handel il y a un peu longtemps…

 

 

La Brockes-Passion de Telemann est l’une des formes d’Oratorios-Passions composés par Georg Philipp Telemann, et la première de ses œuvres dans ce genre.

Comme ses autres oratorios-passion, elle est conçue pour la salle de concert plutôt que pour la liturgie. D’une grande richesse instrumentale, elle alterne récits, arias, chorals et chœurs, privilégiant l’expression des affects et une dramaturgie proche de l’opéra. Telemann exploite la richesse rhétorique et émotionnelle du texte de Brockes, avec des airs virtuoses et des chœurs expressifs, s’éloignant parfois du récit évangélique strict pour privilégier une narration plus libre et poétique. Le courant piétiste, qui prône une dévotion personnelle et émotionnelle, imprègne l’œuvre, notamment dans les arias et les chorals qui invitent à la méditation et à l’introspection.

La Brockes-Passion marque le début de la production de Telemann dans le genre de l’Oratorio-Passion. Elle précède ses 46 passions-oratorios « évangéliques »!!!– destinées à la liturgie –dont une vingtaine sont encore disponibles de nos jours-, qui suivent une structure plus traditionnelle. Elle reste une œuvre charnière, à la fois par son livret et par son style qui annonce les grandes Passions du XVIIIe siècle.

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Playlist « Pastiche d’avril ! »

Vous aurais-je entretenu de cette playlist hier que vous auriez sans doute cru à un « poisson d’avril ». Alors qu’en fait, non ! La playlist de ce jour est constituée d’un unique album, sur lequel je suis tombé par hasard il y a quelques jours à la médiathèque, tandis que je recherchais l’une ou l’autre « Passion » que je pourrais me mettre entre les oreilles pour cette période pascale –à suivre dans une prochaine notule…-.

Cet unique album –très belle interprétation et excellente prise de son– : « Israël In Babylon », de George-Frideric Handel,  m’a tout d’abord fait tiquer : d’une part, je ne connaissais pas cet oratorio de Handel, et n’en avais même jamais entendu parler ; d’autre part, la date mentionnée sur la pochette de l’album –1764– est postérieure à la date du décès du compositeur –1759-.
« Tiens, une oeuvre posthume ! » ai-je alors pensé. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

En réalité, il s’agit d’un « Pasticcio », à savoir un assemblage de diverses pièces de Handel extraites de ces concertos, opéras et oratorios comme il en fleurit beaucoup dans les années qui suivirent son décès, tant, semble-t-il, le public était friand des oeuvres du compositeur, et qui avait ainsi l’occasion d’entendre sa musique à moindre coût. En effet, du vivant du compositeur, l’accès aux oratorios très populaires de Handel était souvent coûteux, ce qui contribua à établir la fortune colossale du musicien à sa mort : alors qu’il avait été plusieurs fois ruiné du temps où il composait ses opéras et entretenait une troupe, il légua à sa nièce, à ses amis et à des oeuvres de bienfaisance l’équivalent d’un peu plus de 5 millions de £ actuelles.

« Israël In Babylon » a donc été assemblé après sa mort par Edward Toms, à partir de fragments d’oeuvres de Handel parmi lesquels on peut reconnaître des extraits de « Messiah », de la « Royal Fireworks Music », de ses opéras « Giulio Cesare » ou « Ottone » ainsi que de musiques funéraires. Le livret anonyme est lui-même fondé sur la première partie du livre biblique d’Esdras. Entre 600 av. J.-C. et 538 av. J.-C., sur fond de guerre entre l’Égypte et Babylone, le royaume de Juda et Jérusalem furent détruits et les Juifs déportés à Babylone. Le livre d’Esdras raconte l’histoire du premier retour de Babylone des exilés du royaume de Juda au cours de la première année du règne de Cyrus le Grand (538 av. J.-C.) et l’achèvement et la dédicace du nouveau temple à Jérusalem au cours de la sixième année de Darius Ier (515 av. J.-C.).Le montage musical est très habile, il n’y a pas une note de musique qui ne soit pas de Handel et l’ensemble s’avère réellement d’une écoute très agréable !

Une curieuse et belle découverte ! Des pastiches de ce genre, j’en redemande !

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Playlist « premières amours »

Piotr Illyitch Tchaïkovsky fut le premier compositeur que j’ai écouté « consciemment », encore enfant. Je l’appréciais et le réclamais tant et si bien que le premier disque que l’on m’offrit était son premier concerto pour piano, puis celui pour violon ; les célèbres suites de ballets et les dernières symphonies suivirent assez rapidement. Le triptyque de ses trois dernières symphonies est très souvent enregistré par les plus grands orchestres et quasiment toutes les stars de la baguette, et ma discothèque en regorge d’une bonne quinzaine de versions au moins.

J’aime énormément les symphonies n°4 et 6 –parfois intitulée symphonie « Du destin » pour la quatrième, et toujours désignée par symphonie « Pathétique » pour la sixième-, un peu moins la cinquième, que j’ai plus souvent tendance à zapper lorsqu’il me vient l’envie de réécouter ce triptyque –écouté intégralement ce jour, cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les trois propositions d’Evgeny Svetlanov à la tête de l’orchestre symphonique d’État de l’URSS –fondé en 1936 et devenu peu de temps après cette tournée japonaise l’orchestre symphonique de la fédération de Russie-, enregistrées lors d’une tournée au Japon en 1990, s’inscrivent vers les sommets de la très riche –et globalement très qualitative– discographie de ces oeuvres : ces symphonies, très richement  orchestrées par le compositeur –Tchaïkovsky s’y entendait pour faire sonner un orchestre-, sont une belle occasion pour tout orchestre désireux faire valoir ses qualités.
Au cours de ces concerts, l’orchestre, aux sonorités typiquement russes –incisives et crues du côté des cuivres, très virtuoses côté cordes-, est chauffé à blanc et d’un engagement total dans des partitions qui ne tolèrent guère la tiédeur, au risque de sombrer dans une mièvrerie un peu doucereuse. Ce n’est pas du tout le cas dans ces interprétations, et le public japonais, fin connaisseur et très enthousiaste, ne s’y trompe pas ! La prise de son live est de très bonne qualité, large et bien timbrée.

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Playlist « Guerre & totalitarisme »

Mes nuits sans dormir, encore et toujours… Il fut souvent reproché à Herbert Von Karajan de ne pas assez enregistrer de « musique contemporaine ». La playlist de ce jour va à l’encontre de ce reproche : il enregistra plus qu’il n’y paraît des programmes de musiciens contemporains de son époque. Outre le fabuleux coffret consacré à la seconde école de Vienne –Berg – Schönberg – Webern– dont il était si fier et qu’il auto-finança, il enregistra quelques oeuvres qu’il jugeait essentielles de ses contemporains, lui qui était né en 1908, et qui fut notamment marqué par deux guerres mondiales, mais aussi par la guerre froide en tant que résident régulier à Berlin après 1950.
Cette playlist en est une très belle illustration. L’accueil généralement triomphal réservé à ces disques –parmi les tout meilleurs du chef– conduisent à se demander pourquoi, en effet, il n’enregistras pas plus de musique de son temps-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Dmitri Shostakovich – Symphonie n°10 – 1953
Orchestre philharmonique de Berlin, Karajan – 1966 *****

La dixième symphonie de Shostakovich –écriture internationale– est l’une de ses plus célèbres et fut composée dans les mois qui suivirent le décès de Staline, durant la guerre froide. Durant les dernières années du régime stalinien, le compositeur avait eu à subir des critiques incessantes et se sentait particulièrement oppressé, voire craignait pour sa vie. Cette symphonie, où le sinistre côtoie une fin plus optimiste, est révélatrice de ces angoisses.
Karajan n’enregistra que cette seule symphonie de Shostakovich, à deux reprises : les deux enregistrements –1966 ; 1981– sont remarquables et l’orchestre et son chef touchent à la perfection ! Il l’interpréta aussi à Moscou, lors d’une tournée en 1969, devant un compositeur ému aux larmes.

• Serge Prokofiev – Symphonie n°5 – 1945
Orchestre philharmonique de Berlin, Karajan – 1968 *****

Symphonie la plus célèbre de Prokofiev –écriture internationale-, il s’agit d’une oeuvre de guerre qui marque la victoire des troupes soviétiques sur l’Allemagne selon le discours officiel de l’époque : elle connut un accueil triomphal. En réalité, le compositeur voulait exprimer toute autre chose, comme il en témoigna plus tard.

«Elle couronne en quelque sorte toute une période de mon travail ; je l’ai pensée comme une œuvre glorifiant l’âme humaine. Dans la 5e Symphonie, j’ai voulu chanter l’homme libre et heureux, sa force, sa générosité et la pureté de son âme. Je ne peux pas dire que j’ai choisi ce thème : il est né en moi et devait s’exprimer».

• Arthur Honegger – Symphonies n°2 et 3 « Liturgique » – 1941 ; 1946
Orchestre philharmonique de Berlin, Karajan – 1969 *****

Musicien suisse né en France, Arthur Honegger composa 5 symphonies, dont les deuxième et troisième sont profondément marquées par la seconde guerre mondiale. Ces symphonies suivent un schéma original en trois mouvement seulement, et sont relativement courtes : entre 20 et 30 minutes chacune. La deuxième symphonie est de caractère sombre et très dramatique, jusqu’à une éclaircie finale. La troisième symphonie « Liturgique » comporte un programme explicite –tiré du requiem liturgique– pour chacun des trois mouvements.

«J’ai voulu symboliser la réaction de l’homme moderne contre la marée de barbarie, de stupidité, de souffrance, de machinisme, de bureaucratie qui nous assiège … J’ai figuré musicalement le combat qui se livre dans son cœur entre l’abandon aux forces aveugles qui l’enserrent et l’instinct du bonheur, l’amour de la paix, le sentiment du refuge divin».

Une somptueuse playlist pour entamer une longue journée !

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Playlist « Actualité belliqueuse sur vinyle »

L’actualité étant malheureusement ce qu’elle est à travers le monde en ce moment, les deux LP écoutés ce jour témoignent des ardeurs belliqueuses qui secouent périodiquement nos sociétés, proches ou lointaines. Au demeurant, il s’agit de deux excellents albums issus des années 80, époque où sévissaient encore la guerre froide et une lutte fratricide sur fond de guerre des religions en Irlande : ces deux disques en sont l’écho. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Fischer-Z – Red Skies Over Paradise – 1981 *****

Voici assurément le plus abouti –et le plus populaire a posteriori– des albums de Fischer-Z, groupe pionnier de la new-wave : initialement un quatuor, puis, au moment de l’enregistrement de cet opus, un trio anglais, qui n’a pas connu une très grande renommée en France, mais fut extrêmement populaire au Royaume-Uni, dans toute l’Europe du Nord et en Allemagne, entre la fin des années 70 et le début des années 80.

« Red Skies Over Paradise » reflète pleinement  les préoccupations de son époque et s’avère assez pessimiste dans son propos : en 1981, le mur de Berlin est toujours en place, les deux républiques allemandes sont séparées tant géographiquement qu’idéologiquement, Ronald Reagan, président des USA depuis quelques mois, déploie des missiles Pershing en Allemagne de l’Ouest, la guerre froide est relancée depuis l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques… Mais ce disque est réellement l’un des tout meilleurs albums des années 80 que je connaisse : une new-wave mélodieuse assez musclée, avec, en particulier, une basse de feu très présente et d’une redoutable efficacité. Près d’un demi-siècle –!!!– après sa sortie, ce disque a tout—à-fait bien vieilli et reste vraiment très plaisant à écouter !

• U2 – War – 1983 *****

« War » est à mes oreilles le meilleur album de U2, avant même ses deux successeurs, « The Unforgottable Fire » et « The Joshua Tree ». Ce sont d’ailleurs les seuls disques du groupe enregistrés en  studio que j’écoute encore, tant le côté pontifiant vers lequel a ensuite évolué Bono me fatigue… La réédition LP que l’on ma offerte bénéficie d’un pressage 180 grammes très silencieux et d’un beau livret 16 pages grand format illustré, dont je n’ai pas le souvenir qu’il était présent dans le LP d’origine, que j’avais acheté à sa sortie.

« Everywhere you looked, from the Falklands to the Middle East and South Africa, there was war. By calling the album War we’re giving people a slap in the face and at the same time getting away from the cosy image a lot of people have of U2. » Bono, chanteur de U2, 1982
« It’s a heavy title. It’s blunt. It’s not something that’s safe, so it could backfire. It’s the sort of subject matter that people can really take a dislike to. But we wanted to take a more dangerous course, fly a bit closer to the wind, so I think the title is appropriate. » The Edge, guitariste de U2, 1982

« Partout où l’on regardait, des Malouines au Moyen-Orient en passant par l’Afrique du Sud, il y avait la guerre. En intitulant l’album War, nous provoquons les gens et, en même temps, nous nous éloignons de l’image idyllique que beaucoup se font de U2. » Bono
« C’est un titre puissant et direct. Ce n’est pas quelque chose de consensuel, donc ça pourrait se retourner contre nous. C’est le genre de préoccupations qui peuvent vraiment déplaire. Mais nous voulions prendre un risque, voler un peu plus près du danger, alors je pense que le titre est approprié. »
The Edge.

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Playlist « Concertos au son chaud et velouté »

Le violoncelle, dont j’avais commencé l’apprentissage quand j’étais enfant –ça casse moins les oreilles des parents que le violon lorsqu’on débute, même si ça grince un peu au début, et c’est moins traumatisant pour les muscles et les doigts que la contrebasse…-, est un merveilleux instrument au son à la fois chaud et velouté, et pour lequel de très beaux concertos ont été composés depuis l’époque baroque jusqu’à nos jours. Trois d’entre eux font partie de la playlist de ce jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Joseph Haydn – Concerto pour violoncelle n°1 en Ut Majeur
Pierre Fournier – Cordes de l’orchestre du festival de Lucerne, Rudolf Baumgartner – 1968 ****

J’ai découvert ce concerto pour violoncelle très jeune et l’ai toujours beaucoup aimé, alors que je ne côtoie généralement les oeuvres de Joseph Haydn que d’assez loin. Son concerto pour violoncelle n°2 –pas écouté ce jour-est de la même eau, et les deux sont, à mes oreilles, bien plus intéressants que ses concertos pour piano. Très belle version de Pierre Fournier, sagement accompagné par un orchestre à cordes aux dimensions adéquates.

• Robert Schumann – Concerto pour violoncelle en la mineur
Mstislav Rostropovich – Orchestre Philharmonique de Leningrad, Gennadi Rojdestvensky – 1961 ***

Je n’ai jamais complètement accroché au gros son vibré de Rostropovich, « star des violoncellistes » couramment encensé par de nombreux mélomanes. Alors qu’il est assez jeune encore, cette caractéristique est un peu moins flagrante dans ce concerto pour violoncelle de Schumann, nettement plus réussi que son concerto pour violon, mais je préfère d’autres versions moins « expansives », même si l’accompagnement orchestral de Rojdestvensky est très bon.

• Edward Elgar – Concerto pour violoncelle en mi mineur • Variations « Enigma »
Pierre Fournier – Orchestre Philharmonique de Berlin, Alfred Wallenstein – 1967 *****
Orchestre Symphonique de Londres, Eugen Jochum – 1975 *****

Mon concerto pour violoncelle préféré, composé en 1919, très bien représenté dans ma discothèque, dans des versions toutes réussies à des degrés divers, et notamment la légendaire version de Jacqueline Dupré accompagnées par John Barbirolli. L’enregistrement de Pierre Fournier, quasi-contemporain, est à mon avis aussi beau tout en étant plus retenu, justifiant l’appréciation d' »aristocrate du violoncelle » attachée Fournier.
Les variations « Enigma » –l’une de mes oeuvres fétiches de mes nuits sans dormir et des mieux représentée dans ma discothèque…– qui figurent sur le même album sont d’une très belle tenue également.

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Obituary : Gimme an F…

Il avait fait sensation en 1969 à Woodstock avec son fameux « Gimme an F… Gimme a U… Gimme a C… Gimme a K » avant d’entamer une version enjouée et à peine modifiée de « I-Feel-like-I’m-Fixing-To-Die-Rag », chanson protestataire contre la guerre au Vietnam, reprise en choeur par tout le public ! Certainement pas la chanson préférée de l’inénarrable Donald…
De Country Joe McDonald, disparu le 7 mars, il nous reste donc désormais ses albums, dont les deux admirables et légendaires disques parus en 1967 avec son groupe Country Joe and the Fish : « Electric Music For the Mind And The Body » -premier extrait– et « I-Feel-Like-I’m-Fixing-To-Die »second extrait, dédié à son éphémère compagne de l’époque : Janis Joplin-, fleurons de la musique psychédélique west-coast.

Country Joe McDonald
01.01.1942 –07.03.2026

Playlist « Musique & Cinéma »

Longtemps, j’ai hésité dans le classement sur mes étagères des quelques disques de musique de film que j’ai dans ma discothèque : fallait-il les ranger alphabétiquement par titre de film, par compositeur de la musique –dont évidemment je ne me souviens pas toujours du nom-, par année de sortie ? Finalement, pour les retrouver rapidement, je les ai tous classés à « B.O.F Titre du film » –pour Bande Originale du Film-, et ils apparaissent ainsi regroupés sur mes étagères et dans ma base de données.
La playlist de ce jour est justement consacrée à trois albums de belle et bonne musique de films cultes, qui peut s’écouter agréablement et indépendamment du support des images. Les étoiles donnent mon appréciation –forcément subjective– film/musique –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.


• Modern Times
– 1936 – *****/****
Genre : Satire sociale grinçante et tendre
Un film de Charlie Chaplin
Musique de Charlie Chaplin, orchestration & arrangements de David Raskin & Edward Powell
Orchestre de la radio de la NDR, Timothy Brock – 2015

• Gone With The Wind – 1939 – *****/****
Genre : Épopée romanesque d’une pimbêche sudiste
Un film de David O. Selznicks
Musique de Max Steiner
Orchestre non précisé dirigé par Max Steiner – 1939

• Dances With Wolves – 1990 – *****/*****
Genre : Western écologique avec des Indiens gentils et un loup espiègle
Un film de Kevin Costner
Musique de John Barry
Hollywood Studio Symphony Orchestra, John Barry – 1990

Playlist « Intégrale nocturne… »

Mes nuits sans dormir : suite, et pas fin ! – J’en ai donc profité pour écouter une intégrale de concertos pour piano : celle de Rachmaninov –écriture internationale : le compositeur fut naturalisé américain- que l’on retrouve parfois transcrit « Rachmaninoff » en France ou en Allemagne ». –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Dans ces oeuvres, le duo formé par le pianiste espagnol Rafael Oroczo et le chef néerlandais Edo De Waart –tout jeunes à l’époque– dirigeant le Royal Philharmonic Orchestra fut largement salué lors de la sortie de ces disques, enregistrés en 1973. Ils constituent, aujourd’hui encore, une belle version au sein d’une discographie pléthorique de ces oeuvres, qui bénéficie de très bonnes conditions techniques et reste encore assez facilement disponibles à petit prix au sein d’un coffret consacré au pianiste espagnol Rafael Oroczo par le label Decca, qui a repris l’intégralité du catalogue Philips.

Les concertos pour piano de Rachmaninov, qui exigent une très grande virtuosité pianistique, ne jouissent pas de la meilleure réputation qui soit : on leur reproche souvent leur post-romantisme un peu trop sucré, voire mièvre pour les plus rétifs à son art, mais ils ont pourtant connu les faveurs des plus grands pianistes et sont très accessibles à un très large public et d’une écoute très agréable, pour peu qu’on n’en abuse pas trop souvent !

Le concerto n°2 –1901, extrait– est hyper-célèbre, le 3ème –1909– est sans doute le plus abouti du lot.
Le 1er concerto fut composé en 1891 et révisé en 1917, le 4ème, achevé en 1926, fut révisé en 1928 puis en 1941 : beaucoup moins populaires que les deux concertos médians, ils sont enregistrés dans leur version « définitive ».

Une bonne entrée en matière pour le week-end : nous filons dans les Vosges chasser le dahu en joyeuse compagnie !

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