Playlist légendaire en LP

L’évidence se passe de commentaires !
• The Beach Boys – Pet Sounds – 1966 *****
• The Rolling Stones – Beggars Banquet – 1968 *****

L’évidence se passe de commentaires !
• The Beach Boys – Pet Sounds – 1966 *****
• The Rolling Stones – Beggars Banquet – 1968 *****
… que je n’avais plus écouté de sonates pour piano de Beethoven, tout occupé que j’étais à me rendre vers des territoires moins connus de ma discothèque ! Oubli désormais réparé avec la playlist de ce jour, consacrée à quelques-unes de ses sonates les plus célèbres, dans des versions dont je ne me lasse pas ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Beethoven – Sonates pour piano n°8 « Pathétique » ; 13 et 14 « Clair de lune » – 1980 *****
• Beethoven – Sonates pour piano n°15 « Pastorale » et n°17 « La tempête » – 1981 *****
• Beethoven – Sonates pour piano n°21 « Waldstein » et n°23 « Appassionata » – 1972 ; 1973 *****
Emil Gilels, piano
Derrière des micros qui rendent enfin justice à sa sonorité d’airain, ce Beethoven prend une puissance, un sang, un corps que personne ne lui a jamais donné. – Diapason
Je n’ai encore jamais vu d’artiste plus concentré, plus énergique et plus ardent qu’Emil Gilels – Joachim Kaiser, musicologue auteur de « Grands pianistes de notre temps »

L’intégrale inachevée des sonates de Beethoven d’Emil Gilels, initialement parue au compte-goutte en disques séparés au début de l’ère du Compact Disc, a énormément bénéficié d’un nouveau remastering suivant le procédé « Original Image Bit Processing », qui rend désormais pleinement justice à sa beauté de sonorité légendaire, lors de sa mise en coffret –9 CD, disponible ici ou là dans deux présentations différentes, mais c’est le même remastering et l’un des deux coffrets est d’un prix indécent, même si cette intégrale bardée de distinctions prestigieuses à travers le monde n’a pas de prix…-.
Trois faux frères King –un véritable brelan royal ! -cohabitent dans la playlist très blues de ce jour : Albert King –« the Velvet Bulldozer »-, né en 1923 ; B.B. King, né en 1925 ; et, enfin, Freddie King -« The King Of The Kings »-, né en 1934. Si B.B. King est sans doute le plus célèbre, ses deux homonymes n’ont pas moins de talent, s’avèrent bien meilleurs guitaristes que lui et eurent une plus grande influence sur une kyrielle de grands guitaristes de blues en devenir ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• B.B. King – Mr. Blues – 1963 ***
Il s’agit du douzième albums déjà de B.B. King, et du premier qu’il enregistra pour ABC Paramount. Ce n’est pas, et de loin, son meilleur disque : il déçut relativement à sa sortie et reste assez mal-aimé au sein de la discographie pléthorique de l’artiste –au moins 70 disques, dont 49 en studio-. L’album est très varié mais manque quelque peu de cohésion d’ensemble, et son jeu de guitare si singulier –B.B. King ne maîtrisait pas les accords et était incapable de jouer en chantant ou de chanter en jouant de la guitare– est bien plus flamboyant sur d’autres albums.
B.B. king utilisait essentiellement une guitare Gibson E-355 noire qu’il avait prénommée « Lucille »
• Albert King – Born Under A Bad Sign – 1967 *****
Considéré de nos jours comme l’un des plus grands disques de blues jamais enregistrés, l’album contient le très connu « Oh Pretty Woman » repris par The Bluesbreakers –période Mick Taylor– sur l’album « Crusade ».
Albert King, surnomme « The Velvet Bulldozer » ou encore le « Muhammad Ali de la guitare blues » du fait de sa grande taille et d’une carrure imposante a popularisé la Gibson Flying V, qu’il a adoptée dès 1958 et prénommée « Lucy ». Gaucher, il montait des guitares de droitier à l’envers –c’était avant que les fabricants se mettent à proposer des guitares pour gaucher– qu’il accordait de façon non traditionnelle, généralement en accord ouvert de Fa majeur, ce qui donne Do/Fa/Do/Fa/La/Ré au lieu du traditionnel Mi/La/Ré/Sol/Si/Mi.
• Freddie King – Freddie King Is A Blues Master – 1969 *****
Mort jeune à 42 ans, usé par les tournées et les concerts incessants, surnommé « the King oOf The Kings », Freddie King a créé un style unique fusionnant le Chicago Blues et le Texas Blues, et a constitué une influence considérable sur tous les grands noms de la guitare blues, et plus particulièrement sur les guitaristes de «Texas Blues –Johnny Winter, Stevie Ray Vaughan, Harvey Mandel…-. L’album contient le hit « Hideaway », repris plus pard par The Bluesbreakers –période Eric Clapton– sur l’album « The Bluesbreakers with Eric Clapton».
Freddie King utilisait une guitare Gibson Les Paul dont les micros étaient dorés à l’or massif, il a également joué quelques guitares à corps semi-creux comme les Gibson G-335 et Es-345. Il se servait d’onglets à la place d’un mediator : un onglet de pouce en plastique et un onglet d’index en métal.
Les albums de compilations sont généralement réalisés par des artistes en mal d’idées -et permettent essentiellement d’activer la pompe à phynances…- pour des fainéants qui n’ont pas nécessairement envie de découvrir plus avant un artiste ou un groupe… Ça tombe bien, je suis d’humeur paresseuse aujourd’hui, et hors le dernier album, les deux premiers concernent des artistes que je connais peu et mal ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plis grand-.
• Chris Rea – New Light Through Old Windows : The Best Of – 1988 ****
Je ne connaissais quasiment pas Chris Rea –hors « Josephine », qu’il a écrit pour sa fille– avant de déposer ce disque dans ma platine, et j’ai découvert un bon guitariste –habile à la slide guitar de surcroît– et de très honnêtes compositions oscillant entre blues et rock laid back, d’écoute très facile et très agréable ! Une compilation qui donne envie d’en découvrir plus sur cet artiste disparu récemment, peu de temps avant Noël.
• Billy Bragg – Must I Paint You A picture : The Essential – 2003 ***
De Billy Bragg, en revanche, cet double-album de 40 titres assez courts en général donne un très large aperçu qui ne nécessite pas, à mes oreilles au moins, d’aller au-delà. C’est, sur la durée, extrêmement monolithique ! Billy Bragg est un chanteur de folk-punk qui, d’engagé et contestataire aux débuts de sa carrière, s’assagit pour désormais être fan des lib-dem anglais. Je le connaissais déjà à travers son tout premier album, grâce à une chanson à caractère historique dont je vous ai déjà parlé par ailleurs : sa version, assez brute de décoffrage, ne vaut pas celle que vous pouvez entendre sur la notule d’alors !
• Depeche Mode – Greatest Hits – 2008 **/****
Une –trop : un album de 2 CD– longue compilation, dont certains morceaux, oscillant entre new wave et synth-pop, me fatiguent assez vite, mais le groupe marqua mes années 80 et poursuivit une carrière fructueuse tout au long des décennies suivantes. Un album très inégal à mes oreilles : en réalité, je n’en puisque qu’une petite moitié pour zapper le reste… Quoi qu’il en soit, leur reprise du « Personal Jesus » de Johnny Cash, très personnelle pour le coup, est très bien !

… et suite à la dernière devinette en date, je me suis amusé à travailler l’extrait n°2 –« Whole Wide World » des Rolling Stones– à la basse : ce n’est pas très compliqué, mais il faut soutenir un rythme rapide durant toute le morceau et ça muscle les doigts de la main droite : jeu aux doigts, avec lequel je suis le plus à l’aise, et non au médiator pour ce morceau !
On se rend compte assez rapidement que ce n’est pas une ligne de basse qu’aurait jouée Bill Wyman, qui était à la fois plus économe de moyens et généralement plus subtil dans son approche mélodique et rythmique, et nettement moins attaché à ce principe de notes fondamentale/quinte en croches. Pour autant, cette ligne de basse est redoutablement efficace –cf.extrait ci-dessous, la basse se met à vrombir à partir de 0’07– !
En parallèle, je commence à travailler la chanson à la guitare : le riff principal –celui qu’on retrouve dans les deux extraits de dernière la devinette proposée-est relativement simple, les choses se corsent par la suite, d’autant qu’il y a deux guitares bien entremêlées par moment, et un certain nombre d’effets qu’il faut que j’essaie d’identifier au mieux pour régler à peu près bien mon ampli…
La playlist du jour est plus cohérente qu’il n’y paraît au premier abord, et totalement centrée autour de David Bowie dans son éphémère période « Ziggy Stardust », coupe mulet et costume d’extra-terrestre androgyne compris… Du Glam-Rock au Proto-Punk, la boucle est bouclée en ce début de décennie 70… –Cliquer sur l »image pour la voir en plus grand-.
• David Bowie – The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars – 1972 *****
En 1972, David Bowie accédait à la notoriété intergalactique avec son album « The Rise And Fall Of Ziggy Stardust and The Spiders From Mars », plus commodément dénommé « Ziggy Stardust ». Emblématique de son époque, et au-delà d’une narration un peu obscure dont la cohérence laisse relativement à désirer –selon David Bowie, cette histoire fut en réalité écrite après l’enregistrement des chansons, pour réaliser un concept-album…-, l’album est porté par une musique glam-rock totalement assumée et très bien jouée par les « Spiders From Mars », le groupe qui accompagnait alors David Bowie, formé autour de l’excellent guitariste Mick Ronson et du non moins brillant bassiste Trevor Bolder.
• Lou Reed – Transformer – 1972 *****
C’est d’ailleurs ce noyau Ronson – Bolder que l’on retrouve pour entourer Lou Reed? « Transformer » est l’album qui relança sa carrière, totalement en panne après l’explosion en vol du Velvet Underground. Le disque, produit par David Bowie, s’inscrit complètement dans le même courant Glam-Rock que celui de son producteur. De nombreuses paroles de l’album sont à forte connotation sexuelle, et, comme David Bowie, Lou Reed y expose une identité androgyne à travers de nombreuses chansons. Son titre le plus connu est « Walk On The Wild Side », avec son solo de saxophone final, qui apporta à Lou Reed une renommée mondiale.
• Iggy & The Stooges – Raw Power – 1973 ****
« Raw Power » n’a rien à voir avec le Glam-Rock, il est beaucoup trop brut pour cela et préfigure le courant punk à venir ! L’album est pourtant co-produit par David Bowie, qui assura également son mixage final à la demande expresse de la firme CBS, qui refusait de le sortir si le mixage initial jugé trop foutraque du groupe n’était pas retouché. Avant la sortie de l’album David Bowie avait remis sur pied la carrière d’Iggy Pop et des Stooges, qui étaient virtuellement séparés, en organisant des concerts à Londres, où le groupe se produisit en première partie de Lou Reed. Une plaque commémorative a été apposée au 275 Pentonville Road pour commémorer cet événement.
Les trois claviers de cette playlist sont, respectivement, ceux du piano, du clavecin et de l’orgue. Le seul Bach -prononcer [baR]- est Johann Sebastian, fils et père de toute une lignée de compositeurs qui le précédèrent ou le suivirent –le bougre a eu 20 enfants issus de 2 mariages, et 4 de ses fils deviendront également compositeurs, souvent plus célèbres de leur vivant, d’ailleurs, que leur père…-.
Disons-le tout net, je suis sorti de cette playlist au bord de l’épuisement, même si chacun des albums qui la composent est très bon, voire excellent, dans son genre ! Le très prolixe Georg Philipp Telemann, qui était son exact contemporain et jouissait au même moment d’un succès considérable et de la réputation de « plus grand musicien du monde germanophone » parlait de Bach-père comme d’un « compositeur qui contrepointe à tire-larigot », et ce n’est pas toujours totalement infondé. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Suite anglaise n°3 BWV 808
• Prélude et fugue n°32 extrait du livre II du « Clavier bien tempéré » BWV 877
Friedrich Gulda, piano – 1953 *****
• Fantaisie chromatique et fugue BWV 903
• Concerto italien BWV 971
• Toccata en ré mineur BWV 913
• Partita en si mineur BWV831
Trevor Pinnock, clavecin – 1977/83 *****
–Le clavecin a été fabriqué par les facteurs Clayton & Garret d’après une copie d’un clavecin de J.D. Dulcken de 1745–
• Toccata et fugues pour orgue BWV 565, 5654, 540 & 538
Ton Koopman, orgue – 1983 ****
–Orgue de la Grote Kerk de Maassluis (Pays-Bas) du facteur allemand Arp Schnitger, 1730-1732–
L’orgue est, mon avis, l’instrument le difficile à apprivoiser dans un environnement domestique, même sur un système de haute qualité. Il faut un minimum de volume sonore pour que l’instrument respire et puisse s’exprimer. En conséquence, rapidement, cela peut devenir gênant pour le voisinage. De fait, j’en écoute très peu.

Les trois albums qui constituent la playlist de ce jour exposent, au sein des trois formations différentes qui marquèrent ses débuts, le jeune Eric « Slowhand » Clapton, lorsqu’il jouait encore sur une Gibson Les Paul –plus tard, influencé par Jimi Hendrix, il utilisera une Fender Stratocaster– et n’était pas encore raciste et fervent soutien d’Enoch Powell.
On y entend trois très bons disques d’influence très blues, où il se montre souvent très inspiré à la guitare. Durant les années 60 et l’émergence du « British Blues Boom » –à partir de 1960 avec les Blues Incorporated d’Alexis Korner-, Yardbirds et Bluesbreakers ont vu passer dans leurs rangs une grande partie des grands guitaristes anglais de blues-rock des années 60 : outre Eric Clapton, on trouvera au sein de l’une ou l’autre formation Jeff Beck, Peter Green, qui fonda Fleetwood Mac, Jimmy Page, créateur de Led Zeppelin et Mick Taylor, futur Rolling Stones de 1969 à 1974 : sacrée brochette ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• The Yardbirds – Five Live – 1964 ****
• John Mayall’s Bluesbreakers With Eric Clapton – 1966 *****
• Cream – Disraeli Gears – 1967 *****
Très bon guitariste mais assez piètre compositeur en réalité –son plus grand succès est une reprise d’une chanson de JJ Cale et au sein de Cream ou de Derek And The Dominos, il était crédité essentiellement comme co-compositeur-, l’évolution de la carrière d’Eric Clapton, par la suite, se révèlera plutôt décevante. Ainsi, près l’excellent « Layla And Other Assorted Love Songs » avec l’éphémère groupe Derek And The Dominos, en 1970, le reste de sa production est assez anecdotique à mes oreilles.
Dans la courte playlist de ce jour, j’écoute la symphonie n°7, dite « Sinfonia Antartica« , de Ralph Vaughan Williams, issue de la musique qu’il composa pour le film « Scott Of The Antarctic » –cliquer sur l’imagette de l’affiche pour la voir en plus grand-, qui retrace l’histoire tragique de la conquête du Pôle Sud par l’expédition anglaise « Terra Nova » conduite par Robert Falcon Scott en janvier 1912 : il y avait été précédé de cinq semaines par l’expédition norvégienne de Roald Amundsen, qui planta officiellement le drapeau norvégien au Pôle Sud le 14 décembre 1911 à 15:00.
Le film fut un best-seller en Angleterre –troisième au box-office en 1949-, lorsque Scott était encore une figure héroïque dans son pays –statut assez profondément révisé depuis-, tandis qu’Amundsen y était méprisé par pur esprit chauvin : « mangeur de chien », « explorateur professionnel n’ayant rien de chevaleresque »…
Cette histoire passionnante de la conquête du Pôle Sud, dernière partie inexplorée de notre planète à l’entrée du vingtième siècle, sur fond de rivalité anglo-norvégienne, a été remise en perspective à la fin du vingtième siècle. L’admirable travail de préparation de Roald Amundsen pour son expédition, par opposition avec l’entêtement de Robert Falcon Scott, autoritaire et pétri de certitudes, sont désormais mis en avant pour expliquer l’échec de l’expédition anglaise.
Après la sortie du film, Vaughan Williams continua à composer sur le même thème pour aboutir, en 1952, à une oeuvre de dimension symphonique : la Sinfonia antartica –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. L’orchestration de cette oeuvre en cinq mouvements -les deux derniers sont enchaînes- fait appel, outre l’orchestre classique traditionnel, à une soliste soprano qui chante sans paroles, à un modeste chœur de femmes à trois voix et à un large instrumentarium avec orgue, piano machine à vent et un panel varié de percussions. Chaque mouvement également est précédé par une citation écrite sur la partition. Dans certaines interprétations, ces citations sont lues avant chaque mouvement, ce n’est pas le cas pour la version de ce jour, enregistrée par Sir Adrian Boult en 1969.
1er mouvement – Prélude
To suffer woes which Hope thinks infinite, / To forgive wrongs darker than death or night,
To defy Power, which seems omnipotent … / Neither to change nor falter nor repent,
This … is to be
Good, great and joyous, beautiful and free. / This is alone Life, Joy, Empire and Victory!
-extrait de « Prométhée délivré », de Shelley-
Le « thème héroïque » du Prélude constitue le générique de début du film et il apparaît de façon récurrente tout au long de la symphonie de l’ouvrage. Ce mouvement correspond, dans le film, au moment où que les explorateurs se préparentet à la présentation des principaux protagonistes de l’expédition « Terra Nova ». Puis, la musique évoque ensuite les vastes étendues glaciales de l’Antarctique par des percussions –glockenspiel, xylophone et vibraphone-, une machine à vent, le piano et le célesta, des voix funèbres des choeurs et les vocalises sans paroles de la soliste soprano.
2ème mouvement – Scherzo
There go the ships: / And there is that Leviathan / Whom thou hast made to take his pastime therein.
-Psaume 104-
Le scherzo, intitulé «Léviathan», est tiré du passage «Whales» –baleines– de la musique du film lors de l’arrivée du Terra nova dans la Baie des Baleines. Le Scherzo en constitue un remaniement. Les baleines sont incarnées par le cor anglais les vents graves, le tuba et le violoncelle. Sur la banquise, les pingouins sdéfilent au son des clarinettes et des trompettes.
3ème mouvement – Lanscape
Ye ice falls! Ye that from the mountain’s brow / Adown enormous ravines slope amain –
Torrents, methinks, that heard a mighty voice, / And stopped at once amid their maddest plunge!
Motionless torrents! Silent cataracts!
-Hymn Before Sunrise, Coleridge-
La musique provient de la séquence du film où l’expédition de Scott entreprend la difficile ascension d’un glacier géant –Glacier Beardmore-. La musique évoque la lente et pénible avancée des explorateurs à travers les masses de glace mouvantes. Ce mouvement est celui qui utilise l’instrumentarium le plus varié, sur une très large plage dynamique, y compris un fortissimo d’orgue.
4ème mouvement – Intermezzo
Love, all alike, no season knows, nor clime, / Nor hours, days, months, which are the rags of time.
The Sun Rising, Donne-
L’Intermezzo est tiré du passage du film où les explorateurs évoquent avec nostalgie leurs familles qui les attendent à la maison –solo de hautbois accompagné d’accords de harpe, puis par un violon soliste.-. A la fin du mouvement, les cloches graves et la très douce musique qui suit correspondant dans le film à la mort du capitaine Oates, qui, sur le chemin du retour, souffrant de gelures aux pieds, se laissa mourir de froid pour ne pas retarder l’expédition en quittant sa tente, de nuit : »Je vais simplement sortir et ce la pourrait prendre un certain temps ».
5ème mouvement – Épilogue
I do not regret this journey … We took risks, we knew we took them; things have come out against us, and therefore we have no cause for complaint.
-Journal de R.F. Scott-
Malgré l’héroïsme de la marche –le thème de la musique de cette marche est construit et développé à partir du thème héroïque du prélude-, le blizzard engouffre Scott et ses deux derniers compagnons. Avant de mourir, Scott prend le temps de rédiger une dernière note dans son journal : « It seems a pity, but I do not think I can write more – R. Scott – For God’s sake look after our people. » –« C’est malheureux, mais je ne pense pas pouvoir écrire davantage. R. Scott. Dernière entrée : Pour l’amour de Dieu, veillez sur nos familles »-.
La Sinfonia Antartica s’achève dans la désolation de ce paysage de banquise désormais vide de toute vie.
C’est une playlist musicalement plutôt éclectique d’artistes d’Outre-Rhin et s’exprimant en Allemand que j’écoute un peu fort ce matin. Nina Hagen et Rammstein sont d’autant plus subversifs que ces artistes ont grandi en Allemagne de l’Est, où la musique pop-rock n’avait guère le droit de cité avant le milieu des années 70.-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Outre le courant punk qui s’est développé en Allemagne, les principaux groupes qui existaient alors avaient emprunté des voies assez différentes de celles plus populaires des groupes anglais ou américains. Ainsi, Can, Tangerine Dream ou Kraftwerk sont à l’origine du « rock expérimental allemand », que l’on a plus tard un péjorativement désigné par le terme de « Krautrock ». La playlist du jour s’inscrit dans la filiation des ces deux courants.
• Nina Hagen Band – Unbehagen – 1979 *****
« Unbehagen » –Mal à l’aise– est le second album du Nina Hagen Band, groupe soutenant la chanteuse –il se produisait également, sans Nina Hagen, sous le nom de Spliff-, sans doute l’artiste féminine ayant développé l’attitude la plus consciemment « punk » de sa génération, et au-delà ! L’album contient «African Reggae », qui est sa chanson sa plus connue en France, plaidoyer pour une utilisation non réprimée du cannabis, où Nina Hagen « yodel » sur des rythmes africains. Les autres titres –dont une reprise de « Lucky Number » de Lene Lovich en Allemand– comportent également leur lot de provocations et de chant complètement déjanté, entre vocalises lyriques, onomatopées variées et éructations rauques !
• DAF – Die Kleinen und die Bösen – 1980 ****
En 1980, DAF –Deutsche Amerikanische Freundschaft– n’est pas encore réduit au duo Gabi Delgado –chant– / Robert Görl –batterie– : il compte alors en son sein un guitariste, un bassiste et un joueur de divers instruments électroniques. Deuxième album du groupe, « Die Kleinen und die Bösen » –Les petits et les méchants– fit un four monumental à sa sortie, mais DAF commence cependant à y développer son style « musique industrielle expérimentale ». Le LP originel comportait une face enregistrée en studio et l’autre en live. « Die Kleinen und die Bösen » n’est pas encore aussi hypnotique et cohérent que « Alles ist gut », mais c’est un bon album rétrospectivement décrit comme « sinistre et brillant ».
• Rammstein – Herzeleid – 1995 ****
« Herzeleid » –Peine de coeur– est le premier album de Rammstein, sans doute le groupe allemand germanophone le plus célèbre et qui a connu le plus grand succès –Scorpions est un groupe allemand sans doute encore plus célèbre, mais anglophone…-. Le groupe, avec cet album, atteignit rapidement un beau succès et une grande notoriété partout en Europe, sauf en France : le disque n’y sortit que deux ans plus tard, avec une traduction des paroles afin que le public puisse comprendre qu’elles ne contenaient pas de propagande néo-nazie, l’illustration de la pochette pouvant prêter à confusion quant à « la promotion d’une race supérieure » !