Un dimanche matin à l’opéra (rock)

A peine tombé du lit à une heure presqu’inavouable, et après voir pris ma dose de caféine matinale –un double expresso comme chaque jour-, c’est à un opéra-rock que j’ai consacré mon temps jusqu’ici ! Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du tout premier, dans ce genre fort peu prolixe : « Tommy », by The Who. -Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Pendant longtemps, j’avais laissé cet album en jachère, préférant, et de loin, la version « avec coupures » que les Who jouaient en live à l’époque de leur tournée 1970-1971, et dont on retrouve désormais trace dans l’excellent « Live At Leeds » en édition Super Deluxe.

Cependant, je voulais redonner une chance à la version « officielle » de cet opus, paru en 1969. Finalement, j’ai bien fait ! Tout n’est pas génial dans cet album, mais la construction musicale en est très réussie, malgré les invraisemblances du « livret » et quelques longueurs ici ou là. L’ensemble est réellement conçu comme un « vrai » opéra, avec une ouverture, un interlude purement orchestral, une vraie progression dramatique et un final en apothéose –cf. extrait ci-dessous-. Musicalement, c’est souvent très réussi –avec quelques « airs » qui constituent de vrais points forts, comme « Pinball Wizzard », « The Acid Queen » ou encore « I’m Free »– et fort bien interprété, avec, en particulier, un John Entwistle qui tient prodigieusement la baraque harmoniquement –et a orchestré les ponctuelles parties de cuivres– et un Roger Daltrey au sommet de sa forme vocale.

Bref, près de 50 ans après, l’album porte plutôt bien son âge et s’écoute plus facilement que l’autre opéra-rock du groupe, « Quadrophenia », au livret pourtant plus vraisemblable.

Playlist – le retour- Glam Rock

Profitant du week-end, je retrouve peut à petit le plaisir de me consacrer –très sporadiquement encore– à des playlists thématiques. Il faut dire que la semaine qui s’achève s’est avérée très chargée, mes journées professionnelles s’écoulant allègrement sur une amplitude de plus de douze heures, comme cela est traditionnel en cette période de l’année. S’ajoutent à cela des déplacements un peu longs –et fastidieux : des agendas peu compatibles ont limité au maximum les co-voiturages envisagés ces dernières années-, rallongés encore cette année par des travaux de voiries engendrant un temps de parcours augmenté de près d’une heure -par trajet- certains jours… Bref, pas l’idéal pour le plaisir des oreilles !

Dans la maison, les CD sont désormais rangés et la chaîne Hi-Fi est provisoirement installée –j’ai même rebranché avec un immense plaisir mes antiques JM Lab DB30, et la hauteur sous plafond de la pièce offre un vrai bonheur en terme d’image stéréo-, avec cependant deux problèmes :
d’une part, je n’ai pas encore le meuble adéquat pour rendre l’ensemble présentable, cela viendra en dernier ressort quand tout sera convenablement aménagé, ce qui est loin d’être le cas à ce jour, puisque nous n’avions guère de temps à y consacrer…-;
d’autre part, le transfo du préamplificateur rayonne et bourdonne, je crois qu’il va falloir me résoudre à l’abandonner, il ne semble malheureusement plus réparable désormais ! Comme je m’y attendais un peu, j’ai commandé il y a quelques jours un petit préamplificateur passif, dont j’attends la livraison : comme il est passif, comme son nom l’indique, je suis pour le moins sûr que je n’aurai aucun problème d’alimentation, puisqu’il n’est pas alimenté –principe d’un sélecteur de sources avec contrôle du volume– !

A ce jour, je suis donc « condamné » à écouter uniquement de la musique dématérialisée, via la borne AirPort attaquant directement le bloc d’amplification : ça fonctionne évidemment très bien, sauf pour écouter des CD ! 

Quoi qu’il en soit, c’est une playlist Glam-Rock –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– qui enchante mes oreilles depuis tôt ce matin, et même s’il s’agit d’un genre très limité dans le temps, puisqu’il s’inscrivit sur une courte période au début des années 70, la playlist est relativement variée cependant. Et, pour la première fois depuis longtemps, vous pouvez même en retrouver un extrait ci-dessous !

Short Playlist To Move In

Tous les objets ont été transmutés à force d’huile de coude et d’abnégation dans le nouvel appartement, et nous avons rendu les clés de l’ancien, tout propre, hier matin à 10 heures 30, comme prévu, après le tour de la propriétaire pour dresser l’état des lieux : essentiellement des éléments « d’usure normale » après les cinq ans que nous y avons passés, mais qui l’embêtaient quand même bien, puisqu’elle compte y emménager la semaine prochaine et va devoir faire un peu de peinture avant, ce qu’elle ne soupçonnait pas –en même temps, comme je le lui ai fait remarquer, si elle avait fait peindre convenablement la fibre sur les murs quand elle a été posée, une petite couche rapide suffirait et ça irait très vite, mais, à l’époque, elle l’avait laissée avec une simple couche de peinture, alors qu’il en faut au moins deux…-.
Le coup du carrelage de la salle de bain l’a également mise d’humeur maussade, je lui ai proposé de faire venir un professionnel pour lui expliquer comment on posait un carrelage –à savoir : on dépose le lavabo et on enlève le pied avant de carreler-, ce qui a contribué à la calmer : c’est là qu’on a appris qu’elle avait fait faire les travaux « au noir » –et à la va-vite, ceci expliquant sans doute une partie de cela…– avant notre emménagement, et que l’artisan qui avait fait le carrelage, l’électricité, une partie du parquet, les mécanismes de volets –en scellant tous les boîtiers au joint de silicone : donc, je n’ai jamais cherché à les ouvrir pour accéder aux mécanismes défaillants…– et l’installation de la chaudière était en fait un chauffagiste ! De toute manière, il reste tout un stock de carreaux à la cave, et il n’y en a qu’un seul à changer après avoir attaqué au burin ou à la scie-flex ce qui reste sur le sol 😛  !

Après ces péripéties, nous vivons désormais dans le nouvel appartement, et pour l’instant au milieu d’un trop-plein de cartons ! Que je commence à vider plus ou moins précautionneusement et silencieusement depuis très tôt ce matin, activité agrémentée ponctuellement de playlists, comme celle que je vous propose de découvrir sur l’imagette de droite. La journée est encore longue, et d’autres tout aussi agréables aux oreilles lui succéderont rapidement !

Playlist « Pause Reggae ou presque »

Entre deux cartons et trois tiroirs à vider, une petite pause reggae accompagne cette matinée ! Une vingtaine de minutes, pour un court moment de détente bienvenue, la journée ayant commencé fort tôt… Assez réjouissant pour les oreilles en ce jour de labeur, et joli contraste entre une même chanson dans deux versions différentes qui se suivent ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Dans la maison, les meubles se vident petit à petit, dans l’autre maison, des cartons de toute taille commencent à s’entasser en grand nombre –dont tous les cartons de CD : ici, ne reste que la possibilité d’écouter la musique « en dématérialisé » via les bornes Airport Express…-. Heureusement, le nouvel appartement dispose d’un débarras suffisamment spacieux pour qu’on puisse y entreposer pas mal de choses, ce qui permet de ne pas trop encombrer les pièces avant la mise en place des meubles !

Bref, les choses vont largement se décanter vendredi, lorsque le mobilier et l’électroménager rejoindront leur nouvelle demeure : le plus gros sera alors réalisé. Un peu plus tard, la fibre sera activée dans le nouvel appartement, c’est déjà prévu et planifié, il faut encore que je réfléchisse à l’endroit le plus judicieux pour faire arriver le boîtier !!! D’ici là, encore pas mal de boulot : et, donc, je m’y remets, en musique !

Playlist « Stradivarius Lord Aylesford »

Oui, je sais, cette playlist porte un nom qui, à première vue, peut sembler un peu obscur… Il s’agit, tout simplement, du nom du violoncellele plus grand jamais construit par le célèbre facteur d’instruments à cordes– utilisé par Janos Starker -dont je vous avais déjà parlé plus longuement ici  lors des enregistrements qui la composent ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les concertos et autres pièces avec orchestre sont admirablement accompagnées, et les sonates de Brahms et Mendelssohn trouvent ici ce qui à mes oreilles constituent leurs plus belles interprétations, et tous les albums bénéficient de prises de son assez exemplaires en termes d’équilibre et de beauté des timbres, malgré leur ancienneté relative.
Une fort belle playlist pour entamer ce week-end quasi-estival ! –Cliquer sur l’extrait ci-dessous pour en profiter un peu aussi-.

Playlist fantasque -mais pas tant que ça, finalement-

Le point commun à la playlist du jour, c’est le chef d’orchestre italien Giuseppe Sinopoli -pour en savoir plus, cliquer ici et -, à la baguette pour chacune des oeuvres écoutées. Décédé dans la force de l’âge et dans l’exercice de ses fonctions en 2001, il vint assez tard à la direction d’orchestre, mais pas à la musique, puisqu’il commença à composer très tôt. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Complètement atypique dans le paysage musical –il était notamment diplômé en anthropologie criminelle…-, sa carrière discographique fut météorique et marquée par quelques disques souvent très controversés pour leur caractère idiosyncrasique fortement marqué : généralement, les gens aiment sans réserve ou détestent cordialement. Pour ma part, je m’inscris-sans réserve- dans le premier camp, et quasiment chaque disque qu’il a enregistré et qui trône dans ma discothèque constitue, au pire, une très bonne version de complément, pour, justement, aborder l’oeuvre sous un autre angle.

Je l’ai découvert il y a longtemps par l’achat de son tout premier disque enregistré avec le Philharmonia Orchestra, à la tête duquel il venait d’être nommé, et qui faisait partie de mes tout premiers achats de CD –Mendelssohn, Symphonie n°4 « Italienne + Schubert, Symphonie n°8 « Inachevée » : un album vers lequel je reviens toujours avec beaucoup de plaisir-. –Cliquer sur l’imagette de droite pour la voir en plus grand, et sur l’extrait ci-dessous de la playlist ci-dessus !-.
Parmi tous ses enregistrements, réalisés sur une période assez brève, j’aime beaucoup son intégrale des symphonies de Mahler, très personnelle et subjective, ainsi que tous ses enregistrements du compositeur anglais Elgar –même les Anglais en raffolent !-, des symphonies de Bruckner,  des deux Richard –Strauss et Wagner-, mais aussi ses remarquables albums consacrés à la « Seconde école de Vienne », qui s’inscrivent parmi les sommets de la discographie de ces oeuvres.

De trilogie -glacée- en tétralogie -gelée-

Ma playlist –très– matinale est notamment composée de la suite des albums « Seventeen Seconds » – « Faith » – « Pornography » du groupe The Cure, publiée entre 1980 et 1982. Cette suite est parfois surnommée « la Trilogie Glacée », bien que ce terme ne soit pas officiellement avalisé par le groupe. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

On y retrouve cependant les mêmes atmosphères mystérieuses et moroses, allant du gris plus ou moins sombre au noir le plus intense, dans des configurations diverses -du quatuor au trio-, et avec un groupe de musiciens dont le noyau commence à se fixer autour de Robert Smith, leader incontesté et incontestable du groupe.

Parfaite liaison entre « Faith » et « Pornography », « Carnage Visor » est une longue mélopée de plus de 27 minutes, jamais sorti officiellement en album, mais proposé en face B de la première édition la cassette de « Faith ». Une drôle d’expérience musicale, construite autour d’une basse ductile, répétitive, modulant très peu, ce qui donne au morceau une force entêtante ou le rend totalement assommant, selon vos goûts et votre humeur ! –Cliquer ici pour écouter et vous ranger dans l’un ou l’autre camp…-.

Ce titre servait de support à un film d’animation assez réussi et régulièrement projeté pendant la tournée du groupe en 1981 –tournée de promotion de l’album « Faith »– dont il reste assez peu de traces aujourd’hui, si ce n’est ce petit extrait vidéo…

Opéra. Représentation du dimanche matin

Evidemment,  en me lançant dans l’écoute d’un opérable dimanche matin à partir de 9 heures environ, j’envisage, entractes compris, de déjeuner tard ! Ça tombe bien, TheCookingCat rentre du travail vers 13:30 environ, et j’ai donc le temps de profiter un peu de son absence pour « écouter fort » cet album que je cherchais depuis longtemps, et qu’on trouve assez difficilement à prix convenable –il semble qu’il n’ait pas été réédité depuis plusieurs années-. Très jolie présentation, excellent livret –qui nécessite cependant l’achat surnuméraire d’une loupe, tant les textes sont écrits petits…-.

A la fin des années 80 et au début des années 90, les grands éditeurs enregistraient à tout de bras des « Ring » intégraux, pour profiter des avantages du numérique, d’une part, et présenter une nouvelle génération d’artistes, d’autre part. On eut donc droit, tour à tour, à James Levine pour Deutsche Gramophone –beau mais impavide et très lent-, Bernard Haitink pour EMI –beau mais lisse et presque sans passion– puis, à peine plus tard, Christoph Donanhyi entama sa version en 1992, avec cette Walkyrie, mais Decca n’alla jamais au bout de l’entreprise…

Pourtant, des trois, c’est celui que je trouve le plus intéressant : je préfère de très loin le Wotan de Robert Hale à celui de James Morris –ce qui a une importance capitale pour la longue narration introspective de l’acte 2-, interprète des deux versions concurrentes, et l’orchestre de Donanhyi, précis et narratif, s’avère excellent et tenu d’une main de maître –il est curieux que ce chef, qui enregistra beaucoup d’excellents disques à cette époque, ne soit pas plus connu : il fait partie des très grands, malgré son déficit relatif de notoriété…-. Tous les chanteurs sont pour le moins satisfaisants, et l’engagement dramatique est plus intense que dans les deux albums sus-cités.

Evidemment, ces trois version sont excellemment enregistrées, bénéficient d’une production soignée et, chacune à leur manière, sentent le studio à plein nez et manquent de l’engagement de versions enregistrées en live, mais elles n’en présentent pas, non plus, les éventuelles petits « pains » ou les baisses de tension occasionnelles. Et leur prise de son s’avère très bien équilibrée, ce qui ne gâche pas le plaisir, bien au contraire ! Avec un petit plus pour cette version Decca, qui me semble la plus naturelle des trois.
L’une des meilleures version de studio, en définitive…

Un album rare et beau…

Les albums live de Joy Division sont suffisamment rares pour que j’apprécie à sa juste valeur celui que je suis en train d’écouter…  –Cliquer sur l’image pour voir en plus grand cette belle jaquette épurée-. Pendant sa courte existence, le groupe tourna régulièrement sur scène, et le prestations étaient, paraît-il, hypnotisantes pour le public, mais aussi totalement tributaires de l’état de santé du chanteur Ian Curtis, pantin désarticulé et halluciné, qui s’écroula plusieurs fois sur la scène du fait de son état épileptique.

« Paradiso » fut enregistré –sous le manteau– à Amsterdam un soir de janvier 1980, qui devait être un très bon soir, et le son est plutôt très convenable pour un album « pirate ». Evidement, une écoute au petit matin, et donc à volume très modéré, fait vraisemblablement perdre toute une partie de l’impact de cette musique sombre et parfois très martelée rythmiquement, mais l’ensemble reste de très haute tenue, même si, audiblement, sur scène, les équilibres sonores très léchés des versions studio sont absents, sans qu’on gagne par ailleurs le surcroît d’énergie généralement apporté par la scène. Mais la set-list est admirablement construite pour créer une tension croissante au fur et à mesure qu’elle se déroule.

Comme pour les premiers concerts des Cure, le public, discret, semble relativement clairsemé –la notoriété de Joy Division s’est très largement accrue suite au décès de Ian Curtis– et le groupe, s’il fait preuve d’une grande cohésion, n’est pas à l’abri des incidents techniques : petits décalages instrumentaux, fausses notes émergeant ici ou là, guitare imparfaitement accordée… Mais tout cela n’est pas grave eu égard à la valeur globale du témoignage. Un très beau disque !

Playlist francophone

Entamée, en sourdine, à 5h45, j’écoute cette playlist francophone de plus en plus fort au fur et à mesure que le soleils lève ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Evidemment, tous ces albums devraient être bien connus des quadras-quinquas, ils ont vraisemblablement bercés leur adolescence… Ils datent tous du début des années 80 et se sont tous, d’une manière ou d’une autre, avérés importants dans la carrière des artistes abordés.
A part Renaud, c’est à peu près à ce moment-là que j’ai vu et entendu chacun de ces chanteurs/groupes sur scène. De très bons souvenirs, d’ailleurs, même si Laviliers commençait à entrer dans sa période « frime – culturisme », mais sans trop d’excès encore… 

Pour le plaisir, un extrait d’une bluette qui m’a toujours tiré de larges sourires !