Playlist « Le troubadour du piano »

C’est dans les années 40, pendant la guerre et à l’occasion de leur interprétation des Variations symphoniques de César Franck, que le chef allemand Wilhelm Furtwängler avait surnommé le pianiste hongrois Géza Anda « Troubadour du piano ».
Compatriote du grand chef Ferenc Fricsay, avec lequel il enregistra beaucoup, Géza Anda possédait une très belle technique et un style malléable qui, dans les concertos notamment, lui permettait de s’accorder aisément aux chefs qui l’accompagnaient. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

De fait, dans le deuxième concerto pour piano de Brahms –cf. extrait ci-dessous-, il fait ici preuve d’une grande tendresse qui complète fort bien l’hédonisme du chef : une autre version, avec Ferenc Fricsay, non présente dans la playlist du jour, propose, presque à l’inverse, une vision d’une sauvagerie totalement assumée !
Durant les années 50 et 60, Géza Anda, prématurément décédé –comme ses compatriotes Annie Fischer et Janos Starker, c’était un énorme fumeur-, fut l’un des fleurons pianistiques du label à l’étiquette jaune et enregistra beaucoup, avec les plus grands chefs, dans de bonnes conditions techniques. Ses disques –concertos et oeuvres pour piano seul– restent encore assez largement disponibles et constituent généralement de fort jolies réussites, dont l’écoute, de nos jours, procure encore énormément de plaisir !

Outre cette belle et variée collection de concertos, le dernier album présenté propose également la plus belle version de la quatrième symphonie de Schumann, à mes oreilles tout au moins ! Et ce n’est pas négligeable !

Playlist juvénile et rafraîchissante

Aujourd’hui, une playlist composée d’oeuvres de jeunesse que je fréquente assez rarement : les tout premiers concertos pour piano de Beethoven, écoutés ici dans l’ordre de leur composition. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

D’une fraîcheur encore quasi-mozartienne –un Mozart avec plus de poigne cependant…-, ils s’avèrent également d’une ardeur tout-à-fait juvénile, avec un piano relativement volubile et un soutien orchestral faisant une large place aux instruments à vent, rendus encore plus lisibles par les effectifs modérés des orchestres de ces belles versions, qui renouvellent mon écoute de ces oeuvres : je suis généralement habitué à des versions plus « musclées » –archétype : Gilels/Szell-, qui effacent un peu leur caractère juvénile.
Le concerto WoO4 –Werke ohne Opuszahl : oeuvre sans numéro, donc hors du catalogue officiel-, dit aussi « Concerto n°0, est une oeuvre de jeunesse du compositeur, qui avait alors 14 ou 15 ans et dont la partie orchestrale a été reconstituée par des musicologues à partir des esquisses de Beethoven, seule la partition pour piano étant complète. Quant au concerto pour piano n°2 –cf.extrait ci-dessous-, il a été composé quelques mois avant le n°1, mais publié après par le compositeur, qui tenait lui-même le piano lors de la création de ces deux concertos.

Les trois concertos pour piano suivants, beaucoup plus denses, s’éloigneront résolument de cette perpective mozartienne.

Playlist « 2021 : première ! »

Alors que dehors, depuis le petit matin, la neige tombe à flocons de plus en plus gros –je n’ose imaginer le calvaire, demain matin, pour déneiger la voiture à l’heure de partir travailler, sans même parler des conditions de circulation…-, j’écoute ma première playlist de cette nouvelle année, sachant que les deux jours précédents ont été l’occasion d’écoutes quelque peu éparpillées, d’une part, et du visionnage dans une drôle d’ambiance du concert du Nouvel An à Vienne, en présence d’un public virtuel venu du monde entier. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

L’écoute de The Specials, cet excellent groupe de Ska, sera la réponse en forme de clin d’oeil au commentaire issu d’une notule précédente. On notera d’ailleurs, clin d’oeil supplémentaire, que « Monkey Man » est également le titre d’un chanson des Rolling Stones –sur Let It Bleed, 1969-, très supérieure en l’occurence à la chanson des Specials, qui n’en demeurent pas moins tout-à-fait bonne. Il y a là de quoi vous mettre de bonne humeur pour la journée !

Deux albums live enregistrés à Paris achèvent cette playlist : le premier est brut de décoffrage, même si le son est très correct puisque le concert avait, à l’époque –1974-, été radiodiffusé. Le duo de leaders des New York Dolls aimait alors se donner des postures de « Glimmer Twins » –cf. imagette de droite-, réputation qui ne se confirma malheureusement pas dans la durée.

Le second –1979– est beaucoup plus raffiné et élégant. Il présente un groupe à son apogée, avec une set-list bien construite et une Pop Music fraîche, plutôt enjouée et nettement plus élaborée.
Ces deux albums pourraient en outre constituer deux excellents « Best Of » enregistrés en concert. Le contraste en très les deux est saisissant ! Dans les deux cas, les musiciens baragouinent en Français entre les chansons !

Enfin, l’ensemble de la musique pour piano de Ravel trouve dans cette version une magnifique proposition, très bien enregistrée de surcroît. Acuité rythmique, attention aux détails et très belle prise de son : voilà de quoi réjouir mes oreilles !

Sous la neige, 2021 commence bien !

Playlist de toute beauté…

Pour quasiment clôre cette année BTHVN2020, je me suis fait un immense plaisir cette après-midi en retrouvant de vieilles connaissances que je n’avais plus trop écoutées ces derniers temps, et j’ai été, à nouveau, confondu devant tant de beautés à travers ces versions de quelques sonates pour piano de Beethoven.

Des intégrales de ces oeuvres, j’en ai à la pelle, et, en cette année de commémoration, d’autres encore sont parues –dont une, celle d’Igor Levit, que j’apprécie plus particulièrement, et d’autres que je juge plus contestables à mes oreilles et que j’ai trouvées juste convenables sans avoir envie d’y retourner, au moins pour l’instant : Daniel Barenboim pour DGG, Fazil Say qui grogne et chantonne comme Glenn Gould…-.
Mais les disques du jour, je les chéris particulièrement, et ils font partie des fleurons de ma discothèque ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Et pour une fois, la critique internationale ne s’y est pas trompée : ces disques sont, à juste titre selon moi, bardés de prix partout dans le monde…

Playlist en mode dubitatif !

En télétravail et organisant à peu près mon temps comme je le souhaite –à savoir, une grosse partie du travail est effectué très tôt le matin…– je pioche désormais dans cet assez volumineux coffret, d’une belle présentation éditoriale –pochettes d’origine, pas forcément très avenantes pour certaines d’entre elles cependant, et très bon texte de présentation-, pour redécouvrir les sonates de Beethoven proposées en récital à Carnegie Hall en 1960, dans une prise de son assez moyenne qui plus est, et qui ne m’avaient pas laissé le souvenir le plus impérissable lors de mes écoutes précédentes. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Etonnamment, eu égard à l’affiche prestigieuse et nimbée d’aura mythique –il s’agit de la première tournée américaine de ce très singulier pianiste-, ses sonates de Beethoven, au moins dans ces versions enregistrées lors de ces concerts, me laissent relativement dubitatif ! Certains passages sont absolument magnifiques pendant que d’autres tournent un peu à vide –et s’avèrent assez peu chantants-, comme si le pianiste était un peu paralysé par l’événement –quelques erreurs de lecture surgissent ici ou là, le final de l’Appassionata est même un petit festival de « pains »-, ne parvenant pas à installer durablement la concentration nécessaire. C’est très bien, évidemment, mais très curieux !

Redécouvrons de vieux classiques…

Je profite de cette dernière journée « tranquille » avant longtemps –les travaux de rénovation de salle de bains, qui commencent demain, forcément bruyants et peu propices à des écoutes un peu attentives et sereines, vont s’étaler sur au moins deux à trois semaines…– pour me plonger dans la « redécouverte » de vieux classiques, à savoir les sonates de Beethoven par Friedrich Gulda –troisième intégrale dudit pianiste, cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Cela me confirme qu’il s’agit, après la quasi-intégrale des mêmes oeuvres par Emil Gilels –et dans une optique très différente-, de ma version préférée, parmi toutes celles qui peuplent ma discothèque. Elle a l’avantage dans cette édition très économique, de bénéficier d’une remarquable remastérisation, nonobstant la laideur de sa pochette et l’absence de livret informatif…

Si je devais effectuer un classement, exercice toujours un peu vain et forcément tributaire de mes goûts –sachant que toutes ces versions sont malgré tout un magnifique aboutissement artistique pour chacun de ces pianistes-, il se présenterait ainsi :
Gilels*
Gulda III
Backhaus – A. Fischher – Gulda I – Kempff I – Kovacevich – Schnabel – Solomon*
Arrau I – Barenboim II – Brendel I – Grinberg -Kempff II – Levit – Lewis
Barenboim I – Bavouzet – Brendel II – Heidsieck – Jando – Nat – Pollini
Les * signalent des intégrales inachevées, pour cause de décès de l’artiste –Gilels– ou de maladie invalidante –Solomon-.

Playlist « E viva Espana » !

Un seul album dans la playlist de ce jour, faute de temps à consacrer à l’éducation de mes oreilles ces derniers jours –trop de travail en ce moment pour savoir même où donner de la tête…– !
Mais un bien bel album de piano de 2 CD consacré à deux musiciens espagnols –ces derniers n’ont pas écrit que pour la guitare…-, Enrique Granados et Isaac Albenizcliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Des interprétations élégantes et raffinées de ces deux pièces majeures de la littérature pour piano –Iberia surtout-, dans une prise de son tout-à-fait remarquable ! Et dont je vous livre, ci-après, un petit extrait pour vous donner envie d’en découvrir plus ! Non non, les Espagnols ne sont pas que des spécialistes du flamenco…

Playlist aimable et divertissante

Après une semaine chargée et si laborieuse que je n’ai quasiment pas pu écouter la moindre note de musique, le retour du week-end me permet de me consacrer à une playlist pianistique tout-à-fait bienvenue ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Les Variations Goldberg de Bach dans cette très belles versions s’avèrent intimistes et méditatives : elle m’était un peu sortie de la mémoire, ayant acheté ce disque lors de sa sortie –cc.2005– ou presque. Je l’avais beaucoup écouté –et apprécié à ce moment-là, mais n’y étais quasiment plus revenu depuis, tant de versions différentes peuplant mes étagères…-. Une très agréable réécoute, d’autant que l’enregistrement est formidable !

Les sonates de Beethoven par Yves Nat constituent plus une curiosité qu’une « référence » à mes oreilles. Les enregistrement datent des années 50, et aux oreilles de nombreux mélomanes français qui ont découvert ces sonates dans cette version, ces versions seraient absolument extraordinaires. Il y a de belles choses, en effet, dont un timbre clair et lumineux et de jolis phrasés très souvent, mais l’ensemble s’avère parfois « brouillon ». La prise de son n’est pas extraordinaire, même pour l’époque, mais la seconde remastérisation pour le CD est réussie –la première était assez médiocre-.

Enfin, le dernier Cd est consacré à des transcriptions assez libres de valses de Strauss pour le piano par le redoutable virtuose et brillant pédagogue Leopold Godowski. Ce sont d’aimables curiosités, généralement très virtuoses, mais je préfère assez largement les transcriptions que firent de ces valses les trois viennois Berg, Schöberg et Webern.

BTHVN2020 – Playlist « Intégrale composite »

Le week-end s’annonce musical –TheCookingCat travaille chaque jour de ce pont et je peux donc monter le volume…– et j’en profite, ce matin, pour réviser de grands classiques : les cinq concertos pour piano de Beethoven, selon des artistes variés. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

En la matière, peu d’interprétations bénéficient d’une appréciation unanime aussi ancienne –et internationale– que celle accordée à cette magnifique version du quatrième concerto –mon préféré depuis toujours-, qui parvient à rassembler tous les contraires : virilité et grâce, puissance et poésie, virtuosité et noblesse. C’est tout simplement remarquable ! La prise de son, très bonne à l’origine –du EMI anglais des fameux studios d’Abbey Road de la grande époque (1957)-, est encore magnifiée par d’excellents remasterings.
J’aime beaucoup, aussi, la version du cinquième concerto que je vous présente ici, extraite d’une intégrale très récente, et sans doute la plus intéressante enregistrée depuis le début de ce millénaire, au moins à mes oreilles. Grande exactitude rythmique du pianiste, belle main droite très nuancée, et accompagnements riches et transparents de l’orchestre, le tout superbement enregistré.
Les autres albums font tous partie, à des degrés divers, de l’histoire de la musique enregistrée et viennent bellement compléter cette playlist, constituant une intégrale disparate, mais qui fait plaisir à écouter !
En extrait, un mouvement du « mal-aimé » de cette série de concertos…

Playlist en forme de redécouverte

(re)Découverte partielle de ce  copieux coffret, acheté dans un bac à soldes allemand –il n’est plus disponible désormais qu’à des prix astronomiques– il y a quelques temps déjà, et dont je n’avais pas encore fait le tour.

Horowitz fut un pianiste prestigieux, peut-être même le plus prestigieux du 20ème siècle, ce qui ne veut, évidemment, pas dire le « meilleur », à la fois cabotin, virtuose, inégal, égomaniaque et dépressif, ce qui fait beaucoup pour une seul homme ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Le remastering est excellent, les disques 33T CBS d’origine, comme presque toujours pour cette firme –au moins en France– étaient victimes de pressages généralement plutôt médiocres et bruyants, les rendant assez désagréables à l’oreille !
Dans ces albums, j’ai pioché au hasard et beaucoup aimé les sonates de Scarlatti et des pièces éparses de Scriabin cf. extrait-, voire de Schumann. En revanche, les sonates de Beethoven semblent échapper un peu au pianiste, de même que les oeuvres de Schubert interprétées ici.

Bref : une redécouverte plutôt heureuse !