Dimanche à l’opéra – King Arthur, d’Henry Purcell

Une nouvelle séance dominicale à l’opéra me conduit aujourd’hui à écouter entièrement un semi-opéra –connu également sous le nom de masque– : « King Arthur », d’Henry Purcell, dans la version de The English Concert, sous la direction de Trevor Pinnock-cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Le masque constitue une spécificité très anglaise, mêlant théâtre et chant lyrique : les personnages nobles, fidèles aux conventions puritaines, parlent, tandis que les personnages secondaires –bergers, soldats esprits…– chantent. La musique sert à commenter l’action ou à illustrer quelque scènes : batailles, magie, interventions d’esprits… ! « King Arthur » est donc un semi-opéra en 5 actes, composé par Henry Purcell en 1691, sur un livret de John Dryden.

Fortement connoté politiquement, il marque allégoriquement la victoire du protestantisme sur le catholicisme lors de la Glorieuse révolution, en 1688 : Arthur incarnerait alors Guillaume III –roi protestant-, qui a vaincu Jacques II –roi catholique déchu– et la guerre entre Bretons -peuple de l’actuelle Angleterre- et Saxons –peuple germanique des bords de la mer du Nord qui a conquis l’Angleterre à partir du 5ème siècle, pour s’imposer totalement aux populations locales vers la fin du 7ème siècle– symbolise le conflit religieux et dynastique en Angleterre.
L’argument est éloigné de la légendes arthurienne de la Table ronde, les seuls personnages communs étant Arthur -forcément- et Merlin, à propos duquel il est établi que les légendes sont antérieures au cycle arthurien.

Argument
Le masque est précédé, en ouverture, d’une chaconne, puis d’une ouverture orchestrale suivant le schéma des « ouvertures françaises » établi par Lully. Chaque acte alterne des scènes parlées -nonprésentes sur les enregistrements- et des intermèdes musicaux : airs, choeurs et danses.
• Acte I : Guerre & magie
Arthur, roi des Bretons, affronte Oswald, roi des Saxons, pour le contrôle de la Bretagne et l’amour d’Emmeline, fille du chevalier Conon. Oswald est allié à Osmond, magicien païen, et à Grimbald, farfadet et Esprit de la Terre, qui utilisent la magie noire pour vaincre Arthur. Merlin, druide et magicien, soutient Arthur et envoie Philidel, Esprit de l’Air, pour contrer les sorts d’Osmond. Osmond sacrifie aux dieux nordiques –Woden (Wotan/Odin), Thor, Freya– pour assurer la victoire saxonne, mais Arthur repousse une première attaque. Grimbald tente de semer la confusion parmi les troupes d’Arthur, mais Philidel intervient pour les guider vers la victoire.
• Acte II : Amour & cécité
Emmeline, aveugle et promise à Arthur, exprime sa peur de ne jamais reconnaître son amant, qu’elle n’a jamais vu. Des bergers chantent pour la distraire, évoquant le bonheur simple des amoureux. Arthur, informé de la situation d’Emmeline, jure de la libérer et de lui rendre la vue. Osmond et Grimbald préparent un piège pour Arthur dans une forêt enchantée. Philidel, capturé par Grimbald, parvient à inverser le sort et à emprisonner le farfadet. Merlin ordonne à Philidel d’accompagner Arthur jusqu’à Emmeline, tandis qu’il tente de briser les sortilèges d’Osmond.
• Acte III : Épreuve des éléments
Arthur et ses hommes traversent la forêt enchantée, évitant les pièges d’Osmond. L’Air du Froid est chanté par l’Esprit du Froid, l’un des moments les plus célèbres de l’œuvre. Cet air, d’une intensité dramatique rare, utilise des dissonances et des modulations pour évoquer la rigueur glaciale.

Arthur affronte les illusions créées par Osmond, qui tente de le détourner de sa quête. Merlin utilise sa magie pour protéger Arthur et ses hommes, leur permettant de progresser vers le château d’Oswald. Emmeline, toujours aveugle, rêve de son futur avec Arthur et craint de ne jamais le voir.
• Acte IV : Bataille magique
Oswald, désespéré, ordonne à Osmond de redoubler d’efforts pour vaincre Arthur. Osmond invoque des esprits maléfiques pour semer le chaos parmi les Bretons. Philidel et les esprits de l’air interviennent pour contrer les sorts d’Osmond, sauvant Arthur et ses hommes. Arthur et ses troupes arrivent devant le château d’Oswald, où Emmeline est prisonnière. Merlin utilise sa magie pour affaiblir les défenses du château, permettant à Arthur de pénétrer à l’intérieur.
• Acte V : Victoire & rédemption
Arthur libère Emmeline et lui offre un breuvage magique pour lui rendre la vue. Emmeline, guérie, reconnaît Arthur et exprime sa joie dans un duo lyrique. Oswald, vaincu, tente une dernière attaque, mais Merlin et Philidel le repoussent définitivement. Osmond, réalisant sa défaite, maudit Arthur avant de disparaître. La paix revient en Bretagne, et Arthur est acclamé comme héros.

 

La partition intégrale a été perdue et reconstituée selon des documents d’époque. Musicalement, les airs et les choeurs sont très variés, alternant lyrisme pur et scènes fantastiques ou plus comiques. L’orchestration se montre variée et utilise habilement les couleurs des instruments -cordes, flûtes, trompettes-, et Purcell se montre maître de l’expression dramatique dans son semi-opéra, qui a profondément inspiré les compositeurs anglais qui lui ont succédé. King Arthur est sa plus belle réussite en matière de masque, avec « The Fairy Queen », inspirée du « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare –Didon et Énée, autre réussite majeure d’Henry Purcell, étant un opéra à part entière-.

La version de Trevor Pinnock, enregistrée en 1991, me semble tout-à-fait excellente –elle s’inscrivait d’ailleurs au sommet d’une discographie comparée de l’oeuvre-, même si je n’ai guère de points de comparaison si l’on excepte quelques extraits très célèbres. A cette date, son orchestre a atteint un niveau d’excellence remarquable, et tous les chanteurs de cette version sont vraiment très investis dans leurs rôles. L’album bénéficie par ailleurs d’une excellente prise de son, bien équilibrée et transparente. Réduit à sa seule composante musicale, le masque perd forcement un peu de sa continuité narrative mais l’ensemble s’écoute avec beaucoup de plaisir !

 

 

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Devinette « Hymne Officieux / Officiel »

Dans la récente playlist « Rouge » figure, notamment, « Finlandia » de Jean Sibelius, qui en composa trois versions : celle pour orchestre, qui est sans doute son oeuvre la plus populaire ; une version pour piano et, enfin, une version arrangée pour choeurs, dont les paroles sont les suivantes :

L’oeuvre, considérée comme l’hymne officieux de la Finlande, a été composée par Sibelius en 1899, en réaction contre l’occupation russe de la Finlande, qui ne deviendra indépendante qu’en 1917, avant d’entrer dans une guerre civile extrêmement sanglante en 1918 -un épisode européen contemporain assez peu connu en France, pourtant marqué par plus de 35000 morts pour une population de 3,4 millions d’habitants à l’époque-.

Mais la musique fut aussi l’hymne officiel d’un éphémère pays, lui aussi marqué par une effroyable guerre civile : l’objet de cette devinette –niveau de difficulté estimé : ***– est d’identifier ce pays !

A vos claviers !

Playlist en couleurs – Rouge, troisième !

• Arnold Schönberg – Die verklärte Nacht (La nuit transfigurée) – Version orchestre
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1974 *****

• Alexandre Glazounov – Concerto pour violon
Nathan Milstein, violon ; Orchestre symphonique de Pittsburgh, William Steinberg – 1956 *****

• Jean Sibelius – Tapiola et autres poèmes symphoniques
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1984 *****

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand

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Gastronomie & typographie !

Comment associer ces deux concepts ? Rien de plus simple en réalité !

Ordonques, comme je l’expliquais dans une notule récente, ici, il me restait à profiter d’un dernier bon-cadeau offert lors de mon départ en retraite : l’occasion d’une petite virée le long de la Route des Vins, entamée sous le soleil, qui nous a d’abord conduits vers ce qu’ils appellent un « brunch gastronomique », et qui, pour tout mangeur normalement constitué, est en réalité un copieux déjeuner !

Imaginez un peu : nous avons découvert un buffet de hors-d’oeuvres plantureux -queues de homard, huîtres, fois gras, de merveilleux jambons de toutes sortes, des pâtés en croûte, des « mignardises asiatiques »…-, , suivi d’un court choix de plats gastronomiques finement élaborés puis d’un assortiment de fromages et, pour finir, d’un buffet de desserts à peu près aussi copieux que celui des hors-d’oeuvres !
Bref, c’était très bon, les deux salles du restaurant étaient pleines –la notoriété de ce « brunch dominical » nécessitant de poser une réservation plusieurs semaines à l’avance-, le cadre est somptueux et le personnel, très nombreux, aux petits soins. Compter près de trois heures pour profiter pleinement de ce plantureux brunch…

Evidemment, l’après-midi était très bien entamée et le ciel commençait à s’ennuager passablement lorsque nous sommes arrivés, repus, à la bibliothèque humaniste de Sélestatcliquer sur l’image pour la voir en plus grand– ! C’était la destination culturelle qu’avait choisie TheCookingCat, j’aurais plutôt opté a priori pour ma part pour le musée Unterlinden de Colmar. Mais en fait, je n’ai pas regretté du tout !

En effet, si cette bibliothèque contient de magnifiques incunables réunis par Beatus Rhenanus, ainsi que ses cahiers d’écolier lorsqu’il fréquenta la prestigieuse École Latine de Sélestat un genre de « prépa » avant l’heure, fréquentée par de nombreux nobles et bourgeois du bassin rhénan avant leur entrée dans une université allemande ou suisse-, elle avait organisé également une remarquable exposition sur l’évolution de l’édition, des manuscrits réalisés par les moines copistes du Moyen-Âge jusqu’à l’invention européenne de l’imprimerie, dans le contexte de l’humanisme rhénan des 15ème et 16ème siècles, profondément marqués par la Réforme.

Un remarquable travail d’érudition et de présentation pour rendre cette visite passionnante et interactive. L’occasion, notamment, de découvrir :
• la première Bible d’Erasme dans sa double version grecque et latine –cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand– ;
• une reconstitution de l’atelier d’imprimerie de Johannes Mentelin à Strasbourg –portrait sur l’imagette de gauche-, qui publia en 1460 le premier livre jamais imprimé en Alsace, et 10 ans avant la première impression d’un livre en France : une Bible en langage vernaculaire sur 49 lignes –contre 42 pour la Bible de Gutenberg publiée à Mayence 5 ans seulement auparavant-…

NB. Pour consulter les images proposant des textes manuscrits ou imprimés en meilleure définition, vous pouvez télécharger les images ici.

Bref, pour qui s’intéresse à la calligraphie et à la typographie –et c’est mon cas-, cette exposition constitue un vrai bonheur !

Lecture en forme de réminiscence !

Voici un excellent livre, en souvenir de mes lectures d’enfance et d’adolescence : j’ai lu et relu toutes les aventures –romans et pièces de théâtre, écrites (très bien) entre 1905 et 1941– du gentleman-cambrioleur et l’étonnante évolution de ce personnage d’une gouaille toute française, cambrioleur d’un anarchisme non-violent, chevaleresque et un peu romantique, devenu peu à peu détective d’un patriotisme post-première guerre mondiale certes au grand coeur, mais presque franchouillard !

Ce petit livre –220 pages– s’avère  vite lu et passionnant ! En corollaire, vous pouvez écouter sur la première radio de France une série de courts podcasts sur le même sujet et par le même auteur. C’est ici que ça se passe !

D’une magnifique victoire à un triomphe fantastique !

Sa prochaine grande victoire n’en sera que plus merveilleuse / triomphale / admirable / épatante –en réalité, ces mots sont trop recherchés, selon la pauvreté de son vocabulaire limité à deux mots : elle sera « great » ou « amazing » : point trop n’en faut !-.

Que va-t-il bien pouvoir inventer désormais pour empêcher le monde de tourner rond ?

Solution unique pour double-devinette

La dernière devinette ne vous a guère inspirés, elle est restée sans aucune proposition de solution ! Voici donc ses solutions :

La chanson « Midnight Special »qui n’est pas, en l’occurence, une musique de film– était interprétée dans cette devinette **** par Les Paulde son vrai nom Lester W. Polsfuss– guitariste et musicien très populaire en son temps aux États-Unis, mais qui est surtout passé à la postérité pour avoir créé la guitare Gibson Les Paul, laquelle guitare a connu –et connaît toujours– un succès phénoménal chez tous les bluesmen à travers les âges –cliquer sur l’imagette de droite pour voir le modèle standard à l’époque de sa sortie, en 1952– !
Le son de cette guitare est exceptionnellement nourri et riche, surtout lorsqu’on le compare aux sonorités plus « aigrelettes » de sa seule concurrente, la Fender Stratocaster. En revanche, elle est plus « difficile à jouer » que la Fender et, surtout, plus fatigante du fait de son poids, nettement plus important !

• La chanson qui se cachait derrière la seconde devinette *** était « Milk Cow Blues », qui a été reprise sous diverses formes à de multiples reprises, et notamment par les Kinks sur leur album « The Kink Kontroversy » en 1965 –cf. extrait ci-après-. Les Flamin’Groovies en ont également commis plus tardivement une reprise, enregistrée dans les années 80 et parue sur leur très rare album « Step Up ».

 

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Ladies & Gentlemen ! Your attention please…

… Sortie imminente, le 10 juillet 2026, d’un nouvel album des Rolling Stones, « Foreign Tongues » : fidèle à une habitude bien établie depuis des décennies, la pochette sera d’une laideur indescriptible ! A priori, il devrait s’agit d’un double CD et/ou d’un triple LP, qui proposera « le son des Rolling Stones ancré dans le blues, la country et le rock » ! J’ai eu cette nouvelle hier soir dans ma boitàmél, accompagnée de tout un lot de détails, sauf la date des pré-commandes… L’évènement est suffisamment d’importance pour que le quotidien de référence, en France, se fende également d’un article pour l’annoncer.
Autre évènement presqu’aussi exceptionnel, feu Charlie Watts sera –un peu– présent sur l’album et mon deuxième groupe préféré sera également –un peu– de la partie : en effet, Robert Smith, leader de The Cure –Fat Bob pour les intimes– figure sur la liste des invités ! L’occasion pour lui de découvrir le secret de la ligne éternellement svelte de Mick Jagger !

Une chanson extraite de ce nouvel album, « In The Stars », est déjà disponible à l’écoute gratuitement en ligne sur la majorité des plateformes de streaming, au moins pour ceux qui sont abonnés à la liste de diffusion du groupe. Je vous rassure, la pochette de ce single –cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand– est aussi laide que celle de l’album à venir ! 

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