Albums en série, part 5 !

8 albums pour découvrir The Rolling Stones

Poursuivons ce jour cette série entamée au début de ce mois –vous pouvez retrouver tous les épisodes précédents dans la nouvelle catégorie « Albums en série » spécialement créée à cet effet, dans la barre de navigation de droite-. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir ou d’approfondir la production des Rolling Stones, groupe essentiel s’il en est, et ma proposition comporte à la fois des albums très consensuels et d’autres plus controversés –mais, désormais, vous avez un peu l’habitude…-. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Précisons tout d’abord que l’album-compilation « Grrr ! » paru en 2012, pour fêter le cinquantenaire du groupe, est très bien fait et permettra d’aobrder à la fois les premiers très grands succès du groupe, encore ancré dans le blues et le rythm’n’blues, mais aussi leurs plus rares grands titres postérieurs à 1982-83. Il existe en versions 3 CD ou 5 CD, cette dernière étant la plus recommandable, parce qu’elle offre, sur le cinquième CD, les toutes premières démos du groupe.

« Aftermath » –1966– et « Between the Buttons » –1967– marquent la première rupture du groupe avec leurs racines blues et sont les deux premiers albums du groupe à ne comporter que des chansons originales, composées par Mick Jagger et Keith Richards, proclamés plus tard « The Glimmer Twins », soit les « jumeaux étincelants ».
Le premier est très hétéroclite musicalement, avec l’apparition de très nombreux instruments assez exotiques, comme le sitar, le dulcimer ou le marimba, mais un thème fédérateur unifie l’ensemble des chansons : une certaine vision de la gent féminine, au travers de chansons comme « Under my rhumb », « Out of time », « Stupide girl » ou « Mother’s little helper » par exemple. L’ensemble est tout-à-fait excellent.
Le second n’est pas moins bon à mes oreilles –et même meilleur à mon avis-, même s’il n’a jamais bénéficié de l’aura très enviable du précédent. Il symbolise pourtant parfaitement l’ancrage des Rolling Stones dans le courant du « Swinging London » qui flottait dans l’air en cet hiver 1967.

Avec « Beggars Banquet » –1968 : pour moi le plus grand album de Rock jamais réalisé-, les Rolling Stones reviennent à leurs sources d’inspiration premières, mais ils ont désormais si complètement assimilé les racines du blues qu’ils peuvent le sublimer. « Let it Bleed », son successeur –1969-, paru juste après le « Let it Be » des Beatles, est à peine moins excellent : il s’agit de l’album où Keith Richards est le plus brillant à la guitare parmi toute la production du groupe, ce qui s’explique principalement qu’il est le seul guitariste du groupe à ce moment-là, Brian jones étant aux abonnés absents et Mick Taylor n’étant pas encore arrivé.

Enfin, « Exile on Main Street » –1972– est peut-être leur album le plus encensé, bien qu’il ne comporte aucun titre très célèbre. Enregistré dans des conditions difficiles dans le sud de la France avant d’être mixé par Mick Jagger aux États-Unis, il propose un son d’une extrême densité qui le rend assez difficile d’approche, malgré sa réelle beauté et une sorte d’énergie fatiguée très curieuse.

Pour compléter cette découverte, deux albums en live s’imposaient : le groupe en a publié énormément, ce qui fait sens puisque c’est sur scène qu’ils ont toujours surclassé la concurrence. Deux albums s’imposent de très loin dans leur discographie officielle : « Get Yer Ya Ya’s Out » constitue le témoignage de la sulfureuse tournée aux USA de 1969, où les prémices de leur efficacité redoutable commencent à émerger. « The Brussels Affair » –1973– marque la fin de cette époque dorée, marquée par la présence de Mick Taylor, qui leur apporta tant par son approche fine et virtuose, aussi bien en studio qu’en concert.

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On refait la déco !

Après quelques heures d’huile de coude –et d’huile de vapotage !-, beaucoup d’essais et un temps de légère galère –ça ne voulait pas fonctionner tout-à-fait comme je l’entendais, et il reste encore quelques légers points de détail à régler…-, ça y est ! L’atelier est refait à neuf : grandes images pour vous accueillir, dont certaines vont sans doute encore changer, page d’entrée relookée et divisée en sections, nouvelles polices de caractère plutôt lisibles… Bref, c’est comme avant en plus moderne et plus solide, les fondations de l’ancien thème étant peu à peu en voie d’obsolescence. Simplement, la logique de l’ensemble a un peu évolué et nécessitera un petit temps d’apprivoisement.

Quant au contenu, il ne va pas changer fondamentalement, malgré ce grand nettoyage d’hiver !

Playlist bleu-blanc-rouge

Etant d’humeur patriotique ce matin –ce qui doit m’arriver à peu près une fois par demi-siècle, en tant que fervent partisan d’une forte décentralisation et d’un fédéralisme européen !-, c’est une playlist très « bleu-blanc-rouge » à laquelle j’ai décidé de m’adonner –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Cela dit, elle contient de la belle et bonne musique, avec notamment une extraordinaire « Symphonie fantastique » de Berlioz1828-, à la prise de son non moins extraordinaire, mais également une oeuvre plus rare et néanmoins excellente de Charles-Valentin Alkan : la « Grande sonate des quatre âges » –1847-, peu connue malheureusement. Il s’agit-là d’une oeuvre programmatique, dont l’une des particularités est également le ralentissement du tempo tout au long de la partition, laquelle est très difficile pour les pianistes techniquement. Alkan fut le professeur de Bizet, dont la suite orchestrale de « L’Arlésienne », créée en 1872 –l’oeuvre fit un triomphe sous cette forme– comprend notamment la célèbre « Marche des Rois », mais également l’un des premiers solos de saxophone alto de l’histoire de la musique –cf. extrait ci-dessous-.

Les oeuvres de Debussy et Ravel enregistrées sur le dernier album sont mieux connues et datent de l’extrême-fin du 19ème siècle ou du début du 20ème. Cet album connut, à sa sortie, un accueil dithyrambique hors de nos frontières, pour la remarquable mise en valeur des couleurs de l’orchestre.

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Toi aussi, deviens chanteur d’opéra !

Ce n’est pas si difficile que ça semble en avoir l’air : il suffit de se rendre ici, de jouer à ce petit jeu et hop ! Voilà le travail : me voici donc devenu chanteur d’opéra –c’est eux qui le disent, mais ils ne m’ont jamais entendu chanter…-.

Des années de dur labeur épargnées –et pour beaucoup, des années de galère aussi, parce qu’à part les rares grands noms qui trustent les grands rôles dans les grandes maisons, il n’est pas si facile que ça d’en vivre correctement-.

Finalement, il vaut mieux être rock star, même sans que les autres le sachent, n’est-ce pas Bill Wyman ?

Playlist « raretés »

Plein de choses rares dans la playlist de ce jour ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

D’abord, cette belle musique de scène de Jean Sibelius, « Jokamies », destinée à accompagner la pièce de théâtre « Jedermann » de Hugo Von Hofmansthal. La partition date de 1916 et fut fort peu populaire depuis sa création, il fallut ce disque pour réhabiliter cette magnifique oeuvre, qui outre un grand orchestre, mobilise également un piano, un orgue et un choeur mixte.
Pourtant, malgré cet effectif important, l’ensemble s’avère souvent très intimiste. Seize numéros de durée très variable se succèdent, et l’ensemble dure une quarantaine de minutes. A connaître, assurément ! Pour vous allécher, je vous en propose un court extrait ci-dessous.

Les trois autres albums sont d’un tout autre genre, et dans des prises de son très variables, de surcroît : le remastering amateur de « Beggars Banquet » des Rolling Stones, complété de quelques inédits –chutes de studio, répétitions…– vaut un coup d’oreille pour le vrai travail de remisage proposé, très réussi –cf. extrait ci-dessous-.

Le live du groupe, issu de leur plus formidable tournée –USA 1972– souffre d’un son pas terrible, de même que l’album très bluesy de Mick Taylor, où intervient en « guest tsar » Snowy White.

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2 devinettes en rade et 1 solution

A ce jour, 3 devinettes restent en rade sur le blog. L’une d’elle étant vieille de plus de deux mois, je vous en livre désormais la solution. Les deux autres se trouvent ici et . Comme toujours, chaque bonne réponse donne lieu à un joli cadeau.

Solution de cette énigme : il fallait trouver qui joue quoi dans chacun des quatre extraits proposés, le nom de chacun des guitaristes étant par ailleurs donné dans la notule. Vous pouviez donc écouter, dans l’ordre :
1. Hartley Quits. Mick Taylor, 1968
2. The Stumble. Peter Green, 1967
3. All Your Love. Eric Clapton, 1966
4. My Time After A While. Mick Taylor, 1967

Albums en série, part 4 !

6 albums pour découvrir George-Frideric Handel

Aujourd’hui, suite de la série entamée précédemment –ici, et encore -, avec une invitation à la découvert de George-Frideric HANDELainsi qu’il se désignait lui-même-, compositeur anglais, né allemand et grand voyageur à travers toute l’Europe ! Je vous l’avais déjà présenté un peu dans cette notule. Evidemment, le choix reste arbitraire et tributaire de mes goûts en la matière, et j’ai soigneusement évité de vous proposer un opéra du compositeur, assez difficile d’accès de nos jours. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Marc Vignal, dans son histoire de la musique, présente une bonne synthèse de son style et de son évolution musicale : « Usant de la langue de son temps comme Bach (…) Handel apparut comme un puissant organisateur, comme un merveilleux instrument de synthèse de l’art européen. L’Allemagne lui inculqua une certaine piété intérieure, jamais démentie. L’Italie développa ses dons de mélodiste […] son sensualisme pour les couleurs et les sonorités. De la France il écouta les leçons de clarté, d’élégance, d’équilibre. L’Angleterre, enfin, lui enseigna la poésie des virginalistes, la spontanéité de Purcell, ses ambiguïtés modales et ses audaces rythmiques. »

Mini-suite en cours

Voilà une nouvelle qui va me mettre de bonne humeur jusqu’à la fin de la semaine au moins !

Si le film, composé d’une suite de saynètes se déroulant à Londres en période d’Avent, n’a rien d’un chef-d’oeuvre –il fut d’ailleurs monté à la va-vite pour pouvoir sortir en période de Noël-, il n’en reste pas moins d’une légèreté de ton et d’une drôlerie souvent tendre très agréables, qui en font l’un des films-cultes du cinéma anglais en ce début de 21ème siècle. Les lecteurs des tabloïds anglais l’ont ainsi couronné du titre de « Meilleurs film romantique anglais ». L’ensemble est bien joué par de multiples « stars » et la bande sonore est vraiment de très belle tenue. Je ne me souviens pas d’avoir autant ri au cinéma que lorsque je l’y ai vu.

Evidemment, plus de dix ans après, faire une mini-suite d’une dizaine de minutes, à laquelle ne prendront sans doute pas part l’ensemble des acteurs du premier film –Alan Rickman étant décédé-, cela relève presque de l’anecdote, mais c’est pour une bonne cause et le battage fait autour de cette suite est aussi révélateur du succès qu’a obtenu ce film à sa sortie.

Original et transcription -et transcription-

On l’ignore parfois, mais la version des « Tableaux d’une exposition » la plus fréquemment jouée et enregistrée est une transcription pour orchestre, par Maurice Ravel, de l’oeuvre originale de Modeste Moussorgsky, composée initialement pour le piano et rendant compte de sa visite au musée pour voir les dessins et toiles de son ami, le peintre Viktor Hartmann. A la mort de ce dernier, une exposition de plus de quatre cents de ses peintures fut organisée à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, en février et mars 1874. La plupart des œuvres présentées à l’occasion de cette exposition sont maintenant perdues. C’est suite à la liste de cette exposition que Moussorgsky écrivit, très rapidement, sa partition.

Un bon article en ligne vous en dira plus sur la genèse et le contenu de cette oeuvre très descriptive et vous permettra même de voir les six tableaux restant de cet exposition -les autres ont disparu-. Hors le dernier tableau –La grande porte de Kiev– vraiment sonore et tapageur et que je n’aime pas beaucoup, il s’agit d’une très belle partition, facile d’accès du fait de son caractère pittoresque et très agréable à écouter.

Mais Maurice Ravel ne fut ni le premier, ni le seul, à transcrire pour orchestre cette éloquente partition. Avant lui, d’autres s‘y étaient essayés, et certains se remirent à cette tâche après la publication de sa transcription. Parmi eux, Leopold Stokowski, grand chef d’orchestre –celui qui serre la main de Mickey dans le dessin animé musical « Fantasia » de Walt Disney– et grand connaisseur des possibilités et des couleurs des instruments, dont je vous ai déjà parlé un peu précédemment : il voulut, dans sa transcription, donner un caractère plus authentiquement russe à la partition orchestrale –Ravel sonnait trop « français » pour lui-, et proposa ainsi sa propre version, laissant par ailleurs de côté deux tableaux dont il jugeait que la composition n’était pas de la main de Moussorgsky, mais procédait d’une écriture plus tardive, sans doute de Rimsky-Korsakov. Sa version, si elle ne connut pas la gloire posthume de celle de Ravel, est cependant assez fréquemment enregistrée.

Voici, en trois extraits, trois visions de l’un des tableaux : Gnomus. La musique décrit les sautillements et les grimaces d’un gnome, puis ses déplacements maladroits sur ses jambes tordues. Une écoute à bon niveau sonore permettra de mieux apprécier les différences entre les deux versions orchestrales, les transcriptions étant riches en couleurs et en détails.

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