Outre l’excellent double LP de Robert Johnson déjà écouté –et même réécouté-, trois autres disques vinyles ornaient le pied de notre sapin cette année, albums dont je profite aujourd’hui, de bon matin et « un peu fort », et qui sont suffisamment connus et entrés dans l’histoire de la musique pop-rock enregistrée pour qu’il ne soit guère utile d’en dire beaucoup plus : ils sont tous excellents !
Anecdotiquement, pour deux d’entre eux –The Doors et Joy Division-, il s’agit de disques que je n’avais jamais eus sous ce format du temps lointain où j’avais une discothèque vinyle conséquente –je ne les ai qu’en CD-. A dire vrai, The Doors est un groupe qui m’a résisté assez longtemps et que je n’ai commencé à apprécier que tardivement, peut-être parce que le premier contact que j’ai eu avec eux était « The Soft Parade », album que je n’apprécie d’ailleurs toujours pas… Une grande première donc ! Ils sont tous trois proposés en pressage 180 grammes très silencieux. –Cliquer sur l’ image pour la voir en plus grand-.
• The Doors – The Doors – 1967 ***** • Led Zeppelin – IV – 1971 ***** • Joy Division – Unknown Pleasures – 1979 *****
Voici le début d’une série qui promet de s’enrichir assez conséquemment, et consacrée, en guise de résolution pour cette nouvelle année, aux oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir bon ou mauvais. C’est le cas des oeuvres écoutées parmi les albums de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Au programme de cette playlist figurent donc :
• Arnold Bax – Symphonie n°2 -1924-26
BBC Philharmonic, Vernon Handley – 2003 ***
–Extrait d’un coffret de 4 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Bax–
La deuxième symphonie du compositeur anglais Arnold Baxest en trois mouvements et dure près de quarante minutes et mobilise un orchestre important. Les deux premiers mouvements, sur des tempi lents ou modérés, sont relativement lyriques et sombres, le troisième est d’allure plus menaçante avant de s’achever de manière apaisée. Le chef Vernon Handley était un infatigable défenseur de la musique britannique, qu’il a enregistrée en grande quantité.
• Robert Schumann – Symphonie « Zwickau » – 1832-33
Orchestre révolutionnaire et romantique, John Eliot Gardiner – 1998 **
–Extrait d’un coffret de trois disques comprenant l’intégrale des symphonies de Schumann-
La symphonie en sol mineur de Schumann, dite « Symphonie Zwickau » du nom de la ville où elle fut créée, ne fait pas partie du corpus officiel de ses symphonies, et seuls deux mouvements sont achevés –un peu moins de vingt minutes-, les deux derniers étant restés au stade d’esquisses incomplètes et « non jouables ». Ce premier essai symphonique de Schumann fut un échec. Et, à mon avis, ce n’est pas totalement injustifié…
• Ralph Vaughan-Williams – Symphonie n°2 « A London Symphony » – 1912, révisée en 1933
Orch. Philharmonique de Londres, Sir Adrian Boult – 1971 ***(*)
–Extrait d’un coffret de 8 disques comprenant l’intégrale des symphonies de Vaughan-Williams–
Comme celle de Bax –les deux compositeurs sont presque exactement contemporains– , la deuxième symphonie de Ralph Vaughan-Williams mobilise un orchestre important et dure une quarantaine de minutes, pour quatre mouvements suivant le schéma symphonique classique. Elle est d’un accès relativement facile –j’avais gardé un souvenir pour le moins mitigé du compositeur et ne m’y étais plus attardé depuis longtemps…-, et interprétée ici par un chef très grand spécialiste du compositeur, et, plus largement, immense serviteur des compositeurs anglais Il fut d’ailleurs professeur de Vernon Handley.
Ce dernier disque est nettement mieux que dans mon souvenir !
Cette année encore, une seule notule suffira pour établir ce bilan annuel, –non exhaustif– puisque, comme l’année dernière, j’ai assez nettement réduit mes achats de disques ! Dans le cadre de travaux à venir, j’envisage par ailleurs de totalement refonder leur rangement…
Le coin du classique… •Deux disques**dont j’attendais beaucoup plus –mais qui sont superbement enregistrés- :
– Glière, Symphonie n°2 + Suite « The red Poppy » – Après la superbe réussite que constitue la troisième symphonie « Ilya Mourometz », celle-ci, bien que superbement orchestrée, est moins ambitieuse et beaucoup moins passionnante.
– Copland, El Salon Mexico, Dance Symphony, Fanfare For The Common Man… • Un disque ***** d’une oeuvre rare et belle : « Markus Passion », de Johann Georg Künstel. LA superbe découverte de cette année ! • Trois albums Beethoven, un compositeur dont je ne me lasserai jamais…
– Sonates pour piano, anthologie Glenn Gould –7 CD-: le bon, voire le très bon, côtoie le plus bizarre et très contestable, ce qui était un peu attendu… de ** à ****
– Concertos pour piano, intégrale : une chouette version HIP ****
– Variations Diabelli : la version totalement azimutée et enthousiasmante de Friedrich Gulda ! ***** • Quatre beaux albums « Sinopoli »pour enrichir ma connaissance de ce chef… **** à***** • Une magnifique intégrale de symphonies de Sibelius que je cherchais depuis longtemps et que j’ai enfin réussi à dénicher ! *****évidemment !
Du côté Pop-Rock… • The J Geils Band : premier album très bluesy de ce très dynamique groupe bostonien ! Un très bon disque, enregistré en 1970, très surprenant quand on ne connaît que le beaucoup plus célèbre –et beaucoup moins « roots »– « Freezer Frame » ! **** • Roky Erickson And The Aliens, « I Think Of Demons » – Levez-vous de très bonne heure si vous voulez dénicher cet introuvable, enregistré pendant une petite période de lucidité, entre deux internements en psychiatrie, par le leader des 13th Floor Elevators avant qu’il ne vire complètement cintré… **** • Johnny Thunders, « Live In Los Angeles 1987 » – Un bel album live –LP– qui rehausse largement la discographie erratique de Johnny Thunders ****
Au rayon Blues…
On retrouve des albums LP ***** que je vous ai présentés ici ou là, et qui sont tous de belle qualité pour qui aime le blues et les champs de coton !
Sous le sapin trônait également, cette année, ce superbe double LP –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– du plus illustre et influent représentant des musiciens du delta blues : Robert Johnson, l’homme qui avait signé un pacte avec le diable pour apprendre à bien jouer de la guitare, une nuit à un carrefour de chemins… Cette rencontre fut sans doute probante, la maîtrise du guitariste est impressionnante et l’on croit souvent entendre deux guitares en l’écoutant.
Robert Johnson était l’un des génies les plus inventifs de tous les temps. Mais il n’a probablement, quasiment pas eu de public. Il était tellement en avance sur son temps qu’on ne l’a toujours pas rattrapé. Son statut ne pourrait pas être plus élevé qu’il l’est aujourd’hui. Pourtant, à son époque, ses chansons ont dû semer la confusion dans l’esprit des gens. Cela vous montre que les grands hommes suivent leur propre voie. – Bob Dylan, interview au New York Times (12 juin 2020)
L’album, constitué de deux LP 180 grammes au pressage très silencieux, permet d’écouter l’intégralité des chansons enregistrées en deux sessions en 1936 et 1937 –29 chansons en tout et pour tout, et 3 d’entre elles ont été enregistrées deux fois– par Robert Johnson durant sa courte carrière : l’artiste inaugura le « club des 27 ». Le travail de réédition est vraiment superbement réalisé, la pochette gatefold comprenant également une grande et très belle reproduction de la plus célèbre photo de Robert Johnson –dont il n’existe par ailleurs que trois clichés en tout et pour tout-.
On ne connait toujours, à ce jour, les causes exactes de sa disparition précoce, et l’emplacement de sa tombe reste encore incertain, puisqu’au moins trois lieux « officiels » sont supposés abriter sa sépulture.
Au courant des années 80, The Cure sortirent assez rapidement trois albums qui formèrent une somme plutôt cohérente que l’on décrivit plus tard comme leur «Trilogie glacée» : «Seventeen Seconds», puis «Faith» et enfin «Pornography» –198, 1981, 1982-. Il convient d’accompagner ces trois albums du single «Charlotte Sometimes» –1981– et de l’insolite et peu connu support musical –une longue et lente mélopée, très hypnotique– du film d’animation «Carnage Visors» –1981– pour compléter cette première trilogie, qui évolue peu à peu du minimalisme introverti vers l’album le plus sombre, d’une noirceur absolue et d’un caractère dépressif total, de toute la discographie pop-rock des années 80 –et au-delà-. Cette «Trilogie glacée» –cliquer sur l’image de droite pour la voir en plus grand– a très largement contribué à installer The Cure comme l’un des groupes emblématiques du mouvement «gothique», ce que récuse pourtant Robert Smith.
Puis, le groupe, à la composition déjà très fluctuante malgré son jeune âge, se sépara une première fois et Robert Smith, parallèlement à une carrière de guitariste avec The Banshees ou l’éphémère et psychédélique groupe The Glove, sortit avec The Cure dans une formation fortement renouvelée deux albums très pop et beaucoup plus légers «The Top», puis «The Head On The Door».
Quelques albums plus tard, et nous arrivons en 1989, avec la sortie de «Disintegration», album aussi mélancolique que «Pornography» était sombre. Pour beaucoup de fans, il s’agit de leur album préféré, qui marque un certain retour aux sources des inspirations premières de Robert Smith. Cet excellent disque est le deuxième volet d’une nouvelle trilogie, entamée par «Poronography» et qui, dans l’esprit de «Fat Bob», devait s’achever avec «Bloodflowers», paru en 2000, dans une formation encore passablement renouvelée. C’est ainsi qu’il est présenté par le leader du groupe, notamment à l’occasion des deux concerts-fleuve enregistrés à Berlin en 2002.
« Les albums Pornography, Disintegration et Bloodflowers sont inexorablement liés pour bien des raisons, et la réalisation du programme Trilogy fait la lumière sur mon expérience de The Cure. » – Robert Smith (2002)
Pourtant, « Bloodflower », s’il n’est pas indigne dans la discographie très inégale du groupe depuis le milieu des années 90 où il s’inscrit dans une veine plutôt douce et mélancolique, ne me semble pas à la hauteur de cette seconde trilogie, et seuls deux titres de cet album en seraient dignes à mes oreilles : le somptueux « Watching Me Fall », et, dans une moindre mesure, le mélancolique « Bloodflowers ».
En réalité, le troisième volet de cette trilogie est, pour moi -et pour bien d’autres…- le tout dernier opus paru : « Songs Of A Lost World » –2024-. Dans une formation à nouveau modifiée, The Cure propose un album acclamé par la critique et le public -c’est un beau succès commercial, n°1 en Angleterre, en France, en Suède et en Allemagne notamment-, qui y voit un retour aux sources les plus sombres et introverties du groupe.
Remarques complémentaires…
• Les trois albums de cette seconde trilogie sont ceux que j’ai le plus joué à la basse : certains titres sont d’une simplicité hyper-efficace et tombent remarquablement sous les doigts.
• « Pornography » fait partie de ma liste des sept albums Pop-Rock à emmener sur mon île déserte. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Pornography – 1982 *****
Robert Smith, Simon Gallup, Lol Tolhurst
• Disintegration – 1989 *****
Robert Smith, Simon Gallup, Porl Thompson, Roger O’Donnell, Boris Williams, Lol Tolhurst
• Songs Of A Lost World – 2024 *****
Robert Smith, Simon Gallup, Jason Cooper, Roger O’Donnell, Reeves Gabrels
Joy Division – Transmission. Comme pour la chanson précédente, ce morceau, une fois encore relativement répétitif quant à la mélodie, n’est pas excessivement difficile à jouer, si ce n’est une petite partie en « bend » jusqu’au demi-ton supérieur à partir de la mesure 65 et jusqu’à la mesure 82 –entre 1’42 et 2’06-, et parce qu’il faut effectuer ce bend rapidement –le tempo est de 158 à la noire-. Après cela, je peux ré-accorder la corde de sol, qui est déjà celle qui tient le moins l’accordage sur ma guitare…
La partie en accords est réalisée en power chords, qui sont les accords les plus faciles à jouer mais s’avèrent terriblement efficaces, ils furent beaucoup utilisés dans la musique Punk puis New Wave à la fin des années 70 et au début des années 80 : fondamentale + quinte sur 2 cordes pour les fainéants, fondamentale + quinte + octave sur 3 cordes pour les autres !
Réglages de l’ampli : aigus à fond, médium et basse au milieu, une très légère distorsion et une toute petite pointe de réverbération.
A la basse, ce morceau est encore plus facile, il se résume à deux notes en croches –les fondamentales– plus une note de passage en fin de mesure : simple mais efficace, le seul défi est de rester en rythme et de savoir compter ! Cette chanson est tout-à-fait idéale pour entraîner la main droite à l’utilisation d’un médiator, que l’on choisira rigide voire très rigide : entre 1,0 mm et 1,40 mm recommandés.
Karajan, Kleiber –père et fils–, Krauss… mais aussi Otto Klemperer, ce géant –physiquement– austère, qui est la star de cette playlist contrastée et propre aux controverses : il s’agit d’un chef dont les enregistrements, en France, font parler les mélomanes depuis leur parution, que ce soit pour les vilipender ou pour les glorifier !
Né en 1885, Otto Klemperer, élève de Gustav Mahler, entama sa carrière en tant que chef d’opéra –Hambourg, Strasbourg puis le Kroll Opera de Berlin– sous le signe de la « Neue Sachlchgkeit » –Nouvelle Objectivité, courant artistique éphémère né après la première guerre mondiale– et contribua à la découverte des opéras de Stravinsky, Hndemith ou encore Krenek. Très tôt parti en exil à l’arrivée au pouvoir des nazis, il débarqua à Los Angeles pour prendre les rênes de l’orchestre de la ville –un orchestre alors de second rang, aux finances aléatoires-.
Atteint d’une tumeur au cerveau en 1939, l’opération qu’il subit le laisse à demi-paralysé du côté droit et détériore sévèrement un tempérament qui n’était déjà pas très facile : bougon, autoritaire et quelque peu caractériel –on dirait aujourd’hui « bi-polaire »-.. Après la guerre et une longue convalescence, il rentra en Europe, où commença sa « seconde carrière », souvent décrit comme son « été indien » : après un bref passage par l’opéra de Budapest, Otto Klemperer s’installa à Londres où Walter Legge, le célèbre producteur, envisageait qu’il prenne la succession de Karajan à la tête du Philharmonia, très largement considéré comme la « Rolls Royce des orchestres britanniques » de l’époque et l’un des tout meilleurs d’Europe.
Ainsi, à partir de 1954 et jusqu’à sa mort en 1973, il enregistra avec cet orchestre une très grande partie du « grand » répertoire classique pour le label EMI. : Bach, Mozart, Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Schumann, Brahms, Bruckner, Mahler… En Angleterre, il était réputé pour être « l’interprète le plus autorisé du répertoire central austro-allemand depuis le décès de Toscanini et de Furtwängler ». Ailleurs, ses enregistrements furent d’abord plus controversés, du fait, notamment, de tempi de plus en plus ralentis au fur et à mesure de son avancée en âge, mais ils sont actuellement considérés comme des piliers du catalogue depuis au moins une trentaine d’années, au gré de rééditions très bien remastérisées.
La playlist de ce jour comporte trois enregistrements issus de cet été indien. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Wolfgang Amadeus Mozart – Symphonie n°40, KV 550
Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer – 1962 ****
Otto Klemperer enregistra un assez large corpus d’oeuvres symphoniques de Mozart, ainsi que certains de ses opéras –sa « Flûte enchantée », notamment, sans dialogues, reste dans la mémoire de nombreux discophiles pour sa vision hiératique mais, à mon avis, complètement étrangère à l’esprit du Singspiel-. Très éloigné du style « galant » que l’on prête souvent au compositeur, le Mozart de Klemperer est totalement atypique, puissamment architecturé, chaque pupitre étant soigneusement détouré. Les tempi sont lents sans être lentissimes et sans lourdeur, l’ensemble peut sembler sévère, mais, dans une approche « traditionnelle » –cad. non HIP-, c’est ainsi que j’apprécie Mozart –beaucoup plus, par exemple, que l’intégrale enregistrée à Berlin par Herr Professor Doktor Karl(i) « sac de patates » Böhm, longtemps regardée comme « référence » et qui a plus mal vieilli, en définitive-.
• Ludwig van Beethoven – Symphonie n°3 « Eroica », op.55
Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer – 1959 *****
Issue d’une intégrale des symphonies de Beethoven, enregistrée au tournant des années 60 et qui fut longtemps considérée –et le reste encore chez certains critiques musicaux– comme l’une des deux ou trois références de ce corpus, la troisième symphonie s’avère très réussie et c’est, à mes oreilles, la meilleure pièce au sein d’une intégrale qui est, pour moi, assez largement sujette à controverse, du fait de tempi extrêmement lents qui font perdre beaucoup de vitalité à cette musique, dont c’est pourtant une composante essentielle –la cinquième ou la septième, par exemple, sont non seulement hyper-lente, mais certains équilibres orchestraux s’avèrent parfois bizarres, cf. vidéo-. Dennis Brain, le fabuleux corniste du Philharmonia Orchestra, révéla dans une interview qu’à partir des années 60, « Klemperer was no more a rythm guy ».
• Anton Bruckner – Symphonie n°4 « Romantique », WAB 104
Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer – 1963 ***
Dès le tout début de sa carrière de chef d’orchestre dans les années 20, Otto Klemperer dirigea des symphonies de Bruckner, mais Walter Legge ne considérait pas, en revanche, l’enregistrement des symphonies du compositeur comme une priorité, sauf la huitième symphonie, qui était déjà « chasse gardée » de Karajan pour EMI. Cette quatrième symphonie est interprétée dans sa version dite « 2B, édition Nowak » –Bruckner révisa cette symphonie plus que toute autre, ses nombreuses retouches sont recensées ici-. Contrairement à sa réputation de « chef lent », c’est loin d’être le cas dans cette symphonie. Klemperer en exalte la structure, mais , pour cette édition de la symphonie, je préfère la version beaucoup plus narrative et dynamique de William Steinberg, enregistrée à Pittsburgh pour Capitol en 1956.
La playlist du jour est consacrée à un unique album, l’excellent « Electric Warrior » du groupe T.Rex et de son fondateur, compositeur, guitariste et chanteur Marc Bolan tragiquement décédé à 30 ans –mais sa carrière était déjà presque derrière lui…– dans un accident de voiture en 1977.
La légende dit que le fameux producteur Tony Visconti trouvait que Marc Bolan était si excellent qu’il délaissa David Bowie, dont il était alors procureur producteur, pour se consacrer à T.Rex. « Electrice Warrior », sorti en 1971, est le produit de cette collaboration fructueuse entre le groupe et le producteur, et l’album est l’un des piliers archétypique du Glam-Rock, ce courant très éphémère du début des années 70.
Curieusement, alors qu’il ne fut jamais un virtuose de son instrument, la firme Gibson a pourtant sorti un modèle signature, la Gibson Les Paul Marc Bolan, en acajou massif, que l’on peut s’offrir pour la modique somme de 7056 US$…
Nonobstant ces considérations bassement mercantiles, « Electric Warrior » est un album sans aucun titre faible, qui propose un soft rock saturé très bien enregistré –comme souvent dans les productions de Tony Visconti, la basse très ronde et chaude est mise en avant-. L’énorme ampli de guitare de l’illustration de la pochette est trompeur : le glam-rock, en 1971, n’était pas encore si sonore qu’il le deviendra avec les New York Dolls !
L’album, qui se classa n°1 en Angleterre et connut un succès considérable lors de sa parution, contient par ailleurs un hit majeur, qui tourna énormément sur toutes les radios au début des 70’s –cf. extrait-.
La playlist du jour est consacrée à Georg Friderid Handel, l’un de mes compositeurs préférés –il fait partie de mon top 5-, celui dont Beethoven disait qu’il était « le plus grand et le plus solide compositeur ». S’il n’a jamais souffert, après sa mort, de l’oubli relatif dans lequel tombèrent Bach –prononcer [baR]– ou Vivaldi, il a cependant bénéficié, autant qu’eux, du renouveau des interprétations historiquement informés à partir du milieu des années 70, et qui sont généralisées de nos jours.
Dans les décennies précédentes, Handel fut très souvent enregistré, et, notamment, « Messiah » était joué par des orchestres et des choeurs pléthoriques –plus de 1000 musiciens et choristes pour certaines représentations à la fin du 19ème siècle, par exemple!-, Ses deux plus célèbres pièces orchestrales : la « Royal Fireworks Music », d’une part, et, surtout, la « Water Music », généralement adaptées pour grand orchestre par Hamilton Harty ont également, dès les débuts de l’histoire de l’enregistrement sonore, connu un nombre important de versions discographiques, et notamment en Angleterre-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Wassermusik (Water Music), HWV 348-350
Orchestre philharmonique de Berlin, Fritz Lehmann – 1951 ***
Il s’agit-là de la version « originale » des trois suites, et non de l’arrangement de Harty qui avait généralement cours à cette date. L’orchestre philharmonique de Berlin est encore celui de Furtwängler, il est à peine allégé d’une grande partie de ses contrebasses et accompagné d’un clavecin. Les tempi sont très contrastés, certains demeurent très lents, mais, eu égard à la date d’enregistrement, cette version fait presque figure de devancière des versions HIP. Il s’agit de l’un des tout premiers enregistrements du label Archiv Produktion, branche baroque de la firme Deutsche Grammophon.
• Royal Fireworks Music, HWV 351
Orchestre symphonique de Londres, Georg Szell – 1962 **
Georg Szell livre ici l’arrangement pour grand orchestre d’Hamilton Harty : la musique est très « romantisée »et les tempi sont d’une lenteur exaspérante, exaltant la pompe « So British » de l’oeuvre ! C’est d’autant plus curieux qu’avec son orchestre de Cleveland, Szell était plutôt réputé pour la vivacité de ses tempi et une approche plus cérébrale qu’affective du répertoire romantique. Nonobstant mon appréciation personnelle très mitigée, ce disque d’un orchestre anglais, enregistré par un label anglais, fut fort bien reçu en Angleterre lors de sa sortie.
• Concert grossi op.6 n°5, 10 & 12 HWV 323, 328, 330
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan – 1966 ***
Herbert von Karajan enregistra, en quatre disques, l’intégralité des concerti grossi opus 6 de Handel durant les sessions d’été à Saint-Moritz en 1966 et 1967, lorsqu’il réunissait un petit nombre des musiciens de son orchestre pour enregistrer des oeuvres « de chambre ». A la différence de ses enregistrements contemporains de Bach -prononcer [baR]- ceux de Handel restent assez agréables à écouter de nos jours : le baroque « italianisant » lui a toujours beaucoup mieux réussi, et les concerti grossi de Handel sont calqués sur le modèle de ceux de Corelli. A leur sortie, ces disques avaient bénéficié d’un accueil plutôt chaleureux en Angleterre, où la qualité du jeu d’orchestre fut salué.
HWV signifie « Handel-Werke-Verzeichnis ». C’est le catalogue des oeuvres du compositeur, qui n’est pas chronologique, mais établi post-mortem par genre.
(Mes nuits sans dormir, une fois de plus…) De la musique française, je n’en écoute pas si souvent, et de la musique française pour le piano encore moins souvent, mais ces albums, écoutés nuitamment, sont tout-à-fait agréables et comportent de nombreux petits bijoux.
Ces pièces généralement courtes sont interprétées par Pascal Rogé, pianiste français discret et rare, qui s’est fait une spécialité de ce répertoire : ses disques sont régulièrement encensés par la presse étrangère –sa discographie chez Decca est relativement abondante-, et pourtant peu souvent cités en France : nul n’est prophète en son pays ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Dans les pièces pour piano à quatre mains de Francis Poulenc ou d’Erik Satie, Pascal Rogé est accompagné par Jean-Philippe Collard.
• Francis Poulenc – Pièces pour piano, extraits de l’intégrale – Pascal Rogé – 1987 ***** • Gabriel Fauré – Musique pour piano, anthologie – Pascal Rogé – 1990 ***** • Erik Satie – Musique pour piano, vol. 2 – Pascal Rogé – 1989 *****
Étonnamment, le label Decca, très réputé, et de longue date, pour ses prises de son dans le domaine symphonique ou lyrique, ne s’est jamais montré à la hauteur de sa réputation en ce qui concerne la musique pour piano, quel que soit l’artiste envisagé…