Playlist « Ultimate 80’s »

Je ne sais plus du tout d’où proviennent ces deux albums, retrouvés presque par hasard sur mes étagères alors que je cherchais tout-à-fait autre chose ! Il s’agit de deux compilations issues des années 80, sorties en 200 et 2001, à tendance plutôt « new wave » et présentant quelques-uns des titres les plus connus de cette décennie, dont beaucoup sont tombés dans un oubli relatif ou n’ont guère résisté à l’épreuve du temps… –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.


Quelques titres de cette playlist, composée de 67 chansons, méritent cependant d’être sauvés ou s’écoutent sans déplaisir : XTC, Simple Minds, Blondie, TalkTalk ou encore The Stranglers, Kate Bush ou Chris Rea. Certains autres m’étaient totalement inconnus –je n’écoutais que très peu la radio à cette époque– ou complètement sortis de l’oreille : boîtes à rythme et synthétiseurs à profusion, production qui met invariablement en avant une batterie clinquante et une grosse ligne de basse –très efficace en boîte de nuit…-, telles étaient les principales caractéristiques de ces années-là, on a connu plus chatoyant !
On verra dans une vingtaine d’années ce qu’il en restera !

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Un dimanche dans la campagne anglaise

Mes pérégrinations dominicales, à défaut de me guider vers l’opéra, me conduisent ce matin dans la campagne anglaise de l’époque edwardiennecette « Belle-Époque » d’Outre-Manche-, avec cette très belle playlist consacrée aux oeuvres orchestrales les plus célèbres d’Edward Elgar –notice biographique relativement détaillée à lire ici-, magnifiquement interprétées par d’excellents orchestres anglais, sous la direction d’un chef américain, Leonard Slatkin, rejeton d’une famille de musiciens et désormais octogénaire, mais qui a commencé sa carrière de chef d’orchestre très jeune à Saint-Louis –USA– et est passé, notamment, par Londres et Lyon –de 2011 à 2020, il contribua très largement au rayonnement de l’orchestre de la ville-.

Leonard Slatkin connut une carrière discographique très intense tout au long des années 80 et 90, sur le label américain RCA, dont la branche « Red Seal = musique classique » a été rachetée par Sony. Les enregistrements du jour font partie d’une série consacrée au musicien anglais, réalisée à la fin des années 80 et durant les années 90, bénéficiant d’excellentes conditions techniques. Ces très bonnes prises de son sont encore magnifiées par le remastering de cette réédition sous étiquette Sony, en 2013, dans un petit coffret de 4 CD, sorti à prix très réduit –mais à la ligne éditoriale aussi réduite que son prix, comme pour toutes les rééditions de cette collection…-, et qui, vérification faite, reste encore disponible à un prix très raisonnable à l’heure actuelle –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

On retrouve donc, dans cette playlist dominicale –cliquer sur l’image pour voir en plus grand les belles jaquettes d’origine et profiter, vous aussi, de la campagne anglaise !– :


• la symphonie n°1 – OP Londres – 1991 ****
Symphonie composée en 1907, après une longue maturation de dix ans, et dont le thème majestueux du premier mouvement est assez connu, puisqu’il servit d’illustration sonore au film « Greystoke : la légende de Tarzan ». L’oeuvre connut un vif succès et fut interprétée pas moins d’une centaine de fois l’année de sa création. La version de Slatkin, en 52 minutes, semble être celle du juste milieu, très proche des indications de la partition : Elgar lui-même a enregistré l’oeuvre en 1931 et cravache son orchestre en 47 minutes –mais j’aime beaucoup, malgré un son un peu difficile-, quand la version de Giuseppe Sinopoli, qui tire adroitement Elgar vers Mahler, dure un peu plus d’une heure –mais j’aime beaucoup aussi !-.

• la symphonie n°2 – OP Londres – 1993 ***
Achevée en 1911 bien que partiellement ébauchée à l’état d’esquisses au moins dix ans plus tôt, cette symphonie est dédiée à la mémoire du roi Edward VII, décédé une année auparavant. Cette seconde symphonie connu un moindre succès que sa première symphonie, –ainsi, Elgar traita son public de « cochons repus » devant le peu d’enthousiasme lors de sa création-, tant du vivant de son compositeur que pour la postérité, en dépit de quelques passages champêtres fort beaux et d’un second mouvement émouvant et recueilli. Léonard Slatkin s’interdit tout alanguissement, et c’est très bien ainsi !

• le concerto pour violoncelle – Janos Starker, Philharmonia Orchestra – 1997 ****
Le concerto pour violoncelle est une oeuvre plus tardive, composée après la première guerre mondiale et achevée en 1919. Il est très populaire et facile d’accès et constitue, à mes oreilles, l’un des plus beaux concertos pour violoncelle du répertoire : à ce titre, il est plutôt bien représenté dans ma discothèque. La version de Janos Starker et Leonard Slatkin est très belle, peine de noblesse et beaucoup moins passionnée –mais non moins pertinente– que celle de Jacqueline du Pré et Barbirolli dans leur mythique disque enregistré en 1965.

• les « Variations Enigma » – 1989 ****
Ces portraits musicaux en forme de variations pour orchestre, achevées en 1899, sont l’une des oeuvres les mieux représentées dans ma discothèque, avec pas moins d’une vingtaine de versions différentes –cf. ici et pour en savoir plus-. L’oeuvre est très populaire et très facile d’accès, c’est la composition d’Elgar la plus célèbre avec sa « Pompe et Circonstance n°1 ». Avec celle de Sinopoli, qui présente d’autres équilibres toutefois, la version de Leonard Slatkin est l’une des plus lentes de la discographie –34 minutes-, sans pour autant que l’oeuvre pâtisse du traitement que lui fait subir Leonard Bernstein –38 minutes !!!-. A titre indicatif, Elgar lui-même interprétait ces variations en moins de 30 minutes et son collègue Hamilton Harty en 27 minutes dans un enregistrement de 1932. De nos jours, la durée moyenne d’une interprétation est généralement de 31 à 32 minutes.
La présente version est portée par de très beaux timbres orchestraux, et la variation XII « B.G.N » –portrait de Basil G. Nevinson, violoncelliste ami d’Elgar qui inspira le concerto pour violoncelle– est somptueuse à cet égard.

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Playlist « Trois Sixièmes du Vingtième »

Aujourd’hui, ma playlist est composée de trois sixièmes du vingtième, autrement dit de trois symphonies n°6 composées au vingtième siècle ! J’ai exclu la sixième symphonie de Mahler, achevée en 1904 et écoutée très récemment, de cette playlist. Dans l’ordre de leur écoute –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-, on y rencontre donc :

• Shostakovich, symphonie n°6 – Orchestre philharmonique d’Oslo, Mariss Jansons – 1991 ****
Composée en 1939, la symphonie comporte trois mouvements : un long premier mouvement lent et désolé, et deux brefs mouvements plus rapides et à la motorique marquée, dont l’humeur contraste fortement avec le premier. Malgré le succès initial rencontré lors de sa création, l’accueil critique ultérieur réservé à cette symphonie n’a pas été très favorable : elle fut jugée trop déséquilibrée. Nonobstant, à mes oreilles, le mouvement initial est réellement très beau. Mariss Jansons, qui fut à la fois assistant de Karajan et de Mravinski, créateur de la symphonie, a gravé pour EMI une intégrale des symphonies de Shostakovich tout au long des années 90 et jusqu’au début des années 2000, avec divers orchestres. Ses meilleures réussites, dont cette sixième symphonie, sont enregistrées avec l’excellent orchestre philharmonique d’Oslo.

• Prokofiev, Symphonie n°6 – Orchestre philharmonique de Bergen, Andrew Litton – 1994 ****
Cette symphonie a été composée à la sortie de la guerre, entre 1945 et 1947, en mémoire des victimes et des destructions du conflit. Comme celle de Shostakovich, elle ne comporte que trois mouvements et présente un caractère relativement austère ; pour moi, elle reste d’un accès plus difficile que les symphonies les plus populaires du compositeur. La prise de son de la version du jour est exceptionnelle et rend parfaitement justice à l’orchestration de Prokofiev. L’orchestre de Bergen est aussi exceptionnel que celui d’Oslo !

• Sibelius, Symphonie n°6 – Philharmonia Orchestra, Herbert Von Karajan – 1955 *****
A mes oreilles, la plus belle de toutes les sixièmes symphonies du répertoire est celle de Sibelius, avant même la « Pastorale » de Beethoven. En quatre mouvements, elle est achevée en 1923 et se révèle très accessible à l’écoute : une véritable ode à la nature finlandaise, qui rappelait à Sibelius « l’odeur de la première neige ». Karajan aimait tant cette symphonie qu’il la donna régulièrement en concert dès 1938, alors qu’il était encore en poste à Aachen. Il l’enregistra trois fois, et c’est sa première version, très poétique, que j’écoute aujourd’hui. Le remastering de ces enregistrements de 1955, effectué en 2016, est de premier ordre et les équilibres obtenus à cette date avec le Philharmonia Orchestra sont très différents de ceux qu’on entendra plus tard à Berlin.

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Playlist non vocale

La playlist de ces deux derniers jours m’a conduit à écouter, dans l’ordre chronologique de leur composition, les symphonies «non vocales» de Gustav Mahler, un compositeur vers lequel je ne me tourne plus si régulièrement –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– :


• Symphonie n°1 – Orchestre de Pittsburgh, William Steinberg, 1953. Une excellente version de cette première symphonie, fraîche et narrative, extrêmement bien enregistrée pour l’époque : la version préférée d’Anna Mahler, fille du compositeur. Pour remercier le chef, elle sculpta son buste, qui illustre la couverture du LP d’origine.
• Symphonie n°5 – Orchestre de la Tonhalle de Zürich, Michael Gielen, 2007. Très belle version, simple, directe et pleine de fraîcheur.
• Symphonie n°6 – Philharmonia Orchestra, Giuseppe Sinopoli, 1987. Une version lente et contrastée, remarquablement tourmentée : le dénomination de « Tragique » accolée à cette symphonie sied parfaitement à cette version. Le Philharmonia sonne superbement !
• Symphonie n°7 – Concertgebouw Amsterdam, Bernard Haitink, 1982. Le troisième disque de Mahler à avoir intégré ma CDthèque au début des années 80 : une version de cette symphonie un peu difficile d’accès qui, reste l’une des plus belles à mes oreilles.
• Symphonie n°9 – Orchestre Philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan, 1982. Un enregistrement live autorisé par le chef, ce qui est très inhabituel dans sa discographie. L’album a été multi-primé, tant en France qu’à l’étranger, l’interprétation est très dense et d’une grande puissance émotionnelle.

A mes oreilles, toutes ces interprétations méritent leur pesant de ***** et les prises de son des symphonies 5 et 7 sont superlatives ! Un jour ou l’autre, je consacrerai un peu de temps aux symphonies « vocales », en laissant de côté la huitième, que je n’aime pas du tout…

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Playlist un peu bruyante mais courte !

Ça faisait bien longtemps que je ne m’étais plus constitué, via ex-iTunes, de playlist sous forme d’extraits d’albums : celle de ce jour à la météo franchement maussade est plutôt courte –Six titres et une petite quarantaine de minutes à peine– mais plutôt « bruyante », puisqu’essentiellement composée de chansons relativement énergiques ou brutes de décoffrage.

On y retrouve, pêle-mêle :
une chanson de power-pop grandiloquente qui part dans tous les sens, au refrain entêtant ;
un titre bien énervé des Wampas ;
une version totalement déjantée de « Street Hassle » de Lou Reed, tirée d’un album live très inégal, où Lou Reed passe une partie de son temps à pourfendre tout ce/ceux qui lui passent par la tête… ;
une des rares bonne chanson de Scorpions période « métal FM », genre vers lequel ils ont malheureusement évolué au milieu des années 80 ;
une excellente chanson blues d’AC/DC extraite d’un album introuvable en France –version australienne de « Dirty Deeds Done Dirt Cheap », qui contient quelques titres inédits en Europe ou aux USA– ;
l’un des hymnes des métalleux issus de la mouvance « New Wave of British Heavy Metal ».

Ecoutée « un peu fort », ça dépote pas mal ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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Playlist à controverses

C’est dimanche, et je ne suis pas allé à l’opéra ! La playlist de jour est consacrée à un chef d’orchestre que j’aime beaucoup, et qui prêta beaucoup à controverse de son vivant, suite, notamment, aux polémiques initiées par le musicographe Norman Lebrecht, qui est sans doute le plus rageux de tous les « critiques musicaux » et aime avoir ses bêtes noires, qu’il pourfend à longueur d’articles de sa plume assassine : dans le cas présent, Giuseppe Sinopoli1946-2001-, qui est, à mes oreilles, le chef le plus talentueux de sa génération avec Christoph Von Dohnanyi.
Comme il était très mauvais et ne savait pas diriger, Sinopoli fut nommé chef de deux des meilleurs orchestres européens pour un mandat à chaque fois assez long –dix ans, c’est le temps qu’il faut aux excellents musiciens de ces orchestres pour se rendre compte de la médiocrité de leur chef…– : le Philharmonia Orchestra de Londres et la Staatskapelle de Dresde. New York le réclama également : il y triompha, de même qu’à Bayreuth. Beau palmarès pour une si grande nullité !

La discographie de Sinopoli est conséquente eu égard à son décès précoce, et variée, du romantisme à l’époque contemporaine : Deutsche Grammophon lui offrit un pont d’or pour qu’il enregistre sur son label. On lui doit une excellente et atypique intégrale des symphonies de Mahler , une superbe anthologie Richard Strauss, un large panel de la musique romantique allemande –Schubert, Schumann, Mendelssohn, Bruckner…– et de nombreux opéras de Verdi et Wagner notamment. Tous ces enregistrements sont d’un excellent niveau technique, mais deviennent malheureusement assez difficiles à trouver désormais.

Giuseppe Sinopoli enregistra également pour le label Teldec une anthologie absolument essentielle consacrée à la seconde école de Vienne avec la Staatskapelle de Dresde, rééditée pour une bouchée de pain chez Warner : un remarquable coffret qui faisait partie de mes « Coups de coeur » en 2019. –Cliquer sur l’imagette de droite pour la voir en plus grand-. Par ailleurs, le label Hänssler publie ponctuellement des bandes enregistrées en concert qui restent disponibles à ce jour.

J’ai retenu, pour la playlist de ce jour, trois très beaux albums, excellents témoignage de son éclectisme et de sa capacité à créer de somptueuses sonorités orchestrales. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Scriabin – Symphonie n° » « Le divin poème » ; Le poème de l’extase – OP New York, 1989
Debussy : La mer – Ravel : Boléro ; Daphnis et Chloé, suite n°2 – Philharmonia Orchestra, 1990
Elgar – Variations « Enigma » – Sérénade pour cordes – In The South – Philharmonia Orchestra, 1989

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Playlist « Kapellmeister à l’ancienne »

Avec la «révolution baroqueuse» qui a émergé au cours du dernier quart du vingtième siècle et a progressivement modifié les habitudes d’écoute de nombreux mélomanes et, plus encore, les habitudes d’interprétation y compris des oeuvres plus tardives –périodes classique et romantique-, il reste cependant plaisant, de temps à autre, de retourner vers des versions interprétées par des « Kapellmeister » de la plus pure tradition allemande issue du XIXè siècle.
C’est le cas, aujourd’hui, avec trois symphonies interprétées par des chefs nés respectivement en 1900, 1894 et 1902, ayant tous fait leurs armes à l’opéra de Hambourg dans les années. De belles versions, plutôt amples et solides, aux fondements bien ancrés sur les cordes graves. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Tous ces enregistrements, y compris le plus ancien, bénéficient de conditions techniques très soignées.

Beethoven – Symphonie n°6 « Pastorale » – Orchestre philharmonique de Vienne, Hans Schmidt-Isserstedt – 1967 ****
Brahms – Symphonie n°1 – Orchestre philharmonique de Berlin, «Herr Professor Doktor» Karl Böhm – 1960 ****
Brahms – Symphonie n°4 – Orchestre philharmonique de Berlin, Eugen Jochum – 1954 *****

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Playlist romantique, virtuose et poétique

Même si je ne les écoute pas très régulièrement, j’aime beaucoup, en général, les oeuvres pour piano de Robert Schumann : sa production, profondément romantique, est riche et variée, poétique et virtuose, et très expressive. La playlist de ce jour est piochée parmi trois albums qui ont out été encensés par la presse spécialisée, au moment de leur parution ou de leur réédition.
J’ai opté pour une optique chronologique en fonction de la date de composition des différentes oeuvres écoutées ce jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Papillons, op. 2 (1831) – Wilhelm Kempff. Il s’agit d’une pièce regroupant 12 miniatures contrastées et reliées par des motifs thématiques, inspirées par le roman « Flegeljahre » de Johann Paul Friedrich Richter, dit Jean Paul, écrivain emblématique du romantisme allemand.
• Carnaval, op. 9 (1835) – Wilhelm Kempff. Carnaval est une suite de 21 pièces représentant des personnages réels ou imaginaires, et qui introduit deux personnages récurrents dans les écrits de Schumann : le tempétueux Florestan et le rêveur Eusebius, soit les deux facettes du compositeur.
• Études symphoniques, op. 13 (1834-1837) – Geza Anda. Schumann a composé ces variations sur un thème du baron von Fricken. Elles sont d’une très grande virtuosité qui n’exclut pas la poésie pour autant. La version de Geza Anda est particulièrement brillante. A contrario, la version de Wilhelm Kempff est assez besogneuse et j’ai du mal à comprendre les critiques très positives lues ici ou là sur son interprétation de cette belle oeuvre : à mon avis, le pianiste –près de 80 ans à l’époque de l’enregistrement– n’avait sans doute plus les doigts pour la jouer…
• Kinderszenen, op. 15 (1838) – Martha Argerich.
• Kreisleriana, op. 16 (1838) – Martha Argerich. Le disque de Marha Argerich est tout simplement merveilleux, c’est l’un de mes tout premiers CD de piano, et j’ai toujours beaucoup aimé les Kinderszenen et leur très célèbre « Pays merveilleux » introductif.
• Fantaisie en ut majeur, op. 17 (1836-1838) – Geza Anda. La fantaisie est une autre oeuvre ambitieuse de grande dimension, influencée par Beethoven, qui requiert virtuosité et abattage : tout ce dont faire preuve Geza Anda.
• Scènes de la forêt, op. 82 (1848-1849) – Wilhelm Kempff. Les scènes de la forêt sont constituées de huit petits tableaux poétiques et intimistes. Ici, Wilhelm Kempff se montre tout-fait à son aise.

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Playlist du Grand Nord. 3 : Finlande

Dernière escapade dans le Grand Nord avec cette playlist constituée de musique symphonique écrite sous la plume de compositeurs finlandais. (Ici, une petite incise géographique s’impose : cette série n’est pas intitulée « Playlist scandinave » pour la raison que , stricto sensu, la Finlande ne fait pas partie des pays scandinaves, a contrario du Danemark, de la Norvège et de la Suède, qui sont les trois seuls pays qui forment la Scandinavie. Par ailleurs, culturellement, elle ne partage ni la même mythologie, ni les mêmes origines linguistiques).Cliquer sur l’image et sur les imagettes-portraits pour les voir en plus grand-.

• Leevi Madetoja1887-1947– est un compositeur influencé par le nationalisme finlandais, et ne dérogeant pas outre mesure à la tradition romantique tardive. Il reçut quelques leçons privée de Sibelius et partagea avec lui un fort attrait pour la dive bouteille, avant qu’il ne s’auto-proclama son rival.
Ses trois symphonies sont parmi ses œuvres les plus importantes, et sa deuxième symphonie, composée en 1918, est celle qui a connu le plus grand succès ; elle était d’ailleurs admirée par son ancien professeur. Ecrite durant la sanglante guerre civile finlandaise –à lire ici et pour comprendre cet épisode important de l’histoire européenne, plutôt méconnu dans nos contrées-, c’est une oeuvre plutôt introspective, plus proche, à mes oreilles, par son caractère mélancolique et sa charge émotionnelle, des première et quatrième symphonies de Mahler que des symphonies de Sibelius. Le langage harmonique audacieux reflète les bouleversements engendrés par la guerre civile. En revanche, contrairement à son illustre contemporain, Madetoja utilise assez peu d’éléments du folklore finlandais ou de la mythologie du Kalevala dans ses symphonies ou ses oeuvres symphoniques -utilisation parcimonieuse dans la première symphonie seulement, ainsi que dans la suite symphonique « Les Ostrobotniens » ou dans l’ouverture Kullervo-.

• Einojuhani Rautavaara1928-2016– écrivit huit symphonies, composées entre 1956 et 1999. Elles reflètent une diversité d’influences et une recherche constante de nouveaux langages musicaux. Rautavaara s’inscrit dans la tradition musicale nordique, où la nature et la spiritualité jouent un rôle clé. Il ne se limite pas à un style ou une école et combine des éléments de modernisme, de romantisme, et même d’atonalité. Cet éclectisme reflète son intérêt pour les contrastes entre tradition et innovation. Ses symphonies dégagent souvent une atmosphère mystique, traduite par des textures orchestrales riches et des harmonies audacieuses. Elles mettent en avant des combinaisons instrumentales originales, des masses sonores imposantes et des passages d’une délicatesse presque impressionniste. Il s’inspire également du romantisme tardif, avec des élans lyriques et des climats émotionnels intenses. Le traitement de l’orchestre est souvent panoramique, créant des espaces sonores vastes et immersifs. Rautavaara partage avec Sibelius une fascination pour la nature, qui se traduit dans des évocations de paysages sonores vastes et des atmosphères nordiques.
Ses dernières symphonies sont souvent plus méditatives et tonales, marquées par des textures complexes mais lisibles. La symphonie n°5 (1986) est tout-à-fait remarquable pour son écriture orchestrale dense et ses climats dramatiques. La symphonie n°7 « Angel of Light » (1994), très méditative, évoque un monde spirituel éthéré.

• Armas Järnefelt1869-1958-, quasi-exact contemporain de Sibelius dont il fut le beau-frère, a commencé sa carrière de compositeur entre la fin des années 1880 et le début des années 1890 à une période où la musique finlandaise était caractérisée par des aspirations nationalistes –c’est vrai pour de nombreux autres pays européens à la même époque-. Comme la plupart des compositeurs finlandais de l’époque, Järnefelt a été influencé par Sibelius, mais ses influences les plus profondes sont à chercher chez Wagner d’abord et avant tout, puis chez Tchaïkovsky et, dans ses premières productions, dans la musique française –il étudia à Paris avec Massenet comme professeur-.
Dès les début du vingtième siècle, Järnefelt délaissa la composition d’oeuvre symphoniques, trop accaparé par sont travail de chef d’orchestre, et sa cantonna essentiellement à l’écriture de lieder. L’album de ce jour comporte son oeuvre symphonique la plus connue -« Berceuse« – et deux pièces un peu plus conséquentes : la Fantaisie symphonique, d’influence wagnérienne certaine, et la Suite pour orchestre en mi bémol majeur, composée lorsqu’il était étudiant à Paris. Au-delà de l’attrait de la découverte, c’est l’album le plus anecdotique, mais toujours agréable, de ce triptyque par ailleurs passionnant.

Cerise sur le gâteau, les trois albums du jour bénéficient tous d’excellentes interprétations et de conditions techniques de premier ordre : ce périple musical à travers le grand Nord s’achève de fort belle manière !

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Playlist du Grand Nord. 2 : Suède

La playlist de ce jour, deuxième de cette série consacrée à des oeuvres symphonique venues du grand Nord, est consacrée à trois compositeurs suédois, qui sont sans doute les plus représentatifs du genre, à défaut d’être très connus du grand public, voire des « mélomanes du quotidien », sans que ce terme soit aucunement péjoratif. –Cliquer sur l’image et les imagettes des portraits pour les voir en plus grand-.

• Franz Berwald1796-1868– était un compositeur suédois dont les symphonies sont contemporaines de celles de Mendelssohn ou de Schumann, soit le milieu du XIXème siècle. Elles sont donc d’essence essentiellement romantique et restent de structure fondamentalement classique, comportant peu d’éléments du folklore suédois. La symphonie n°2 –« Symphonie capricieuse »– propose cependant une instrumentation colorée et la symphonie n°4 –« Symphonie naïve »– donne à entendre des thèmes pastoraux agréables, mais l’ensemble du corpus me semble moins intéressant, en définitive, que les corpus symphoniques de ses plus illustres contemporains. La discographie des symphonies de Berwald est assez pauvre, et c’est encore Neeme Järvi qui le révéla à un public un peu plus large au début des années 80.

Une décennie plus tard, le même Neeme Järvi enregistrait l’intégrale des symphonies d’Hugo Alfvén pour le BIS, dans des prises de son somptueuses typiques du label. Pour le coup, ce compositeur m’était connu depuis les années 80 –Hugo Alfvén -1872-1960- est l’un des principaux compositeurs suédois du romantisme tardif et du début du XXème siècle-, parce que mon oncle immense collectionneur de disque m’avait demandé de lui ramener de Suède, où je périplais pour mes vacances à travers la Scandinavie, tout ce qu’il était possible de lui dénicher de ce compositeur, dont rien n’était alors disponible en France, et si peu en Allemagne. J’avais ainsi effectué une assez maigre cueillette –moins d’une dizaine de LP dans mon souvenir– chez un disquaire de Göteborg tout étonné de voir un adulescent chevelu lui faire part de cette demande.
Les symphonies d’Alfvén sont contemporaines de celles de Sibelius et s’inscrivent dans un romantisme tardif incorporant quelques éléments du folklore populaire suédois. La texture orchestrale est riche et dense, les mélodies sont marquées par un fort lyrisme. Comme son illustre contemporain finlandais, Alfvén sait très bien évoquer les vastes paysages nordiques. Sa quatrième symphonie -« Aux confins de l’archipel »-, à l’écoute ce jour, est vraiment intéressante : elle est très programmatique et utilise une structure peu conventionnelle –un seul mouvement organisé en quatre épisodes-, avec des éléments vocaux. Vous en trouverez une description détaillée ici.

• Kurt Atterberg1887–1974– est l’autre grand symphoniste suédois du XXème siècle, quasi-contemporain d’Hugo Alfvén et encore moins connu que lui, tout au moins jusqu’à récemment. Il composa neuf symphonies, qui ont connu deux enregistrements intégraux chez de « petits » labels indépendants –Naxos et CPO– friands de parutions rares et souvent inédites et dont je me suis toujours demandé comment ils pouvaient survivre sur ce seul marché de niche, d’autant qu’ils éditent leurs disques à des tarifs très doux dès leur sortie, dans des conditions techniques généralement très convenables.
Les symphonies d’Atterberg s’inscrivent dans une veine post-romantique et sont régulièrement influencées par le folklore suédois : les symphonies n°4 et 8, écoutées ce jour, sont ainsi chacune fondées sur des mélodies populaires suédoises. Le style d’Atterberg reste toujours accessible et plaisant, très lyrique et loin des expérimentations ou des recherches avant-gardistes de nombre de ses contemporains.

Au final, et nonobstant la petite déception concernant les symphonies de Franz Berwald, une très belle playlist à travers la Suède !

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