Playlist « Épigones de Beethoven »

Ce n’est pas de sa faute si Beethoven fut le seul géant musical de son temps ! Avant et après lui, les générations passées ou à venir étaient plus prodigues en génies : Vivaldi, Bach et Handel, Mozart et Haydn, puis la palanquée de romantiques et post-romantiques…
Pour autant, les épigones –ie : personne appartenant à la deuxième génération d’un courant littéraire, musical, philosophique… ; disciple généralement sans originalité, imitateur– de Beethoven furent assez nombreux, et ne furent pas tous dénués de talent, à défaut de génie. C’est tout l’objet de cette playlist, composée d’oeuvres qu’on n’entend pas si souvent ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Diabelli Project – Rudolf Buchbinder, piano. 2020 ***

La démarche est intéressante : proposer, en complément de la somme de Beethoven –33 variations sur une valse d’Anton Diabelli– les productions de certains de ses contemporains, qui participèrent eux aussi à cette démarche : écrire une variation sur une valse de sa main. Une cinquantaine de pianistes y participèrent, dont Carl Czerny, Johann Nepomuk Hummel ou encore Mozart fils, mais aussi Schubert ou Liszt. Le recueil de Beethoven, qui dépasse de cent coudées toutes ces propositions –certaines sont d’une virtuosité assez vaine et ne parviennent pas à sublimer la valse initiale assez indigente au demeurant…– fut publié à part.
L’album de Rudolf Bucbinder est intéressant en ce qu’il donne aussi à entendre, outre quelques variations composées du temps de Beethoven, des variations créées en 2020, dans le cadre de l’opération BTHVN 2020, mais son interprétation me laisse un peu sur ma faim, et, quoi qu’il en soit, je préfère les « variations Eroica » !

• Ferdinand Ries – Ouverture de concert – OS Radio de Cologne, Howard Griffiths – 2011 ****
• Carl Czerny – Symphonies n°2 & 6 – Orch. Radio de Kaiserslautern, Grzegorz Nowak – 2006 ****

Sans doute les deux disciples les plus doués de Beethoven, et ceux dont la production symphonique est la plus consistante, même si Carl Czerny est beaucoup plus connu pour ses compositions pour piano.
L’essor du CD et l’émergence d’éditeurs alternatifs a permis d’enregistrer ces compositeurs, très négligés par les plus grands labels du temps du LP –seul, à ma connaissance, le label Turnabout, sous-marque de Vox, proposait un peu de musique pour piano de Czerny-. L’album de Ferdinand Ries fait partie d’une très large anthologie des oeuvres orchestrales du compositeur parue chez CPO.
Ces deux CD s’écoutent très agréablement : à mon avis, ces oeuvres symphoniques sont supérieures à la majorité des symphonies de Schubert, par exemple. L’influence de Beethoven est très marquée dans les deux cas, mais on est plus proche des deux premières symphonies –voire de la huitième– que de ses oeuvres postérieures.

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