Playlist « La deuxième suit la première… »
Comme l’indique le titre de cette notule, et parce que parfois, j’ai même de la suite dans les idées, elle s’inscrit à la suite de celle-ci et la playlist de ce jour est ainsi composée d’un certain nombre de « Deuxième symphonie », toutes de compositeurs russes pour le coup, et pour la plupart échappant au « grand répertoire ». –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Sergei Rachmaninoff – Symphonie n°2 – OS Pittsburgh, William Steinberg – 1961 *****
Jusqu’au début des années 70, la deuxième symphonie de Rachmaninoff (Rachmaninov en orthographe internationale) était interprétée dans une version présentant un certain nombre de coupures, autorisées par le compositeur, pour durer une bonne quarantaine de minutes –elle avoisine généralement les 55 minutes dans les versions non amputées-. C’est aussi le cas dans cette version de William Steinberg, la seconde enregistrée par le chef en 1961, remarquable au demeurant, et bénéficiant de très bonnes conditions techniques, comme la majorité de ses enregistrements effectués pour le label Command Classics –cf. ici pour en savoir plus-. Steinberg avait déjà enregistré cette symphonie avec succès , avec le même orchestre, pour Capitol Records en 1954.
Oeuvre totalement ancrée dans un post-romantisme tardif, d’un accès très facile grâce notamment à son troisième mouvement au caractère élégiaque marqué, c’est la seule symphonie de cette playlist qui bénéficie d’un relatif engouement populaire, et la plus réussie de Rachmaninoff.
• Maximilian Steinberg – Symphonie n°2 – OS Göteborg – Neeme Järvi – 2001 ****
L’enregistrement de cette symphonie est une « première mondiale » à porter au crédit de Neeme järvi, infatigable défricheur de talents dont je vous avais déjà parlé ici à l’occasion d’autres symphonies en marge du « grand catalogue ». Maximilian Steinberg était un élève de Rimsky-Korsakov –dont il devint par ailleurs le gendre– et fut par la suite le professeur, notamment, de Shostakovich. Sa symphonie, composée en 1909, sans être géniale, loin de là, s’écoute néanmoins agréablement et s’inscrit dans la même veine russe que celles de Borodin ou de Glazounov, avec plus de réussite que ce dernier dans ses symphonies à mes oreilles.
• Igor Stravinsky – Symphonies d’instruments à vent – Orch. de hambre de Detroit, H. Robert Reynolds 1994 **
Cette oeuvre composée en 1920 est la deuxième des « symphonies » –qui n’en ont guère que le nom…– du compositeur. C’est vraiment très vilain à mes oreilles et je ne l’avais écoutée qu’une seule fois auparavant le jour de son achat, il a déjà un peu longtemps –le disque était en résidence de longue durée dans un bac à soldes à 1€ en Allemagne : on comprend pourquoi !-. Décidément, mis à part ses tout premiers ballets, Stravinsky est un compositeur avec lequel j’ai bien du mal !
• Dmitri Chostakovich – Symphonie n°2 « À Octobre » – OS WDR, Rudolf Barshai – 1995 ****
Symphonie composée en 1927 pour célébrer les dix ans de la révolution d’octobre 1917, commandée par le département de propagande du gouvernement bolchévique, cette courte symphonie d’une vingtaine de minutes comporte un seul mouvement et s’achève par un choeur grandiloquent au texte médiocre : « Nous sommes en marche, nous demandons du travail et du pain », dont Chostakovich –Shostakovich en écriture internationale– était tout sauf enthousiaste –il le trouvait même totalement abominable-. La version de Rudolf Barshaï est extraite de son intégrale, superbe et disponible à un prix encore assez accessible, même si malheureusement en assez forte augmentation…



J’écoute rarement cette symphonie, plus proche des ballets du compositeur que de ses trois dernières symphonies, mais la version de Mikhail Pletnev, avec l’orchestre national russe qu’il a créé en 1990, issue de sa première intégrale des symphonies de Tchaïkosky parue en 1996 –il en a réalisé une seconde entre 2010 et 2014-, est de très bonne facture, rendant compte de la variété des climats de l’oeuvre, et bénéficie d’une excellente prise de son, réalisée dans la grande salle du conservatoire de Moscou. Les trois étoiles sont plus justifiées par l’intérêt assez mitigé que je porte à l’oeuvre, interprétée de fort belle manière au demeurant.
Witold Lutosławski est un compositeur polonais né en 1913 à Varsovie, où il est décédé en 1994. Cette symphonie, bien qu’elle ait été composée entre 1741 et 1947 durant l’occupation allemande puis soviétique de Varsovie, est décrite par son compositeur comme « une oeuvre joyeuse ». Elle est composée de quatre mouvements : les deux mouvements extrêmes, relativement brefs et frénétiques –cf. extrait sonore-, encadrent un long deuxième mouvement plus introspetif et presque mélancolique et un troisième mouvement curieusement énigmatique. Cette symphonie reste d’un accès relativement aisé et la version de ce jour bénéfice de conditions techniques proches de l’idéal.


Je me suis tourné aujourd’hui vers des enregistrements antédiluviens ou presque pour une série playlist composée des quatre symphonies de Brahms, que j’apprécie sans excès –mais plus désormais que par le passé cependant-. Tous ces enregistrements bénéficient d’un remastering soigné et ont beaucoup gagné en qualité sonore lors de leur réédition en CD –le premier de la playlist n’était paru qu’en 78 tours !-, les interprétations retenues sont toutes de belle qualité !











