Playlist en forme d’hommage

Un seul album dans la playlist du soir, puisqu’il faudra vraisemblablement que je ressorte assez rapidement pour une réunion en soirée… –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Mais c’est un très bel album en forme d’hommage à un très grand chef, disparu il y a assez peu de temps –en janvier 2014– et qui connut un assez singulier destin.

En effet, alors que son mandat à Berlin, comme successeur de Karajan, entre 1989 et 2000, provoqua maints commentaires assez peu amènes -sur son absence d’autorité, sur le répertoire proposé en concert, sur une hypothétique baisse du niveau de l’orchestre…-, son retour ponctuel vers le pupitre du même orchestre, après une très grave maladie opérée au tout début du millénaire, se solda régulièrement par de vraies réussites, reconnues et saluées comme telles.

Au printemps 2013, il réapparut une dernière fois à la tête de la phalange berlinoise, très fatigué et amaigri, pour une courte série de concerts, comprenant notamment la musique de scène « Le songe d’une nuit d’été » de Mendelssohn et la « Symphonie fantastique » de Berlioz.

Ces concerts furent enregistrés et publiés sous le label de l’orchestre, richement accompagnés de textes plutôt intéressants et de multiples témoignages des musiciens de l’orchestre, saluant avec une belle unanimité les rapports extrêmement chaleureux qu’ils avaient fini par développer avec leur ancien chef titulaire.

Si la « Symphonie fantastique » s’inscrit parmi les versions les plus lisibles et architecturées de l’oeuvre, et constitue à ce titre une vraie réussite, elle manque néanmoins un peu de folie, mais elle est formellement magnifique –et l’orchestre joue superbement-.
Mais c’est surtout le Mendelssohn qui est merveilleux, d’une élégance raffinée qui sied parfaitement à l’oeuvre et rend justice au musicien. Abbado avait déjà enregistré les symphonies de Mendelssohn à Londres dans les années 80 –de belles versions, mais pas les plus significatives sans doute, au moins à mes oreilles-, mais le soupçon d’engagement complémentaire qu’il met ici et la transparence diaphane de l’orchestre font de cette version l’égale des toute meilleures. L’oeuvre, de surcroît, est ravissante, et l’on a du mal à croire que l’ouverture –un court extrait ci-dessous, juste pour vous donner envie d’en connaître plus…– ait été composée par un jeune génie de 17 ans !

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Playlist bleu-blanc-rouge

Etant d’humeur patriotique ce matin –ce qui doit m’arriver à peu près une fois par demi-siècle, en tant que fervent partisan d’une forte décentralisation et d’un fédéralisme européen !-, c’est une playlist très « bleu-blanc-rouge » à laquelle j’ai décidé de m’adonner –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Cela dit, elle contient de la belle et bonne musique, avec notamment une extraordinaire « Symphonie fantastique » de Berlioz1828-, à la prise de son non moins extraordinaire, mais également une oeuvre plus rare et néanmoins excellente de Charles-Valentin Alkan : la « Grande sonate des quatre âges » –1847-, peu connue malheureusement. Il s’agit-là d’une oeuvre programmatique, dont l’une des particularités est également le ralentissement du tempo tout au long de la partition, laquelle est très difficile pour les pianistes techniquement. Alkan fut le professeur de Bizet, dont la suite orchestrale de « L’Arlésienne », créée en 1872 –l’oeuvre fit un triomphe sous cette forme– comprend notamment la célèbre « Marche des Rois », mais également l’un des premiers solos de saxophone alto de l’histoire de la musique –cf. extrait ci-dessous-.

Les oeuvres de Debussy et Ravel enregistrées sur le dernier album sont mieux connues et datent de l’extrême-fin du 19ème siècle ou du début du 20ème. Cet album connut, à sa sortie, un accueil dithyrambique hors de nos frontières, pour la remarquable mise en valeur des couleurs de l’orchestre.

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