Playlist d’Outre-Rhin : Ganz toll ! »
C’est une playlist musicalement plutôt éclectique d’artistes d’Outre-Rhin et s’exprimant en Allemand que j’écoute un peu fort ce matin. Nina Hagen et Rammstein sont d’autant plus subversifs que ces artistes ont grandi en Allemagne de l’Est, où la musique pop-rock n’avait guère le droit de cité avant le milieu des années 70.-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Outre le courant punk qui s’est développé en Allemagne, les principaux groupes qui existaient alors avaient emprunté des voies assez différentes de celles plus populaires des groupes anglais ou américains. Ainsi, Can, Tangerine Dream ou Kraftwerk sont à l’origine du « rock expérimental allemand », que l’on a plus tard un péjorativement désigné par le terme de « Krautrock ». La playlist du jour s’inscrit dans la filiation des ces deux courants.
• Nina Hagen Band – Unbehagen – 1979 *****
« Unbehagen » –Mal à l’aise– est le second album du Nina Hagen Band, groupe soutenant la chanteuse –il se produisait également, sans Nina Hagen, sous le nom de Spliff-, sans doute l’artiste féminine ayant développé l’attitude la plus consciemment « punk » de sa génération, et au-delà ! L’album contient «African Reggae », qui est sa chanson sa plus connue en France, plaidoyer pour une utilisation non réprimée du cannabis, où Nina Hagen « yodel » sur des rythmes africains. Les autres titres –dont une reprise de « Lucky Number » de Lene Lovich en Allemand– comportent également leur lot de provocations et de chant complètement déjanté, entre vocalises lyriques, onomatopées variées et éructations rauques !
• DAF – Die Kleinen und die Bösen – 1980 ****
En 1980, DAF –Deutsche Amerikanische Freundschaft– n’est pas encore réduit au duo Gabi Delgado –chant– / Robert Görl –batterie– : il compte alors en son sein un guitariste, un bassiste et un joueur de divers instruments électroniques. Deuxième album du groupe, « Die Kleinen und die Bösen » –Les petits et les méchants– fit un four monumental à sa sortie, mais DAF commence cependant à y développer son style « musique industrielle expérimentale ». Le LP originel comportait une face enregistrée en studio et l’autre en live. « Die Kleinen und die Bösen » n’est pas encore aussi hypnotique et cohérent que « Alles ist gut », mais c’est un bon album rétrospectivement décrit comme « sinistre et brillant ».
• Rammstein – Herzeleid – 1995 ****
« Herzeleid » –Peine de coeur– est le premier album de Rammstein, sans doute le groupe allemand germanophone le plus célèbre et qui a connu le plus grand succès –Scorpions est un groupe allemand sans doute encore plus célèbre, mais anglophone…-. Le groupe, avec cet album, atteignit rapidement un beau succès et une grande notoriété partout en Europe, sauf en France : le disque n’y sortit que deux ans plus tard, avec une traduction des paroles afin que le public puisse comprendre qu’elles ne contenaient pas de propagande néo-nazie, l’illustration de la pochette pouvant prêter à confusion quant à « la promotion d’une race supérieure » !
Mises à jour dopées à l’IA
Après la suite MS Office/Copilot –je n’utilise plus les outils Microsoft que pour ouvrir certains documents professionnels que j’avais créés (par obligation…) du temps où je n’étais pas encore un oisif-, la très conviviale et efficace suite bureautique iWork d’Apple –Keynote, Numbers et Pages-a été mise à jour et elle sera désormais dopée à l’IA pour les utilisateurs qui souscriraient un abonnement. Elle reste totalement gratuite sans intégration de l’IA pour les autres, dont je ferai partie, puisque je n’ai absolument pas besoin de cette nouvelle assistance !
A ce stade, donc, les évolutions de cette versions gratuite, dans un premier temps, sont essentiellement cosmétiques, pour s’adapter progressivement à la nouvelle interface « Liquid Glass« , mais ne viennent aucunement déstabiliser des habitudes de longue date. Et c’est heureux !
Devinette d’inspiration classique…

Outre la peinture et la poésie, Serge Gainsbourg aimait la musique classique et vouait notamment une passion pour Stravinsky ! Dvořák pour Brigitte Bardot –Initials BB-, Chopin ou Brahms pour Jane Birkin –Jane B, Baby Alone In Babylone– ou encore Chopin pour sa fille Charlotte –Lemon Incest-, mais également, pour l’album « L’homme à tête de chou » Beethoven, voire Elgar : Gainsbourg emprunta en les adaptant, tout au long de sa carrière, des thèmes issus d’oeuvres de musique classique dans ses chansons, lesquelles relevaient, de son propre aveu, d’un « art mineur ».• Saurez-vous dire qui est ce compositeur, d’une part ?
• Trouverez-vous de quelle oeuvre cette chanson s’inspire, d’autre part ?
Playlist en couleurs – Vert, une fois de plus…
• L. van Beethoven – Symphonie n°9 – Ch. & Orch. phil. Vienne – Herbert von Karajan – 1947 *****
• J. Strauss – Die Fledermaus – Ch.et Orch. phil. Vienne – Clemens Krauss – 1950 *****
• L. Madetoja – Okon Fuoco, suite – Orch. symph. Oulu – Arvo Volmer – 2001 ***
–Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Résistance ! Le symbole du mois…
Selon la presse européenne, la résistance aux différentes velléités agressives de l’inénarrable Donald Trump contre l’Europe et d’autres parties du monde est symbolisée, en ce mois de janvier 2026, par l’objet ci-dessous : leur porteur n’est pas passé inaperçu lors de son court séjour en Suisse, et son look, comme son discours musclé, ont fait la Une de nombreuses manchettes européennes ! Accessoirement, ça sert aussi à cacher les yeux rouges…
Dimanche à l’opéra – « Martha », de Flotow
J’avais entamé à l’entrée de l’automne une petite série consacrée à l’opéra-comique allemand, dont les trois premiers volets sont à retrouver ici, ici et encore là ! Cette série dominicale avait été momentanément interrompue par quelques dimanches de « Wagner historique », elle reprend désormais pour un quatrième épisode : c’est aujourd’hui « Martha, ou le Marché à Richmond » », de Friedrich von Flotow. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Compositeur allemand fortement influencé par l’opéra-comique français, Flotow connut une carrière fructueuse et composa un grand nombre d’opéras qui furent relativement populaires en Europe de son vivant, avant de tomber dans un oubli presque total, à l’exception de « Martha ».
L’oeuvre fut créée à Vienne en 1847 et, rapidement, est devenue populaire dans toute l’Europe, puis aux États-Unis, où elle fut le plus souvent jouée dans des traductions dans la langue de chacun des pays envisagés.
L’action se passe au début du 18ème siècle à Richmond, près de Londres. La notice française de Wikipedia, à lire ici, livre un bon résumé de l’argument. Cet opéra s’écoute très agréablement : il est articulée en airs lyriques et expressifs –tour à tout mélancoliques ou plus joyeux– entrecoupés de dialogues, et comprend de nombreuses mélodies très faciles d’accès, soutenues par une orchestration légère et habile. Comme toujours en matière d’opéra comique allemand, toutes ces fausses pistes amoureuses connaissent une fin heureuse !
La version de ce jour, premier enregistrement intégral de l’opéra –mais sans les dialogues toutefois-, a été enregistrée à l’opéra de Berlin durant la guerre, avec certains des très grands noms de l’opéra allemand de l’époque –l’oeuvre n’est pas difficile, et « qui peut le plus peut le moins : c’est très bien chanté-, sous la direction d’un chef qui s’était fait, très tôt, une spécialité des opéras de son temps –Wozzeck d’Alban Berg, Mathis der Maler de Paul Hindemith…-.
Après la guerre, ces bandes ont été republiées sous de nombreux labels, d’abord en Allemagne de l’est, puis en Europe de l’ouest et aux USA. La prise de son, eu égard à l’époque, est de fort belle qualité !
Devinette : une solution en images !

Il y a quelques jours, je vous proposais, pour bien débuter l’année, cette devinette, dont la solution semble vous avoir échappé quelque peu. Le point commun entre Charlie Watts, BJ Wilson et Stewart Copeland est l’adoption du « traditional grip » à la main gauche –prise tambour en Français-, plutôt que du « matched grip » –prise timbale en Français : les deux mains sont symétriques– très majoritairement adopté par les batteurs dans le monde pop-rock.
Une image vaut parfois mieux qu’un long discours, et celle ci-dessous est tout-à-fait parlante !

La prise tambour est réputée plus difficile à maîtriser, et typique de nombreux batteurs de jazz. Il semblerait qu’elle permette à la fois plus de précision, de souplesse et de qualité de toucher. En revanche, elle amplifie les traumatismes –dos, épaules, bras, poignets…– auxquels peuvent être soumis les batteurs, du fait d’une position moins naturelle face à l’instrument. On n’a jamais rien sans rien…
Mes poches n’étaient pas assez grandes !
Il ya près de 25 ans, lorsque je travaillais à la fois ici et à Paris, où je me rendais hebdomadairement en train –c’était avant l’arrivée du TGV…– et où je vivais une partie de la semaine à l’hôtel, je transportais en permanence un certain nombre d’outils qui m’étaient assez indispensables, à savoir :
– un Palm Zire qui me servait d’organiseur électronique : un outillage, simple et assez peu cher, qui se synchronisait assez facilement avec les Mac de l’époque ; il me d’ailleurs souvient qu’à l’époque, le débat Palm/Psion enflammait autant les geeks que le débat Mac/PC ;
– un téléphone portable, qui ne servait quasiment qu’à téléphoner et à envoyer quelques textos, à une époque où les abonnements étaient nettement plus dispendieux qu’aujourd’hui ;
– un iPod 5Go première génération, qui, sous réserve mettre à jour son contenu chaque semaine, contenait suffisamment de musique pour me permettre de tenir le temps des trajets et des séjours à l’hôtel !
Evidemment, mes poches n’étaient pas assez grandes pour contenir tout cela, et je promenais donc en permanence un sac à dos de geek –lequel contenait également un PowerBook 190CS– au gré de mes pérégrinations… Tout cela, et bien plus encore, est condensé un un seul smartphone, lequel tien très bien dans une poche ! Autre temps, autres moeurs !
Playlist « Georgia Blues & guitare 12 cordes »
En guise de playlist du jour, cette plongée à travers la discographie relativement abondante de Blind Willie McTell, dont je ne connaissais qu’une infime partie, est hautement plaisante ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Né en Géorgie en 1898, aveugle d’un oeil à la naissance et totalement aveugle à peine entré dans l’adolescence, il était issu d’une famille de bons musiciens et développa très tôt ses talents, d’abord à l’harmonica et à l’accordéon, avant d’aborder la guitare. Blind Willie McTell savait lire et écrire la musique, que ce soit en notation traditionnelle ou, plus tard, en Braille, ce qui est une compétence tout-à-fait remarquable pour un bluesman de sa génération !
Assez rapidement, il adopta une guitare à 12 cordes, dont il devint un vrai spécialiste, pour accompagner sa voix, significativement plus claire que celles, généralement assez rauques, de la majorité des chanteurs de blues.
Avec Blind Blake et Barbecue Bob –ça ne s’invente pas…-, Blind Willie McTell a largement contribué à la diffusion –à défaut d’une réelle popularité– du Georgia Blues –également connu sous le nom de Piedmont Blues ou Southeastern Blues-, assez différents du Delta Blues du Mississipi : le Georgia Blues adopte des rythmes plus rapides, issus du ragtime. Son principal lieu d’attache, où il réalisa la majeure partie de ses enregistrements, était Atlanta.
La playlist du jour est consacrée aux enregistrements réalisés entre 1927 et 1933 : le son est étonnamment bon pour l’époque.
La notoriété du musicien est essentiellement posthume. Blind Willie McTell n’a jamais atteint la notoriété d’un Robert Johnson, par exemple, même s’il enregistra et se produisit en concert toute sa vie : le Georgia Blues reste largement moins populaire que le Delta Blues ou que le Chicago Blues. Néanmoins, Bob Dylan consacra une chanson à Blind Willie McTell –dont la meilleure version est celle de Mick Taylor sur l’album « A Stone’s Throw »– et le cita dans quelques autres chansons. Par ailleurs, en 1971, les Allman Brothers débutent leur légendaire concert au Fillmore East par l’unique succès de McTell : « Statesboro Blues ».





