Playlist « Noir & Blanc au féminin »

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Johann Sebastian Bach – Variations Goldberg
Simone Dinnerstein, piano – 2007 *****

L’enregistrement des « Variations Goldberg » par la pianiste américaine Simone Dinnerstein –prononcer DinnerSTINE au risque de vous faire engueuler par le petit timonier May-Lang-Chong– fit grand bruit à sa sortie, Telarc ayant récupéré les bandes de cet enregistrement auto-financé par une pianiste alors totalement inconnue. Son disque se vendit formidablement bien ! Passé ce tapage médiatique, la pianiste est retombée dans un oubli relatif : elle a peu enregistré, et le label Telarc a été racheté ; elle enregistre désormais sporadiquement pour Sony. Mais ce qui reste, à savoir cet album, mérite de demeurer dans les mémoires : c’est d’une beauté méditative extrêmement réfléchie, nuancée et subtile. Une superbe version de ces variations au piano, douce et reposante ! –Extrait 1

• Frédéric Chopin – Valses
Alice Sara Ott, piano – 2010 ****

Je n’écoute que rarement des pièces pour piano de Frédéric Chopin, ayant toujours entretenu un rapport lointain avec ce compositeur. Pourtant, ses valses sont des compositions brillantes et faciles d’accès –pour l’auditeur : c’est une autre paire de manches pour le pianiste…-.
Elles bénéficient en 2010 d’une interprétation glorieuse sous les doigts d’Alice Sara Ott, tout juste sortie de l’adolescence. Il s’agit du deuxième disque de la jeune pianiste, remarquablement talentueuse. Le premier était consacré aux « Douze études d’exécution transcendante » de Franz Liszt : ça vous pose le niveau… La carrière discographique de cette brillante artiste s’est poursuivie avec le même succès avant d’être malheureusement mise en sommeil du fait de la grave maladie -SEP- de la pianiste. –Extrait 2-.

• Erik Satie – Pièces pour piano
France Clidat, piano – 1982 *****
Extraits du coffret de 3 CD « ‘Erik Satie. Oeuvres pour piano » – France Clidat – 1982, Forlane-

France Clidat est une grande pianiste, un peu oubliée de nos jours –elle est décédée en 2013-, qui connut son heure de gloire internationale, au tournant des années 70, en réalisant la première « intégrale » enregistrée des oeuvres de Franz Liszt, en plusieurs coffrets thématiques représentant une trentaine de 33 tours –il s’agit plutôt d’une très large anthologie que d’une intégrale : les transcriptions et les paraphrases n’y figuraient pas-.
Autant dire que les petites pièces d’Erik Satie, d’une envergure technique nettement moindre, ne pouvaient pas lui faire peur… De bien belles versions qui m’étaient sorties de l’oreille depuis longtemps, et dont je ne me souvenais qu’elles étaient aussi réussies, dans une optique très « grand piano » que l’on n’entend pas souvent dans ces oeuvres. Le livret de ce petit coffret est lui aussi de très bonne tenue et l’ensemble fut récompensé, en 1984, du grand prix du disque de l’académie Charles Gros.

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De parc en parc…

Du parc de la résidence –en bas, à gauche de l’icone de la maison– au Parc de l’Orangerie, 26 hectares de verdure à l’orée du quartier européen –à vol d’oiseau, la distance doit être d’un kilomètre environ-, je peux me balader relativement à l’ombre de parc en parc : tous les espaces en vert sur le plan correspondant à des parcs plutôt bien arborés.

C’est encore plus vrai avec la rénovation du parc « de Rotterdam » –entouré d’un cercle rouge à droite du plan-, actuellement en grands travaux de rénovation, et au sein duquel une bonne centaine de nouveaux arbres ont été plantés, venant s’ajouter aux plus anciens –cf. photos-, présents depuis l’origine du parc, au tout début des années 50.

Il y a pire comme trajets de balade urbaine en pleine canicule…

Plus généralement, Strasbourg est plutôt bien équipée en parcs et espaces verts ; c’est aussi, avec Marseille, la grande ville française la moins dense en population –301 251 habitants en 2026, ± 3700 habitant par kilomètre carré : c’est environ 30% moins dense que la moyenne des dix plus grandes villes françaises, et presque 5  fois moins dense que Paris : ça aide à respirer !

En Alsace, on n’a pas de pétrole…

… alors on prend le train !

En réalité, c’est faux à double-titre : en Alsace, il y a du pétrole, et le gisement fut exploité pendant longtemps : c’est à lire ici. D’autre part, l’idée du transport en train de la bière fabriquée par Kronenbourg à Obernai n’est pas neuve, et mise en place depuis près de 20 ans !
Ce qui est original, en revanche, c’est d’avoir su s’abstraire, via des entreprises privées, de la SNCF, dont la branche de fret a été dissoute en 2024 –respect des normes de mise en concurrence de l’UE pour le fret ferroviaire-. En outre, ce mode de transport moins polluant permet de s’acheter une conscience écologique à relativement peu de frais, ce qui, en cette période caniculaire et de dérèglement climatique, n’est pas un mince exploit…

Playlist « Couci-couça »

La playlist de cette déjà très chaude matinée de « Journée de la solidarité » –qui se souvient encore de cette « Raffarinesquerie » qui, à l’époque,  confisqua une journée de congé suite à un épisode de canicule ?-est constituée de trois albums qui ne présentent aucun défaut majeur, ni aucune qualité particulièrement remarquable : elle est couci-couça !Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. A posteriori, je m’aperçois que j’aurais également pu la nommer « Playlist avec un M »…

• Wolfgang A. Mozart – Symphonies n°32 ; 35 « Haffner » & 38 « Prague »
Orchestre philharmonique de Berlin, Karl Böhm – 1960 ***
Extrait du coffret de l’intégrale des symphonies de Mozart par l’OP Berlin & Karl Böhm ; 1960/68, DGG

Des versions qui firent longtemps figure de « référence », parues dans le cadre de l’intégrale des symphonies du « divin M. » réalisée par Herr Professor Doktor Karl Böhm, dit aussi « Karli-Sac-de-patates » –non content d’être chef d’orchestre, il était aussi docteur en droit, ce qui explique sans doute que certaines de ses interprétations sont parfois aussi raides que la justice…-. C’est vraiment très bien fait, mais personnellement, je n’ai jamais beaucoup aimé cela ; a contrario, mon frère, qui vénère Mozart depuis plus de cinquante ans, ne jure que par lui, il doit bien y avoir voir une raison…

Vous pouvez vous amuser à compter le nombre de femmes dans les rangs de l’orchestre philharmonique de Vienne à cette époque –NB : il n’y a pas de harpe dans cette symphonie 😉 !

Pour ce qui me concerne, quitte à entendre ces symphonies dans une version « traditionnelle », je préfère infiniment les lectures plus verticales de Klemperer, faites pour ceux qui n’aiment pas particulièrement Mozart : c’est justement mon cas ! La meilleure solution pour découvrir ces symphonies reste cependant, à mon avis, la très belle intégrale –dans une optique HIP très réussie– de Trevor Pinnock avec son English Concert.

• Felix Mendelssohn-Bartholdy – Symphonie n°3 « Ecossaise »
Orchestre symphonique de Vienne, Otto Klemperer / Herbert Haefner – 1951 **

Sacrilège ! Otto Klemperer, qui ne détestait pas Mendelssohn, loin de là, était en revanche si profondément rebuté par le finale de la troisième symphonie qu’il avait décidé de lui substituer une recomposition de son cru, qu’il jouait habituellement en concert : il aurait dû utiliser cette recomposition dans cet enregistrement, mais il fut remplacé par un autre chef, Herbert Haefner, –lui aussi couci couça, et vraiment très lent dans la dernière partie du finale…– pour le dernier mouvement de la symphonie, ce qui entraîna la rupture du vieux chef lunatique avec Vox. Les disques Vox, assez abordables financièrement pour un jeune discophile désargenté, étaient parfois difficiles à trouver en France et jouissaient généralement d’une piètre réputation : si les interprétations et les enregistrements étaient généralement très décents, les pressages des vinyles étaient en revanche très médiocres.
Rentré de son exil américain et de retour en Europe cette même année, Otto Klemperer y fut « repêché » par Walter Legge, qui lui offrit son « été indien » chez EMI, firme pour laquelle il enregistra une nouvelle version de cette symphonie avec le Philharmonia Orchestra, dans une version comportant son finale non retouché !

 

• Gustav Mahler – Symphonie n°4
Orchestre philharmonique de New York – Leonard Bernstein – 1960 ***
Extrait du coffret de l’intégrale des symphonies de Mahler par l’OP New York & Leonard Bernstein ; 1960/67, CBS/Sony

Cette quatrième symphonie de Mahler –la plus facile à aborder avec la première– constitue le tout premier enregistrement mahlérien de Leonard Bernstein, qui inaugurait ainsi en février 1960 l’enregistrement d’une intégrale qui sera achevée en 1967 avec la sixième symphonie. Plus tard, CBS ajoutera l’adagio de la 10ème symphonie –en 1975-. Quasiment au même moment, le chef américain était concurrencé sur ce marché des symphonies mahlérienes, en plein essor au milieu des années 60, par les couple Concertgebouw d’Amsterdam / Bernard Haitink chez Philips et ORS Bavière / Rafael Kubelik chez DGG. Chacune de ces intégrale a ses mérites –et ses petits défauts…-, et celle-ci est, à mes oreilles, très supérieure à la seconde que Bernstein devait enregistrer pour DGG tout au long des années 80. Dans cette quatrième symphonie, certains des tics interprétatifs du chef se font déjà sentir : les tempos du premier mouvement sont fluctuants et le chef privilégie l’expressivité de l’instant –mais c’est assez réussi dans le 3ème mouvement-.
Le remastering lors de la parution en CD du coffret –édition française de 2000– a été très réussi par les équipes de Sony, qui a racheté CBS, et magnifie cette belle intégrale –à laquelle je préfère toutefois bien d’autres-.

Postambule – Avec le retour d’une situation quasi-caniculaire, je m’octroie des balades quotidiennes très matinales ou presque crépusculaires, qui permettent de profiter de températures supportables d’une vingtaine de degrés. En revanche, à cause de cette situation, j’ai été agressé hier matin par un pic de pollution qui a occasionné une coulée de larmes qu’un entier paquet de mouchoirs n’a maîtrisée qu’à grande peine ! Ce matin, rien de tout cela, la ville était déserte et fort peu de commerces étaient ouverts, et encore moins de services : quel qu’en soit le bien-fondé –l’initiative rapporte tout de même chaque année 3 milliards d’euros aux collectivités territoriales-, le lundi de Pentecôte, journée de solidarité, reste encore très largement chômé !

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Originale, presqu’originale & copie

« Don’t You Lie To Me » est une chanson écrite par le bluesman Tampa RedHudson Woodbridge de son nom de naissance– en 1940, dans un style de Chicago Blues tout-à-fait classique et comprenant un original solo de kazoo dans sa partie centrale. Surnommé « The Guitar Wizard », Tampa Red était un excellent virtuose de la slide guitar, qui arrêta sa carrière assez tôt suite au décès de sa femme en 1956, qui le plongea dans une profonde dépression dont il ne se remit jamais totalement.

Elle fut reprise et popularisée par Fats Domino, musicien de New Orleans Blues et pianiste virtuose, en 1951, qui remplaça la partie de guitare par le piano et s’attribua les crédits de la chanson. C’est cette version presqu’originale que vous pouvez entendre dans le premier extrait. Par la suite, « Don’t You Lie To Me » fut reprise par de très nombreux artistes, dont Chuck Berry –qui s’en attribua lui aussi les crédits…– ou Albert King accompagné de Stevie Ray Vaughan pour une version étendue à plus de huit minutes proposant un très joli duel de guitares.

Le second extrait est une relative rareté, puisqu’il s’agit de la version des –alors– juvéniles Rolling Stones dans leur formation originelle à six, avec l’excellent pianiste Ian Stewart, exclu du groupe par leur manager parce qu’il n’était pas photogénique, enregistrée en juin 1964, et qui ne sortit que tardivement sous le titre « Don’t Lie To Me » sur l’album Metamorphosis –essentiellement constitué de « chutes » de studio archivées par Bill Wyman– en 1975, initialement sous la signature Jagger/Richards, erreur corrigée ensuite.

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Les saints de glace

Mai, mois des ponts et des saints de glace… En Alsace, région quasi-polaire comme d’aucuns l’imaginent, cette période s’achève plus tard que dans « la France de l’intérieur » et il est de tradition d’affirmer que la période des saints de glace s’achève le 25 mai, à la Sainte Sophie, « die kalte Sophie » comme l’on dit ici. On en a même fait un diction : « Noch d’r kàlt Sophie ken Froscht »Plus de gelée après la froide Sophie-.
C’est encore le cas cette année, températures glaciales, installées dans la durée, obligent… La preuve en image !

C’est -encore- dans la boîte !

The Cramps – Goo Goo Muck

Cette chanson des Cramps, sortie sur leur deuxième album –l’excellent Psychedelic Jungle– en 1981 constitue ce qui peut le plus dans leur discographie, s’apparenter à un «hit», tardif cependant et postérieur à la disparition du groupe, grâce notamment à son utilisation dans la série « Wednesday » sur Netflix. Depuis, le chanson a été reprise par de nombreux artistes.

Pour la petite histoire, « Goo Goo Muck » est en réalité la reprise d’une obscure chanson d’un groupe tout aussi obscur et oublié, Robin Cook And The Gaylads, sortie aussi tôt qu’en 1962.
Dans cette version originale, c’est un saxophone qui énonce la mélodie jouée à la guitare par Poison Ivy dans la version des Cramps. Par ailleurs, le tempo de base est beaucoup plus lent et le chant de Robin Cook est bien plus sage que celui de Lux Interior, transformant cette chanson de manière un peu plus sinistre et déjantée : la trame narrative de la chanson est en effet celle d’un monstre nocturne rôdant dans les rues, la version des Cramps en fait un adolescent se transformant la nuit loup-garou sexuellement excité et en quête de jouissance.

La ligne mélodique à la guitare n’est pas difficile à jouer, elle est assez répétitive, légèrement réverbérée, et comporte beaucoup de notes jouées sur les cordes « à vide ». Le petit solo du milieu de la chanson, de même, est tout simple mais finalement joliment efficace.

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Quand le vin est tiré…

… parfois, on attend longtemps pour le boire !

Les caves historiques des hospices civils de Strasbourgclassées comme monument historique– abritent quelques merveilleuses bouteilles, dont plusieurs grands crus d’Alsace –un exceptionnel Kaefferkopf, notamment, breuvage divin qui, en vendanges tardives ou, mieux encore, en grains nobles, enterre n’importe quel Sauternes, Pessa-Léognan, Margaux mais aussi Chablis, Aligoté ou encore Hautes-Côtes de Beaune-. Parmi ces très belles bouteilles, on trouve notamment ce qui serait « le plus vieux vin du monde » :  un vin de 1472, exceptionnellement conservé, et qui continue à être très parcimonieusement servi pour de très grandes occasions –4 fois seulement depuis 1472, dont la dernière en 1944 lors de la libération de Strasbourg-.

La visite vaut le le coup, elle peut se faire rapidement –les caves étant dans l’enceinte du CHU, cette visite peut se faire avant ou après un rendez-vous médical, comme ce matin-, et s’avère très intéressante même pour ceux qui ne boivent pas de vin : pour ma part, je n’en bois qu’assez rarement, et essentiellement du vin blanc de préférence –rien de mieux, ponctuellement, qu’un petit Edelzwicker ou un petit Chardonnay comme « vins de soif »-, mais j’apprécie également une bonne bouteille de Crozes-Hermitage –un vin rouge de belle qualité qui convient véritablement à tout– de temps à autre. Hic !

Playlist « Précis de perversité pianistique »

Glenn Gould, pianiste canadien, a construit sa propre légende autant par ses interprétations aussi perverses que fascinantes que par ses routines quotidiennes excentriques et pour le moins bizarres.

Terrifié par les microbes et hypocondriaque notoire, il se nourrissait d’une grande quantité de gélules et portait invariablement des pulls épais, un manteau et des gants –ou des mitaines en se mettant au piano-, y compris en été, par crainte des courants d’air. Devant son piano, il était assis sur une chaise d’une hauteur de 36 centimètres, fabriquée par son père, totalement percée au niveau du siège –selon lui par un employé d’aéroport indélicat– et d’un inconfort absolu. Il avait appris le piano avec sa mère, professeur de chant, qui lui faisait chanter les notes qu’il jouait : il ne se départit jamais de cette habitude, et les disques portent le témoignage de ses « vocalises » parfois bruyantes au piano… Pour rester concentré, il étudiait les partitions dans un environnement sonore assourdissant: radio ou télévision à fond ! –Cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand-.

C’est ce pianiste excentrique, connu notamment pour ses interprétations de Bach, qui est à l’honneur dans la playlist de ce jour –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Beethoven – Variations pour piano WoO. 80 ; op.34 & op.35 « Eroica »
Glenn Gould, piano – 1967 ; 1970 ***(*)

• Mozart – Sonates pour piano n°11 ; 14 & 18
Glenn Gould, piano – 1970 – 1973 – 1974 ***

• Beethoven – Sonates pour piano n°15 ; 17 ; 23 ; 29 ; 32
1979 – 1971 – 1967 1970 – 1956 **/***(*)

Pour établir en quelque sorte des auto-critiques de ses disques et justifier leur contenu parfois très éloigné des interprétations « habituelles », le pianiste canadien avait endossé le rôle de plusieurs personnages qu’il pensait représentatifs du monde de la musique classique : un critique britannique : Sir Nigel Twitt-Thornewaite ; un trublion américain : Theodore Slutz ; un musicologue allemand : Karlheinz Klopweisser… Sous ces identités, il écrivait des notes de pochette toujours intéressantes mais côtoyant régulièrement le bizarre, voire des critiques négatives de ses propres albums.

Pour Mozart, Glenn Gould imagina un dialogue fictif entre le compositeur et un pianiste, manière pour lui d’interroger ses interprétations, jugées pour le moins bizarres, des sonates du compositeur. C’était en même temps le meilleur moyen d’évoquer Mozart comme il l’entendait, à savoir un compositeur banal, maladroit et presque idiot. Ainsi, Mozart serait mort trop vieux, ses dernières oeuvres n’ayant guère d’intérêt : « du remplissage décoratif sans aucun intérêt contrapuntique ».

« Lorsque des générations d’auditeurs […] ont trouvé que des épithètes telles que « léger », « facile », « frivole », « galant » ou « spontané » s’appliquaient à [sa] musique, il n’est pas inutile de se poser au moins la question de la raison de ces attributions, qui ne sont pas forcement nées d’un manque de sensibilité ou de charité».

Disons-le tout net : je n’aime guère ces oeuvres généralement –hormis quelques versions très idiosyncrasiques de Gilels ou de Pogorelich– et personnellement, j’apprécie plutôt l’interprétation du pianiste canadien, qui, triturant les tempos –très contrastés– et manipulant les indications dynamiques des partitions, contribue à rendre ces sonates moins ennuyeuses, plus intéressantes et moins anodines en définitive qu’elles ne le sont habituellement. –Extrait 1-.

Concernant Beethoven, que le pianiste approcha avec prudence après le lourd échec critique du disque consacré aux trois dernières sonates, la situation est différente, et Glenn Gould se montre à la fois plus respectueux ou, lorsqu’il veut se montrer plus orignal, peu en réussite : sonate n°23 « Appassionata » lente et dénervée par exemple ; sonate n°32 aux tempi hypercontrastés dans le 1er mouvement –extrait 2-…
Les sonates « médianes  » sont les plus réussies –la sonate n°17 a été enregistrée en de multiples sessions sur deux décennies !!!-, de même que les deux séries de variations op.34 et op.35, malgré des tempi généralement très lents, mais où le pianiste retrouve l’univers contrapuntique qui lui sied.
A contrario, la sonate qui aurait a priori dû lui convenir le mieux –la n°29 « Hammerklavier »-, semble lui échapper complètement, y compris dan sa fugue. Glenn Gould pensait que l’oeuvre était « ingrate » pour un pianiste, car son écoute ne rendait pas suffisamment compte de son extrême difficulté !
Pour autant, si l’ensemble reste assez plaisant, ce n’est pas du meilleur Beethoven. A ce titre, sa plus belle réussite dans une oeuvre du compositeur est, à mes oreilles, son interprétation de la 5ème symphonie dans sa transcription pour piano de Liszt.

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Hymne officieux / officiel : la solution

Mathieu F. –encore lui !– a trouvé la bonne solution à la devinette concernant le poème symphonique « Finlandia » de Jean Sibelius.
La musique, en effet, outre qu’elle constitue l’hymne officieux de la Finlande, fut aussi, et tout-à-fait officiellement, l’hymne du Biafra, cet éphémère pays du sud-ouest de l’Afrique au destin tragique, sous le nom de « Land Of The Rising Sun ». Durant les trois années de sa très courte existence –1967-1970-, le Biafra connut à la fois une guerre civile et une famine effroyables, soldées par plus d’un million de victimes.

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