J’aurais aussi pu nommer cette notule « La guitare pour les fainéants » ! En fait, je m’entraîne actuellement à jouer de la guitare en l’accordant en « Open G » –Ré/Sol/Ré/Sol/Si/Ré-, soit un accord parfait de sol majeur au lieu de l’accordage standard –Mi/La/Ré/Sol/Si/Mi-. Cela me permet de jouer facilement des chansons des Rolling Stones comme « Honky Tonk Women » –extrait-, « Brown Sugar » ou encore « Start Me Up » : que des tubes, donc, dont les doigtés seraient compliqués à effectuer en accordage standard. En revanche, contrairement à Keith Richards, je ne retire pas la corde de mi grave, je l’accorde simplement en ré, même si elle ne sert à rien pour ces chansons.
En Open G, cela va tout seul, toutes ces chansons se jouent alors en power chords avec deux doigts seulement ! Méthode de fainéant, donc, et pourtant terriblement efficace ! Evidemment, cela m’oblige à réaccorder la guitare après avoir joué ainsi : contrairement à Keith Richards, dont les techniciens d’arrière-scène accordent chaque guitare de façon adaptée à la chanson qu’il va jouer –standard avec ou sans capodastre, open G ou open D-, je n’ai pour ma part qu’une seule guitare !
La devinette que je vous proposais récemment n’a pas mis très longtemps à trouver sa solution, et c’est une nouvelle fois Mathieu F qui l’a proposée.
En effet, le « tonneau rempli de porc et de bière » décrit par Berlioz était Georg Frideric Handel, compositeur allemand naturalisé anglais, né en Basse-Saxe dans le Duché de Magdebourg en 1685 et mort à Londres en 1759.
Cette remarque méprisante du compositeur français allait à l’encontre de l’opinion communément admise concernant Handel à cette époque. Haydn, Mozart, Beethoven ou encore Schumann ou Liszt étaient de fervents admirateurs de Handel : « Notre maître à tous » –Haydn-, mais aussi « le plus grand compositeur ayant jamais vécu » –Beethoven-…
En France, en revanche, Handel fit les frais de la détestation de tout ce qui était anglais durant la première moitié du 19ème siècle, la défaite de Waterloo aidant, et Berlioz n’étais pas en reste dans cette perspective… D’autre part, il avait parfaitement assimilé l’opéra italien, et la fameuse « querelle des Bouffons », qui l’opposait à l’opéra français dont Berlioz fut un illustre représentant, restait encore dans les mémoires des musiciens. Enfin, la remarque de Berlioz n’est pas non plus sans lien avec la caricature du musicien qu’en fit le peintre Joseph Goupy, ami de Handel -sic !- qui était aussi le peintre qui réalisait les décors pour ses opéras… -cliquer sur l’image pour la voir en plus grand : la caricature est très célèbre-.
Par ailleurs, Handel était doté d’un appétit vorace et dès son long séjour en Italie, la gloutonnerie du Saxon était aussi légendaire –et raillée…– que sa virtuosité à l’orgue et au clavecin. Grand et très corpulent –on moquait son « tour de taille de trois yards »-, doté d’une démarche à la fois lourde et instable, sa silhouette était célèbre dans tout Londres, et il aimait plus que tout les nombreuses invitations à faire ripaille chez les « grands » de la Cour anglaise, qui l’admiraient et le choyaient. Si l’on se réfère aux rapports médicaux de l’époque, on dirait aujourd’hui que Handel souffrait de boulimie compulsive.
Pour en savoir encore plus sur l’historiographie de la perception du musicien, je vous recommande l’excellent livre de David Hunter : « The lives of Georg Fredric Handel », malheureusement non traduit en Français à ce jour. pour les non-anglophones, « Haendel en son temps » de Marc Belissa est une très bonne entrée en matière.
J’ai ressorti de mes étagères ce beau et relativement copieux coffret « Constantin Silvestri, the legendary conductor« , que je vous avais déjà un peu présenté ici ou là, notamment à travers ses interprétations du répertoire russe. Comme pour tous les coffrets de cette excellente collection –le prix très favorable auquel ils étaient régulièrement disponibles a malheureusement tendance à s’envoler outrageusement et proportionnellement à leur disponibilité désormais très aléatoire…-, le livret trilingue est de très bonne qualité. Dans la playlist de ce jour, ce sont les compositeurs français –ou francophone concernant César Franck, belge formé notamment au conservatoire de Paris et finalement naturalisé français en 1870– qui sont à l’honneur.
Constantin Silvestri, chef roumain, était réputé, comme son compatriote le pansu Sergiu Celibidache, pour son extrême exigence et le nombre incalculable de répétitions qu’il exigeait, assez peu compatible avec le temps que pouvaientt lui accorder les meilleurs orchestres européens. C’est pourquoi, sa carrière après sa fuite de Roumanie en 1957, fut essentiellement provinciale, puisqu’il se fixa à en Angleterre à Bournemouth : il y forgea un excellent orchestre, comme on peut l’entendre dans de nombreuses oeuvres de ce coffret. Auparavant, Walter Legge produisit quelques enregistrements réalisés à Londres ou à Paris, mais ne lui permit jamais de se frotter au grand répertoire symphonique allemand –Beethoven, Brahms, Bruckner ou Mahler– qui faisait alors la réputation des plus grands chefs.
Constantin Silvestri, à ses débuts chez EMI, resta confiné à de « petites pièces de bravoure » essentiellement issue du répertoire russe ou d’Europe Centrale ainsi qu’au répertoire français, comme c’est le cas dans cette playlist. Il y mit toujours une intransigeance pointilleuse, qui fait de ses interprétations des lectures à la fois très personnelles et très précises et brillantes, tirant le meilleur parti des orchestres qui lu sont confiés.
• Maurice Ravel – Boléro • Camille Saint-Saëns – La danse macabre • Paul Dukas – L’apprentis sorcier
Orchestre de la société des concerts du conservatoire de Paris, Constantin Silvestri – 1958 ****
• Claude Debussy – La mer ; 3 Nocturnes ; Prélude à l’après-midi d’un faune
Orchestre de la société des concerts du conservatoire de Paris, Constantin Silvestri – 1958/59 ***(*)
• César Franck – Symphonie en ré mineur
Philharmonia Orchestra, Constantin Silvestri – 1961 ****
–Extraits du coffret anthologique de 15 CD « Constantin Silvestri, the legendary conductor » – 15 CD, coll. Icon, EMI/Warner Classics, 2013–
Hier, profitant d’une belle lumière et d’une météo très agréable, nous avons passé une petite heure au jardin botanique de Strasbourg, l’un des plus anciens de France, foisonnant en cette saison, et situé à peu de distance de notre appartement –cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand-. L’occasion de circuler, à l’ombre d’un chaud soleil, à travers une végétation touffue et riche en espèces rares –5500 espèces sont répertoriées dans le jardin et ses serres– dont un jeune séquoia géant d’une petite centaine d’années qui va encore grandir !
A cet égard, saviez-vous que le séquoia géant General Sherman et le séquoia géant General Grant, dans la « Giant Forest du parc national de Sequoia », en Californie, sont les deux plus grands organismes vivants sur notre planète ?
J’aurais d’ailleurs pu faire une devinette de cette remarque, mais je l’avais déjà posée sur un ancien blog : entre baleine bleue et dinosaure, personne n’avait, à l’époque, trouvé la solution ! J’en ai profité pour faire quelques photos –à forte dominante verte !– que vous pouvez trouver ici. La visite des serres, au cours d’une balade plus hivernale, est déjà en projet !
La playlist de ce dimanche permet de découvrir tout un monde autour du reggae sans le côté mystique et religieux généralement attaché à cette musique : le rastafarisme.
En effet, on ne le sait pas toujours, « rasta » est dérivé de Ras Tafari Makonnen, devenu empereur d’Éthiopie (Négus) sous le nom de Haïlé Selassié, réputé être un descendant de la Reine de Saba, figure biblique rattachée au Roi Salomon, et considéré comme le Messie pour les Jamaïcains et certains Africains. Bob Marley, lui-même membre des Douze Tribus d’Israël, fut le grand prêtre le plus célèbre du rastafarisme, l’espace d’une décennie.
Point de tout cela dans cette playlist, d’une spiritualité beaucoup plus éclectique et proposant à la fois les ancêtres –ska et rocksteady– et les descendants –dub– du reggae ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
• Madness – One Step Beyond – 1979 • Lee « Scratch » Perry – Voodooism – 1996 • The Specials – BBC Sessions – 1998 –les chansons ont été enregistrées entre 1979 et 1983–
D’une part, la playlist évolue entre ska, rocksteady et dub ; d’autre part, deux des groupes qui la composent sont composés de musiciens blancs uniquement –Madness– ou très majoritairement –The Specials-, issus du prolétariat anglais et assez proche de la mouvance skinhead à l’origine. Ces deux groupes, au tournant des années 80, furent exceptionnellement bien reçus par le public occidental !
Madness –extrait 1– est un groupe toujours actif de nos jours et continue à sortir de bons -voire très bons- albums de temps à autre, même si leur renommée a décru depuis les succès de leurs débuts. The Specials –extrait 2-, en revanche, se sont séparés dès le début des années 80, avant de partiellement, sporadiquement et vainement tenter de se reformer.
Quant à Lee « Scratch » Perry, le « Salvador Dali jamaïcain », il est au reggae ce qu’était George Martin aux Beatles ou Phil Spector à la production sonore : artiste multi-taches et bricoleur de génie, précurseur du « dub » –courant expérimental du reggae– avec King Tubby, il fut, durant une cinquantaine d’années au moins, l’éminence grise fantasque –et totalement caractérielle et imprévisible– ainsi que le producteur de la quasi-totalité des musiciens jamaïcains –y compris Bob Marley & The Wailers-.
La dernière devinette, assez vite résolue en dépit d’une solution assez improbable, commençait à dater un peu, aussi est-il temps d’en proposer une nouvelle ! Celle-ci devrait trouver une solution rapide, me semble-t-il, l’anecdote étant relativement connue. Donc, la voici !
De quel musicien –réponse attendue sous la forme [prénom & nom]– Hector Berlioz parlait-il avec mépris, en le décrivant comme « un tonneau de porc et de bière » ?
L’arrivée prochaine de l’été calendaire –pour ce qui concerne la météo, c’est déjà fait depuis quelques jours…– coïncidence avec l’arrivée, en temps et en heure, de cette nouvelle surprise mensuelle, placée sous le sceau –et sous le soleil…– de l’’Italie pour varier les plaisirs !
Cette surprise devrait être suffisamment copieuse pour vous permettre de passer agréablement un peu de temps à l’ombre et à l’abri des grandes chaleurs ! Vous la trouverez ici.
Comme toujours, la surprise précédente est désormais retirée du serveur.
Fille de Frantz Liszt et de la comtesse Marie d’Agoult, femme de lettres française sous le nom de Daniel Stern et qui fut sa maîtresse au cours d’une romance passionnée de six ans, Cosima Wagner fut l’amante puis la seconde épouse de Richard Wagner à partir de 1870. A la mort du compositeur –1883-, elle fit du festival de Bayreuth, qui n’avait alors connu que deux saisons en 1876 et 1882, une véritable institution et le dirigea jusqu’en 1906, date à laquelle leur fils cadet, Siegfried, lui succéda.
Cosima Wagner et leur fils Siegfried sont au 1er plan à gauche, Frantz Liszt est au piano et Richard Wagner tient une partition.
Sous son égide, le temple wagnérien fut marqué par un conservatisme certain et un dogmatisme extrêmement rigide quant à ses conceptions scéniques ou lyriques.
C’est à Cosima, beaucoup plus qu’aux volontés du compositeur, que l’on doit le fameux « style wagnérien » que l’on pouvait alors entendre sur « la colline verte de Bayreuth » : primauté du texte sur la musique, importance de la déclamation au détriment de la ligne mélodique et appui sonore sur les consonnes, fortement projetées, en sont les principaux éléments.
Ces caractéristiques furent largement moquées dans toutes les maisons d’opéra du monde, décrites comme « les aboiements wagnériens », et ne furent en réalité adoptées que par une très infime minorité de chanteurs, y compris à Bayreuth.
Le coffret de ce jour propose d’entendre des artistes qui exercèrent à Bayreuth durant les trente années passées sous la direction de Cosima Wagner –mais ils n’ont pas été enregistrés à Bayreuth durant cette période, cela va de soi…– et constitue un témoignage précieux sur cette période, même si TheCookingCat ne comprend pas que je puisse consacrer du temps à ces antiquités… –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Les nombreux fragments de chacun des dix opéras de Wagner sont parfois techniquement rudimentaires et sont assez souvent accompagnés d’un piano plutôt que d’un orchestre. S’ils peuvent donner une idée du « style wagnérien » en vigueur sous Cosima, ils montrent surtout que très peu de chanteurs s’y pliaient ! Par ailleurs, les conditions techniques précaires de l’époque –certains enregistrements remontent à 1902– ne permettent pas d’offrir de très longs extraits et, surtout, ceux-ci sont très souvent joués à grande vitesse ! On a donc du mal à mesurer l’ampleur de ces voix, qui semblent assez éloignées cependant de l’image que l’on peut avoir des « grande voix wagnérienne » –mais certains artistes étaient déjà assez avancés en âge lorsq’ils enregistrèrent ces extraits-. En revanche, la diction est le plus souvent exemplaire, et ce n’est pas un détail !
Cette génération de chanteurs lyriques précède la génération dite de « l’âge d’or du chant wagnérien », que vous pouvez retrouver ici ou encore là.