Dimanche à l’opéra – « La mégère apprivoisée », de Hermann Goetz

Dernier volet, dans le cadre de mes séances lyriques dominicales, consacré à l’opéra comique allemand, avec « Der Widerspenstigen Zähmung » –La mégère apprivoisée– de Hermann Goetz, sur un livret Joseph Victor Widmann adapté de l’une des toute premières comédies, « The Taming of the Shrew » de William Shakespeare, qui doit bien être le dramaturge qui a est sans doute le plus repris par les librettistes du monde lyrique, depuis l’ère baroque jusqu’à nos jours. Le livret intégral de l’opéra est disponible ici. La version de cette matinée est celle de Joseph Keilberth, enregistrée à Munich en 1955 –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. L’action se déroule en Italie au 16è siècle.

• Premier acte – Le soir devant la villa de Baptista à Padoue
Les filles de Baptista ne pourraient pas être plus différentes. La cadette, Bianca, aime s’amuser, et déborde de tempérament. Elle est courtisée par de nombreux jeunes hommes. En revanche, l’aînée, Katharine, s’avère être une mégère au caractère indomptable. C’est pourquoi aucun homme ne s’intéresse à elle. Elle observe avec mécontentement un jeune homme apporter une sérénade à sa sœur. C’est le jeune Lucentio qui courtise Bianca depuis longtemps. À peine Lucentio a-t-il terminé sa chanson qu’un second prétendant de la jolie fille apparaît : Hortensio, déjà un peu âgé. Pour impressionner sa bien-aimée, il a amené un groupe de musiciens pour accompagner sa sérénade. Lucentio, jaloux de son rival, l’insulte, lui et les musiciens. Le bruit attire Baptista, qui leur annonce qu’il ne donnera sa bénédiction au mariage de Bianca que lorsque Katharine aura trouvé un époux et que désormais, seuls les hommes qui pourraient enseigner la musique et la poésie à ses filles seront autorisés à entrer dans sa maison. Hortensio renvoie ses musiciens, et Lucentio quitte également le lieu.
De façon inattendue, Petruccio, un noble de Vérone, arrive avec son serviteur Grumio du chemin. Il croise Hortensio, qui lui explique sa mésaventure et la situation et Petruccio décide de faire de la cour à Katharina : une femme de caractère l’attire plus que la douce Bianca.

• Deuxième acte – Dans la maison de Baptista
Petruccio se présente chez Baptista, accompagné de Lucentio et d’Hortensio, déguisés en professeurs. Petruccio va droit au but et demande à Baptista la main de Katharina. Baptista pense d’abord que le jeune homme veut se moquer de lui ; mais lorsque Petruccio persiste, il finit par accepter et engage également les deux autres messieurs comme professeurs particuliers pour ses filles.
Pendant que Petruccio discute avec Baptista, on entend Katharina se déchaîner contre Hortensio, son professeur de musique, dans la pièce voisine. Petruchio entre alors dans la chambre de Katharina et lui fait des compliments bruyants. Comme elle proteste, il la prend dans ses bras et l’embrasse fougueusement. Katharine est tellement perplexe qu’elle en reste sans voix. Petruccio n’hésite pas longtemps et fixe la date du mariage.

• Troisième acte – Salle dans la maison de Baptista
Le jour du mariage est arrivé. Katharine attend Petruccio, parée de ses bijoux de mariée, mais celui-ci semble avoir tout simplement oublié le rendez-vous. Les invités arrivent déjà. Et Baptista leur annonce que le mariage doit être ajourné parce qu’il manque quelqu’un d’important : le marié. Ainsi, les invités n’ont pas d’autre choix que de dire au revoir tout de suite. Seuls les deux «professeurs” restent pour enseigner à Bianca. Comme ils se disputent pour savoir qui d’entre eux est autorisé à commencer les cours Bianca choisit Lucentio. Il remet à la fille un volume de Virgile et lui fait lire un passage, mais comme elle ne comprend pas le texte latin, Lucentio le traduit immédiatement. C’est une déclaration d’amour enflammée. Hortensio, au contraire, est très maladroit avec la jeune femme.
Soudain, Baptista annonce en jubilant l’arrivée de Petruccio, accompagné de son valet. Mais à leur vue, Katharina est horrifiée : ils sont si mal habillés qu’on pourrait les prendre pour des vagabonds. Ce que la mariée ne soupçonne pas, c’est que le déguisement fait partie du programme d’apprivoisement. Petruccio prend Katharina par le bras et l’emmène. Les autres les suivent à l’église, pendant que le majordome, la gouvernante et les domestiques commencent à décorer la table pour le repas festif. Durant la fête de mariage se retrouve après la cérémonie, Petruccio explique qu’il a hâte de montrer à Katharine sa maison de campagne et part aussitôt avec elle.

• Quatrième acte – Dans la maison de campagne de Petruccio à Vérone
Petruccio poursuit son travail d’apprivoisement de la mégère : au déjeuner, il déclare que la soupe est trop salée et la fait enlever. Il trouve le rôti dur et ordonne même aux serviteurs de donner la viande à manger aux chiens puis laisse ensuite Katharina, complètement épuisée par la faim, seule. Sa volonté est maintenant brisée. Petruccio a transformé la mégère en doux chaton.
Lorsqu’il revient, il lui propose de faire une excursion. Mais Katharina ne veut pas sortir dans la chaleur de la journée et se met à pleurer. C’est alors que Petruccio la serre affectueusement contre sa poitrine et déclare que le jeu cruel est terminé : Katharina, apprivoisée sera désormais très heureuse avec lui.
Grumio informe son maître que trois voitures viennent d’arriver. Il croit y avoir reconnu le beau-père et les autres connaissances de Padoue. Petruccio ordonne immédiatement d’organiser un banquet pour les invités. Bianca et Lucentio arrivent en tant que couple désormais marié, et même le vieux Hortensio a encore trouvé une femme qui est également parmi les invités, qui s’étonnent tous de la grande transformation que Katharina, autrefois indomptable, a subie et se réjouissent du bonheur du jeune couple. Une fois encore, tout est bien qui finit bien !

 

L’oeuvre en quatre actes, a été achevée en 1873 et crée à Mannheim en 1874. Contemporaine des grands opéras de Wagner, elle en reste assez éloignée cependant, tant dans sa forme que dans la légèreté du propos. Goetz est essentiellement influencé par Mozart et Mendelssohn, et « La mégère apprivoisée » est marquée par sa clarté, un réel talent mélodique et une belle maitrise formelle. Bien que Goetz n’ait pas été un innovateur révolutionnaire, Gustav Mahler appréciait beaucoup sa musique pour son caractère introspectif refusant les effets faciles et dirigea nombre de ses oeuvres.
Après sa création, « La mégère apprivoisée » fut rejoué sur de nombreuses scènes d’opéra en Allemagne et apporta une belle notoriété à Hermann Goetz, qui devait décéder de tuberculose peu après, mais l’oeuvre ne s’est guère imposée au-delà des frontières d’Outre-Rhin, malgré son efficacité dramatique. La version du jour est très soignée : on retrouve les mêmes grands noms du chant lyrique allemand de l’époque et Joseph Keilberth était un remarquable chef d’opéra qui officia notamment à Bayreuth tout au long des années 50, avant de s’établir à Munich où il poursuivit un intense travail lyrique.

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Playlist d’Outre-Rhin : Ganz toll ! »

C’est une playlist musicalement plutôt éclectique d’artistes d’Outre-Rhin et s’exprimant en Allemand que j’écoute un peu fort ce matin. Nina Hagen et Rammstein sont d’autant plus subversifs que ces artistes ont grandi en Allemagne de l’Est, où la musique pop-rock n’avait guère le droit de cité avant le milieu des années 70.-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Outre le courant punk qui s’est développé en Allemagne, les principaux groupes qui existaient alors avaient emprunté des voies assez différentes de celles plus populaires des groupes anglais ou américains. Ainsi, Can, Tangerine Dream ou Kraftwerk sont à l’origine du « rock expérimental allemand », que l’on a plus tard un péjorativement désigné par le terme de « Krautrock ». La playlist du jour s’inscrit dans la filiation des ces deux courants.

• Nina Hagen Band – Unbehagen – 1979 *****

« Unbehagen » –Mal à l’aise– est le second album du Nina Hagen Band, groupe soutenant la chanteuse –il se produisait également, sans Nina Hagen, sous le nom de Spliff-, sans doute l’artiste féminine ayant développé l’attitude la plus consciemment « punk » de sa génération, et au-delà ! L’album contient «African Reggae », qui est sa chanson sa plus connue en France, plaidoyer pour une utilisation non réprimée du cannabis, où Nina Hagen « yodel » sur des rythmes africains. Les autres titres –dont une reprise de « Lucky Number » de Lene Lovich en Allemand– comportent également leur lot de provocations et de chant complètement déjanté, entre vocalises lyriques, onomatopées variées et éructations rauques !

• DAF – Die Kleinen und die Bösen – 1980 ****

En 1980, DAF –Deutsche Amerikanische Freundschaft– n’est pas encore réduit au duo Gabi Delgado –chant– / Robert Görl –batterie– : il compte alors en son sein un guitariste, un bassiste et un joueur de divers instruments électroniques. Deuxième album du groupe, « Die Kleinen und die Bösen » –Les petits et les méchants– fit un four monumental à sa sortie, mais DAF commence cependant à y développer son style « musique industrielle expérimentale ». Le LP originel comportait une face enregistrée en studio et l’autre en live. « Die Kleinen und die Bösen » n’est pas encore aussi hypnotique et cohérent que « Alles ist gut », mais c’est un bon album rétrospectivement décrit comme « sinistre et brillant ».

• Rammstein – Herzeleid – 1995 ****

« Herzeleid » –Peine de coeur– est le premier album de Rammstein, sans doute le groupe allemand germanophone le plus célèbre et qui a connu le plus grand succès –Scorpions est un groupe allemand sans doute encore plus célèbre, mais anglophone…-. Le groupe, avec cet album, atteignit rapidement un beau succès et une grande notoriété partout en Europe, sauf en France : le disque n’y sortit que deux ans plus tard, avec une traduction des paroles afin que le public puisse comprendre qu’elles ne contenaient pas de propagande néo-nazie, l’illustration de la pochette pouvant prêter à confusion quant à « la promotion d’une race supérieure » !

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Mises à jour dopées à l’IA

Après la suite MS Office/Copilot –je n’utilise plus les outils Microsoft que pour ouvrir certains documents professionnels que j’avais créés (par obligation…) du temps où je n’étais pas encore un oisif-, la très conviviale et efficace suite bureautique iWork d’Apple –Keynote, Numbers et Pages-a été mise à jour et elle sera désormais dopée à l’IA pour les utilisateurs qui souscriraient un abonnement. Elle reste totalement gratuite sans intégration de l’IA pour les autres, dont je ferai partie, puisque je n’ai absolument pas besoin de cette nouvelle assistance !

A ce stade, donc, les évolutions de cette versions gratuite, dans un premier temps, sont essentiellement cosmétiques, pour s’adapter progressivement à la nouvelle interface « Liquid Glass« , mais ne viennent aucunement déstabiliser des habitudes de longue date. Et c’est heureux !

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Devinette d’inspiration classique…

Outre la peinture et la poésie, Serge Gainsbourg aimait la musique classique et vouait notamment une passion pour Stravinsky ! Dvořák pour Brigitte Bardot –Initials BB-, Chopin ou Brahms pour Jane Birkin –Jane B, Baby Alone In Babylone– ou encore Chopin pour sa fille Charlotte –Lemon Incest-, mais également, pour l’album « L’homme à tête de chou » Beethoven, voire Elgar : Gainsbourg emprunta en les adaptant, tout au long de sa carrière, des thèmes issus d’oeuvres de musique classique dans ses chansons, lesquelles relevaient, de son propre aveu, d’un « art mineur ».
C’est encore le cas pour « My Lady Héroïne ». La chanson, sujet de cette devinette plutôt facile –niveau **– est adaptée d’une oeuvre d’un compositeur certes moins célèbre que les précédents.
• Saurez-vous dire qui est ce compositeur, d’une part ?
• Trouverez-vous de quelle oeuvre cette chanson s’inspire, d’autre part ?
A vos claviers !

Playlist en couleurs – Vert, une fois de plus…

• L. van Beethoven – Symphonie n°9 – Ch. & Orch. phil. Vienne – Herbert von Karajan – 1947 *****
• J. Strauss – Die Fledermaus – Ch.et Orch. phil. Vienne – Clemens Krauss – 1950 *****
• L. Madetoja – Okon Fuoco, suite – Orch. symph. Oulu – Arvo Volmer – 2001 ***
Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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Résistance ! Le symbole du mois…

Selon la presse européenne, la résistance aux différentes velléités agressives de l’inénarrable Donald Trump contre l’Europe et d’autres parties du monde est symbolisée, en ce mois de janvier 2026, par l’objet ci-dessous : leur porteur n’est pas passé inaperçu lors de son court séjour en Suisse, et son look, comme son discours musclé, ont fait la Une de nombreuses manchettes européennes ! Accessoirement, ça sert aussi à cacher les yeux rouges…

Dimanche à l’opéra – « Martha », de Flotow

J’avais entamé à l’entrée de l’automne une petite série consacrée à l’opéra-comique allemand, dont les trois premiers volets sont à retrouver ici, ici et encore ! Cette série dominicale avait été momentanément interrompue par quelques dimanches de « Wagner historique », elle reprend désormais pour un quatrième épisode : c’est aujourd’hui « Martha, ou le Marché à Richmond » », de Friedrich von Flotow. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Compositeur allemand fortement influencé par l’opéra-comique français, Flotow connut une carrière fructueuse et composa un grand nombre d’opéras qui furent relativement populaires en Europe de son vivant, avant de tomber dans un oubli presque total, à l’exception de « Martha ».

L’oeuvre fut créée à Vienne en 1847 et, rapidement, est devenue populaire dans toute l’Europe, puis aux États-Unis, où elle fut le plus souvent jouée dans des traductions dans la langue de chacun des pays envisagés.
L’action se passe au début du 18ème siècle à Richmond, près de Londres. La notice française de Wikipedia, à lire ici, livre un bon résumé de l’argument. Cet opéra s’écoute très agréablement : il est articulée en airs lyriques et expressifs –tour à tout mélancoliques ou plus joyeux– entrecoupés de dialogues, et comprend de nombreuses mélodies très faciles d’accès, soutenues par une orchestration légère et habile. Comme toujours en matière d’opéra comique allemand, toutes ces fausses pistes amoureuses connaissent une fin heureuse !

La version de ce jour, premier enregistrement intégral de l’opéra –mais sans les dialogues toutefois-, a été enregistrée à l’opéra de Berlin durant la guerre, avec certains des très grands noms de l’opéra allemand de l’époque –l’oeuvre n’est pas difficile, et « qui peut le plus peut le moins : c’est très bien chanté-, sous la direction d’un chef qui s’était fait, très tôt, une spécialité des opéras de son temps –Wozzeck d’Alban Berg, Mathis der Maler de Paul Hindemith…-.
Après la guerre, ces bandes ont été republiées sous de nombreux labels, d’abord en Allemagne de l’est, puis en Europe de l’ouest et aux USA. La prise de son, eu égard à l’époque, est de fort belle qualité !

Devinette : une solution en images !

Il y a quelques jours, je vous proposais, pour bien débuter l’année, cette devinette, dont la solution semble vous avoir échappé quelque peu. Le point commun entre Charlie Watts, BJ Wilson et Stewart Copeland est l’adoption du « traditional grip » à la main gauche –prise tambour en Français-, plutôt que du « matched grip » –prise timbale en Français : les deux mains sont symétriques– très majoritairement adopté par les batteurs dans le monde pop-rock.

Une image vaut parfois mieux qu’un long discours, et celle ci-dessous est tout-à-fait parlante !


La prise tambour est réputée plus difficile à maîtriser, et typique de nombreux batteurs de jazz. Il semblerait qu’elle permette à la fois plus de précision, de souplesse et de qualité de toucher. En revanche, elle amplifie les traumatismes –dos, épaules, bras, poignets…– auxquels peuvent être soumis les batteurs, du fait d’une position moins naturelle face à l’instrument. On n’a jamais rien sans rien…

Mes poches n’étaient pas assez grandes !

Il ya près de 25 ans, lorsque je travaillais à la fois ici et à Paris, où je me rendais hebdomadairement en train –c’était avant l’arrivée du TGV…– et où je vivais une partie de la semaine à l’hôtel, je transportais en permanence un certain nombre d’outils qui m’étaient assez indispensables, à savoir :
– un Palm Zire qui me servait d’organiseur électronique : un outillage, simple et assez peu cher, qui se synchronisait assez facilement avec les Mac de l’époque ; il me d’ailleurs souvient qu’à l’époque, le débat Palm/Psion enflammait autant les geeks que le débat Mac/PC ;
– un téléphone portable, qui ne servait quasiment qu’à téléphoner et à envoyer quelques textos, à une époque où les abonnements étaient nettement plus dispendieux qu’aujourd’hui ;
– un iPod 5Go première génération, qui, sous réserve mettre à jour son contenu chaque semaine, contenait suffisamment de musique pour me permettre de tenir le temps des trajets et des séjours à l’hôtel !

Evidemment, mes poches n’étaient pas assez grandes pour contenir tout cela, et je promenais donc en permanence un sac à dos de geek –lequel contenait également un PowerBook 190CS– au gré de mes pérégrinations… Tout cela, et bien plus encore, est condensé un un seul smartphone, lequel tien très bien dans une poche ! Autre temps, autres moeurs !

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