Habemus papam !

tiare_papeRassurez-vous, je ne vais rédiger la présente notule en latin, mes souvenirs en la matière sont trop lointains et je n’ai plus de Gaffiot ! Je m’en suis débarrassé avec empressement il y a près de 30 ans, lorsqu’enfin, j’ai arrêté cette langue –en licence, j’ai suivi un élément de « Latin pour historien », intéressant au demeurant, où nous étions exactement 5, et au titre duquel nous avons traduit pour notre éminent professeur les « Vie des 12 Césars » de Suétone et la correspondance de Cicéron avec Titus Pomponnius Atticus, je m’en souviens comme si c’était hier !-. Bref, du latin de cuisine amélioré…

Aujourd’hui, néanmoins, « Habemus papam » à Argentoratum –le pape était à Strasbourg, pour les non-alsaciens latinistes-, ce qui fut l’occasion :

• d’occasionner des bouchons, statut de chef d’état du personnage oblige, avec routes barrées voire fermées, stationnements interdits sur un large périmètre et maréchaussée fort visible;

• de faire carillonner toutes les cloches de toutes les églises et de la cathédrale, en harmonie s’il vous plaît ! Je n’ai pas vérifié si celles des temples, nombreux ici, ont également résonné, et je ne sais même pas, d’ailleurs, si les temples ont des cloches…

Jalousie et vacheries…

On imagine toujours le monde de la musique classique comme un univers policé, où règne la plus extrême courtoisie, le respect et des rapports humains dépassionnés… C’est plutôt faux, en fait, c’est un monde dur, où l’esprit de compétition est exacerbé –au moins en France, avec le système de formation hyper-sélectif en place dans les conservatoires– et où les jalousies et les vacheries ne manquent pas et sont l’occasion de bons mots…

CelibidacheJ’en veux pour preuve le chef roumain Sergiu Celibidache, reconnu plutôt sur le tard -au moins par le « grand public »-, qui avait connu un début de carrière plutôt prometteur en remplaçant temporairement le grand Furtwängler à la Philharmonie de Berlin après la seconde guerre mondiale. A la mort de ce dernier, il pensait être désigné comme son successeur, mais l’orchestre choisit de lui préférer Karajan, qui resta à la tête de l’orchestre les 34 années qui suivirent -1955/1989-.
Celibidache, assez aigri pour le reste de sa vie, se construisit une réputation de gourou, fondée sur la philosophie zen et un discours sur la musique très personnel. Ses « leçons » passaient par une forte humiliation de ses élèves, qui l’aimaient d’autant plus qu’ils étaient plus copieusement agonis d’injures, et le regard qu’il portait sur ses pairs était sans concession… Voilà ce qu’il pensait d’eux, et qu’il livra dans un article célèbre du journal « Der Spiegel ».

KlaiberArturo Toscanini : « une usine à notes »; • Herbert Von Karajan : « ce n’est pas de la musique, c’est du coca-cola : ou bien les gens sont tous sourds, ou bien c’est un excellent homme d’affaire »; • Karl Böhm : « un sac de patates, qui n’a pas dirigé une seule mesure de musique dans toute sa vie »; • Hans Knappertsbusch : « un scandale, anti-musical comme c’est pas permis »; • Claudio Abbado : « un grand ignorant, dépourvu de la plus infime once de talent, une torture »; • Leonard Bernstein : « il ne fait pas partie de mon univers »

La semaine suivante, le grand Carlos Kleiber, l’un des chefs les moins bavards et parmi les plus talentueux de la fin du 20ème siècle, une véritable légende vivante, d’une élégance racée et adoré par les orchestres, adressait au même Spiegel une réponse, signée, en direct du Paradis, Arturo Toscanini. En voici une traduction –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– :

Chefs

Vous avez -encore !- demandé la police !

Devinette !!! Oh, c’est beau ! C’est neuf ?

Oui, c’est neuf, ça s’appelle ••• -à compléter-, c’est créé par ••• spécialement pour ••• Je ne sais pas si c’est beau, à vous de juger ! C’est très lisible, en tout cas, me semble-t-il.

A vous de trouver, mais c’est archi-facile… Vous pouvez gagner 1, 2 ou 3 points selon les réponses apportées…

devinette_font

Dans mon bureau…

Voici comment j’écoute de la musique dans mon bureau –à la maison, pas au travail, je précise pour les éventuels grincheux !-.

La musique est transmise soit en filaire de zoliMac et iTunes, soit d’un iBidule en wifi vers une borne Airport Expressen fait, un DAC, tout-à-fait excellent en termes de rapport qualité-prix, avec un convertisseur Burr Brown qu’on trouve dans des objets jusqu’à 10x plus chers : qui a dit qu’Apple est cher ??? Tournez vous vers l’ésotérisme en hifi, et on en reparlera 😆  -, elle-même reliée à un antique mais néanmoins vaillant ampli -très bonne alimentation, il est allumé 24×7 depuis plusieurs années-, sur lequel sont branchées deux enceintes JM Lab du milieu des années 90 -étonnantes eu égard à leur taille, avec même du grave, et un aigu assez fin- et un lecteur/graveur de CD audio très côté et assez cher à sa sortie, qui me sert en fait assez peu cependant.

L’ensemble m’a coûté moins de 150 euros je pense : j’ai trouvé l’ampli pour 5€ dans un vide-grenier, il nécessitait un gros travail de nettoyage et de passage au spray anti-oxydant, et le reste sur la baie, avec une vraie bonne affaire pour le lecteur/graveur, venu d’Autriche  😉 . Le plus cher, c’était finalement la borne, mais j’avais des bons d’achat de je ne sais plus qui… En termes de rapports qualité/prix, c’est imbattable !

Music_Bureau

Livraison express en vue !

LivraisonExpressComment arrivera mon prochain colis Amazon ? Aurais-je encore le temps d’échouer ou de lire mes commandes si les choses se précipitent à ce point ? Et combien d’emplois seront créés -ou détruits- ?

Questionnements futiles, mais néanmoins indispensables, après la lecture de cet article, intéressant… Malgré les obstacles annoncés et les oppositions de tous ordres, les choses semblent se précipiter un peu ! Il y a de la reconversion dans l’air : je m’en vais m’inscrire derechef à cette formation !!!

Nonobstant, le délai de livraison de mon dernier colis, venu d’ailleurs, et tenant compte d’un jour chômé en France, n’a pas été si long que cela ! Et pourtant, je n’étais pas peu impatient de le recevoir…

Aujourd’hui, j’ai échappé à…

ça !!!

AlerteBouchon

BouchonÇa tombe bien, j’y ai eu droit deux fois la semaine dernière, ce qui allonge considérablement mon temps de parcours… Vu comme ça semble parti, des retards pour le dîner sont prévisibles ! Il faut remercier, pour ces incessants ralentissements, le grand hamster d’Alsace… A petite bête toute mignonne, grands effets très pénibles…

Et si vous ne savez pas pourquoi, c’est ici –en milieu de page, je vous offre une saine lecture en plus…– qu’on vous l’expliquera ! La meilleure solution, revendiquée par tous les politiques ici, de gauche, de droite et du milieu, c’est de taxer les camions, mais il paraît que ça ne se fait pas… Du coup, on récupère les camions qui transitaient, auparavant, chez nos germains voisins, qui, eux, ne se sont pas privés -de les taxer, j’entends-… Du coup, bouchons quasi quotidiens, et la boucle est bouclée !

Et ce n’est même pas un brouillon !

Beeth_PartJe vous avais déjà parlé, ici, du défi lancé à de jeunes créateurs de polices d’écriture : numériser celle de Beethoven plutôt que celle d’Hugo Chavez… A ce jour, personne ne s’y est encore lancé…

C’est cependant un même défi que le compositeur lui-même avait lancé aux éditeurs de partitions, puisque son écriture calligraphique était très soignée –sic– par rapport à son écriture musicale, qui semble totalement anarchique –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand, ça vaut vraiment le coup !-… De tempérament bouillonnant outre sa surdité, pleinement conscient de son génie écrasant, le compositeur –ce sourd qui entendait l’infini, selon le très bel hommage de Victoir Hugo– se préoccupait assez peu des conditions matérielles liées à l’édition ou, d’ailleurs, à l’exécution de ses partitions « quand l’esprit lui parlait« – : il fallait tirer la perfection de ce qu’il livrait…

Passant de l’image au son, ça donne exactement ça, une bluette peu enregistrée et cocasse, et on a envie de se dire « Tout ça pour ça !!! ». Quant à ses partitions les plus complexes, je vous laisse alors imaginer à quoi elles peuvent ressembler, entre ratures, pages trouées et autres scories…

Playlist (re)découverte

Le gros paquet dont je vous entretenais dernièrement est arrivé très rapidement, malgré le jour chômé en début de semaine ! J’en ai profité pour entamer son défrichage… Première très bonne surprise : les remastering sont assez récents –au moins pour la majorité des opéras, après vérification-, et sensiblement meilleurs que ceux que je connaissais auparavant ! Pour le reste, les livrets -multilingues- sont inclus sur un CD Rom, ce qui est assez pratique si on en a besoin.

Pour le reste, la présentation est à l’identique de celle du coffret de Noël denier, sauf que tous les liserés rouges sont remplacés par des liserés oranges… La playlist vous présente ce que j’ai déjà écouté en entier depuis deux jour. Je précise que, malheureusement, la politique éditoriale de la marque ne les a pas poussés à proposer les pochettes originelles, mais au prix du coffret, c’est une remarque mineure. Les images, par contre, correspondent, autant que possible, aux originaux –cliquer sur l’image pour la voir en grand-. D’autre part, EMI a désormais disparu, racheté par Warner, qui réédite les mêmes bandes dans un nouveau remaster 24/96, toujours sans pochette originelle, mais à des tarifs prohibitifs et sans livrets !

Et, juste maintenant, un petit extrait de ce qui berce un après-midi pluvieux… Ça parle de pain d’épice et de petits gâteaux, ça tombe bien, Trésor de Janvier va se lancer dans leur confection tout-à-l’heure !

Playlist15112014

Une monarchie utopique…

PausoleJe me suis replongé avec délectation, hier soir, dans la lecture de « Les aventures du roi Pausole », de Pierre Louÿs, un livre d’une finesse d’écriture et d’une drôlerie qui ne retirent rien à la qualité du propos…

J’en avais une antique édition en livre de poche –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-, disparue depuis longtemps -prêté, jamais rendu-, et il devenait difficile de trouver le roman depuis, sauf quelques éditions richement illustrées et vendues très cher. C’est désormais chose faite, Gallica l’a mis à disposition en version électronique.

Je ne peux que vous recommander cette saine lecture en ces temps de morosité ambiante : c’est frais, c’est très bien écrit, c’est à la fois insouciant, libertin mais très délicat et profond

L’argument en semble mince, mais il faut aller au-delà et courir le lire ! Vous sortirez du roman de très bonne humeur !

« Le Roi Pausole, souverain débonnaire, indécis et rêveur, mène une vie paisible à la tête de son harem de trois cent soixante-six femmes, jusqu’au jour où sa fille Aline s’enfuit avec une jolie danseuse déguisée en prince charmant.
Accompagné de Giglio, page séducteur, et du Grand-Eunuque Taxis, qui incarne l’ordre moral et cite la Bible à tout propos, Pausole se lance sur les traces de la jeune femme… »