Coups de coeurs et déceptions : bilan discophile 2025

Cette année encore, une seule notule suffira pour établir ce bilan annuel, –non exhaustif–  puisque, comme l’année dernière, j’ai assez nettement réduit mes achats de disques ! Dans le cadre de travaux à venir, j’envisage par ailleurs de totalement refonder leur rangement…

Le coin du classique…
Deux disques ** dont j’attendais beaucoup plus –mais qui sont superbement enregistrés- :
Glière, Symphonie n°2 + Suite « The red Poppy » – Après la superbe réussite que constitue la troisième symphonie « Ilya Mourometz », celle-ci, bien que superbement orchestrée, est moins ambitieuse et beaucoup moins passionnante.
Copland, El Salon Mexico, Dance Symphony, Fanfare For The Common Man…
• Un disque ***** d’une oeuvre rare et belle : « Markus Passion », de Johann Georg Künstel. LA superbe découverte de cette année !
• Trois albums Beethoven, un compositeur dont je ne me lasserai jamais…
– Sonates pour piano, anthologie Glenn Gould –7 CD-: le bon, voire le très bon, côtoie le plus bizarre et très contestable, ce qui était un peu attendu… de ** à ****
– Concertos pour piano, intégrale : une chouette version HIP ****
– Variations Diabelli : la version totalement azimutée et enthousiasmante de Friedrich Gulda ! *****
• Quatre beaux albums « Sinopoli » pour enrichir ma connaissance de ce chef… **** à *****
• Une magnifique intégrale de symphonies de Sibelius que je cherchais depuis longtemps et que j’ai enfin réussi à dénicher ! ***** évidemment !

Du côté Pop-Rock…
• The J Geils Band : premier album très bluesy de ce très dynamique groupe bostonien ! Un très bon disque, enregistré en 1970, très surprenant quand on ne connaît que le beaucoup plus célèbre –et beaucoup moins « roots »– « Freezer Frame » ! ****
• Roky Erickson And The Aliens, « I Think Of Demons » – Levez-vous de très bonne heure si vous voulez dénicher cet introuvable, enregistré pendant une petite période de lucidité, entre deux internements en psychiatrie, par le leader des 13th Floor Elevators avant qu’il ne vire complètement cintré… ****
• Johnny Thunders, « Live In Los Angeles 1987 » – Un bel album live –LP– qui rehausse largement la discographie erratique de Johnny Thunders ****

Au rayon Blues…
On retrouve des albums LP ***** que je vous ai présentés ici ou , et qui sont tous de belle qualité pour qui aime le blues et les champs de coton !

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Playlist « Power Pop : Play It Loud ! »

Les travaux de raccordement au réseau urbain sont si bruyants –ils percent à travers les fondations de l’immeuble aujourd’hui et demain– que seule une playlist à haut niveau sonore permet d’écouter un peu de musique ! La playlist de ce jour est faite pour ça : trois albums énergiques -dont un double LP- enregistrés en live. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Flamin’Groovies – Rocking The Rounhouse – CD ***

Trois concerts londoniens, deux enregistrés en décembre 1976 et un troisième en juin 1978 dans la salle historique de la rotonde –Roundhouse– de Chalk Farm à Londres et qui donne son nom à l’album. Malheureusement, le son n’est pas exceptionnel et rend l’écoute un peu frustrante –la belle énergie du groupe passe régulièrement à la trappe-, loin de là, mais la setlist comporte quelques excellents titres et l’ensemble reste joué avec conviction et enthousiasme.

• Johnny Thunders – Live In Los Angeles 1987 – Double LP ****

A cette date, assister à un concert de Johnny Thunders relevait d’un pari audacieux : celui-ci a été enregistré dans un bon jour ! Le guitariste-chanteur est bien entouré –Jerry Nolan et Arthur «Killer» Kane à la section rythmique– et semble suffisamment sobre ce soir-là pour assurer une setlist complète ! C’est assez rare pour être souligné ! La quatrième face de ce double LP donne à entendre quatre titres extraits d’un bon concert enregistré à Osaka en 1991. Le son est meilleur que sur la plupart des bootlegs consacrés à Johnny Thunders, et c’est tant mieux !

• The Real Kids – Live At Monty Hall – 2015 – CD ****

Monty Hall est, à New York, la salle de concert de la station de radio WFMU, la «meilleure station de radio du pays» selon la presse spécialisée US. A cette date, le groupe a été remodelé autour de son créateur John Felice et se produit en tournée dans de petites salles pour la promotion de son album « Shake… Out Control ». Evidemment, cet album est loin de l’absolue réussite de « All Kinddsa Jerks Live » enregistré en 1983 au Bataclan –un des tout meilleurs albums live jamais enregistré, malheureusement trop méconnu-, mais ça reste un bon live, avec une setlist mêlant morceau récents- à cette date– et titres plus anciens.

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Playlist « Punk’s not dead » !

Ça dépote depuis très tôt dans la maison avec cette playlist consacrée à un courant musical très éphémère : le courant punk –1976 – 1978 au plus tard…-, à travers quatre albums tout-à-fait emblématiques du genre ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Pour reconstituer l’histoire de ce courant musical, l’un des meilleurs ouvrages consacré à ce mouvement, né aux États-Unis contrairement à une légende bien établie –New York, scène alternative du CGBG : le vrai berceau de la musique punk-,puis propagé très largement en Angleterre, sur fond de la crise politique, sociale et sociale profonde qui aboutira à l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher, reste disponible dans toutes les bonnes librairies : je vous en avais déjà parlé il y a très longtemps, il s’agit du livre de Jon Savage « England’s Dreaming », 685 pages d’une lecture réellement passionnante. –cf. imagette de droite-.

• The Ramones – Rocket To Russia – 1977 *****

Rocket To Russia est déjà le troisième album des faux frères new yorkais, et leur meilleur à mes oreilles, au sein de la discographie relativement riche du groupe –14 albums studio au long d’une carrière riche de plus de 2000 concerts en 20 ans-. Tout va très vite : une musique bourrée d’énergie et sans aucune fioriture ! Il ne reste aucun survivant parmi les membres du groupe originel qui enregistra cet album.

• The Clash – The Clash – 1977 ****

Premier album et seul album du groupe justifiant du label « Punk ». Très bon : paroles revendicatives, musique énergique. Mais ses successeurs, dont le fameux « London Calling », seront encore bien meilleurs, au fur et à mesure que le groupe aura assimilé différents styles musicaux et varié son répertoire, mis sans jamais perdre une certaine authenticité.

• Stiff Little Fingers – Inflammable Material – 1978 ****

De loin le plus méconnu des albums de cette playlist ! Et, cependant, un disque tout-à-fait emblématique de ce courant « Punk », et l’un des plus authentiques. Stiff Little Fingers, ce sont quatre Irlandais de Belfast à l’accent à couper au couteau ! Musique souvent frénétiques et refrains hymniques : un très bon album, trop méconnu !

• Johnny Thunders – So Alone – 1918 *****

Johnny Thunders, avec les New York Dolls, était punk sans la savoir, avant même l’émergence de ce courant ! So Alone est un immense disque au sein d’une discographie totalement erratique, où, pour une unique fois, le guitariste, bien entouré et bien produit, a su de discipliner pour réaliser un projet abouti.

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La dernière poupée s’en est allée…

Avec le décès de David Johansen, le dernier membre des New York Dolls s’en est allé… La nouvelle est tombée le 1er mars.


David Johansen était le chanteur des New York Dolls, et formait avec son compère Johnny Thundersguitare, choeurs et injections de substances variées– un duo concurrençant le duo Steven Tyler – Joe Perry –Aerosmith– dans leur volonté d’imiter les « Glimmer Twins » Mick Jagger – Keith Richards.

Les New York Dolls, superbe groupe que l’on peut définir comme adeptes du « Glam-Proto-Punk Rock » ne connurent aucun succès de leur vivant et se séparèrent rapidement, mais leur gloire posthume est immense : la presse quotidienne ne s’y est d’ailleurs pas trompée, le décès du chanteur est annoncé tant dans Le Monde que dans Libération.  Il en reste deux excellents albums, parus en 1973 et 1974, que j’ai découverts en 1982 et adoptés aussitôt, et d’innombrables déchets de concerts au son généralement calamiteux…
Leur réformation, sans Johnny Thunders, qui résidait déjà depuis quelques temps boulevard des allongés, est passée relativement inaperçue médiatiquement et s’avère assez pauvre musicalement. –Cliquer sur les images pour les voir en plus grand.

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Playlist « Cette année-là – 2007 »

Paul Dukas – Oeuvres pour piano, intégrale – Olivier Chauzu
Johnny Thunders – Too Much Junkie Bussiness
William Sheller & le Quatuor Stevens – Live
George-Frideric Handel – Solomon – Solistes, RIAS Kammerchor, Akademie für alte Musik, Daniel Reuss
-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-

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Playlist sonore et décadente !

Alors que l’on célèbre cette année les 50 ans du festival d’été de Woodstock –3 jours de paix, d’amour et de musique : c’est eux qui le disent-, je me confronte à une playlist plus sombre et plus sonore ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Le lien avec Woodstock, c’est l’album « pirate » des Rolling Stones, enregistrés ici au festival d’hiver d’Altamont, en décembre 1969 : le nombre de morts y fut aussi élevé qu’à Woodstock –3– et le nombre de naissances identique également, mais les conditions déplorables de gestion du service d’ordre -les Hell’s Angels de Californie, payés en packs de bière- conduisirent la mort violente d’un jeune homme –poignardé par le service d’ordre– armé d’un pistolet et dont on n’a jamais connu réellement les motivations : voulait-il tirer sur Mick Jagger ou non ? On ne le saura sans doute jamais. L’enregistrement, assez passable, est intéressant à titre de documentaire, pour sentir la tension qui régnait sur la scène ce soir-là –et dont le film « Gimme Shelter » rend assez bien compte-.

Sinon, Rammstein en live, écouté plein pot assez tôt le matin, eh bien : ça dépote, justement ! Personnellement, j’aime beaucoup, même si le martèlement incessant de cette musique plutôt monolithique peut lasser sur la durée –mais les paroles sont plus intéressantes qu’il n’y paraît au premier abord-. En tout cas, le groupe fait preuve d’une remarquable densité en concert, plus qu’en studio me semble-t-il.

AC/DC et The Lords Of The New Church sont de vieilles connaissances, et j’ai récemment acheté ces deux albums : je ne connaissais pas très bien celui du combo australien, sorti à une période –1995– où j’avais un peu mis le groupe de côté, et il s’avère vraiment bon. Quant aux Lords Of The New Church, groupe issu de la mouvance punk-rock de la fin des années 70 et porté par un chanteur totalement déjanté –Stiv Bator, pendant vocal du guitariste Johnny Thunders…-, il est très inégal, mais il comporte « Russian Roulette », grande chanson post-punk !!!

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Playlist « Loser flamboyant »

Johnny Thunders fut un loser flamboyant, dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog… Capable du tout meilleur dans ses bons jours, et auteur, notamment d’un merveilleux album solo, « So Alone », qui est pour moi l’un des plus grands albums enregistrés dans les années 70, mais aussi coupable du pire : de nombreux albums live du début des années 80 sont d’une absolue médiocrité, tant l’artiste se révélait incapable de tenir son rôle, et son rang, du fait de ses addictions.

Les circonstances de sa mort restent mystérieuses, et, par paresse, la police conclut à une mort par overdose plutôt qu’à un éventuel meurtre, hypothèse pourtant la plus probable. Quoi qu’il en soit, l’autopsie montra que l’organisme de Johnny Thunders était très abimé et qu’il était vraisemblablement atteint d’une leucémie, et donc condamné à relativement court terme.

J’ai pu trouver, dernièrement, trois albums très convaincants du musicien : un live des New York Dolls enregistré assez convenablement à Paris et deux albums de studio où il sort de son rôle de loser pathétique pour proposer des chansons originales ou des reprises de très bonne qualité : il y apparaît en bonne voix, joue de très chouettes lignes de guitare, et, surtout, s’avère très bien accompagné ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

On est évidemment loin, dans ces deux albums, des attitudes punk de l’époque « Heartbreakers », mais tout cela s’écoute très agréablement ! Chouette playlist !

Playlist brève -mais intense- !

Quatre albums pour constituer une courte mais intense playlist ce soir : les albums des Ramones débordent rarement au-delà de la demi-heure, malgré, presque toujours, un format « 12 titres » sur chacune d’eux. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Composé de quatre faux frères, les individualités du groupe n’avaient pas forcément grand-chose pour oeuvrer ensemble : Joey Ramone, chanteur –de grand talent– et leader du groupe à la scène, était un progressiste  introverti et dégingandé, qui servit longtemps de souffre-douleur à Johnny Ramone, guitariste ultra-conservateur et leader du groupe à la ville : les deux hommes ne se parlèrent plus durant plus des quinze dernières années de la vie du groupe ! Dee-Dee Ramone, le bassiste, était un junkie notoire, rebelle à toute forme de discipline, qui trainait longtemps ses guêtres avec Johnny Thunders, dont je vous ai déjà parlé ici. Enfin, les batteurs successifs présents sur ces albums, Tommy Ramone puis Marky Ramone, furent, le premier un personnage rigoureux et loin des excès prêtés aux musiciens de punk rock, et le second un alcoolique talentueux avant de se ranger des voitures.

J’aime plus particulièrement au sein d’une discographie assez abondante, les albums « Rocket To Russia » et « Pleasant Dreams », ce dernier particulièrement mélodieux et moins monolithique que ses prédécesseurs.  Sur la vidéo ci-dessous et si vous ne résister pas à cette déferlante sonore, vous pouvez vous rendre directement à 11:45 : l’excellente chanson « The KKK Took My Baby Away » est écrite, selon la légende, par Joey Ramone et destinée à Johnny Ramone, qui lui avait « piqué » sa petite amie… Ambiance…

Une playlist revigorante !

Playlist « Mes années collège »

Suite à la lecture de cette notule de Sardequin, allez savoir pourquoi –il faudra aller dans les commentaires pitre comprendre ma logique…-, je me suis fabriqué une playlist « année collège », constituée d’albums que j’écoutais soit à la fin de ma période de collégien, soit au début de mes années de lycéen. Ce qui, évidemment, ne me rajeunit pas.

A l’époque, ces disques faisaient vaguement partie d’une culture « underground » et échappaient assez largement au « grand répertoire » de nombreux collégiens ou lycéens de l’époque, mais, avec quelques acolytes, ils faisaient parfaitement notre bonheur ! –Cliquer sur l »image pour la voir en plus grand-.

Belle brochette de mines patibulaires, de guitares au son saturé et d’artistes alors maudits, mais devenus « cultes » avec le temps –les trois-quarts sont morts aujourd’hui…-.
Généralement, le son va du médiocre –LAMF de Johnny Thunders & The Heartbreakers, malheureusement. En 33T, c’était abominable, le remix tardif paru pour le CD est meilleur, mais reste à peine passable– au convenable, parce que, quand même, pour la plupart, se payer un producteur, c’était un peu trop cher… Cela n’empêche en rien d’y trouver un plaisir jubilatoire et revigorant !

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