Playlist « Terra Incognita. 7 »

• Préambule – Avant même d’entreprendre quoi que ce soit ce matin, je me suis rendu au bureau de vote dès son ouverture comme toujours, à l’occasion de second week-end électoral, et après une petite balade  rafraîchissante qui m’a également conduit vers une boulangerie où je me suis offert quelques viennoiseries –en général, je ne mange pas le matin-, lesquelles ont accompagné, à mon retour, mon second double-expresso de la matinée ! Après quoi, je me suis rendu à la déchèterie, coffre de la voiture préalablement rempli : on y rencontrait nettement plus de monde qu’au bureau de vote !

• Nouveau volet, et pas le dernier sans doute d’une série consacrée à des oeuvres de ma discothèque que j’ai fréquentées si peu souvent –parfois une seule fois, dans le cadre de l’intégrale d’un corpus de tel ou tel compositeur ou d’une anthologie consacrée à tel ou tel interprète– que je n’en ai guère gardé de souvenir, bon ou mauvais, bien que certaines d’entre elles soient relativement connues, comme c’est le cas pour deux d’entre elles dans cette playlist –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Camille Saint-Saëns – Concerto pour piano n°5 « L’Égyptien » – 1896
Pascal Rogé ; Royal Philharmonic Orchestra, Charles Dutoit – 1978 ****
Extrait d’un coffret de 2 disques comprenant l’intégrale des concertos pour piano de Saint-Saëns – Decca, 1978

J’avais acheté ce petit coffret parce que j’apprécie beaucoup Pascal Rogé, pianiste français trop rares, et dont tous les disques que je connais –Satie, Ravel, Poulenc, Fauré…– sont de fort belles réussites, ainsi que Charles Dutoit –pas encore au sommet de sa notoriété dans cet enregistrement– qui excelle généralement dans la musique française. J’apprécie généralement moyennement Saint-Saëns –c’est toujours remarquablement construit et impeccablement orchestré, mais pas toujours très inspiré…– , hors sa formidable troisième symphonie. Son cinquième concerto pour piano est, à mes oreilles, le meilleur du lot avec le deuxième et son écoute est plutôt agréable.

• Frédéric Chopin – Concerto pour piano n°1 – 1830
Gina Bachauer ; Orchestre symphonique de Londres, Antal Dorati – 1964 **
Extrait d’un coffret anthologique de 7 CD consacré à la pianiste Gina Bachauer : The Mercury Masters – Eloquence Classics, 2022

Je n’écoute que rarement des oeuvres de Chopin, qui a tendance à m’ennuyer assez vite, et ses concertos pour piano ne font clairement pas partie de mon quotidien ! Mais il se trouve que le premier d’entre eux fait partie d’un excellent coffret consacré à une excellente pianiste un peu oubliée de nos jours, Gina Bachauer, que j’ai connu tout jeune parce que dans la discothèque paternelle, c’est elle qui interprétait le 5ème concerto pour piano de Beethoven. Tout au long des années 50 et 60, elle enregistra pour le label Mercury, et, dans le domaine concertant, fut souvent accompagnée par Antal Dorati, dont la discographie est remarquablement abondante ! Malgré tout leur talent, je n’accroche pas beaucoup plus à ce concerto…

• Dmitri Shostakovich – Concerto pour piano, trompette et cordes – 1933
Shura Cherkassky, Harold Jackson ; Philharmonia Orchestra, Herbert MENGES – 1956 ***
Extrait d’un coffret anthologique de 10 CD consacré au pianiste « Shura Cherkassky – Hänssler, coll. Profil, 2018

Le coffret consacré à Shura Cherkassky offre un large panorama de ce pianiste brillantissime, et parmi les nombreuses pépites qui le composent, je n’avais encore jamais écouté ce concerto, qui m’avait échappé : l’oeuvre, que son créateur catalogua comme concerto pour piano n°1, constitue donc une découverte pour moi. On peut y entendre, parmi d’autres thèmes empruntés par le compositeur, une citation de la sonate pour piano « Appassionata » de Beethoven, et Shostakovich semble l’avoir apprécié beaucoup –plus que moi !– et le joua souvent en concert –il tenait la partie de piano-.

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Playlist « Intégrale nocturne… »

Mes nuits sans dormir : suite, et pas fin ! – J’en ai donc profité pour écouter une intégrale de concertos pour piano : celle de Rachmaninov –écriture internationale : le compositeur fut naturalisé américain- que l’on retrouve parfois transcrit « Rachmaninoff » en France ou en Allemagne ». –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Dans ces oeuvres, le duo formé par le pianiste espagnol Rafael Oroczo et le chef néerlandais Edo De Waart –tout jeunes à l’époque– dirigeant le Royal Philharmonic Orchestra fut largement salué lors de la sortie de ces disques, enregistrés en 1973. Ils constituent, aujourd’hui encore, une belle version au sein d’une discographie pléthorique de ces oeuvres, qui bénéficie de très bonnes conditions techniques et reste encore assez facilement disponibles à petit prix au sein d’un coffret consacré au pianiste espagnol Rafael Oroczo par le label Decca, qui a repris l’intégralité du catalogue Philips.

Les concertos pour piano de Rachmaninov, qui exigent une très grande virtuosité pianistique, ne jouissent pas de la meilleure réputation qui soit : on leur reproche souvent leur post-romantisme un peu trop sucré, voire mièvre pour les plus rétifs à son art, mais ils ont pourtant connu les faveurs des plus grands pianistes et sont très accessibles à un très large public et d’une écoute très agréable, pour peu qu’on n’en abuse pas trop souvent !

Le concerto n°2 –1901, extrait– est hyper-célèbre, le 3ème –1909– est sans doute le plus abouti du lot.
Le 1er concerto fut composé en 1891 et révisé en 1917, le 4ème, achevé en 1926, fut révisé en 1928 puis en 1941 : beaucoup moins populaires que les deux concertos médians, ils sont enregistrés dans leur version « définitive ».

Une bonne entrée en matière pour le week-end : nous filons dans les Vosges chasser le dahu en joyeuse compagnie !

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Playlist « Terra Incognita. 6 »

Poursuite, avec cette playlist, de ma découverte d’oeuvres que je fréquente très rarement, au point de n’en avoir guère de souvenirs ! Vous pouvez retrouver tous les épisodes de cette série et ses fondements ici.
La série de ce jour est consacrée à Emil Gilels, pianiste très présent dans les pages et notules de ce blog –j’en ai plus d’une centaine de disques sur mes étagères-, mais dans des oeuvres que je ne côtoie que très épisodiquement, issues de différents coffrets anthologiques. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Ces disques proposent d’antiques enregistrements réalisés pour la firme soviétique Melodiya sur une période s’étendant des années 30 aux années 60, et qui sont parus sporadiquement sous de multiples étiquettes –Chant du Monde, Westminster, Metronome…– lors de leur première parution en Europe de l’ouest. Lorsqu’ils sont tombés progressivement dans le domaine public, de nombreux éditeurs plus ou moins obscurs se sont jetés sur ces bandes pour les rééditer au sein de coffrets anthologiques plus ou moins abondants, parfois conçus à la va-vite et, le plus souvent, sans grande cohérence éditoriale. Globalement, dans ces années-là, les prises de son soviétiques sont la plupart du temps moins bonnes que celles réalisées à la même époque en Europe de l’ouest, mais l’ensemble reste d’une monophonie convenable.

A partir de la fin des années 50 et de son autorisation à voyager sous haute surveillance dans les pays d’Europe de l’ouest, Emil Gilels put enregistrer pour HMV-EMI, RCA et Deutsche Grammophon dans de bien meilleures conditions.

• Gabriel Fauré – Quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle en ut mineur op. 15
E. Gilels, L. Kogan, R. Barshai, M. Rostropovich – 1956 ****
-L’album fait partie d’un coffret anthologique de 10 CD « Emil Gilels, virtuose avec noblesse » ; Membran, cc.2013-

• Georg Frideric Handel – Sonate pour flûte et piano en la mineur op. 7
E. Gilels, A. Korneyev – 1958 ****

• Domenico Scarlatti – 13 sonates pour piano ; Scarlatti – Tausig : 2 sonates pour piano
E. Gilels – 1949 / 1960 *****
Les deux albums font partie du coffret anthologique de 13 CD « Emil Gilels Edition vol.1 1933-1963 » ; Hänssler, coll. Profil, 2018

Le répertoire d’Emil Gilels était remarquablement large, s’étendant de la fin du 17ème siècle –Bach, Handel (cette sonate pour flûte et piano, que j’avais complètement oubliée, est très agréable à écouter), Scarlatti, Rameau…– jusqu’au 20ème siècle. Outre les grands compositeurs classiques et romantiques, il joua, dès les années 30 et jusqu’à la fin de sa vie en 1985, un choix de sonates de Scarlatti, mais également nombre de musiciens soviétiques contemporains. Accompagnateur très apprécié, il enregistra également de nombreuses pièces de musique de chambre, dont ce quatuor avec piano de Gabriel Fauré, toujours très bien entouré, à l’est comme à l’ouest.

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Ça faisait bien longtemps…

… que je n’avais plus écouté de sonates pour piano de Beethoven, tout occupé que j’étais à me rendre vers des territoires moins connus de ma discothèque ! Oubli désormais réparé avec la playlist de ce jour, consacrée à quelques-unes de ses sonates les plus célèbres, dans des versions dont je ne me lasse pas ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Beethoven – Sonates pour piano n°8 « Pathétique » ; 13 et 14 « Clair de lune » – 1980 *****
• Beethoven – Sonates pour piano n°15 « Pastorale » et n°17 « La tempête » – 1981 *****
• Beethoven – Sonates pour piano n°21 « Waldstein » et n°23 « Appassionata » – 1972 ; 1973 *****
Emil Gilels, piano

Derrière des micros qui rendent enfin justice à sa sonorité d’airain, ce Beethoven prend une puissance, un sang, un corps que personne ne lui a jamais donné. – Diapason

Je n’ai encore jamais vu d’artiste plus concentré, plus énergique et plus ardent qu’Emil Gilels – Joachim Kaiser, musicologue auteur de « Grands pianistes de notre temps »

L’intégrale inachevée des sonates de Beethoven d’Emil Gilels, initialement parue au compte-goutte en disques séparés au début de l’ère du Compact Disc, a énormément bénéficié d’un nouveau remastering suivant le procédé « Original Image Bit Processing », qui rend désormais pleinement justice à sa beauté de sonorité légendaire, lors de sa mise en coffret –9 CD, disponible ici ou dans deux présentations différentes, mais c’est le même remastering et l’un des deux coffrets est d’un prix indécent, même si cette intégrale bardée de distinctions prestigieuses à travers le monde n’a pas de prix…-.

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Playlist « terra Incognita. 5 »

Poursuite, avec cette playlist, de ma découverte d’oeuvres que je fréquente très rarement, au point de n’en avoir guère de souvenirs ! Vous pouvez retrouver tous les épisodes de cette série et ses fondements ici. La playlist d’aujourd’hui me conduit plus particulièrement en Suède, via Hambourg, où les douaniers tatillons, avant la libre circulation des personnes au sein de l’Union européenne, n’aimaient pas les jeunes Français au cheveux trop longs  !
L’attrait de cette playlist dominicale est largement accru par d’excellentes prises de son, pour tous les disques qui la constituentCliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Hugo Alfvén – Symphonie n°5 – Premier enregistrement mondial de la version complète – 1942/52
Orch. Philh. Royal de Stockholm, Neeme Järvi – 1992 ***
Extrait du coffret de 5 CD de l’intégrale symphonies d’Alfvén par Neeme Jârvi, BIS Records, 2004

Hugo Alfvén est un compositeur suédois que je connais depuis les années 80, date de mon premier périple – en R5 même pas Super-5 ou électrique, et complètement démontée par les douaniers de Hambourg 2 fois, à l’aller et au retour…– à travers la Suède et la Norvège. Mon oncle, immense collectionneur de disques, m’avait fait toute une liste de LP difficilement trouvables en France de à lui rapporter, et j’avais notamment trouvé deux albums du compositeur chez un disquaire de Göteborg, surpris qu’un jeune Français lui fasse cette demande ! Les symphonies d’Alfvén, belles sans être vraiment géniales ou profondément originales, sont désormais assez facilement dénichables. Cette intégrale de Neeme Jârvi, infatigable propagateur de raretés, est tout-à-fait réussie.

• Johannes Brahms – Sonates pour piano n°1 en ut majeur, op. 1 – 1853
Anatol Ugorski, piano – 1997 ****
Extrait du coffret de 9 CD de l’intégrale des oeuvres pour piano et orgue de Brahms, DGG « Brahms Edition II », 2008

J’ai toujours eu du mal avec la musique de Brahms –né et instruit à Hambourg, où il jouait, jeune, du piano dans les tavernes de la ville– , y compris son corpus pour piano, assez peu touffu. J’avais à l’époque acheté ce coffret pour la transcription pour « piano main gauche » de la chaconne pour violon de Bach –très bien pour le coup– et l’avais remisé sur mes étagères après une écoute distraite. Je préfère cette version très idiosyncrasique d’Anatol Ugorski aux autres versions que j’ai pu entendre : fidèle à son habitude, ce très singulier pianiste –passé par la déportation en Sibérie durant l’ère soviétique et à la carrière de météorite après la chute du mur de Berlin– fait un sort à chaque note, mais au moins, je ne m’y ennuie pas –ce qui est assez fréquent pour moi avec Brahms-.

• Kurt Atterberg – Symphonie n°9 « Visionaria » – 1956
S. Vihavainen, G. Suovanen, Ch. Chambre Prague, Ch.& Orch. NDR, Ari Rasilainen – 2003 ****
Extrait du coffret de 5 CD de l’intégrale symphonies d’Atterberg par Ari Rasilainen, CPO Records, 2004

Oh ! Une neuvième et dernière symphonie avec avec solistes et choeurs, ça ne vous rappelle rien ? Dans cette symphonie assez cataclysmique, le texte chanté relate le « Ragnarök », extrait de l' »Edda poétique », une épopée islandaise datant d’environ 1270, qui raconte les visions d’une sage prophétesse –d’où le titre de la symphonie « Sinfonia Visionaria »– qui prédit la création du monde, la guerre entre les dieux, les géants et les humains, la destruction du monde, et enfin sa reconstitution. Une symphonie puissante, oscillant quelque part entre le Sibelius de « Kullervo » et le Shostakovich des « symphonies de guerre » :  elle constitue l’heureuse surprise de cette playlist.

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Playlist « Trois claviers pour un seul Bach »

Les trois claviers de cette playlist sont, respectivement, ceux du piano, du clavecin et de l’orgue. Le seul Bach -prononcer [baR]- est Johann Sebastian, fils et père de toute une lignée de compositeurs qui le précédèrent ou le suivirent –le bougre a eu 20 enfants issus de 2 mariages, et 4 de ses fils deviendront également compositeurs, souvent plus célèbres de leur vivant, d’ailleurs, que leur père…-.

Disons-le tout net, je suis sorti de cette playlist au bord de l’épuisement, même si chacun des albums qui la composent est très bon, voire excellent, dans son genre ! Le très prolixe Georg Philipp Telemann, qui était son exact contemporain et jouissait au même moment d’un succès considérable et de la réputation de « plus grand musicien du monde germanophone » parlait de Bach-père comme d’un « compositeur qui contrepointe à tire-larigot », et ce n’est pas toujours totalement infondé. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Suite anglaise n°3 BWV 808
• Prélude et fugue n°32 extrait du livre II du « Clavier bien tempéré » BWV 877
Friedrich Gulda, piano – 1953 *****

• Fantaisie chromatique et fugue BWV 903
• Concerto italien BWV 971
• Toccata en ré mineur BWV 913
• Partita en si mineur BWV831
Trevor Pinnock, clavecin – 1977/83 *****
Le clavecin a été fabriqué par les facteurs Clayton & Garret d’après une copie d’un clavecin de J.D. Dulcken de 1745

• Toccata et fugues pour orgue BWV 565, 5654, 540 & 538
Ton Koopman, orgue – 1983 ****
Orgue de la Grote Kerk de Maassluis (Pays-Bas) du facteur allemand Arp Schnitger, 1730-1732

L’orgue est, mon avis, l’instrument le difficile à apprivoiser dans un environnement domestique, même sur un système de haute qualité. Il faut un minimum de volume sonore pour que l’instrument respire et puisse s’exprimer. En conséquence, rapidement, cela peut devenir gênant pour le voisinage. De fait, j’en écoute très peu.

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Playlist « Mendelssohn en noir & blanc »

Pour me remettre de mes écoutes un peu mornes d’hier, voici une playlist nettement plus gratifiante à mes oreilles, consacrée à l’un de mes musiciens favoris –il est dans mon top 5– et dont le corpus pour piano n’est finalement pas si populaire, hormis peut-être les fameuses « Romances sans paroles ».
Et pourtant, à mon avis, la musique pour piano de Felix Mendelssohn-Bartholdy, brillant virtuose, gagnerait à être plus connue : elle est le plus souvent très agréable, plutôt intimiste et se tenant relativement éloigné des effusions romantiques de Schubert ou de Schumann ou de la virtuosité fulgurante de Liszt. J’aurais presqu’envie de dire : du Chopin en plus intéressant ! Il est sans doute plus sage de ne pas écouter les 8 livres qui constituent le recueil de ces « Romances sans paroles » à la suite, mais plutôt de les savourer petit à petit.
Les 6 préludes et fugues sont évidemment « inspirés », au moins dans leur forme, des préludes et fugues de Bach, que Mendelssohn contribua plus que tout autre à redécouvrir et à populariser quand le musicien avait sombré dans un relatif oubli après sa mort.
Quant au « Songe d’une nuit d’été », oeuvre absolument génialissime, cette transcription pour deux pianos, réalisée par le compositeur, est rarement jouée ou enregistrée, mais n’en demeure pas moins géniale ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Lieder ohne Worte (Romances sans paroles), livres 1 à 4
Daniel Adni, piano – 1973 ****(*)

• Le songe d’une nuit d’été, Ouverture et Scherzo – Transcription pour 2 pianos
Martha Argerich & Christina Marton, piano – 2009 *****

• 6 Préludes et fugues op. 35
Daniel Adni, piano – 1976 *****

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Playlist « Musique française pour le piano »

(Mes nuits sans dormir, une fois de plus…) De la musique française, je n’en écoute pas si souvent, et de la musique française pour le piano encore moins souvent, mais ces albums, écoutés nuitamment, sont tout-à-fait agréables et comportent de nombreux petits bijoux.
Ces pièces généralement courtes sont interprétées par Pascal Rogé, pianiste français discret et rare, qui s’est fait une spécialité de ce répertoire : ses disques sont régulièrement encensés par la presse étrangère –sa discographie chez Decca est relativement abondante-, et pourtant peu souvent cités en France : nul n’est prophète en son pays ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Dans les pièces pour piano à quatre mains de Francis Poulenc ou d’Erik Satie, Pascal Rogé est accompagné par Jean-Philippe Collard.

• Francis Poulenc – Pièces pour piano, extraits de l’intégrale – Pascal Rogé – 1987 *****
• Gabriel Fauré – Musique pour piano, anthologie – Pascal Rogé – 1990 *****
• Erik Satie – Musique pour piano, vol. 2 – Pascal Rogé – 1989 *****

Étonnamment, le label Decca, très réputé, et de longue date, pour ses prises de son dans le domaine symphonique ou lyrique, ne s’est jamais montré à la hauteur de sa réputation en ce qui concerne la musique pour piano, quel que soit l’artiste envisagé…

Playlist « Grand seigneur romantique »

Faite de frasques amoureuses et de repentir religieux, marquée par des engagements sociaux et patriotiques d’une grande générosité, la vie mouvementée de Franz Liszt est archétypique de l’image que l’on pourrait se faire du musicien romantique.
Sa biographie dans l’excellent « La vie de Liszt est un roman », du grand dramaturge hongrois Zsolt Harsányi, d’une lecture agréable, permet de découvrir un musicien éminemment sympathique, qui fut aussi le plus grand pianiste de son temps et un compositeur inventif –c’est lui qui « inventa » notamment le poème symphonique– et talentueux, voire génial à l’occasion.
Compositeur prolifique, Les oeuvres de Liszt oeuvres ont parfois été éclipsées par ses talents de virtuose et d’interprète, statut pour lequel il était reconnu dans toute l’Europe. Nombre de ses compositions les plus célèbres restèrent longtemps ignorées, par le simple fait qu’il fut, pendant longtemps, le seul à pouvoir les interpréter : c’est le cas, notamment, de ses études ou de pièces les plus brillantes pour le piano –leur écoute est parfois épuisante tant il y a de notes…-. Avec le temps, il s’assagit et ses réalisations les plus marquantes sont d’une grande beauté et, parfois, d’une belle intériorité. Par ailleurs, Liszt, dans ses oeuvres orchestrales, intégra de nombreux éléments empruntés au folklore hongrois.

Parmi mes oeuvres préférées du compositeur figurent celles de la playlist du jour. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Mazeppa – Fantaisie hongroise – Rhapsodies hongroises n°4 & 5
Shura Cherkassky, piano – Orch. philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan – 1961 *****

A l’instar de Tchaïkovsky, Liszt fait partie des compositeurs qui ont toujours réussi à Herbert von Karajan. Le chef autrichien enregistra finalement assez peu de pièces orchestrales du compositeur, mais ce disque, le troisième qu’il mit en boîte pour la firme Deutsche Grammophon, en 1961, est absolument somptueux, notamment pour Mazeppa, épique dans cette version, et pour une Fantaisie hongroise remarquable de puissance, de couleurs et d’engagement à l’orchestre, mais aussi de virtuosité enflammée de la part de Sura Cherkassy, formidable pianiste souvent un peu fantasque, ici pleinement dans son répertoire ! Un très grand disque, bénéficiant d’une superbe prise de son de surcroît !

• Sonate en si mineur
Emil Gilels, piano – 1970 *****

Cette sonate, oeuvre de la maturité du compositeur dédicacée à Robert Schumann, est la seule que Liszt composa, lui qui écrivit énormément pour son instrument de prédilection, et à toutes les époques de son abondante production. C’est l’une des très grandes sonates pour le piano composées après celles de Beethoven, et l’une des plus populaires finalement, bien quelle ne soit pas si facile d’accès : d’une durée d’une trentaine de minutes, elle est d’une grande difficulté pour l’interprète et ne comporte aucun programme explicite, même si certains ont voulu en donner des explications littéraires, à l’instar de ses poèmes symphoniques. La légende dit que Brahms s’endormit à son audition et que Clara Schumann détestait l’oeuvre, n’y pouvant que des bruits incohérents. Nonobstant cette appréciation, cette sonate est devenue l’une des oeuvres les plus enregistrées de Liszt. La version du jour est proprement magistrale !

• Concertos pour piano n°1 & 2
Samson François, piano – Philharmonia Orchestra, Constantin Silvestri – 1961 ***

Cet album fait partie de l’un des cinq tout premiers disques qui amorcèrent ma discothèque enfantine ! Je pense qu’avant mes dix ans, le disque devait tomber en rondelles, tant j’ai écouté le second concerto pour piano, en un seul mouvement découpé en six parties, qui état l’une de mes oeuvres favorites à cette époque ! Le premier concerto est nettement plus virtuose et de forme plus conventionnelle, et, avec le temps, j’ai appris à l’apprécier presqu’autant que le second. La réécoute de cette version me laisse un peu sur ma faim désormais : j’en connais de bien plus abouties que celle-ci désormais.

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Playlist « Romantique, russe et contrastée »

La playlist du jour est consacrée à Piotr Tchaïkovsky, très célèbre compositeur russe, très romantique et très populaire et apprécié d’un large public, notamment pour ses ballet d’accès très facile. Elle se compose, de manière contrastée, d’une oeuvre hyper-connue et de trois oeuvres beaucoup plus rares. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Symphonies n°1 «Rêves d’hiver»
Symphonie n°2 «Petite Russie»
Symphonie n°3 «Polonaise»
Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert Von Karajan – 1979 ***

Des six symphonies de Tchaïkovsky –orthographié « à l’allemande » sur les pochettes des disques de la playlist du jour-, seules les trois dernières sont très populaires et assez massivement enregistrées. Les trois premières, a contrario, n’apparaissent souvent que dans le cadre d’intégrales et beaucoup plus rarement en albums séparés : c’est le également cas pour les deux albums consacrés à ces symphonies, enregistrées lors de la parution de l’intégrale d’Herbert Von Karajan –cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand– sortie en 1979 et sporadiquement apparus de manière isolée.
Le chef autrichien n’enregistra ces trois premières symphonies qu’une unique fois, contrairement aux trois dernières, dont il laissa d’innombrables versions tout au long de sa carrière –jusqu’à 7 versions officielles pour la symphonie n°6 « Pathétique »-. Composées entre 1866 et 1875, leur moindre popularité est justifiée par leurs moindres qualités : c’est de la «bonne musique», toujours très bien orchestrée –le compositeur savait indéniablement faire « sonner » un orchestre-, un rien prosaïque parfois –à mes oreilles au moins– et sans éclair de génie. La deuxième symphonie est celle que j’apprécie le moins. Les trois dernières symphonies sont incomparablement meilleures !

Concerto pour piano n°1
Ivo Pogorelich ; Orch. symph. de Londres, Claudio Abbado – 1986 ****

Des trois concertos pour piano du même compositeur, seul le premier est réellement populaire et constitue un cheval de bataille du répertoire concertant pour les pianistes. Le jeune Ivo Pogorelich, très bien accompagné par Claudio Abbado, ne s’y trompa pas en l’enregistrant dès le début de sa carrière, en 1986 et en délivrant une très bonne version –sans totalement égaler les versions princeps d’Emil Gilels, voire de Martha Argerich, au moins à mes oreilles-, dans de très bonnes conditions techniques. L’oeuvre est brillante, ultra-virtuose et son introduction est archi-célèbre, y compris auprès d’un public non mélomane.

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