Balade estivale au plus fort de l’automne…

… le long de l’Ill, des institutions européennes à « l’autre cathédrale de Strasbourg » !

Ce matin, j’ai profité d’une coupure programmée de courant dans notre immeuble pour je ne sais quelle raison -c’est la quatrième fois en un an que la rue est en mode « tranchée » pour des travaux : aujourd’hui : intervention sur le réseau électrique- et d’une météo très ensoleillées et d’une température quasi estivale pour aller faire une longue balade qui m’a conduite du quartier des institutions européennes, au bord de l’Ill, à « l’autre cathédrale de Strasbourg ».

L’Ill, un affluent du Rhin, baigne le bâtiment d’Arte, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et la Cour européenne de justice. En longeant ses rives, le quai est bordé de somptueuses villas, lesquelles abritent essentiellement ambassades et consulats : elles sont donc partiellement cachées par des murs parfois élevés ou un rideau de verdure et protégées par de lourdes grilles ; les caméras de surveillance sont encore plus nombreuses que les vigiles. Un seul bâtiment échappe à cette règle : il s’agit d’un restaurant multi-primé, dont la carte ne comporte que deux menus, l’un en cinq plats, l’autre en six plats, et, en particulier, ce monument ultra-complexe techniquement de l’art culinaire français : le lièvre à la royale, qu’il faudra bien que je goûte un jour –après avoir copieusement puisé dans mon plan-épargne– !

Ce quai aboutit à ce qui est fréquemment considérée comme « l’autre cathédrale de Strasbourg », le temple de l’église réformée Saint-Paul –plus exactement : Paulskirche, ou Église de Paul, les protestants ne pratiquant pas le culte des saints-, achevée par les Allemands en 1897, et dévolue, donc au culte luthérien, à destination des soldats protestants de la garnison de Strasbourg, nombreux après la guerre de 1870. L’édifice, au coeur de la Neustadt, est moins imposant que la cathédrale, mais on le voit néanmoins de très loin car il s’inscrit à la croisée des larges avenues aménagées par les Allemands entre 1880 et 1900, et que ses deux clochers atteignent presque 80 mètres de hauteur, soit quasiment autant que de nombreuses cathédrales de France de l’intérieur. Il fait pendant, à l’autre extrémité de son avenue, à l’église Saint-Maurice, d’un style assez similaire, mais plus petite et avec un seul clocher qui ne s’élève qu’à une soixantaine de mètres, attribuée initialement aux soldats catholiques de la garnison de Strasbourg.

Entre monuments institutionnels, monument culinaire et monuments religieux, une superbe balade monumentale, donc, sous un soleil estival en cette fin octobre !

Playlist « Bach non orthodoxe »

La playlist de cette belle matinée d’automne qui s’annonce au lever du jour est hautement contrapuntique, avec plusieurs pièces pour du « père Bach » –les lecteurs de ce blog devraient désormais savoir comment on prononce son nom, au risque de sombrer dans le ridicule…-, celui qui « contrepointe à tire-larigot » selon l’avis de son contemporain et ami Georg Philipp Telemann, beaucoup plus « succesfull » en son temps ! Toutes ces oeuvres sont interprétées au piano, quand bien même elles n’ont pas été écrites spécifiquement pour cet instrument, dont la construction en était encore à ses premiers balbutiements du temps de Bach. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• J.S Bach – Suites anglaises n°2 & 3, BWV 807 & 808
Ivo Pogorelich, piano – 1986 *****

Un très beau disque d’un artiste singulier, qui fit une entrée dans le métier fracassante au début des années 80, avant de se faire un peu oublier suite au décès de sa professeures, qu’il épousa tout jeune, et de réapparaître depuis une quinzaine d’année. Au début de sa carrière les interprétations d’Ivo Pogorelich étaient d’une approche parfois iconoclaste mais fraiche et nouvelle, toujours d’une grande perfection technique et d’une sonorité riche et belle. C’est également le cas avec cet excellent album, de surcroît très bien enregistré.
Depuis son retour à la scène et au disque, Ivo Pogorelich est encore plus extrême dans ses choix, tordant délibérément les tempi au gré d’un comportement parfois erratique et d’un caractère que l’on qualifiera euphémistiquement de lunatique.

• J.S. Bach – Variations Goldberg, BWV 988
Rosalyn Tureck, piano – 1988 *****

Rosalyn Tureck, pianiste américaine, était considérée, de son vivant, comme « la grande prêtresse de Bach », qu’elle aborda au clavecin, au thérémine, au synthétiseur –bien avant Wendy Carlos– et, surtout, au piano. Cet enregistrement constitue en quelque sort son chant du cygne et, pour peu que l’on accepte de s’installer 90 minutes –la pianiste effectue avec une belle inventivité de très nombreuses reprises– pour l’écouter très attentivement, il est tout-à-fait remarquable. La pianiste conjugue comme personne l’inventivité horizontale –mélodie, nuances dynamique– et la lisibilité verticale –la main gauche est magnifique, cf. extrait-, sur des des tempi généralement lents. Cette très grande lisibilité est encore accrue par une prise de son un peu sèche mais parfaitement adaptée à la vision de la pianiste. Glenn Gould lui-même, célèbre pour son interprétation de ces variations, avait reconnu qu’il n’avait subi qu’une seule influence : celle de Rosalyn Tureck.

• J.S. Bach – L’art de la fugue, BWV 1080
Pierre-Laurent Aimard, 2008 ****

On ne sait pas vraiment pour quel instruments « L’art de la fugue » fut écrit, Bach n’ayant précisé aucune instrumentation, qui est restée inachevée. J’ai dans ma discothèque des versions pour orgue –c’est assez austère sur la durée-, pour clavecin –c’est assez clinquant sur la durée-, pour piano ou pour orchestre de chambre, ces deux dernières propositions étant celles qui conviennent le mieux à mes oreilles.
La version du jour, par un pianiste qui s’est essentiellement distingué dans les oeuvres pour piano du vingtième siècle, est d’une très belle lisibilité formelle et d’une grande acuité rythmique, mais d’un rapproche intellectuelle un peu austère, distanciée et froide. L’oeuvre se prête plutôt bien à ce traitement cependant, et le disque reste agréable à écouter.

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Le jour le plus long…

Depuis 51 ans, le dernier dimanche du mois d’octobre est traditionnellement le jour le plus long de l’année : il dure 25 heures au lieu de 24 : c’est magique !
Nous sommes désormais passés à « l’heure d’hiver », qui nous rapproche de l’heure solaire –le décalage n’est plus que d’une heure– et qui serait, globalement, plus bénéfique pour la santé, même si l’heure d’été a les faveurs de nombreuses personnes : cependant, le décalage avec l’heure solaire y est alors de deux heures et, en période de canicule comme cet été, les dangers pour la santé sont accrus, puisqu’on ne profite pas de la relative fraîcheur matinale et que le pic de chaleur a lieu vers 16 heures au lieu de 14 heures –en revanche, rester attablé en terrasse dans une raisonnable clarté en soirée est, en effet, très plaisant…-.
Quant aux économies d’énergie évoquées lors de la mise en place de ce dispositif il y a un demi-siècle –cette époque où on avait des idées à défaut de pétrole…-, il y a fort longtemps qu’on sait qu’elles ne représentent à peu près rien !

Lors d’une large consultation européenne en 2019, une très large majorité de citoyens avaient voté en faveur de la fin du décalage horaire, mais ce projet fut remis aux calendes grecques à cause de la « crise Covid » et n’a jamais été réactualisé depuis, bien que la question soit sporadiquement évoquée à chaque changement d’heure. Il va sans dire que le choix heure d’hiver / heure d’été n’avait pas été tranché à ce stade, et qu’une éventuelle consultation sur ce sujet apporterait sans doute des réponses nettement moins unanimes !

Il y a 25 ans…

L’iPod de toute première génération, qui contribua très largement à l’essor de la firme à la pomme, sortait il y a 25 ans aujourd’hui. Lecteur de fichiers musicaux muni d’un disque dur de 5Go à cette époque, il communiquait avec l’ordinateur via une très rapide interface FireWire et sa batterie permettait d’écouter de la musique une journée sans faiblir ! Sa molette de navigation, à l’époque, était tout-à-fait révolutionnaire et remarquablement pratique. L’objet a bien évolué par la suite et sa popularité, l’espace d’une décennie, telle qu’il fut même utilisé par le monde d’en face, une licence de fabrication ayant été accordée assez rapidement à la firme HP. L’apparition de l’iPhone contribua progressivement à la disparition de l’iPod.
J’avais acheté le mien très vite à l’époque de sa sortie avec les sous que j’avais gagnés pour un travail graphique –qui était pour moi un passe-temps…– pour une association –réalisation de son logo, de sa charte graphique (papier à lettre, chemise cartonnée, de flyers et d’une affiche-. L’association existe toujours et cette charte graphique lui a servi durant près de deux décennies avant d’être abandonnée.
Il m’a beaucoup servi lors de mes déplacements hebdomadaires à Paris notamment : j’y avais créé plusieurs playlists thématiques qui m’ont longtemps accompagné, l’iPod pouvant contenir des centaines de chansons. c’était bien mieux et plus pratique que le meilleur Walkman !  –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Playlist « Grande année pour les Diablotins »

1966 fut surtout une année exceptionnelle en ce qui concerne la Pop-Rock Music, avec la sortie d’albums légendaires dont j’ai retenu ce triptyque, parce que choisir, c’est aussi un peu éliminer… –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Rolling Stones – Aftermath – 15 avril 1966 *****
• The Beach Boys – Pet Sounds – 16 mai 1966 *****
• The Who – A Quick One (While He’s Away) – 3 décembre 1966 *****

De ce cru exceptionnel, j’ai cependant dû me résoudre, faute d’un temps suffisant, à éliminer l’excellent « Revolver » des Beatles –le seul album du groupe que j’aime beaucoup avec Abbey Road– et le non moins remarquable « Blonde On Blonde » de Bob Dylan, considéré par de nombreux spécialistes comme le meilleur album de cet artiste –personnellement, je préfère « Highway 61, paru l’année précédente et, à mes oreilles, plus pêchu-.

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Playlist « 60’s – Seconde division anglaise »

La pop-rock music anglaise, c’est comme le football ! Si l’on considère que Rolling Stones, Beatles, Who, Procol Harum et autres Kinks ou Cream constituent la « première division anglaise » des groupes pop-rock qui virent le jour dans les années 60 en Angleterre, la « seconde division », objet de cette playlist et composée de quelques groupes à peine moins célèbres mais finalement moins largement « successful » -et, surtout qui ne durèrent pas au-delà de quelques années– fit également, dans une bonne mesure, partie de la vague de la « British Pop Invasion » qui traversa les frontières Outre-Manche puis, tout aussi largement, Outre-Atlantique. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Animals – The Animals – Novembre 1964 ***
• Them – The Angry Young Them – Juin 1965 ****
• Small Faces – Small Faces – Mai 1966 ***

On constatera avec ironie l’absences totale d’imagination des firmes discographiques quant à la production artistique des pochettes de ces albums : la firme Emi-Columbia reproduisait à l’envie l’esthétique des jaquettes des albums des Beatles, qu’elle produisait, quand Decca singeait à l’envie le design utilisé pour les Rolling Stones dans leurs premiers albums… C’est sûrement parce que ces groupes étaient moins photogéniques qu’ils restèrent en seconde division !

Pendant ce temps, en France, on trouvait nos « Yéyés » que je n’ai jamais appréciés et que je continue à dédaigner, et, aux États-Unis, avant que n’apparaissent des courants tout-à-fait neufs et originaux à partir de 1966, on pouvait entendre les Beach Boys sur la côte ouest, et, sur la cote est d’obscurs groupes fortement influencés par leurs cousins anglais, qui sont tombés dans l’oubli le plus absolu. Parmi ces grands oubliés, j’ai réussi à me re-procurer en CD un album que j’avais déjà eu en LP durant mon adolescence des Standells, qui furent célèbres, l’espace d’une année, à Boston, grâce à leur joli succès « Dirty Water » –vous pouvez même en retrouver une vidéo hilarante sur le tube : un des plus mauvais playback sans doute jamais réalisé !!!-, chanson qui reconnut un regain d’intérêt et un joli succès au début des années 80 lorsqu’elle fut reprise par The Inmates. –Cliquer sur l’imagette pour la voir en plus grand-.

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