La traditionnelle surprise mensuelle est enfin arrivée et vous pourrez la trouver ici; au même moment, comme toujours, la surprise précédente est retirée de son serveur.
Ce mois-ci, le contenu de cette surprise est à la fois hyper-connu et pourtant très original, sans que les repères traditionnels soient bouleversés pour autant : libre à vous de l’apprécier –c’est mon cas-, ou pas –certains y voient une forme de goût douteux-. Evidemment, présentée ainsi, vous aurez désormais envie d’aller y voir !
Cette chanson des Cramps, « Human Fly », extraite de leur tout premier EP « Gravest Hits », est très simple à jouer à la guitare –et simplissime à la basse : il n’ y a que trois notes à jouer-, il faut simplement, dans les deux cas, savoir compter correctement et s’aligner sur le chant totalement déjanté de Lux Interior, puisque la structure n’est pas tout-à-fait classique… Vous pouvez écouter leur version originale ici.
La ligne de guitare que je joue ici est celle de Poison Ivy Rorschach : j’ai réglé les aigus à fond, et rajouté une bonne dose de réverbération. Les Cramps, à leur début, n’avait pas de bassiste, et aucun bassiste n’est crédité sur cette chanson : il semble qu’occasionnellement, c’est Poison Ivy qui tenait la basse en studio. La rythmique –qui ne comporte que trois accords : Mi mineur – La mineur – Ré mineur, soit généralement les trois accords que l’on apprend en débutant l’apprentissage de la guitare– totalement saturée est jouée par Brian Gregory, avec un son d’une énorme saturation difficile à rendre avec mon petit ampli assez basique…
Mai a bien commencé cette année avec une belle manifestation sous le soleil. Les cortèges des partis politiques et autres « Frigaza » ayant été relégués en fin de cortège, c’est bien une fête du travail syndicale et familiale qui a pu défiler tranquillement, et j’ai retrouvé avec plaisir quelques amis habitués de l’événement ! Ça changeait de ces dernières années, et c’est tant mieux ! Je n’ai compté aucune boulangerie ouverte le long du parcours, mais les traditionnels vendeurs de muguet étaient nombreux et je n’ai pas manqué l’occasion de m’offrir un petit café en terrasse !
« Call It Stormy Monday (But Tuesday Is Just As Bad) » de T-Bone Walker, est une chanson blues très simple mais d’une importance capitale dans l’histoire du genre, puisqu’on y entend vraisemblablement le premier solo de guitare électrique, qui allait exercer une influence considérable sur tous les bluesmen à venir, mais aussi et surtout sur Chuck Berry, qui le revendique comme son unique influence. De très nombreux artistes ont repris ce titre depuis sa création.
Le premier enregistrement ce cette chanson par le guitariste texan fut réalisée 1947 ; la version du premier extrait de cette notule, très proche de cette toute première version, a quant à lui été enregistrée en 1953 sur l’album « Classics In Jazz » –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. T-Bone Walker, tout au long de sa carrière et jusqu’à son décès en 1975, enregistra d’innombrables versions de ce classique incontournable du Blues.
T-Bone Walker jouait essentiellement sur une Gibson ES-5N –N pour Natural, cliquer sur l’image pour la voir en plus grand–
L’une des meilleures reprises de cette chanson –au moins à mes oreilles…– fut enregistrée en concert dans la très renommée salle du Fillmore East à New York –second extrait-, en mars 1971, par le Allman Brothers Band dans sa formation initiale, avec le formidable Duane Allman à la slide-guitar : il devait disparaitre tragiquement dans un accident de moto quelques mois plus tard.
« Call It Stormy Monday (But Tuesday Is Just As bad) » est étendue ici grâce à trois solos : le premier, à la guitare et à la slide, par Duane Allman sur une Gibson Les Paul, le deuxième à l’orgue par son frère Greg et le troisième par l’autre guitariste du groupe, l’excellent Dickey Betts, ici sur une Gibson SG. La chanson est extraite du très beau disque de blues « Live At Fillmore East » : une débauche de superbes envolées guitaristiques parsèment tout le disque –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
J’ai trouvé récemment une belle anthologie consacrée au « Hillbilly Blues », qui est une forme de blues beaucoup moins populaire, interprétée par les fermiers blancs du sud des États-Unis dès les années 20, et qui a pris racine lorsque des fermiers blancs rencontrèrent les ouvriers noirs des chantiers ferrés, selon l’ethnomusicologue Douglas Green. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Traditionnellement, les musiciens blancs utilisaient le violon dans leur musique populaire –l’instrument est omniprésent dans lacountry music-, et il est employé à part égale avec la guitare dans le « Hillbilly Blues », ce qui donne à la musique des couleurs tout-à-fait originales et particulières. De même, le chant, qui reprend des thématiques chères au Blues, est généralement moins rauque que dans le blues noir, et le « Yodel » est assez fréquemment utilisé.
L’objet de la devinette de ce jour est double : • La chanson traditionnelle « The Midnight Spécial » est un standard traditionnel du Blues aussi bien que du Hillbilly Blues ; elle fut reprise avec succès par de très nombreux musiciens, aussi bien noirs que blancs, et elle est demeurée célèbre pour la version de Creedence Clearwater Revival notamment.
Dans le premier extrait ci-dessous, elle est interprétée par un musicien beaucoup moins célèbre, mais qui connut en son temps un joli succès et dont l’empreinte dans l’histoire de la musique et du blues est absolument primordiale. Saurez-vous deviner qui est ce musicien ?**** • Le seconde chanson proposée, composée par Kokomo Arnold et interprétée ici par Johnny Lee Wills, a été notamment reprise par un groupe anglais très célèbre –non, il ne s’agit pas des Rolling Stones…– en 1965, dans une version nettement plus brute de décoffrage ! Mais quel est donc le titre de cette chanson ? ***
A vos claviers !
Quant à la récente devinette précédente, vous avez été très performants pour en donner rapidement la solution exacte : la plus ancienne institution internationale au monde, dont le siège est à Strasbourg, est en effet la Commission centrale pour la navigation du Rhin, créée en 1815 à l’issue du traité de Vienne, et vous en saurez bien plus ici si cela vous intéresse.
On connaîtssait déjà l’inénarrable Donald T. –dit aussi l’agent orange– en tant que :
– génie de la pratique démocratique ; – savant géographe réarrangeant le monde à sa manière ; – irrésistible stratège militaire apportant la paix partout où il passe ; – formidable conteur débitant d’un langage châtié des vérités alternatives pour les masses crédules ; – … cette liste est sans doute loin d’être exhaustive !
Les bons comptes faisant les bons amis, on ajoutera une corde à son arc : c’est aussi un fantastique mathématicien, digne d’être nommé lauréat de la médaille Fields, laquelle médaille il pourra ranger à côté des nombreux prix Nobel dont on ne saurait le priver plus longtemps !
En sondant ma discothèque, j’ai ressorti ce qui devrait constituer mon premier ou l’un de mes premiers CD d’un opéra –peut-être était-ce Carmen, de Georges Bizet, j’hésite entre les deux-, acheté au tout début de l’année 1985, à une époque où ce support, en France, était encore relativement balbutiant et où les coffrets lyriques coûtaient un bras. Il s’agit de « La flûte enchantée » de Wolfgang Amadeus Mozart, dans la version enregistrée par Colin Davis en 1984 à Dresde pour le label Philips.
A sa sortie, cette version, avec laquelle j’ai vraiment appris « La flûte enchantée », fut assez favorablement reçue en France et très favorablement accueillie Outre-Rhin et Outre-Manche. Pour ma part, je l’avais beaucoup appréciée mais elle n’avait plus quitté mes étagères depuis bien longtemps ; l’écouter aujourd’hui après l’avoir quasiment oubliée et avoir côtoyé l’oeuvre dans tant de versions dites « de référence » –au hasard : Böhm II, Fricsay, Karajan I, , Solti I…– et l’avoir délaissée si longtemps me permet de la redécouvrir avec des oreilles presque neuves. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.
Pour tout ce qui concerne l’opéra en lui-même –argument et résumé de l’action, contenu philosophico-ésotérique un peu niais…-, je vous renvoie à cette notule, qui n’est pas si ancienne.
La version de ce jour s’inscrit dans une perspective plus philosophique que ludique, sans sacrifier cependant la dimension comique de l’œuvre lorsque c’est nécessaire. Le plus grand reproche que je lui ferai est que les dialogues, très fournis dans cette version qui plus est, sont dits par des acteurs engagés pour l’occasion, et non par les chanteurs eux-mêmes, exception faite pour le rôle de Papageno. Cette pratique, habituellement en usage en Allemagne dans les années 60, avait quasiment et heureusement disparu dans les années 80, sauf en Allemagne de l’est, où l’enregistrement a été effectué. C’est d’autant plus dommage, puisqu’à l’exception de la Reine de la nuit, tous les chanteurs sont parfaitement germanophones et auraient pu « dire » leur rôle et assurer une meilleure continuité dialogue/chant.
Nonobstant ce reproche, il reste beaucoup de qualités à cet album : la Staatskapelle de Dresde est un orchestre merveilleux, et Colin Davis, à cette époque, le dirigeait très souvent. Lui-même fréquentait régulièrement l’oeuvre depuis le milieu des années 50 et avait fait de Mozart l’un de ses compositeurs de prédilection. Il propose des tempi relativement lents, mais habités, et sans nuire à l’action, privilégiant l’aspect méditatif de l’opéra –une option encore assez largement répandue à l’époque : il faudra attendre les versions HIP pour que la caractère ludique du Singspiel soit totalement assumé-, et mettant en valeur les très beaux timbres de l’orchestre –magnifiques bois notamment-.
Tous les chanteurs sont très bons dans leur rôle, avec une mention particulière pour les artistes masculins, vraiment excellents et parfaitement investis dans leur rôle. Personnellement, j’aime beaucoup le Papageno de Mikael Melbye, et il est curieux de lire, avec le recul d’une quarantaine d’années, les avis contradictoires le concernant : salué comme « sans doute le meilleur Papageno de sa génération » en Angleterre et en Allemagne, il fut plutôt vilipendé par la presse spécialisée française…
Enfin, cet album bénéfice de superbes conditions techniques et d’une prise de son à la fois large et profonde, la spatialisation contribuant au déroulement de l’action, de même que les quelques bruits ambiants très bien intégrés au discours. A cette date encore précoce dans la mise en oeuvre du support CD, les coffrets d’opéra étaient par ailleurs accompagnés de copieux documents trilingues –voir quadrilingues– de très belle qualité : présentation détaillée de l’oeuvre, livret traduit, iconographie… Une habitude qui s’est malheureusement perdue plus tard.
Heureuses retrouvailles pour cette matinée lyrique !
Profitant de l’avant-dernier des nombreux et très beaux cadeaux –ici ou là, entre autres…– offerts par mes équipes lors de mon départ en retraite il y a 18 mois, nous avons passé un petit séjour en hôtel de luxe **** dans les collines sous-vosgiennes, dans l’une des communes de la Route des vins –cf. cliquer sur la petite carte à droite pour la voir en plus grand– : somptueuse suite cosy, décorée avec beaucoup de goût dans un style rustique et opulent propre à la région -petites galeries photo ici– et superbement équipée avec lit King Size et bureau ; très jolie salle de bain ; excellent dîner gastronomique –en 5 services, savamment raffiné et épicé, l’un de nos meilleurs dîners de ces dernières années…– dans une salle aux lumières habilement tamisées, non moins plantureux petit déjeuner le lendemain matin ; enfin, cerise sur le gâteau, accès à de nombreux espaces de confort et de détente –c’est eux qui le disent-, dont un spa récompensé en 2021 et en 2022 comme « The best luxury Spa in France »…
Comme je n’avais jamais mis auparavant les pieds dans un spa, je ne saurais vous dire si cette réputation est méritée : toujours est-il que c’est très agréable, on chemine d’univers aquatique en univers aquatique de l’Islande à l’Amazonie en passant par des canyons et autres typhons !
Nous avons eu la chance, de surcroit, de bénéficier d’une météo exceptionnellement clémente, propice à sillonner un peu cette très belle région du Piémont des Vosges, vallonée et très verte, entre montagne et plaine du Ried. Obernai, la commune où se trouve l’hôtel –deuxième ville touristique du Bas-Rhin après Strasbourg– est par ailleurs la celle qui abritait le premier poste que j’ai occupé dans mon « dernier métier », durant un an, seul poste situé au sud de Strasbourg durant toute ma carrière !
Nous avons exploré son petit centre-ville dans les mondes recoins et l’avons contourné par une chouette balade sur les anciens remparts. Cette commune est historiquement importante pour l’Alsace, puisque la sainte protectrice de la région-et des aveugles– y serait née, aveugle, au VIIème siècle : il s’agit de Odile de Hohenbourg, dite Sainte-Odile, canonisée au XIème siècle. La ville possédait le statut de ville impériale et faisait partie de la Décapole durant l’époque médiévale et jusqu’à la fin d ela Guerre de Trente Ans, suite à laquelle l’Alsace fut rattachée à la France -traité de Westphalie puis traité de Nimègue-. Gastronomiquement, elle est tout aussi symbolique de la région, puisque c’est la ville de la choucroute : le petit village de Krautergersheim –ça se dit comme ça se lit : en Alsacien comme en Allemand, on prononce toutes les lettres, c’est très facile…-, où l’on cultive ce chou en abondance, jouxte la ville. Vous ne trouverez aucun restaurant qui n’en propose pas l’une ou l’autre recette –TheCookingCat a même réussi à dégotter une choucroute vegan au tofu : quelle drôle d’idée !-.
Après cela, et pour clore définitivement ce chapitre d’entrée en douceur dans le monde de l’oisiveté –ça fait quand même plu de 18 mois que ça dure !-, il me restera un dernier bon-cadeau, pour un repas gastronomique : j’ai déjà une petite idée de la chose, et j’envisage que nous en profitions prochainement, à l’occasion d’une visite de la bibliothèque humaniste de Sélestat –que TheCookingCat aimerait revisiter suite à un bon souvenir de collégienne– et/ou du Musée Unterlinden de Colmar –qui abrite l’un de mes tableaux préférés, l’impressionnante Crucifixion du retable d’Issenheim-. Une occasion supplémentaire de redécouvrir la Route des Vins toujours plus au sud ! La date en est d’ailleurs déjà programmée, courant mai…
Conclusion de tout cela : je devrais partir à la retraite plus souvent ! Mais pour cela, il me faudrait reprendre au préalable un travail et quitter, au moins pour quelques temps, le monde confortable des oisifs, auquel on s’habitue très vite !