2014 : un bilan musical !

iTunes2014 En 2014, les oeuvres que j’ai le plus écoutéesplus de 10 fois– sur iTunes, selon le compteur fourni –dont je viens de me rendre compte qu’il semble ne pas fonctionner, a priori, très idéalement : il y a des oublis-, sont :

• Bach : Variations Goldberg –plein de versions différentes : au clavecin, au piano ou des des adaptations variées-; la chaconne de la partita pour violon n°2;
• Beethoven, symphonies n°3 et 4; 15 variations et une fugue, dites variations «Eroica»; sonate pour piano n°30 op.109; la grande fugue pour quatuor à cordes;
• Elgar : Variations Enigma; concerto pour violoncelle;
• Handel : Messiah;
• Mahler : symphonie n°3;
• Schumann : symphonie n°4;
• Sibelius : symphonies n°2 et 5; concerto pour violon;
• Wagner : Die Walküre;
• The Rolling Stones, Mick Taylor et The Cure à gogo ! Mais aussi Thiéfaine et Bashung, très présents cette année. Et un petit blues, acoustique ou électrique, chaque jour.

J’ai écouté au moins une fois, quel que soit le support :
• tout le contenu du coffret offert à Noël 2013 et presque tout le coffret dont je vous parlais ici;
• chaque symphonie de Beethoven; presque chacune de ses 32 sonates; une dizaine de ses quatuors; chaque concerto; Fidelio et Leonore; quelques ouvertures; des trios; des pièces variées pour piano;
• un peu de Mozart : quelques symphonies que je n’apprécie toujours pas plus que ça; quelques concerti pour piano –20, 21, 23, 24, 25, 27 notamment-; le requiem; des opéras –Flûte, Noces, Cosi-;
Bach : l’art de la fugue; les concerti brandebourgeois; des pièces pour orgue et leur transcription pour orchestre par divers compositeurs;le clavier bien tempéré;
• presque tout Elgar;
• presque tout Sibelius, y compris de toutes petites pièces pour piano et des Lieder;
• toutes les symphonies de Brahms, de Shostakovich et de Tchaïkovsky; les 4,5,7,8 et 9 de Bruckner; les 1,2,4 et 9 de Mahler;
• chaque opéra de Wagner, sauf Tannhaüser, que je n’écoute jamais en entier parce que je n’aime pas trop !
• tout Webern, et certaines pièces de multiples fois ! Ainsi que beaucoup de Schönberg; et beaucoup de leur ami commun Alban Berg;
• du Liszt, du Berlioz, du Schubert, du Satie, du Boulez -si si-, pas mal de Bartok au piano, du Ravel, du Debussy et plein d’autres !
• du jazz-rock, auquel je continue à ne rien comprendre !
• au moins trois albums entiers de pop-rock par semaine, et des extraits à la pelle.

J’ai découvert :
• progressivement l’opéra italien : ça avance lentement en ce moment !
• le dernier U2 –très moyen– et le dernier AC/DC –mieux, mais pas à la hauteur de ses illustres prédécesseurs-;
Trésor de Janvier, qui a intégré la maîtrise du conservatoire et a magnifiquement interprété, du haut de ses 8 ans 1/2 –elle y tient-, de beaux chants de Noël dans 5 langues 😉 dont un solo en espagnol, devant plus de 500 personnes !

J’ai approfondi :
• la musique anglaise et la musique nordique –jouée par d’excellents orchestres de tout là-haut : on aurait des leçons à prendre en la matière-;
• la musique baroque –autre que les éternels Bach, Handel et Vivaldi-;
• la musique de Pink Floyd : j’en ai surtout retenu «Animals», je n’ai pas trop aimé les premiers albums avant «Dark side of the moon» –sauf le tout premier, que j’avais déjà depuis longtemps– ni ceux après «The wall».

J’ai regretté :
• de n’avoir pas assez touché ma basse;
• de n’avoir rien pu finir de ce que j’avais commencé à «composer» avec Garageband. En même temps, le concours annuel auquel je participais régulièrement ayant disparu depuis quelques temps, ça n’aide pas à se motiver…

Et pour finir, une devinette : l’image présente une anomalie. Sauras-tu la retrouver ??? –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Au pied du sapin…

Cette année, une fois encore, c’est un superbe objet qui m’attendait au pied du sapin !

Ferenc Fricsay était un chef hongrois –naturalisé autrichien– né en 1914 et mort très jeune, en 1963, après une longue maladie. Il commença à diriger très tôt et prit totalement son envol au sortir de la seconde guerre mondiale, où il atterrit à Berlin –pas au prestigieux Philharmonique, mais à l’orchestre symphonique de la radio en secteur américain : RIAS Berlin : un orchestre tout juste créé, et qui vit rapidement arriver des musiciens des grands orchestres de l’est de l’Allemagne : Leipzig et Dresde, en particulier, qui voulaient échapper au contrôle soviétique-.

Il signa alors un contrat d’exclusivité avec Deutsche Grammophon, l’étiquette jaune –je vous en avais parlé ici-, dont il fut l’un des artistes majeurs durant la décennie qui suivit, et sans doute le chef le plus enregistré par la marque durant cette époque –il fallait lutter contre le concurrent EMI/HMV, qui distribuait alors Karajan, à peine plus âgé, à la tête du Philharmonia de Londres-.

Réponse_NoëlQuasiment tous les enregistrements réalisés avec son orchestre sont excellents : membres d’un orchestre radiophonique, les musiciens avaient l’habitude de jouer en studio d’enregistrement. Etonnamment, le chef semble un peu moins à l’aise avec d’autres orchestres. On peut peut-être comprendre pourquoi, lorsqu’on le voit répéter : très disert, le chef explique beaucoup, avec une grande courtoisie –la séance de travail avec l’orchestre débute à 3:25 dans ce très instructif document-. Or, le temps passé à expliquer est du temps pendant lesquels les musiciens ne répètent pas, et le temps de répétition, même à l’époque, était compté. Dans les « grands orchestres », les musiciens avaient l’habitude de répéter en longues sessions plutôt que par courts passages entrecoupés d’un long discours.

Par ailleurs, Fricsay fut volontiers victime de quelques cabales dont le petit monde du classique a le secret : à Munich, son poste suivant, on lui reprocha de diriger trop peu, et pas dans l’esprit attendu, de Wagner. A Londres, les anglais, attachés à la tradition instaurée par Beecham, se révoltèrent contre sa manière de diriger Mozart, pourtant magnifique –Mozart et Bartok étaient ses musiciens de prédilection-.

Un bien bel objet de Noël, donc, qui permet en plus de retrouver une grande partie des pochettes originelles ! Et, puisque c’est le volume 1, cela en implique un second : ma liste pour Noël 2015 est d’ores-et-déjà entamée !

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Une autre solution…

… et une autre surprise à J-2 !

Rebel_DestouchesLa solution, c’est celle de l’énigme proposée ici, concernant les versions HIP ! Il vous était proposé d’essayer d’identifier l’oeuvre proposée. Il s’agit donc d’une « symphonie de danses » composée par Jean-Féry REBEL, intitulée « Les éléments » ou « Le chaos et les éléments » -la pièce introductive : « Le chaos », a été rajoutée peu de temps après la création de l’oeuvre-. Les pièces données à entendre se situent vers la fin de l’oeuvre, ce sont les « Tambourins I et II ». l’ensemble constitue une suite de pièces à danser, fondée sur une description des quatre éléments.

Rebel_Vivaldi• La première version proposée était celle de Christopher Hogwood et de l’Academy of Ancient Music. Elle date de 1978, et est complétée d’une autre oeuvre –un opéra-ballet, le roi aimait danser– d’un musicien français : « Les Eléments », d’ André Cardinal DESTOUCHES, beaucoup moins inventive et intéressante. 
• La seconde versions proposée, enregistrée en 2010, est interprétée par l’Akademie fur Alte Musik de Berlin, dirigée par Georg Kallweit. Elle servit de support à une mise en scène inventive et jolie à voir -le DVD existe également-. Elle est accompagnée, en CD, d’une version des « Quatre saisons » de Vivaldi tout-à-fait intéressante et très vivante.

L’oeuvre n’est pas si rarement donnée en concert ou en disque, depuis quelques années. Les bonnes interprétations HIP, puisque c’est de cela qu’il s’agit, sont assez nombreuses, et apportent toute un éclairage différents de cette pièce. La pièce introductive, en particulier –Le Chaos-, est hardiment construite pour l’époque, et relativement développée -elle ne se danse pas-. Le compositeur décrit son oeuvre ainsi : « La basse exprime la Terre par des notes liées ensemble et qui se jouent par secousses ; les flûtes par des traits de chant qui montent et qui descendent imitent le cours et le murmure de l’Eau. L’Air est peint par des tenues suivies de cadences que forment les petites flûtes. Enfin les violons par des traits vifs et brillants représentent l’activité du feu ». 

NouveauLogoSurprises_GAUCHEA J-2, sous le pied du sapin virtuel, la surprise qui vous attend est ici. Un truc qui gagne à être connu, même si ça ne l’est pas vraiment. A déguster sans modération ! Et les petits « Mickeys » sont trop mignons !!! Pour Noël, et si j’ai le temps, c’est une surprise majeure qui sera déposée au pied du sapin.

Les versions HIP : la suite

Enigme_imageBon. Voilà où nous en sommes : l’énigme proposée ici a eu son lot de réponses intéressantes, qui ont fait avancer un peu le propos, mais qui n’ont pas permis, à ce jour, de trouver la solution. On sait déjà :
• qu’il s’agit d’un musicien français
• qu’il faisait partie des vingt-quatre violons du Roy;
• la période a été à peu près située : je vous apporte un indice supplémentaire : l’œuvre a été créée en 1737, une introduction y fut ajoutée quelques temps après;
• que pour certains -essentiellement : moi-, ça peut ressembler à du Bizet
• et, en guise de second indice, vous trouverez la gravure tronquée d’un portrait du musicien en accompagnement de cette notule : c’est Byzance presque Noël : si je mettais le portrait entier, ce serait trop facile, il n’en existe pas des douzaines non plus…

Edit tardif : pour illustrer ce que peut être une version HIP, voici un petit exemple sonore. Il s’agit d’une pièce très célèbre du « plus grand musicien anglais » qui était né allemand et usita longtemps d’un style italien 😉 : Georg-Friedrich HANDEL. La première version, de 1967, est totalement hors style selon les canons actuels –elle reçut pourtant de très bonnes critiques dans la revue des discophiles anglais, qui restèrent très bonnes lors de sa récente réédition -les anglais sont parfois déroutants…-. La seconde est l’une des premières versions HIP et date du milieu des années 80, elle est souvent citée comme une référence. J’aurais dû commencer par là lors de ma notule précédente…
Version 1 :

Version 2

Actuellement, le style interprétatif a encore évolué, puisqu’on tend désormais vers cela :

Les versions HIP

clavecinHIPAujourd’hui, je vous invite à comparer deux versions HIPça ne veut pas dire qu’il faut avoir bu quelques dizaines de litres de vin chaud pour les apprécier, mais que ce sont des versions du type « Historically informed performance ». En France, par souci de simplification, et parce qu’au début, les doutes et les railleries allaient de pair, on dirait des versions interprétées par des « baroqueux »-.

Bref, ça veut simplement dire que pour des musiques un peu anciennes, en gros jusqu’à Mozart, les interprètes se sont livrés à une étude de la partition en tenant compte de ce que l’on sait des habitudes de l’époque, en allégeant, parfois considérablement, les effectifs et en utilisant des instruments d’époque.

Cela a permis, en particulier, de faire émerger des répertoires parfois un peu oubliés, de populariser à nouveau des musiciens que l’on avait couverts de poussière à force de les déformer –le matériau musical supporte pas toujours une interprétation par un grand orchestre symphonique si la partition ne le prévoyait pas-. Mais, en matière de transcription d’une partition, même si on est HIP, on peut voir les choses de manières très différentes, et l’évolution, même sur une courte durée, est parfois très significative.

Ainsi, la première version de l’oeuvre, par un orchestre anglais justement réputé, date de 1978, presqu’au début de la renaissance « baroqueuse ».

La seconde est beaucoup plus récente : elle date de 2010, et le courant baroque a essaimé dans toute l’Europe. L’orchestre est allemand.

Quant à l’oeuvre, je reste persuadé qu’elle a déjà résonné ici ou là à vos oreilles. C’est d’un musicien français, c’est de la musique descriptive et… je ne vous en dirai pas plus à ce stade, je vous laisse deviner un peu, sur la base de cet indice :

[spoiler]Ce musicien, français, faisait partie des Vingt-Quatre Violons Du Roy[/spoiler]

Playlist de la semaine

Courte, toute courte, cette playlist : semaine chargée par ailleurs, les frimas de l’hiver se confirment : il a fallu gratter les vitres au moins une fois, le matin…

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand.

Playlist1214

Il se contente de se taire…

J’aime beaucoup Bill Wyman, bassiste originel des Rolling Stones, qui ne fut d’ailleurs jamais remplacé officiellement après son départ. Celui que l’on surnommait « le Stone silencieux » a fêté ses 78 ans 😯  il y a quelques jours et se contentait de faire, très bien, son job, à savoir jouer de la basse, et de fort belle manière, dans un style caoutchouteux, très mobile et pourtant sobre. C’est assez curieusement syncopé, difficilement imitable, et en parfait accord avec la batterie et la guitare rythmique : c’est ce qui produit, en définitive, le « son Stones », et qui a disparu après son départ -quand bien même les bassistes qui jouent à sa place sont excellents techniquement-.

Il nous a livré quelques magnifiques lignes de basse, très typiques –on sort du schéma fondamentale-quinte en croches que l’on retrouve si souvent dans la musique dite Pop-Rock-, comme on peut l’entendre dans l’extrait ci-dessous :

billwymanQuelques particularités de Bill Wyman :
– il avait de petites mains, qui l’ont obligé à choisir avec attention ses basses, d’où, souvent, l’originalité de celles qu’il employait;
– il a inventé la basse électrique fretless en enlevant au burin les frettes de sa Framus, au courant des années 60;
– c’est lui qui a écrit le meilleur livre sur le groupe;
– c’était le vrai séducteur du groupe : un « palmarès » impressionnant, semble-t-il, bien loin devant Mick Jagger, et pas si éloigné de Lemmy, bassiste de Mötörhead : ça doit être un truc de bassiste, en fait  :mrgreen: ! Il est classé dans le top 10 des « Living sex legend » à ce titre;

– ses albums solos sont pleins d’humour et il est le seul à avoir obtenu un vrai hit en solo : « Si si si, je suis un rock star« , complètement décalé, mais hilarant;
– il fut un très grand ami de Chagall, lors des dernières années de celui-ci;
– il est passionné de photos et possède de nombreux appareils de détection de métal !
– il est beaucoup plus heureux maintenant qu’il fait ce qu’il veut, y compris de la musique avec de nombreux amis, que lorsqu’il jouait avec les Rolling Stones !!!

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Jalousie et vacheries, la suite…

En ce domaine intarissable, aujourd’hui, séance coucherie  😆 !

C’est l’histoire d’une jeune, talentueuse et jolie violoniste et d’un célèbre et riche producteur…

MartzyElle, c’est Joanna MARTZY, hongroise née en Roumanie, précocement douée sans être une enfant prodige, et belle, élancée, un petit voile de tristesse dans les yeux : pas du tout le genre de bimbo que l’on voit de nos jours, mais une classe et une tenue de vraie grande dame.

Lui, c’est Walter LEGGE, producteur anglais, fin connaisseur de belle musique, de bonne chère et de jolies musiciennes : le Phil Spector de la musique classique, en quelques sortes, quoi que moins cinglé que ce dernier. On lui doit quelques-uns des meilleurs disques de musique classique, tous catalogues et répertoires confondus.

Au sortir de la guerre, la belle Joanna s’en alla gagner le 1er prix au concours de Genève -1947-, tandis que l’anglais sillonnait l’Europe pour découvrir de nouveaux talents et leur faire signer des contrats d’enregistrement pour EMI.

LeggeCes deux-là devaient nécessairement se croiser. Elle signa, et commença à enregistrer de vraies merveilles -ses sonates et partitas de Bach, notamment, sont exceptionnelles-. Et puis devant les avances de plus en plus pressantes du monsieur-, refusa de céder…

Lui s’en remit bien, et vite – il se maria un peu plus tard avec Elisabeth SCHWARZKOPF, –dont le nom est aussi célèbre dans le monde de la musique que dans celui de la coiffure…-, le même genre de beauté un peu froide… Quant à elle, ces disques furent rapidement retirés du marché, et elle n’enregistra plus rien. Carrière discographique ruinée –mais les albums parus circulèrent cependant, à des tarifs très prohibitifs, entretenant sa réputation-, malgré une vraie aura. La belle se maria avec un riche suisse -ça ne s’invente pas…- et se retira peu à peu de la scène –ses concerts attiraient toujours un vaste public-, avant de mourir, trop jeune et très oubliée.

C’est grâce à EMI France que ses enregistrements sont reparus -rendons leur cette justice- et qu’ils sont désormais assez largement diffusés. Pour notre plus grand plaisir. On y trouve une vraie vision, une sonorité qui, si elle n’est ni la plus belle, ni la plus assurée, prend appui sur un grave profond et un archet exceptionnel.

La musique qui a présidé à cette notule : c’est un peu long 15 minutes- mais prenez le temps d’en profiter : elle rend cette Chaconne ardue très abordable : la version la plus chantante, peut-être…

Jalousie et vacheries…

On imagine toujours le monde de la musique classique comme un univers policé, où règne la plus extrême courtoisie, le respect et des rapports humains dépassionnés… C’est plutôt faux, en fait, c’est un monde dur, où l’esprit de compétition est exacerbé –au moins en France, avec le système de formation hyper-sélectif en place dans les conservatoires– et où les jalousies et les vacheries ne manquent pas et sont l’occasion de bons mots…

CelibidacheJ’en veux pour preuve le chef roumain Sergiu Celibidache, reconnu plutôt sur le tard -au moins par le « grand public »-, qui avait connu un début de carrière plutôt prometteur en remplaçant temporairement le grand Furtwängler à la Philharmonie de Berlin après la seconde guerre mondiale. A la mort de ce dernier, il pensait être désigné comme son successeur, mais l’orchestre choisit de lui préférer Karajan, qui resta à la tête de l’orchestre les 34 années qui suivirent -1955/1989-.
Celibidache, assez aigri pour le reste de sa vie, se construisit une réputation de gourou, fondée sur la philosophie zen et un discours sur la musique très personnel. Ses « leçons » passaient par une forte humiliation de ses élèves, qui l’aimaient d’autant plus qu’ils étaient plus copieusement agonis d’injures, et le regard qu’il portait sur ses pairs était sans concession… Voilà ce qu’il pensait d’eux, et qu’il livra dans un article célèbre du journal « Der Spiegel ».

KlaiberArturo Toscanini : « une usine à notes »; • Herbert Von Karajan : « ce n’est pas de la musique, c’est du coca-cola : ou bien les gens sont tous sourds, ou bien c’est un excellent homme d’affaire »; • Karl Böhm : « un sac de patates, qui n’a pas dirigé une seule mesure de musique dans toute sa vie »; • Hans Knappertsbusch : « un scandale, anti-musical comme c’est pas permis »; • Claudio Abbado : « un grand ignorant, dépourvu de la plus infime once de talent, une torture »; • Leonard Bernstein : « il ne fait pas partie de mon univers »

La semaine suivante, le grand Carlos Kleiber, l’un des chefs les moins bavards et parmi les plus talentueux de la fin du 20ème siècle, une véritable légende vivante, d’une élégance racée et adoré par les orchestres, adressait au même Spiegel une réponse, signée, en direct du Paradis, Arturo Toscanini. En voici une traduction –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand– :

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