Playlist « Un monde autour du reggae »

La playlist de ce dimanche permet de découvrir tout un monde autour du reggae sans le côté mystique et religieux généralement attaché à cette musique : le rastafarisme.

En effet, on ne le sait pas toujours, « rasta » est dérivé de Ras Tafari Makonnen, devenu empereur d’Éthiopie (Négus) sous le nom de Haïlé Selassié, réputé être un descendant de la Reine de Saba, figure biblique rattachée au Roi Salomon, et considéré comme le Messie pour les Jamaïcains et certains Africains. Bob Marley, lui-même membre des Douze Tribus d’Israël, fut le grand prêtre le plus célèbre du rastafarisme, l’espace d’une décennie.

Point de tout cela dans cette playlist, d’une spiritualité beaucoup plus éclectique et proposant à la fois les ancêtres –ska et rocksteady– et les descendants –dub– du reggae ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Madness – One Step Beyond – 1979
• Lee « Scratch » Perry – Voodooism – 1996
• The Specials – BBC Sessions – 1998 –les chansons ont été enregistrées entre 1979 et 1983

D’une part, la playlist évolue entre ska, rocksteady et dub ; d’autre part, deux des groupes qui la composent sont composés de musiciens blancs uniquement –Madness– ou très majoritairement –The Specials-, issus du prolétariat anglais et assez proche de la mouvance skinhead à l’origine. Ces deux groupes, au tournant des années 80, furent exceptionnellement bien reçus par le public occidental !

Madnessextrait 1– est un groupe toujours actif de nos jours et continue à sortir de bons -voire très bons- albums de temps à autre, même si leur renommée a décru depuis les succès de leurs débuts.
The Specialsextrait 2-, en revanche, se sont séparés dès le début des années 80, avant de partiellement, sporadiquement et vainement tenter de se reformer.

Quant à Lee « Scratch » Perry, le « Salvador Dali jamaïcain », il est au reggae ce qu’était George Martin aux Beatles ou Phil Spector à la production sonore : artiste multi-taches et bricoleur de génie, précurseur du « dub » –courant expérimental du reggae– avec King Tubby, il fut, durant une cinquantaine d’années au moins, l’éminence grise fantasque –et totalement caractérielle et imprévisible– ainsi que le producteur de la quanti-totalité des musiciens jamaïcains –y compris Bob Marley & The Wailers-.

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