Playlist « A la conquête du Pôle Sud »

Dans la courte playlist de ce jour, j’écoute la symphonie n°7, dite « Sinfonia Antartica« , de Ralph Vaughan Williams, issue de la musique qu’il composa pour le film « Scott Of The Antarctic » –cliquer sur l’imagette de l’affiche pour la voir en plus grand-, qui retrace l’histoire tragique de la conquête du Pôle Sud par l’expédition anglaise « Terra Nova » conduite par Robert Falcon Scott en janvier 1912 : il y avait été précédé de cinq semaines par l’expédition norvégienne de Roald Amundsen, qui planta officiellement le drapeau norvégien au Pôle Sud le 14 décembre 1911 à 15:00.
Le film fut un best-seller en Angleterre –troisième au box-office en 1949-, lorsque Scott était encore une figure héroïque dans son pays –statut assez profondément révisé depuis-, tandis qu’Amundsen y était méprisé par pur esprit chauvin : « mangeur de chien », « explorateur professionnel n’ayant rien de chevaleresque »…
Cette histoire passionnante de la conquête du Pôle Sud, dernière partie inexplorée de notre planète à l’entrée du vingtième siècle, sur fond de rivalité anglo-norvégienne, a été remise en perspective à la fin du vingtième siècle. L’admirable travail de préparation de Roald Amundsen pour son expédition, par opposition avec l’entêtement de Robert Falcon Scott, autoritaire et pétri de certitudes, sont désormais mis en avant pour expliquer l’échec de l’expédition anglaise.

Après la sortie du film, Vaughan Williams continua à composer sur le même thème pour aboutir, en 1952, à une oeuvre de dimension symphonique : la Sinfonia antartica –cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. L’orchestration de cette oeuvre en cinq mouvements -les deux derniers sont enchaînes- fait appel, outre l’orchestre classique traditionnel, à une soliste soprano qui chante sans paroles, à un modeste chœur de femmes à trois voix et à un large instrumentarium avec orgue, piano machine à vent et un panel varié de percussions. Chaque mouvement également est précédé par une citation écrite sur la partition. Dans certaines interprétations, ces citations sont lues avant chaque mouvement, ce n’est pas le cas pour la version de ce jour, enregistrée par Sir Adrian Boult en 1969.

1er mouvement – Prélude
To suffer woes which Hope thinks infinite, / To forgive wrongs darker than death or night,
To defy Power, which seems omnipotent … / Neither to change nor falter nor repent,
This … is to be
Good, great and joyous, beautiful and free. / This is alone Life, Joy, Empire and Victory!
-extrait de « Prométhée délivré », de Shelley-

Le « thème héroïque » du Prélude constitue le générique de début du film et il apparaît de façon récurrente tout au long de la symphonie de l’ouvrage. Ce mouvement correspond, dans le film, au moment où que les explorateurs se préparentet à la présentation des principaux protagonistes de l’expédition « Terra Nova ». Puis, la musique évoque ensuite les vastes étendues glaciales de l’Antarctique par des percussions –glockenspiel, xylophone et vibraphone-, une machine à vent, le piano et le célesta, des voix funèbres des choeurs et les vocalises sans paroles de la soliste soprano.

2ème mouvement – Scherzo
There go the ships: / And there is that Leviathan / Whom thou hast made to take his pastime therein.
-Psaume 104-

Le scherzo, intitulé «Léviathan», est tiré du passage «Whales» –baleines– de la musique du film lors de l’arrivée du Terra nova dans la Baie des Baleines. Le Scherzo en constitue un remaniement. Les baleines sont incarnées par le cor anglais les vents graves, le tuba et le violoncelle. Sur la banquise, les pingouins sdéfilent au son des clarinettes et des trompettes.

3ème mouvement – Lanscape
Ye ice falls! Ye that from the mountain’s brow / Adown enormous ravines slope amain –
Torrents, methinks, that heard a mighty voice, / And stopped at once amid their maddest plunge!
Motionless torrents! Silent cataracts!
-Hymn Before Sunrise, Coleridge-

La musique provient de la séquence du film où l’expédition de Scott entreprend la difficile ascension d’un glacier géant –Glacier Beardmore-. La musique évoque la lente et pénible avancée des explorateurs à travers les masses de glace mouvantes. Ce mouvement est celui qui utilise l’instrumentarium le plus varié, sur une très large plage dynamique, y compris un fortissimo d’orgue.

4ème mouvement – Intermezzo
Love, all alike, no season knows, nor clime, / Nor hours, days, months, which are the rags of time.
The Sun Rising, Donne-

L’Intermezzo est tiré du passage du film où les explorateurs évoquent avec nostalgie leurs familles qui les attendent à la maison –solo de hautbois accompagné d’accords de harpe, puis par un violon soliste.-. A la fin du mouvement, les cloches graves et la très douce musique qui suit correspondant dans le film à la mort du capitaine Oates, qui, sur le chemin du retour, souffrant de gelures aux pieds, se laissa mourir de froid pour ne pas retarder l’expédition en quittant sa tente, de nuit : »Je vais simplement sortir et ce la pourrait prendre un certain temps ».

5ème mouvement – Épilogue
I do not regret this journey … We took risks, we knew we took them; things have come out against us, and therefore we have no cause for complaint.
-Journal de R.F. Scott-

Malgré l’héroïsme de la marche –le thème de la musique de cette marche est construit et développé à partir du thème héroïque du prélude-, le blizzard engouffre Scott et ses deux derniers compagnons. Avant de mourir, Scott prend le temps de rédiger une dernière note dans son journal : « It seems a pity, but I do not think I can write more – R. Scott – For God’s sake look after our people. » –« C’est malheureux, mais je ne pense pas pouvoir écrire davantage. R. Scott. Dernière entrée : Pour l’amour de Dieu, veillez sur nos familles »-.
La Sinfonia Antartica s’achève dans la désolation de ce paysage de banquise désormais vide de toute vie.

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Playlist d’Outre-Rhin : Ganz toll ! »

C’est une playlist musicalement plutôt éclectique d’artistes d’Outre-Rhin et s’exprimant en Allemand que j’écoute un peu fort ce matin. Nina Hagen et Rammstein sont d’autant plus subversifs que ces artistes ont grandi en Allemagne de l’Est, où la musique pop-rock n’avait guère le droit de cité avant le milieu des années 70.-Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-. Outre le courant punk qui s’est développé en Allemagne, les principaux groupes qui existaient alors avaient emprunté des voies assez différentes de celles plus populaires des groupes anglais ou américains. Ainsi, Can, Tangerine Dream ou Kraftwerk sont à l’origine du « rock expérimental allemand », que l’on a plus tard un péjorativement désigné par le terme de « Krautrock ». La playlist du jour s’inscrit dans la filiation des ces deux courants.

• Nina Hagen Band – Unbehagen – 1979 *****

« Unbehagen » –Mal à l’aise– est le second album du Nina Hagen Band, groupe soutenant la chanteuse –il se produisait également, sans Nina Hagen, sous le nom de Spliff-, sans doute l’artiste féminine ayant développé l’attitude la plus consciemment « punk » de sa génération, et au-delà ! L’album contient «African Reggae », qui est sa chanson sa plus connue en France, plaidoyer pour une utilisation non réprimée du cannabis, où Nina Hagen « yodel » sur des rythmes africains. Les autres titres –dont une reprise de « Lucky Number » de Lene Lovich en Allemand– comportent également leur lot de provocations et de chant complètement déjanté, entre vocalises lyriques, onomatopées variées et éructations rauques !

• DAF – Die Kleinen und die Bösen – 1980 ****

En 1980, DAF –Deutsche Amerikanische Freundschaft– n’est pas encore réduit au duo Gabi Delgado –chant– / Robert Görl –batterie– : il compte alors en son sein un guitariste, un bassiste et un joueur de divers instruments électroniques. Deuxième album du groupe, « Die Kleinen und die Bösen » –Les petits et les méchants– fit un four monumental à sa sortie, mais DAF commence cependant à y développer son style « musique industrielle expérimentale ». Le LP originel comportait une face enregistrée en studio et l’autre en live. « Die Kleinen und die Bösen » n’est pas encore aussi hypnotique et cohérent que « Alles ist gut », mais c’est un bon album rétrospectivement décrit comme « sinistre et brillant ».

• Rammstein – Herzeleid – 1995 ****

« Herzeleid » –Peine de coeur– est le premier album de Rammstein, sans doute le groupe allemand germanophone le plus célèbre et qui a connu le plus grand succès –Scorpions est un groupe allemand sans doute encore plus célèbre, mais anglophone…-. Le groupe, avec cet album, atteignit rapidement un beau succès et une grande notoriété partout en Europe, sauf en France : le disque n’y sortit que deux ans plus tard, avec une traduction des paroles afin que le public puisse comprendre qu’elles ne contenaient pas de propagande néo-nazie, l’illustration de la pochette pouvant prêter à confusion quant à « la promotion d’une race supérieure » !

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Playlist « Georgia Blues & guitare 12 cordes »

En guise de playlist du jour, cette plongée à travers la discographie relativement abondante de Blind Willie McTell, dont je ne connaissais qu’une infime partie, est hautement plaisante ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

Né en Géorgie en 1898, aveugle d’un oeil à la naissance et totalement aveugle à peine entré dans l’adolescence, il était issu d’une famille de bons musiciens et développa très tôt ses talents, d’abord à l’harmonica et à l’accordéon, avant d’aborder la guitare. Blind Willie McTell savait lire et écrire la musique, que ce soit en notation traditionnelle ou, plus tard, en Braille, ce qui est une compétence tout-à-fait remarquable pour un bluesman de sa génération !
Assez rapidement, il adopta une guitare à 12 cordes, dont il devint un vrai spécialiste, pour accompagner sa voix, significativement plus claire que celles, généralement assez rauques, de la majorité des chanteurs de blues.
Avec Blind Blake et Barbecue Bob –ça ne s’invente pas…-, Blind Willie McTell a largement contribué à la diffusion –à défaut d’une réelle popularité– du Georgia Blues –également connu sous le nom de Piedmont Blues ou Southeastern Blues-, assez différents du Delta Blues du Mississipi : le Georgia Blues adopte des rythmes plus rapides, issus du ragtime. Son principal lieu d’attache, où il réalisa la majeure partie de ses enregistrements, était Atlanta.

La playlist du jour est consacrée aux enregistrements réalisés entre 1927 et 1933 : le son est étonnamment bon pour l’époque.
La notoriété du musicien est essentiellement posthume. Blind Willie McTell n’a jamais atteint la notoriété d’un Robert Johnson, par exemple, même s’il enregistra et se produisit en concert toute sa vie : le Georgia Blues reste largement moins populaire que le Delta Blues ou que le Chicago Blues. Néanmoins, Bob Dylan consacra une chanson à Blind Willie McTell –dont la meilleure version est celle de Mick Taylor sur l’album « A Stone’s Throw »– et le cita dans quelques autres chansons. Par ailleurs, en 1971, les Allman Brothers débutent leur légendaire concert au Fillmore East par l’unique succès de McTell : « Statesboro Blues ».

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Une médiathèque métropolitaine et du blues rural

Je me suis réinscrit aujourd’hui au réseau de médiathèques de l’Eurométropole de Strasbourg, désormais totalement gratuites depuis le début de cette année –les élections municipales approchent…– et dont la plus proche, qui est aussi la plus grande et la mieux achalandée en médias de tous genres –livres, films, musiques, oeuvres d’art (sous réserve de présenter une assurance concernant ces dernières)…– est à peine à 25 minutes à pied !
Aménagée dans une ancienne usine d’armement au bord des « bassins Vauban », c’est, en outre, un havre de paix et de silence, et la consultation éventuelle de médias sur place est largement facilitée par des équipements en grand nombre : ordinateurs, lecteurs CD ou DVD, fauteuils hyper-confortables, bel éclairage…

Au grand désespoir de TheCookingCat, ils ont un rayon « Blues » vraiment très attractif, et je me suis empressé d’emprunter les trois albums de 2 CD chacun qui feront mon bonheur dans les prochains jours : du blues acoustique « rural », très ancien -les premiers témoignages datent de 1923-, par des artistes dont je ne connaissais pas plus de la moitié ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

De ce que j’en ai écouté pour l’instant, certains de ces grands anciens étaient déjà de remarquables virtuoses de la guitare –mais sans ostentation ou verbiage…-, avec en outre des accordages parfois éloignés de l’accordage standard. J’ai emporté en sus un coffret de 6 CD de Blind Willie McTell, dont je ne soupçonnais pas qu’il existait autant d’enregistrements.

On peut désormais emprunter, pour quatre semaines renouvelables, jusqu’à 30 documents dans les médiathèques du réseau ! Lorsque j’étais enfant puis adolescent, et pour une somme modique, la limite d’emprunt, sur la même durée de quatre semaines, était fixée à 2 disques –que j’enregistrais illico sur cassettes– et 5 livres, et je retournais donc au moins une fois par semaine à vélo à la « bibliothèque centrale » d’alors –elle reste toujours en service et assez abondamment fréquentée-, qui était encore municipale et non pas intercommunale. Le réseau des médiathèques –alors appelés bibliothèques– était évidemment nettement moins étendu qu’aujourd’hui.

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Playlist « Mendelssohn en noir & blanc »

Pour me remettre de mes écoutes un peu mornes d’hier, voici une playlist nettement plus gratifiante à mes oreilles, consacrée à l’un de mes musiciens favoris –il est dans mon top 5– et dont le corpus pour piano n’est finalement pas si populaire, hormis peut-être les fameuses « Romances sans paroles ».
Et pourtant, à mon avis, la musique pour piano de Felix Mendelssohn-Bartholdy, brillant virtuose, gagnerait à être plus connue : elle est le plus souvent très agréable, plutôt intimiste et se tenant relativement éloigné des effusions romantiques de Schubert ou de Schumann ou de la virtuosité fulgurante de Liszt. J’aurais presqu’envie de dire : du Chopin en plus intéressant ! Il est sans doute plus sage de ne pas écouter les 8 livres qui constituent le recueil de ces « Romances sans paroles » à la suite, mais plutôt de les savourer petit à petit.
Les 6 préludes et fugues sont évidemment « inspirés », au moins dans leur forme, des préludes et fugues de Bach, que Mendelssohn contribua plus que tout autre à redécouvrir et à populariser quand le musicien avait sombré dans un relatif oubli après sa mort.
Quant au « Songe d’une nuit d’été », oeuvre absolument génialissime, cette transcription pour deux pianos, réalisée par le compositeur, est rarement jouée ou enregistrée, mais n’en demeure pas moins géniale ! –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Lieder ohne Worte (Romances sans paroles), livres 1 à 4
Daniel Adni, piano – 1973 ****(*)

• Le songe d’une nuit d’été, Ouverture et Scherzo – Transcription pour 2 pianos
Martha Argerich & Christina Marton, piano – 2009 *****

• 6 Préludes et fugues op. 35
Daniel Adni, piano – 1976 *****

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Playlist « Play It Loud – LP de légende »

En ce jour ensoleillé et de grand redoux, deux albums de deux de mes groupes favoris, qui connurent des fortunes similaires –à savoir : un succès d’estime posthume, et guère de reconnaissance, à tout le moins commerciale, de leur vivant…– tournent sur ma platine LP, et, comme je suis seul dans la maison, j’en profite pour les écouter « un peu fort », et même plus : ils le méritent assurément ! Ces deux albums sont initialement parus sur le même éditeur, Sire Records, branche de Warner plutôt active dans le domaine du rock alternatif à la fin des années 70 et durant les années 80.
Les deux disques bénéficient d’excellentes conditions de réédition en vinyle, les pressages 180g sont très silencieux dans les deux cas. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Ramones – Rocket To Russia – 1977 *****

Il s’agit du troisième album, et le second sorti en 1977, des faux-frères –ici, le combo originel : Joey, Johnny, Tommy et Dee Dee-, qui en ont enregistré 14 –en studio-, lesquels sont tous présents au sein de ma discothèque. « Rocket To Russia » est, à mes oreilles, tout simplement le meilleur album des Ramones : quatorze titres simples mais efficaces –de la power pop, de la surf music et du rock’n’roll, joués dans un esprit punk-, dont le désormais mythique « Sheena Is A Punk Rocker », seul « hit », si l’on peut dire –il fut modestement classé dans les charts US-, du groupe sur l’ensemble de sa carrière, et pour un disque qui excède à peine la demi-heure.
A titre un peu anecdotique, cet album me semble, de surcroît, s’inscrire dans l’actualité récente d’un certain président orangé, qui semble vouloir menacer, y compris militairement, la planète toute entière…

 

• The Flamin’Groovies – Jumpin’In The Night – 1979 *****

Peut-être l’album le mieux produit des Flamin’Groovies –sous la supervision de Dave Edmunds-, dans une formation en perpétuelle évolution et éternellement en décalage avec les courants en vogue ! Le groupe se montre toujours hésitant entre Beatles et Rolling Stones et dans « Jumpin’ In The Night« , outre leurs compositions originales, ils proposent des reprises des Beatles ou de Bob Dylan –leur album précédent proposait des reprises des Rolling Stones-, et, surtout, un très bon remake de l’excellent « Werewolves Of London » de Warren Zevon, autre artiste bien oublié de nos jours.
Au sein de la discographie complexe des Flamin’Groovies, du fait de la multiplicité des éditeurs, cet album fait partie du « bon grain » !

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Playlist « Derniers feux romantiques russes »

Les prémices de la fin de l’ère tsariste, en Russie, et l’atmosphère révolutionnaire qui s’y développa à partir de 1905, n’a pas empêché les musiciens de l’époque d’y demeurer d’ardents romantiques attardés, profondément marqués par la génération précédente –Tchaïkovsky et Rimsky-Korsakov notamment-. C’est ce que l’on peut entendre dans les trois symphonies de la playlist de ce jour, où brillent les derniers feux d’un romantisme déjà partout éteint Europe occidentale. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• Alexandre Scriabine – Symphonie n°3 « Le divin poème » – 1903/04
Orchestre radio-symphonique de Berlin, Vladimir Ashkenazy – 1990 *****
Ce disque fait partie du coffret de l’oeuvre intégrale de Scriabine présenté ici.

Scriabine, profondément mystique, fut assez peu tenté par l’appropriation d’éléments du folklore russe dans ses oeuvres, qui relèvent plus de la musique abstraite fondée sur un thème évocateur, philosophique ou spirituel : ici « Le divin poème », plus tard « Le poème de l’extase » ou « Prométhée, le poème du feu ». Cette troisième symphonie, d’inspiration quasi-wagnérienne par endroits, est composée de trois mouvements –1. Luttes 2. Voluptés 3. Jeu divin– précédés d’une courte introduction très « cuivrée » qui annonce le thème principal qui parcourt toute la symphonie.

• Maximilian Steinberg – Symphonie n°1 – 1905/06
Orch. symphonique de Gothenburg (Göteborg), Neeme Järvi – 1999 ***

Après celle de Scriabine, la 1ère symphonie de Maximilian Steinberg, élève notamment de Rimsky-Korsakov et de Glazounov, fait un peu pâle figure. Composée quand Steinberg avait à peine vingt ans, dédiée à Glazounov , elle reste fortement influencée par ses deux illustres professeurs. Constituée de quatre mouvements, cette symphonie s’avère habilement conventionnelle, agréable mais un peu trop longue à mon goût eu égard à son contenu assez pauvre en originalité.

• Serge Rachmaninov – Symphonie n°2 – 1907
Orch. symphonique de Pittsburg, William Steinberg – 1961 *****
Ce disque fait partie du superbe coffret présenté ici

La deuxième symphonie de Rachmaninov est restée très célèbre en particulier pour son très beau troisième mouvement et son célèbre solo de clarinette. D’une durée approchant l’heure, on la joue désormais intégralement mais elle a longtemps été interprétée dans des formes révisées par le compositeur pour la réduire à une quarantaine de minutes. C’est le cas dans cet enregistrement resté célèbre de William Steinberg, dont il s’agit de la seconde version avec son orchestre de Pittsburg. Il avait déjà enregistré cette symphonie une première fois, avec le même orchestre, en 1954 pour la firme Capitol Records -cf. extrait-. Deux versions qui furent unanimement louées à l’époque de leur parution, pour une symphonie qui n’étais pas, alors, aussi populaire qu’elle l’est ensuite devenue.

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Playlist « Incompréhensible Beatlemania »

(Mes nuits sans dormir, ça ne finira jamais…) J’ai écouté en nocturne, donc de manière très attentive, les trois albums des Beatles qui précèdent immédiatement le célèbre « Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band », dont je vous avais parlé un peu plus longuement ici. Le premier d’entre eux reste encore marqué par les influences skiffle que le groupe proposait à ses débuts, les deux suivants annoncent les prémices du style plus ambitieux des années à venir.
Ces trois albums, parus rapidement entre août 1965 et août 1966 et aussitôt classés n°1 dans les charts, s’inscrivent en plein dans le phénomène qualifié de « Beatlemania », phénomène que, personnellement, j’ai bien du mal à comprendre à leur écoute –et encore plus en les écoutant avec le recul de 60 ans depuis leur parution…– : à mes oreilles, donc, c’est essentiellement « gentiment poppi », généralement mieux interprété que dans les premiers albums, plutôt bien arrangé et très bien produit eu égard aux normes de l’époque, mais ça ne casse généralement pas trois pattes à un canard même si ça s’écoute très agréablement. Autres temps, autres moeurs ! 
Le plus abouti de ces disques est « Revolver », qui propose en outre un instrumentarium enrichi et varié –grâce notamment à George Harrison-, ainsi que des compositions plus ambitieuses. Néanmoins, parus peu ou prou à la même époque, « Aftermath » des Rolling Stones et « Pet Sounds » des Beach Boys sont, à mon avis, supérieurs à l’opus des Beatles. –Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

• The Beatles – Help – Août 1965 **(*)
• The Beatles – Rubber Soul – Décembre 1965 ***
• The Beatles – Revolver – Août 1966 ****(*)

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Playlist « Sous le sapin, encore… »

Outre l’excellent double LP de Robert Johnson déjà écouté –et même réécouté-, trois autres disques vinyles ornaient le pied de notre sapin cette année, albums dont je profite aujourd’hui, de bon matin et « un peu fort », et qui sont suffisamment connus et entrés dans l’histoire de la musique pop-rock enregistrée pour qu’il ne soit guère utile d’en dire beaucoup plus : ils sont tous excellents !

Anecdotiquement, pour deux d’entre eux –The Doors et Joy Division-, il s’agit de disques que je n’avais jamais eus sous ce format du temps lointain où j’avais une discothèque vinyle conséquente –je ne les ai qu’en CD-. A dire vrai, The Doors est un groupe qui m’a résisté assez longtemps et que je n’ai commencé à apprécier que tardivement, peut-être parce que le premier contact que j’ai eu avec eux était « The Soft Parade », album que je n’apprécie d’ailleurs toujours pas… Une grande première donc ! Ils sont tous trois proposés en pressage 180 grammes très silencieux. –Cliquer sur l’ image pour la voir en plus grand-.

• The Doors – The Doors – 1967 *****
• Led Zeppelin – IV – 1971 *****
• Joy Division – Unknown Pleasures – 1979 *****

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Coups de coeurs et déceptions : bilan discophile 2025

Cette année encore, une seule notule suffira pour établir ce bilan annuel, –non exhaustif–  puisque, comme l’année dernière, j’ai assez nettement réduit mes achats de disques ! Dans le cadre de travaux à venir, j’envisage par ailleurs de totalement refonder leur rangement…

Le coin du classique…
Deux disques ** dont j’attendais beaucoup plus –mais qui sont superbement enregistrés- :
Glière, Symphonie n°2 + Suite « The red Poppy » – Après la superbe réussite que constitue la troisième symphonie « Ilya Mourometz », celle-ci, bien que superbement orchestrée, est moins ambitieuse et beaucoup moins passionnante.
Copland, El Salon Mexico, Dance Symphony, Fanfare For The Common Man…
• Un disque ***** d’une oeuvre rare et belle : « Markus Passion », de Johann Georg Künstel. LA superbe découverte de cette année !
• Trois albums Beethoven, un compositeur dont je ne me lasserai jamais…
– Sonates pour piano, anthologie Glenn Gould –7 CD-: le bon, voire le très bon, côtoie le plus bizarre et très contestable, ce qui était un peu attendu… de ** à ****
– Concertos pour piano, intégrale : une chouette version HIP ****
– Variations Diabelli : la version totalement azimutée et enthousiasmante de Friedrich Gulda ! *****
• Quatre beaux albums « Sinopoli » pour enrichir ma connaissance de ce chef… **** à *****
• Une magnifique intégrale de symphonies de Sibelius que je cherchais depuis longtemps et que j’ai enfin réussi à dénicher ! ***** évidemment !

Du côté Pop-Rock…
• The J Geils Band : premier album très bluesy de ce très dynamique groupe bostonien ! Un très bon disque, enregistré en 1970, très surprenant quand on ne connaît que le beaucoup plus célèbre –et beaucoup moins « roots »– « Freezer Frame » ! ****
• Roky Erickson And The Aliens, « I Think Of Demons » – Levez-vous de très bonne heure si vous voulez dénicher cet introuvable, enregistré pendant une petite période de lucidité, entre deux internements en psychiatrie, par le leader des 13th Floor Elevators avant qu’il ne vire complètement cintré… ****
• Johnny Thunders, « Live In Los Angeles 1987 » – Un bel album live –LP– qui rehausse largement la discographie erratique de Johnny Thunders ****

Au rayon Blues…
On retrouve des albums LP ***** que je vous ai présentés ici ou , et qui sont tous de belle qualité pour qui aime le blues et les champs de coton !

Cliquer sur l’image pour la voir en plus grand-.

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